Hello fidèles lecteurs de Drôle de contrat !

J'espère que vous allez bien, il y a un moment que je n'ai pas posté sur cette histoire,

il est grand temps que j'y remédie !

Voici donc le troisième « One Shot », ou hors série… Au choix :D

J'avais laissé un indice concernant le contenu de cet écrit dans l'OS spécial St-Valentin ! Il est donc question de la rencontre entre les parents d'Alex et Sohan lui-même !

J'ai écrit cet OS en écoutant la soundtrack de l'anime Hybrid Child, pour ceux qui connaissent. Ok, on s'en fiche un peu… XD

( Je suis juste trop contente de partager à nouveau une histoire avec Alex et Sohan, je les aime beaucoup ces personnages !)

Le rating n'est pas du tout M, comme les deux précédents OS d'ailleurs !

Je vous souhaite une bonne lecture, comme toujours je remercie mon Bêta lecteur RcAnt qui m'aide beaucoup en corrigeant le texte !

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OS n°3 — Les vestiges de l'enfance

Aujourd'hui, j'ai le cœur qui bat comme jamais dans ma poitrine, il s'emballe avec frénésie. J'appréhende cette rencontre depuis un long mois maintenant, une journée que je redoute depuis ce fameux coup de téléphone qu'a passé Alex à ses parents. Et surtout… C'est Alex lui-même qui me fait peur. De ce qu'il va bien pouvoir leur dire. Je ne sais même pas ce que je vais me mettre, hors de question d'arriver chez mes beaux-parents habillé en jogging, baskets et pull. Une idée me vient à l'esprit. Un éclair de génie ! Alex est toujours soigné de la tête au pied, il doit bien avoir quelque chose à ma taille dans ses tiroirs. Je profite qu'il se douche pour y jeter un œil et ouvre le premier compartiment, celui des chemises. Rangées de manière impeccable, Alex collectionne presque toutes les couleurs possibles. Un véritable choix s'offre à moi, aussi bien en coloris qu'en matières. J'en sors une noire et l'examine de plus près. Pas un seul faux pli ne fait défaut au tissu. La douceur du coton est agréable à porter, elle fera l'affaire. Le deuxième casier correspond aux pantalons. Là aussi, ce cher Alex ne fait pas dans la dentelle et en possède une bonne vingtaine. Une vraie gravure de mode. Chino, cargo, classique, jean. Bleu noir, pourpre, gris, blanc, crème… Je ne m'attarde pas face à cette petite boutique et en prends un au hasard. Ce jean noir me convient, pas besoin de faire compliqué. Pour les chaussures en revanche ça se corse, monsieur a de plus grands pieds. Pas grave, mon éternelle paire de basket chérie ira à merveille.

Je me regarde dans le grand miroir qui trône à côté du lit et le résultat me paraît plutôt satisfaisant. Je n'entretiens pas une confiance d'enfer à mon égard mais pour une fois, je me plais. « Qu'est-ce que tu racontes Sohan ? » Je reconnais cette voix qui me fait tressaillir, celle de mon amant. Je le vois dans le reflet du miroir. Il se tient derrière moi, appuyé contre l'encadrement de la porte de chambre. Je n'ai pas le temps de me retourner que ses bras m'enlacent déjà. À la profonde inspiration que je prends, il comprend que quelque chose ne va pas et je ne peux pas le contredire, il a raison. « Tu parles tout seul à ton âge… Moi-même je ne le fais pas, tu vas bien ? » Toujours collé contre moi, il plaque le dos de sa main droite sur mon front. Je scrute son image à travers le psyché*, il fronce les sourcils. « Tu n'as pas de fièvre pourtant… Tu manques peut-être de quelque chose… Ah oui j'ai trouvé… De goût !

Alex ! »

J'aurais dû me douter que son attention à mon égard n'était rien d'autre qu'un prétexte pour me taquiner. Il aime ça, tout comme j'aime le sourire qu'il lance à mon reflet. Il me caresse la joue avec délicatesse puis prend ses distances en se dirigeant vers la grande commode. Il y sort une nouvelle tenue qu'il dépose sur le lit en m'examinant du regard. Sans un mot et à pas de loup, Alex s'approche de moi. Il déboutonne ma chemise avec une certaine lenteur, son but n'étant pas d'être rapide. Pourquoi me déshabille-t-il maintenant ? Nous avons rendez-vous chez ses parents dans une heure et demi et ils n'habitent pas la porte d'à côté.

Alex, arrête ! Je sais faire ça tout seul.

Ça, je le sais très bien, mais aujourd'hui je veux que tout roule.

