Titre : Les chaînes de son cœur

Auteurs : Keya Shiro & Eyden Sognatore

Disclaimer : Les personnages de cette fiction appartiennent à KeyaShiro ainsi qu'à moi-même, donc PAS TOUCHE.

Petit mot inutile de la fin : A la base, cette fiction est pour un projet du nom de « Quand Keya et Kichi s'accordent ». Dans ce projet, Keya' et moi écrivons des nouvelles ou des fictions mettant en scène des sujets « tabous ». Parce que voilà c'est cool. /SBAFF/

Enfin voilà, les chapitres sont en train de subir quelques modifications car on a pris vos avis en compte, et on a agrandi les chapitres. Certes pas beaucoup, mais ça sert à rien de parler pour ne rien dire. Bref, voilà, j'espère que ça vous plaira, hein !


CHAPITRE 01

Le monstre que je suis

13 mars

Je n'ai jamais tenu de journal avant ce jour. Alors, je n'écrirai pas cette phrase si inutile, ce « Cher Journal » qui te fait passer pour un abruti quand quelqu'un tombe dessus. Et puis, s'adresser à du papier est déjà bien assez humiliant comme ça.

Je ressens l'intense besoin de me confesser, là, maintenant, tout de suite, à n'importe quoi, à tout sauf à mes parents. En réalité, j'ignore ce que pourrait être leur réaction, ou plutôt, je n'ose imaginer celle de mon père. Bref, revenons à nos moutons.

Cette envie grandissante en moi, cette passion qui s'éveille et qui ne fait de moi qu'un monstre, un être qui dérange, qui n'est pas dans la norme...

Je ne comprends pas ce désir qui m'anime, et pourtant il m'habite comme si c'était naturel que je ressente les choses, les sentiments, de cette manière.

Je m'appelle David. Et sous mes traits de lycéen lambda, indifférent et blasé d'à peu près tout en général, bref derrière cette façade se cache un être souffrant. Mes parents m'ont toujours expliqué que ces personnes-là était anormales, toujours, alors peut-on imaginer l'effroi qui m'a traversé lorsque j'ai réalisé ce que j'étais devenu ? Lorsque j'ai entrevu dans mon reflet cette laideur monstrueuse...

Pourquoi ce désir en moi ne veut pas disparaître ?

Pourquoi ne suis-je pas purement et simplement comme tout le monde ?

Ainsi, seul ce vieux cahier sur lequel j'écris le comprend : je suis amoureux. Amoureux, oui, si amoureux ! Euphorique lorsqu'il est là !

Je suis un garçon qui en aime un autre. Et ce désir-là est malsain, anormal, immoral, dégoûtant ! Et pourtant, je ne peux empêcher les battements de mon cœur à sa simple pensée, empêcher les flammes de s'emparer de mes joues ou encore éviter que mes mains ne tremblent ou ne deviennent moites lorsqu'il m'adresse la parole. Que devrais-je faire ? Garder tout ceci au fond de moi est mauvais, trop mauvais, cela me rend fou, me nuit, me fais souffrir et je n'aime pas mentir, alors cacher un si lourd secret devient une véritable torture ! Si seulement je pouvais en parler librement à quelqu'un, rien qu'une personne de confiance, et, qui sait, peut être ne me rejetterait-elle pas. Mais en même temps, si mon père tombe sur ce cahier...

Je ne sais même pas pourquoi j'expose mes questionnements inutiles à un vulgaire cahier. Mais il paraît que ça libère... Alors, n'importe quel moyen est bon à prendre, peut-être m'y ferais-je ou alors oublierais-je ce maudit cahier.

1 avril

On est le premier avril. Et ce n'était pourtant pas une blague.

Mon père est entré dans ma chambre pendant que je faisais mes devoirs, sans frapper, alors qu'il s'énerve toujours lorsqu'on oublie ce léger détail. Ce cahier était sur le sol... J'aurais dû le brûler, ou le cacher comme ma monstruosité, oui, vraiment... Il l'a ramassé et l'a feuilleté, étonné et curieux tout d'abord, prenant le temps d'assimiler chaque mot, doucement, puis... La colère lui est montée au visage et il m'a attrapé par le poignet pour me rouer de coups. Je comprends pourquoi il disait toujours se retenir lorsque j'étais plus jeune, il ne m'avait jamais frappé ainsi, les quelques claques que j'avais reçu par le passé était désormais un lointain et bien doux rêve. Il m'a ordonné de faire mes affaires, m'a dit qu'il allait me déshériter, et il m'a fichu à la porte, rouge de colère sous les yeux hésitants de ma mère, mais jamais elle n'osera se dresser face à lui, d'autant plus qu'elle était d'accord avec mon père : Les homosexuels sont des erreurs de la nature. À présent, je erre dans ces rues, à la recherche d'un endroit où loger.

J'ai pourtant toujours fais ce qu'il me disait...

Pourquoi la vie est-elle si injuste ? Pourquoi rejette-t-elle celles et ceux qui ne sont pas dans cette « norme » ? D'ailleurs... quelle est cette norme dont on parle tous ? N'y a-t-il que les moutons noirs qui se rendent compte de ça ?

J'ai pleuré. J'ai pleuré toute la haine et la rancune que j'avais en moi, toute ma douleur face à cette injustice, face au comportement de mon père, car après tout, j'étais son fils jusqu'à aujourd'hui, et quoi qu'on en dise, je le serai encore demain, même s'il me renie vraiment. J'ai commencé à broyer du noir tout en errant, je me suis arrêté, les muscles endoloris, devant une ruelle un peu plus propre que les autres, me disant que je serai très bien là. Un déchet parmi tant d'autres dira-t-on, sauf que je suis un déchet vivant... Puis j'ai eu envie de mourir. Sur un coup de tête.