Chapitre vingt-neuf.

Six heures du matin. Garett dort tranquillement dans son lit lorsque son rêve prend une drôle de tournure. En effet, l'homme est avec son père et sa mère quand tout à coup, il se voit au volant de sa voiture. Alors qu'il roule raisonnablement, le garçon dépasse une pancarte sur laquelle est inscrite la phrase suivante : Bienvenue en Hongrie. Sentant que ce songe n'est pas normal, Garett ouvre les yeux et s'assoit sur son lit. Là, grâce à la lumière des réverbères de la rue, l'homme voit un petit garçon au pied du mobilier. Celui-ci a les cheveux noirs et sa peau est particulièrement sale. En guise de vêtements, des haillons tout aussi ternes et déchirés par endroit.

« Tu as besoin de mon aide, n'est-ce pas ? »

Sans prononcer le moindre mot, le revenant hoche positivement de la tête.

« Dans ce cas, ne perdons pas de temps. »

Garett quitte son lit et sort rapidement de sa chambre. Naturellement, le défunt le suit et quelques secondes plus tard, les voilà dans la cuisine. Une fois dans la pièce, Garett glisse une tasse de café sur le plateau en verre de son micro-ondes et lance l'appareil pour deux minutes dès que la porte est refermée. Tandis que la boisson chauffe, l'homme se tourne vers le mort pour lui poser une question.

« Tu as quel âge ?

- Dix ans.

- Et tu sais ton prénom ?

- Oui, je m'appelle Benoît.

- Très bien. Attends que mon café soit chaud et ensuite, on va dans le salon. Cela te convient ?

- D'accord. »

Soudain, Garett entend qu'on frappe contre la porte d'entrée de sa demeure. Vu l'heure, il est un peu étonné de recevoir sa première visite de la journée.

« Excuse-moi Benoît. »

L'homme abandonne la cuisine pour se rendre dans le hall d'entrée et là, il remarque que son visiteur n'est autre que Jean. Ce dernier a le visage en sueur et semble être en proie à une légère panique. Sans se poser la moindre interrogation, Garett lui ouvre la porte.

« Jean ?

- Fais-moi entrer s'il te plaît. »

Comme celui qui lui fait face est son ami, le propriétaire des lieux n'hésite pas une seule seconde. Dès qu'il s'écarte du passage, Garett voit Jean entrer dans la maison et veille à fermer la porte derrière lui.

« J'imagine que je dois te déranger à cette heure mais je ne savais pas du tout vers qui me tourner.

- Tu sais très bien que tu peux venir me voir à n'importe quelle heure. Sinon, peux-tu me dire ce qui t'arrive ?

- Je suis poursuivi.

- Par qui ?

- Je l'ignore. Lorsque j'étais en chemin pour me rendre chez toi, il était déjà sur mes traces et je suis sûr qu'il est encore là. »

Jean s'approche de la porte et regarde par la baie vitrée. Rapidement, il remarque une silhouette se tenir au pied d'un réverbère de la rue.

« Regarde ! Il est là ! »

Garett s'exécute et doit se rendre compte de la situation.

« Il t'a parlé ?

- Non.

- Bon, je vais contacter mes amis et on va t'aider. »

Le propriétaire de la maison porte sa montre à hauteur de ses lèvres et enfonce une touche.

« Est-ce que quelqu'un m'entend ? »

Autour de la grande table de l'agence, Michaël et Claire. La femme appuie sur le logo qui vient tout juste d'apparaître au centre du mobilier.

« Bonjour Garett, ici Claire. Que puis-je faire pour toi ?

- Il faudrait qu'une équipe d'agents vienne me rejoindre directement chez moi. Mon ami est suivi par un gars qui se trouve actuellement devant ma propriété. »

Aussitôt, Michaël se lève de son siège.

« On arrive de suite Garett. »

Chapitre trente.

Le soleil commence à poindre à l'horizon et c'est à ce moment que Michaël arrive dans le quartier, au volant de sa voiture. Plusieurs véhicules de policiers le suivent et à ce moment, l'homme qui suivait Jean disparaît du secteur comme par magie. Cette volatilisation n'est pas passée inaperçue aux yeux de l'ami du propriétaire de la maison.