Mais mes habits sont très bien comme ça !

Il agite la tête de droite à gauche, un geste qui m'indique que je n'aurais pas le dernier mot. Je grogne mon mécontentement mais au fond, ce jeu ne me déplaît pas. Le contact de ses doigts sur mon torse me procure un frisson qui me parcourt l'échine. Il a gagné, je ne peux pas lutter contre cette chaleur qui envahit peu à peu mon corps. Mes joues rougissent lorsque je vois son regard fixer mon envie grandissante et je détourne les yeux, la seule chose que je parviens à faire. Tout comme la chemise, il enlève le bouton de mon pantalon et prend un malin plaisir à frôler ma peau. Je déglutis avec difficulté lorsque je le vois reculer petit à petit. Il m'observe, un sourire illumine son visage quand il voit ma mine décomposée et ma bouche bée. « Où vas-tu Alex ?

M'habiller. Quelle question.

Et… Et ça ? »

Je pointe du doigt mon corps à nouveau dénudé par les mains de cet homme malicieux. « C'était juste pour te faire comprendre qu'il fallait te changer, rien de plus. » Je peste contre lui mais ça ne l'atteint pas, il éclate même de rire. Un rire qui me fait chavirer, le rire d'Alex, celui que j'aime. Pour la peine, je garde la tenue choisie personnellement.

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Nous sommes enfin dans la voiture. Alex démarre le véhicule, « Sa seule et unique femme » comme il l'appelle. Je me fiche un peu de l'amour qu'il porte à son égard, ce n'est qu'une carrosserie et de la mécanique. Il la bichonne juste pour rentabiliser son prix, c'est ce que je me répète lorsqu'il part seul avec. Je ne suis pas assez fou pour être jaloux d'une bagnole. Quoi que ...

Comme toujours, Alex est soigné mais je l'ai vu bien mieux apprêté que ça. Lorsqu'on décolle enfin de la métropole, nous constatons que ce n'est pas le bon jour pour sortir de la ville quand nous nous retrouvons vite empêtrés dans les bouchons. Alex peste contre la file qui ne cesse de croître derrière nous, ainsi que celle qui nous bloque devant. J'allume l'autoradio dans l'espoir qu'il se détende un peu mais le résultat obtenu est loin de ce que j'espérais … « De la vraie merde musicale ! » Ses doigts s'acharnent sur les boutons à la recherche de nouvelles stations, en vain. La musique ne lui plaît pas, les informations ont le don de le stresser au volant et le silence lui mine le moral. Aujourd'hui, il n'est pas de très bon poil… Par chance, il tombe enfin sur une fréquence qui semble le satisfaire. Il bat le rythme de la chanson sur ses cuisses, sifflote d'un ton vague les paroles tandis que je soupire de soulagement.

Pourquoi tu me fixes comme ça Sohan ?

Je ne pense pas te fixer d'une manière particulière…

Tu rigoles là ?

Pas du tout !

Voilà, son côté grincheux fait à nouveau surface… Je ne sais pas ce qu'a Alex ce matin, mais je crois que revoir ses parents a un certain effet sur lui. Il me pince la joue sans me prévenir, son rire retentit dans l'habitacle du véhicule. Il se foutait de moi… Cependant, il retrouve vite son sérieux et me questionne sur mes ressentis. « Ça va, pas trop stressé ? » Je n'ai pas envie de lui mentir, mon estomac se tord dans tous les sens. Seulement, les mots ne sortent pas de ma bouche. « Arrête de te mordre l'intérieur des joues, ça déforme ton visage. » Je n'ai pas le temps de répondre qu'il s'empare de mes lèvres et me donne un baiser qui m'apaise aussitôt. En guise de remerciement, je lui souris. Notre échange de regard est interrompu par un klaxon qui agace Alex. « Oh ! C'est bon là j'avance ! » Je ferme aussitôt mes écoutilles afin de ne pas entendre les insultes qu'il profane sans un instant de répit.

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Nous y voila. Alex se gare derrière une ford bleue et spacieuse, celle de ses parents. Il presse la paume de sa main droite contre mon avant bras, un geste qui est là pour me rassurer. Ses yeux me disent que tout ira bien alors je hoche la tête. Une profonde inspiration. Tout va mieux maintenant. Mon cœur bat avec frénésie dans ma poitrine lorsque je pose les pieds sur l'asphalte. Suivre Alex ne calme pas mon pouls mais cela ne m'empêche pas d'être heureux. Pour la première fois de ma vie, je vais rencontrer mes beaux-parents. « Je te laisse sonner Sohan. » Je déglutis ma salive avec difficulté quand je comprends ce qu'il me dit. « O… Ok ! » Ma réaction est vague mais il s'en fiche, il me montre la porte, les lèvres étirées au maximum. Je frappe trois fois contre la surface boisée qui meurtrit mes phalanges et j'entends une personne qui ne tarde pas à rappliquer. Je porte tout de suite mon attention sur la femme qui nous accueille. Beaucoup plus petite qu'Alex et moi, son visage est rayonnant. À ma grande surprise, elle m'enlace comme si j'étais son propre fils. Elle me lâche au bout de quelques secondes et fait de même avec Alex.

