Assise au milieu des débris,

Une petite fille pleure, crie

Pas parce qu'elle a perdu sa poupée

Ni parce qu'elle est tombée.

Elle porte dans ses mains frêles

La tête d'un corps noir et calciné.

Elle la sert fermement contre elle

Alors que ses cris redoublent d'intensité.

Ce corps, c'est sa tendre mère

Qui luttait contre leur misère.

Elle cuisinait pour ses enfants

Qui jouaient dehors innocemment.

Elle est morte sans raison

Sous les ruines de sa maison

Laissant ses deux enfants abandonnés

Qui tous seuls devront se débrouiller.

Emporté par le dernier bombardement

Alors qu'il combattait en tant que résistant.

Leur père ne pourra jamais les aider

Voilà deux mois qu'il n'est pas rentré au foyer.

Qu'a donc fait cette enfant

Pour mériter ce sort violent ?

Elle ne connaît ni le président

Ni le responsable des bombardements.

La voilà maintenant orpheline

Avec pour seule compagnie des ruines.

Personne ne porte attention à ses cris

Ils sont tous occupés à fuir l'ennemi.

Elle ne sait pas si son frère

A jouit d'une issue moins amère.

La seule chose qu'elle sait

C'est que sa mère ne reviendra jamais.