« Comment a-t-il fait ça ?

- Cela doit être son don naturel. »

De son côté, Michaël descend de sa voiture et s'empresse de se déplacer sur la propriété. Dès qu'il monte sur le perron, la porte d'entrée s'ouvre sur Garett.

« De tous les membres de l'agence, il a fallu que cela soit toi.

- Il n'y avait que Claire et moi de toute façon. »

Garett s'accorde quelques secondes pour réfléchir avant de se tourner vers Jean.

« Qu'est-ce que tu en penses ?

- Tu ne peux pas me protéger ?

- Si mais je vais devoir t'emmener partout avec moi car je suis sur une enquête en ce moment.

- Depuis quand ? Se mêle Michaël.

- Depuis une heure. Un petit gars de dix ans est venu me trouver dans ma chambre et je dois savoir de quoi il retourne.

- Dommage, me fait savoir Jean.

- Je suis désolé.

- Je te fais la promesse que je saurais veiller sur lui, poursuit le collègue de Garett.

- Je l'espère car s'il lui arrive quelque chose, je n'hésiterai pas à m'en prendre à toi en retour.

- Le message est entendu. »

Du coup, Jean passe devant Garett et va rejoindre Michaël. Alors que le voisin de Tania s'apprête à rentrer chez lui, son collègue lui dit une information importante.

« Un mec qui disparaît comme ça, cela ne fait aucun doute.

- Que veux-tu dire ?

- Que ce mec doit bosser dans une agence.

- Quoi ? Tu en es sûr ?

- Oui car cela fait un moment que je bosse dans celle qui t'a embauché. A forcé, on sait reconnaître certaines choses.

- Probablement. Cela m'embête d'avoir une affaire actuellement car j'aurais bien voulu mettre la main sur ce type.

- Je vais voir ce que je peux faire de mon côté, si cela peut te rassurer ?

- Merci Michaël. »

A la fin de cette conversation, Michaël descend du perron en compagnie de Jean. Alors que les deux hommes s'approchent de la voiture de l'agent, Garett ferme la porte d'entrée et se rend dans sa cuisine, là où l'attend le revenant.

« Excuse-moi de t'avoir fait attendre.

- Ce n'est pas grave. » Lui répond l'enfant.

Garett prend sa tasse de café et marche vers la sortie de la pièce. Avant d'en sortir, il se tourne vers Benoît qui n'a pas bougé d'un seul centimètre.

« Tu viens ? Lui demande le vivant.

- J'arrive. »

Et c'est ainsi que ces individus se rendent dans le salon.

Pendant ce temps, Cécile est toujours dans sa chambre d'hôpital et trouve le temps un peu long. Alors qu'elle lit des magazines en étant allongée sur son lit, voilà qu'on frappe à sa porte.

« Oui ? »

S'attendant à voir une infirmière, la jeune femme ferme ses livres et les pose sur une table à roulettes avant de tourner son visage vers la porte. Cette dernière s'ouvre sur un bouquet de fleurs rouges, ce qui étonne la convalescente. Lorsqu'elle voit le visage de Matt, Cécile est rassurée.

« Comment as-tu réussit à venir jusqu'ici ? Les visites sont interdites le matin.

- Tu oublies que mon père n'est pas n'importe qui. »

Mathieu ferme la porte d'entrée et s'approche de la table de chevet sur laquelle repose un vase, afin d'y déposer son bouquet. Ensuite, il se pose sur l'unique chaise de la pièce et discute avec la victime de Linnaeüs.

« Comment vas-tu ?

- Comme une femme qui s'est faite violer. »

Se rendant compte de sa bêtise, le garçon ne sait plus quoi dire. De son côté, Cécile pense qu'il est temps de mettre les choses à plat.

« Pardon pour les ennuis que je vous ai causé.

- Ne t'inquiète pas pour ce détail. En ce qui me concerne, c'est de l'histoire ancienne et tu peux compter sur mon amitié.

- Merci, c'est vraiment très gentil. »

Mathieu sourit avant de poser une nouvelle question.

« Tu sais quand tu vas sortir ?

- Mon médecin m'a dit demain si aucun souci ne surgit d'ici là.

- Et j'imagine que tu vas avoir des rendez-vous avec un psychologue ?