Maman, je te présente Sohan. C'est l'homme que j'aime !

L'homme … Le jeunot alors…. Hm… Il n'est pas un peu jeune pour toi ?

J'écarquille les yeux malgré moi, j'aurais voulu ne pas me faire remarquer dès le début. Je planque mes mains derrières mon dos et entortille mes doigts avec nervosité. Je n'ose même pas regarder ma belle-mère, mais mon stress s'évacue dans un long soupir lorsqu'elle et Alex se tordent de rire. « C'est bon Sohan, c'était une blague. S'il y a une chose que maman aime faire, c'est blaguer ! » Je sens que je ne suis pas sorti de l'auberge. Telle mère, tel fils.

Tu ne me présentes pas, Alex ?

Sohan, je te présente Sylvie, ma mère.

Sylvie me dorlote à nouveau, ce qui me gène un peu mais je tente de dissimuler mon embarras derrière une mine enjouée. Après ces brèves présentations, nous nous dirigeons vers le salon, qui ressemble davantage à un musée au souvenir. Des photos de famille accrochées aux murs, de multiples trophées et médailles entreposés dans une vitrine, une odeur qui me rappelle celle des repas dominicaux. Je m'avance dans la pièce qui me fait penser à ma maison et qui me donne l'impression d'en savoir plus sur Alex. Sa mère me montre chaque cliché où il apparaît, ainsi qu'un autre homme aux traits similaires. Sans poser de questions, je devine qu'il s'agit de son père et Sylvie éclaire très vite mes interrogations. « Hélas Louis, mon mari, n'est plus de ce monde. » C'est inévitable, j'ai la gorge serrée. Les doigts petits et potelés de belle-maman viennent me pincer la joue, comme pour me rassurer. Mes esprits repris, je porte attention au cadre exposé sur le buffet et cela enfonce Alex dans un malaise qu'il ne peut cacher. Je m'en réjouie, le voir dans cet état change de son assurance naturelle et constante. « C'est bon maman… » Il faut que j'en rajoute une couche.

Moi je te trouve très mignon comme ça Alex ! Dis-je en lui lançant un clin d'œil espiègle.

Tu as tout à fais raison, me soutient sa mère. Je vais te montrer des albums photos. Le poulet a encore besoin d'un peu de cuisson.

Alex se laisse choir sur le canapé en cuir vert, son visage blasé montre clairement son désintérêt pour la séance nostalgie. Comment ne pas en profiter ? Je m'installe à ses côtés et laisse éclater la joie dans mon regard. Il me parle, aucun son ne sort de sa bouche mais je ne peine pas à déchiffrer ce qu'il veut me dire. Tu vas le regretter, déclare-t-il en affichant un air taquin. Sylvie ne tarde pas à revenir de sa chambre, les bras chargés d'énormes livres. Une mine au trésor comme j'aime les appeler. J'en pioche un au hasard, sans quitter des yeux mon trentenaire. Je le surprends à rougir lorsqu'il découvre la couverture pourpre et dorée sur laquelle est inscrit son prénom. Son comportement m'étonne, son visage n'est pas aussi expressif à l'accoutumé. L'odeur des feuilles m'indique que l'album date et le contenu me le confirme. Alex à sa première fête des écoles. Alex et son premier goûter entre amis. Alex et son anniversaire en famille. Alex et son père. Alex et Luna, son premier chat… Un enfant à l'adorable minois d'ange. Mais aussi une époque à laquelle je n'étais pas encore de ce monde. Mon teint blêmit à cette pensée, mais nos proches acceptent les années qui nous séparent et cela me rend heureux.

Tiens mon grand, je te laisse cette photo.

Je plaque la paume de ma main droite sur ma bouche afin d'étouffer un rire. Alex et son premier carnaval, affublé d'un costume d'Arlequin aux couleurs criardes. « Maman, donne des clichés qui me mettent en valeur. Tu as vu l'allure que j'ai là ?

