Bonjour, ou bonsoir, selon l'heure à laquelle tu parcours ces lignes.

Ceci n'est pas une fiction, une histoire, un roman. C'est un défi personnel.
Je voulais tenter de faire de courts textes assez flous pour que le lecteur imagine tout de la scène, le pourquoi du comment, et construise, grâce à ces quelques lignes, sa propre histoire.

Voici le premier texte de la série, Colombe.

Que ressens-tu, lecteur?


Chut, écoute.

Tu entends, ce bruit au loin?
Non, tu n'entends pas, rien.
C'est normal, je crois, c'est un son qui n'existe que dans ma tête, ou dans mes rêves, peut-être.

Pourquoi ces yeux là, colombe? Tu me regardes comme si j'étais fou, comme si j'étais un monstre. C'est faux, tu sais. Viens, viens là. Je sais ce que tu veux, je sais ce dont tu as besoin. Allez, viens.

Chut, ne pleure pas.
Ce n'est rien, ça va passer. Demain ce sera fini. Encore un peu, tiens le coup, ma belle, tiens le coup. C'est bientôt terminé.

Tu vois, ce n'était pas si dur.
Non, non, arrête de bouger, arrête de te débattre! Je ne veux pas te faire de mal, te blesser, tu comprends? Je veux juste être un peu plus proche de toi. Détends toi, voilà. Je t'en prie...

Qu'est-ce que c'est, cette eau sur tes joues? Tu pleures?
Non, arrête! J'ai été doux. J'ai été gentil. Tu le sais, pourtant, je ne voulais pas te faire de mal. Mais tu t'es débattue, tu t'es défendue. Mais te défendre de quoi, Colombe? De moi? Je voulais juste te consoler, un peu, te chuchoter des mots doux à l'oreille. Colombe, écoute moi, regarde moi...

Non, ce n'est pas vrai.
Je ne voulais pas te blesser, je ne l'ai pas fait. Je t'aime, Colombe, tu le sais.
Tu as tort, je n'ai pas fait ça. Et ça ne s'est pas passé comme ça, non plus.
Colombe, pourquoi pleures-tu?