- Oui mais je ne compte pas m'y rendre.

- Pourquoi ?

- J'ai mes raisons. »

A l'agence où exerce Garett, Christine se tient assise derrière son bureau. Face à elle se tient Ted et ce dernier tient un ordinateur portable noir sur ses cuisses.

« Je suis contente de vous rencontrer.

- Moi de même Christine et j'ai un petit cadeau pour vous. »

L'homme pose son ordinateur sur le bureau, l'ouvre et l'allume. Tandis que l'appareil se met en fonction, Christine se montre curieuse.

« Vous voulez me faire voir quelque chose ?

- Oui et en attendant, je dois vous parler d'un certain sujet.

- Lequel ?

- Il concerne Tania et Garett.

- Je vous écoute.

- Très bien et je n'irai pas par quatre chemins. Ils vont devoir quitter votre agence dans les jours à venir.

- Pour quelle raison ?

- La marque de notre agence est apparue sur leur poignet et celle de Garett indique parfaitement sa destinée.

- Je vois. »

Cette information embête Christine car elle n'aime pas se détacher de ses employés. De son côté, Ted utilise le curseur de son ordinateur pour ouvrir un dossier. Ensuite, il lance un logiciel de vidéos, tourne l'ordinateur vers la femme et enfonce la touche entrée. Rapidement, le document se met en marche et sur celle-ci, on peut voir un homme qui entre dans la prison la nuit de la fameuse évasion.

« Comment avez-vous obtenu cette vidéo ?

- Disons que c'est une chance d'avoir autorisé l'ouverture de commerces dans la rue où se situe cette prison. »

Chapitre trente-et-un.

Garett est installé dans son canapé et tient son ordinateur portable dans ses mains. A ses côtés, Benoît, qui regarde l'homme réaliser des manipulations sur son outil de travail.

« Voyons si ta disparition a fait l'objet d'une première enquête. »

Garett lance la recherche et rapidement, le visage de Benoît apparaît sur l'écran.

« Tu as disparu en 1989,

- Et nous sommes en quelle année en ce moment ?

- 2014. »

Le garçon ne tarde pas à compter sur ses doigts avant de dire la chose suivante :

« Cela fait beaucoup.

- Je ne te le fais pas dire.

- Et tu sais pourquoi on m'a fait du mal ?

- Pas vraiment.

- Dommage. »

Suite à cette réponse, l'âme errante baisse son visage et aussitôt, elle devient triste.

« J'aurais aimé vivre plus longtemps pour savoir si j'aurais pu être heureux.

- Tu veux parler d'un papa et d'une maman ?

- Oui.

- Je suis navré mon grand mais je ne peux répondre à cette question car pour ma part, j'ai grandi avec des parents qui m'ont aimé.

- Et ils sont où ?

- Ils sont morts.

- Pardon.

- Ce n'est pas grave Benoît. »

Garett réalise une nouvelle manipulation sur son ordinateur afin d'obtenir plusieurs informations.

« Ton corps est toujours porté disparu. Comment vais-je faire pour t'aider ?

- Je ne sais pas.

- Et tu ne te souviens de rien ?

- Non. »

Devant ce cul de sac, l'homme ignore comment procéder. Alors qu'il cherche une solution quelque part dans son esprit, voilà que la sonnette de l'entrée retentit dans toute la maisonnée.

« C'est un vrai moulin chez toi ma parole. » Plaisante Benoît.

Garett rigole avant de poser son ordinateur sur sa table basse se trouvant devant son canapé. Ensuite, il se lève et traverse la pièce pour se rendre dans son hall d'entrée. A travers la baie vitrée de sa porte, l'homme voit son visiteur qui n'est autre que Marie. De suite, le jeune propriétaire se montre accueillant en lui ouvrant.

« Bonjour Marie.

- Bonjour Garett, je ne te dérange pas j'espère ?

- Non mais je suis actuellement avec mon nouveau petit protégé.

- Je vois. Je peux entrer ?

- Bien sûr. »

Garett s'écarte du passage pour permettre à la femme d'entrer. Dès qu'il ferme la porte, l'homme l'invite à le suivre jusqu'à son salon et c'est à ce moment qu'elle aperçoit le petit garçon assit sur le canapé.