Oui, mais ce sont mes précieux souvenirs Alex, le temps passe à une vitesse folle et tu le sais. » Touché par l'attention de ma belle-mère, je l'enlace en guise de remerciement.

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À regarder en arrière, le poulet a eu le temps de cuire dans le four. Trop, peut-être. La peau cramée ne m'indique pas le contraire. Je dois avouer que c'est immangeable mais Alex m'avait prévenu. Je l'entends encore me dire sans une once de pitié dans la voix « Maman n'a jamais été un cordon bleu, méfie-toi ! » Il n'avait pas tord, mais que puis-je faire ? Avouer ? Le mensonge n'est pas un choix, mais bel et bien une obligation.

C'est vraiment dé-li-cieux ! Et les petits oignons qui l'accompagnent sont juste… Dégueulasses... Exquis ! Mais je n'aime pas les oignons…

En revanche, le dessert ravit mes papilles. Une extase. Je n'ai pas mangé de Tiramisu depuis belle lurette maintenant. Ça aussi, Alex me l'avait précisé. « Maman manie à la perfection le sucre ! » Cette fois, je ne bluffe pas et exprime mon enthousiasme. Voyant que je me régale, Alex me laisse la moitié de son entremet.

Dans quel domaine fais-tu tes études Sohan ?

Je suis en deuxième année d'art à l'école Misemono

C'est très intéressant ça ! Et tout se passe bien avec Alex ? Il n'est pas embêtant ?

J'hésite et cela s'entend dans ma voix, j'en suis sûr. Dois-je admettre que son fils n'est pas un homme comme les autres ? Qu'il a imposé une condition atypique afin d'accepter la collocation ? Que chaque nuit il m'observait en silence, pensant être discret ? Non. « Je n'ai jamais autant apprécié la vie qu'à ses côtés. » Du coin de l'œil, je vois briller le regard d'Alex et la joie apparaître sur son visage.

J'en suis heureuse alors !

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Le soleil se couche petit à petit dans le ciel. Au seuil de la porte, nous faisons nos au revoir à Sylvie. La femme a l'air émue et je la comprends, Alex n'a pas beaucoup de temps libre pour lui rendre visite. « J'essayerai de revenir te voir le mois prochain maman, soit patiente.

Pas de soucis mon fils, ne t'inquiète pas ! »

Nous montons dans la voiture et je jette un dernier coup d'œil à la rue qui s'éloigne de ma vue. J'ai passé une excellente journée.

J'ai tout de même hâte de retrouver l'appartement et d'enlever mes chaussures ! Dis-je en dézippant mon manteau.

Avant ça, j'ai un autre endroit à visiter.

Je suis surpris mais je ne lui demande pas plus de détails. La route n'est pas longue et je ne tarde pas à connaître la destination. Mon cœur se serre lorsque j'aperçois au loin des rangées de sépulture en marbre. Je pense à mon père, qui lui aussi me regarde depuis son nuage. Mes yeux s'embuent mais je n'ai pas le droit de pleurer, la vie est ainsi. Je reste donc silencieux et descends de la voiture afin de suivre Alex. Nous nous dirigeons au fond de ce champ de repos et nous nous arrêtons devant une tombe fleurie. L'instant est solennel, je n'ose pas fixer l'imposant tombeau gris. « Voilà, je te présente Sohan, papa. » Son visage reste neutre mais sa voix tremble. Il parle plus fort que d'habitude, comme pour se faire entendre. Je lui prends la main, il la serre avec force. Je déglutis sous la douleur mais je suppose que cela l'aide à retenir ses larmes. « J'espère qu'être ici ne te dérange pas …

Non Alex, pas du tout... » J'aimerais lui dire autre chose que cette phrase pourrie mais j'ai peur de le froisser, alors je ne le fais pas. Un léger vent frais me caresse la peau tel une mère rassurant son enfant.

Après dix minutes de recueillement, nous rejoignons à nouveau le véhicule rouge qui nous attend sur le parking. Alex ne démarre pas, il semble attendre. « Merci... » lui dis-je. « Pourquoi me remercies-tu ?

Maintenant, notre relation est officielle... »

Il ne me laisse pas finir et m'embrasse, mon cœur s'emballe dans ma cage thoracique, et encore plus lorsqu'il me chuchote au creux de l'oreille « Je t'aime. »

FIN

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* Le psyché est un miroir très haut mais pas très large. Je sais pas si c'est clair comme explication ... lol

Qu'avez vous pensé de ce chapitre ? J'espère qu'il vous a plu en tout cas !

Je vous dis à très bientôt pour de nouvelles aventures :)

(Non, je ne suis plus bavarde là lol )

Bisous :3