« Bonsoir toi. »

Surpris que Marie vienne de lui parler, Benoît ne sait pas quoi répondre. Du coup, il s'adresse à Garett.

« Elle me voit ?

- Oui puisque Marie fait passer des gens qui sont comme toi, de l'autre côté.

- Ha oui ? Elle peut peut-être nous aider à trouver mon corps ? »

Cette question étonne la femme. Sans se tourner vers son hôte, elle lui pose une interrogation à son tour.

« Ce garçon se promène parmi nous et son corps est toujours dans la nature ?

- Oui. J'étais en train de chercher une idée pour remédier à ce problème mais j'ignore de quelle façon je dois m'y prendre.

- Faut croire que je passe au bon moment. As-tu une imprimante ?

- Oui.

- Une carte de la ville ?

- Aussi.

- Très bien. J'ai besoin d'une photo de cet enfant et d'une carte.

- Je vais te chercher tout ça. »

Garett s'éloigne de Marie pour exécuter les demandes de cette dernière tandis que l'enfant passe du canapé à la femme, rien que par la force de sa volonté.

« Tu as besoin de quelque chose ? Lui demande la femme.

- Tu vas nous aider à retrouver mon corps ?

- Oui. »

Benoît se met alors à sourire avant de faire une révélation à celle qui se tient à quelques centimètres de lui.

« Ton aura est très belle.

- Parce que tu parviens à la voir ?

- Oui et puis je me sens bien avec l'énergie que tu dégages.

- Dans ce cas, reste à mes côtés aussi longtemps que tu le souhaites.

- Merci Madame.

- Appelle-moi Marie.

- D'accord. »

Alors que Marie et Benoît se sourient mutuellement, Garett revient avec les documents nécessaires.

« Voilà, on peut s'y mettre. »

Pendant ce temps, Jean a été conduit à l'agence par Michaël car ce dernier s'est vu attribuer une mission. Alors que Aïda, Claire et Dan sont assis autour de la table rectangulaire, David se tient dans le dos de Jean.

« Donc, c'est ici que travailles Garett ?

- Oui mais il passe très peu nous voir. Il préfère bosser chez lui.

- Cela ne m'étonne pas. Garett tente de faire face à sa façon mais il n'ignore pas sa détresse. »

Aïda a entendu la conversation et abandonne ce qu'elle était en train de faire.

« Tu peux nous en dire plus ?

- Garett n'aime pas qu'on parle de lui.

- Nous l'entendons mais si tu te montres aussi inquiet à son sujet, c'est parce que tu as des raisons de l'être.

- C'est vrai.

- Alors, parle ! »

Jean hésite un instant et décide de dire ce qui se passe réellement pour Garett.

« Depuis qu'il a perdu ses parents, il évite de s'attacher aux gens car il a peur que le scénario recommence. Nous l'avons recueilli chez nous jusqu'à sa majorité et son séjour n'a pas été de tout repos. Il a fait de nombreuses tentatives de suicide et depuis qu'il vit seul, il se réfugie dans des paradis artificiels. En fait, j'ai vraiment peur pour lui.

- Cela explique pourquoi il en tient rigueur à Michaël, se mêle Dan.

- Probablement. De plus, lorsqu'il Garett vivait avec nous, il suivait un traitement plutôt lourd car il était persuadé que sa mère lui parlait.

- Quoi ? »

Cette fois, c'est Claire qui cesse de travailler pour faire pivoter son siège afin d'avoir le groupe face à elle.

« Tu nous dis que sa mère lui parlait ?

- Oui.

- Et tu sais le ou les sujets de conversation qu'ils abordaient ?

- Partiellement. D'après Garett, sa mère parlait de faire attention, de diable et de son père. »

Chapitre trente-deux.

Dans le salon de Garett, ce dernier est retourné sur son canapé et porte un nouveau collier offert par Marie. Benoît est à ses côtés tandis que la femme est agenouillée devant la table basse. Sur le meuble, la carte de la ville qui est dépliée et la photo de l'enfant sur l'un de ses coins. Le bras droit tendu sur la grande feuille, Marie tient un pendule en cristal. La pointe est à quelques millimètres de la carte et la femme ferme les paupières.

« J'invoque ma déité, s'il te plaît, aide-moi à localiser le corps de Benoît ici présent. Entends l'appel de celle qui te voue un culte et qui fais tout son possible pour venir en aide aux autres. »

Pendant plusieurs secondes, rien ne se produit. Devant l'immobilité du pendule, Garett y va de son petit commentaire.

« Ta méthode ne me donne pas l'impression de fonctionner. »

Dès qu'il termine de parler, le pendule se met à bouger. Il dessine des petits cercles et c'est à ce moment que Marie ouvre les yeux. Peu après, la femme promène son outil sur toute la carte lorsque ce dernier change de comportement. Désormais, le pendule fait des cercles rapprochés avant que la pierre devienne plus lourde afin de pointer une zone. Marie se penche alors sur la carte et donne les indications suivantes.

« Son corps est au parc.

- Très bien, j'y vais de suite. Merci beaucoup pour ton aide Marie.

- A ton service. »

Quelques secondes plus tard, Garett et Marie sont devant la porte extérieure du garage appartenant au premier lorsqu'une personne s'approche.

« Bonjour Garett.

- Cécile ? S'étonne-t-il après s'être retourné. Tu es déjà sortie ?

- Oui.

- Sincèrement, c'est une bonne nouvelle. Par contre, navré si je ne peux rester avec toi mais j'ai du boulot et je ne peux pas me permettre de prendre le moindre retard sur celui-ci. »

A l'agence, Dan, Claire et Aïda ont déserté la table rectangulaire suite à leur enquête respective. Désormais, ce sont Sabine et John qui s'y trouvent. Concernant Jean, ce dernier est toujours debout ainsi que David. Celui-ci se tient à ses côtés.

« Donc, si j'ai bien compris, la mère de Garett serait toujours dans les parages ?

- Oui et nous allons tenter de l'invoquer dans les jours à venir. Bien sûr, on compte sur toi pour ne rien dire à qui tu sais.

- D'accord mais Garett serait tellement heureux de la revoir... »

Soudain, John se tourne vers David pour le prévenir.

« Une énergie maléfique approche !

- Serait-ce notre homme ?

- Nous en avons bien l'impression. » Intervient Sabine.

Chapitre trente-trois.

Garett est arrivé au parc de la ville. Alors qu'il gare sa voiture aux limites de l'endroit public, Benoît fait son apparition sur le trottoir. Dès que l'homme descend de son véhicule, l'enfant prend la parole.

« Je commence à me souvenir.

- Tant mieux car je vais avoir besoin de toi. Par contre, tu sais qui t'a fait du mal ? »

En guise de réponse, Benoît pose l'une de ses mains sur le torse de Garett. Ce dernier est aussitôt assailli de visions et lorsque l'enfant retire son membre, l'esprit de l'adulte se calme.

« Je me demande bien pourquoi je t'ai posé la question alors que j'aurais pu trouver la réponse moi-même. »

Ensuite, Garett s'éloigne de Benoît pour se diriger vers l'entrée du parc. Sachant le rôle important qu'il va devoir jouer, le revenant lui emboîte le pas. Se tenant à ses côtés, l'enfant aperçoit le regard vague de son protecteur.

« Tu penses à quoi ?

- A Cécile. Je suis un peu surpris qu'elle soit sortie de l'hôpital aussi vite.

- Peut-être qu'elle t'a menti ?

- Sur quel point ?

- Tout.

- Venant de sa part, je ne serais pas surpris. »

Pendant qu'ils discutent ensemble, Garett et Benoît arrivent aux bords de l'étang du parc. L'homme regarde des deux côtés et remarque sur sa droite, une petite bâtisse en bois.

« Ton corps pourrait bien se trouver à l'intérieur. »

N'attendant pas l'avis de Benoît, l'agent se dirige vers la structure boisée. Une fois devant, il aperçoit un cadenas sur le loquet de la porte d'entrée et une petite pancarte sur le mur de bois.

« Entrée interdite au public. »

Se foutant complètement de la mise en garde, Garett porte sa main droite à l'arrière de son pantalon et sort son revolver de l'une de ses poches. Peu après, il pointe son canon sur le cadenas et tire. Sa tentative est rapidement récompensée puisque l'obstacle tombe sur le sol, brisé. Peu après, Garett brise le loquet et pousse la porte. Aussitôt, une odeur de pourriture lui agresse les narines et celui-ci n'hésite pas à placer sa main droite devant son nez.

« Pas besoin d'allumer la lumière pour savoir ce qui est à l'origine de cette mauvaise odeur. »

Pourtant, Garett garde son flingue dans sa main et cherche l'interrupteur sur le mur droit. Quelques secondes plus tard, la lumière éclaire un endroit et là, les yeux de l'homme se posent sur un corps en décomposition dont une partie est enterrée dans le sol. Maintenant que le corps de Benoît est découvert, l'enquêteur sort du bâtiment et range son flingue là où il l'avait pris. Juste après, il lève sa montre à hauteur de ses lèvres et enfonce une touche.

« Quelqu'un m'entend ? »

A l'agence, c'est Sabine qui répond en appuyant sur le logo qui s'est affiché au centre de la table rectangulaire.

« Nous t'écoutons Garett.

- Pourrait-on m'envoyer une équipe au parc ? Je viens de découvrir le corps de Benoît.

- Je contacte le service adéquat.

- Merci et je voulais savoir si tout se passait bien entre Jean et Michaël ?

- Je suis là Garett. »

Cette réponse est suivie d'un petit silence venant de la part de Garett.

« Pourquoi es-tu à l'agence ? Lui demande-t-il.

- Michaël s'est vu attribuer une enquête.

- Je vois. Tout va bien sinon ? Ils sont gentils avec toi ? »

Aïda, qui est de retour autour de la table, prend la parole.

« Bien sûr que nous le sommes. Par contre, j'espère que tu ne vas pas nous en vouloir mais nous lui avons fait nettoyer le sol, ranger les archives et déménager mon bureau ?

- Quoi ? Tu es sérieuse là ? »

Quelques secondes s'écoulent avant que les membres présents dans l'agence éclatent de rire. Juste après, c'est John qui prend la parole.

« Aïda te faisait marcher Garett.

- Ce qui prouve qu'elle n'a pas grand-chose à faire de ses journées. Remarque, comme elle appartient à l'équipe de Catherine, je ne suis guère étonné. »

Garett rigole à son tour avant de préciser que ce comportement venant de sa part était purement ironique avant de mettre un terme à cette conversation. A ce moment, Aïda s'adresse à Jean.

« Il faudrait lui apprendre l'humour à ton ami.

- Crois-moi, c'était un pro dans ce domaine mais maintenant, tout est différent.

- Nous l'avons bien remarqué. »

Soudain, l'écran de la table rectangulaire s'allume, ce qui étonne tout le monde.

« Quelqu'un a touché à quelque chose ? Demande Sabine.

- Je ne pense pas. » Lui répond Louis.

Alors que l'assemblée se pose des questions, le visage de Linnaeüs se montre ainsi que la partie supérieure de son torse. Tout le monde se rend compte que le criminel porte un magnifique smoking et tandis que Jean ne se sent pas en sécurité, John prend la parole.

« Que veux-tu Stéphane ?

- Pirater votre réseau a été un véritable jeu d'enfant.

- Nous savons que tu n'es pas l'auteur de ce piratage, lui dit Aïda. Ton truc, c'est de violer et de tuer les petits garçons.

- Tu as oublié de compter les filles.

- Nous avons reçu l'examen de Cécile et sache que son hymen est toujours intact. De plus, tout porte à croire que les coups qu'elle a reçu ne proviennent pas de toi, poursuit la femme.

- Quoi ? S'étonne Jean.

- Vous êtes plus intelligent que je ne le pensais.

- Tu n'as toujours pas répondu à la question que t'a posé ma collègue, coupe John.

- Vous savez très bien ce que je veux. »

En prononçant ses mots, Stéphane regarde Jean qui se sent rapidement menacé. Comme pour l'aider à se sentir mieux, Aïda se lève de son siège et se place devant l'ami de Garett.

« Qu'est-ce qui s'est passé entre toi et Cécile ?

- Tu n'as besoin de connaître nos affaires et je serais vous, je chercherai une autre méthode pour protéger ce garçon.

- Qui vous dit que ce n'est pas déjà fait ?

- Si tu parles de votre système d'alarme totalement miteux, je n'ai strictement rien à craindre de celui-ci.

- Dans ce cas, viens chercher Jean, le provoque John.

- Arrêtez ! Réagit ce dernier. S'il vient, il va me tuer.

- Au moins, nous n'aurons plus à te protéger. » Lui rétorque l'homme.

Chapitre trente-quatre.

Les portes de l'ascenseur de l'agence s'ouvrent sur Garett, ce qui est très rare en soit. L'homme avance dans la pièce et remarque que plusieurs personnes sont installées autour de la grande table rectangulaire, y compris Jean. Alors qu'il s'apprête à prendre la parole, Garett aperçoit Marie qui se tient dans un coin de la salle. De suite, l'agent fraîchement arrivé se dirige vers elle.

« Je suis étonné de te voir ici, débute-t-il.

- J'imagine mais tes compagnons avaient besoin d'un coup de mains.

- Pour faire quoi ?

- Tu vas vite le savoir. »

Soudain, une alarme stridente retenti dans toute l'agence. Alors que les agents autour de la table se lèvent de leur siège, les lumières du plafond émettent des lueurs rouges à intervalles réguliers. Tout à coup, Linnaeüs apparaît à quelques centimètres de l'ascenseur, dans son élégant smoking.

« Je vous avait dit que venir au sein de votre agence serait un jeu d'enfant.

- Venir oui mais pour repartir ? » Ironise Aïda, souriant par la même occasion.

Comme pour vérifier ses dires, Stéphane tente de se volatiliser mais rien ne se produit.

« Qu'avez-vous fait ? Demande-t-il, inquiet.

- Nous avons solliciter l'aide d'une autre agence dans le but de pouvoir te coincer. » Intervient Sabine.

Là, Marie s'avance pour s'arrêter aux côtés de la Marocaine.

« Je représente l'agence en question.

- Pourquoi te mêles-tu à leurs affaires ?

- Parce que c'est mon travail et surtout, parce que les agences doivent s'unir pour lutter contre ton maître.

- Petite idiote, ricane le tueur en série. Tu viens de mettre ton agence en danger maintenant que tu as prêté main forte à celle-ci.

- Et je te rassure également sur un détail très important. J'ai agis avec l'autorisation de ma supérieure. »

Stéphane tente de bouger suite à cette explication mais il est condamné à l'immobilisation la plus totale.

« J'ai lancé deux sorts à cette salle, à ton attention. Tout d'abord, incapacité de faire le moindre mouvement et enfin, mon second sort risque de te poser problème.

- Quel est-il ?

- Un sort de vérité. Jean !

- Oui ?

- As-tu une question à lui poser ?

- Oui.

- Dans ce cas, fais-toi plaisir. »

Aussitôt, Jean fixe l'homme et ne tarde pas à le soumettre à son interrogatoire.

« Pourquoi moi ?

- Parce que tu as été le témoin oculaire de mon rendez-vous avec Cécile.

- Parce que se rendre chez une fille pour lui faire du mal mérite d'être nommé ainsi ?

- Je ne lui ai rien fait car nous sommes... »

Stéphane cesse de parler car il est victime d'une drôle de sensation. Peu après, des flammes apparaissent sur ses vêtements et ces dernières s'étendent à vive allure.

« Que lui arrive-t-il ? S'étonne Jean.

- Sûrement son maître qui n'aime pas son bavardage. »

Sous les yeux de tous, Stéphane rend son dernier souffle sans qu'il puisse livrer la moindre information.

Au même moment, alors que Mathieu emprunte le sentier qui mène jusqu'au perron de la demeure qu'il partage avec son père, la porte d'entrée s'ouvre sur une femme. Celle-ci sort de la maison et tombe très vite nez à nez avec le fils du juge.

« Bonsoir, lui dit-elle.

- Bonsoir Catherine. Encore en train de conspirer contre le mal qui vit dans notre ville ?

- Exactement et je dois avouer que ton père est d'une efficacité redoutable pour cette mission.

- Je ne te le fais pas dire. Parfois, cela l'obsède tellement qu'il n'en ferme pas l'oeil de la nuit.

- Il n'est pas le seul à connaître des troubles du sommeil à cause d'une profession particulièrement prenante. »