J'ignore comment j'ai pu pondre ça pour la Saint Valentin. C'est une histoire triste, vous êtes prévenus.

Les paroles de la chanson sont Les mots bleus de Christophe. Je ne pense pas que cette chanson soit vraiment triste, mais c'est comme ça que je l'ai perçu.

Bonne lecture à tous !


La première fois que je l'ai vue, elle semblait un peu triste. Elle marchait d'un pas lent, tête baissée. Et moi, ça m'a brisé le cœur. Je ne savais pas pourquoi, je ne la connaissais pas, je ne l'avais même jamais vu. Ce soir là, je n'avais rien osé faire, je l'avais juste regardé passer, sans rien dire, sans bouger. Comme tous les autres qui la voyaient traverser le parc, je n'avais fait qu'apercevoir sa détresse.

Le lendemain, je me suis assis sur un banc, dans ce même parc, à la même heure. C'était à moitié fait exprès et à moitié obligatoire. Je sortais de la mairie, là ou je travaillais à cette heure la.

Il est six heures au clocher de l'église

Dans le square les fleurs poétisent

Une fille va sortir de la mairie

Comme chaque soir je l'attends

Elle me sourit

Il faudrait que je lui parle

A tout prix

Une fois, deux fois, trois fois… pendant presque un mois je l'ai observée. Chaque jour un peu plus triste, chaque jour la tête un peu plus basse, elle passait à chaque fois à la même heure. J'ai envie de la réconforter. Tellement envie… Effacer cette tristesse dans ses yeux serait la plus belle chose que j'aurais faite dans ma vie. Maintenant, mon rêve est de relever les coins de sa bouche en un sourire, pour qu'enfin elle se mette à rayonner d'une beauté que seule la joie peu apporter.

Combien de fois ai-je faillit lui courir après pour lui prendre la main et me présenter. Pour lui faire comprendre que malgré tout ce qui se passait dans sa vie, je pouvais être là pour elle si elle en émettait le désir.

Je lui dirai les mots bleus

Les mots qu'on dit avec les yeux

Parler me semble ridicule

Je m'élance et puis je recule

Devant une phrase inutile

Qui briserait l'instant fragile

D'une rencontre

D'une rencontre

Mais comme à chaque fois, je n'ai pas osé, je suis remplit de lâcheté et la résignation qui émanait de son être me démoralisait à mon tour. Qui étais-je pour espérer la consoler alors que nous ne nous connaissions même pas.

Je lui dirai les mots bleus

Ceux qui rendent les gens heureux

Je l'appellerai sans la nommer

Je suis peut-être démodé

Le vent d'hiver souffle en avril

J'aime le silence immobile

D'une rencontre

D'une rencontre

Pour calmer ma conscience tourmentée, à chaque fois que j'ai la chance de croiser ses grands yeux verts et ternes, j'essaye de faire passer toute ma compassion dans les miens. En espérant qu'elle saura faire le premier pas. Celui que je n'arrive pas à faire et qui pourtant pourrait changer tant de chose. Je le sens, je le sais, la fin est proche et je ne pourrais rien faire pour elle. Comme d'habitude, je n'ai jamais rien su faire. Il est tant de changer ça, je ne la laisserais plus jamais passer seule, sans aide.

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher

Dans le square les arbres sont couchés

Finalement, je n'ai toujours pas trouvé le courage de l'aider. J'ai l'impression que des années ce sont écoulées alors qu'il y a seulement quelques mois je vivais ma petite vie tranquille en me laissant porter par les évènements.

Maintenant je suis hanté par ses yeux verts, par son sourire triste. Par tout ce que j'aimerais lui faire, lui dire, lui appendre. Je suis toujours au rendez-vous et j'ose espérer que ma présence silencieuse lui donne un peu soutien dans sa vie si triste.

Un jour, j'ai tout de même osé passer près d'elle pour effleurer sa petite main pendant qu'elle marchait. Une petite main si froide, comme déjà perdue. J'ai senti les larmes me monter aux yeux sans savoir pourquoi. Encore une fois je le sentais. La fin approchait à grand pas et j'en étais le seul responsable. Difficilement, j'ai retins mes pleurs.

Je reviens par le train de nuit

Sur le quai je la vois

Qui me sourit

Il faudra bien qu'elle comprenne

A tout prix

J'étais allé voir un ami. C'était la première sortie que je faisais depuis des mois. J'avais eut besoin de parler. De parler d'elle. De parler pour elle. De dire toute cette peine et cette tristesse qu'elle retenait et que je ressentais toujours, que je voulais partager, quitte à me détruire pour elle. Je ne savais pas si je l'aimais, mais elle était importante, la plus importante, la seule.

Par la vitre du métro, je l'avais vu. Aussitôt, je suis sortie. Enfin j'avais trouvé le courage. Parler m'avais fait du bien, il fallait qu'elle partage ce soulagement, comme je partageais sa douleur. A quelques mètres d'elle, je la vois sourire. C'était une chose qui triste, de voir son visage crispé de souffrance et de soulagement. Je me suis arrêté. Si près que si j'avais fait trois pas de plus, j'aurais pu la toucher.

Ses yeux étaient pleins de larmes contenues.

Je lui dirai les mots bleus

Les mots qu'on dit avec les yeux

Toutes les excuses que l'on donne

Sont comme les baisers que l'on vole

Il reste une rancœur subtile

Qui gâcherait l'instant fragile

De nos retrouvailles

De nos retrouvailles

Mes excuses ne rimaient plus à rien. Ce n'était pas moi qui avais fait les trois pas qu'il manquait. C'était elle.

En direction des rais, pile quand le métro arrivait. Ses yeux étaient plongés dans les miens et enfin j'ai vu le sourire que j'avais tant voulu voir. Un rayon de soleil avant que ne passe le grand voile noir qui nous attendait tous.

Ma lâcheté ne rimait plus à rien désormais. C'était elle qui avait eut le courage, pas moi. Alors que j'étais le seul à l'avoir remarquée. Un ange déchu… un ange à qui on avait coupé les ailes.

Je lui dirai les mots bleus

Ceux qui rendent les gens heureux

Une histoire d'amour sans paroles

N'a plus besoin du protocole

Et tous les longs discours futiles

Terniraient quelque peu le style

De nos retrouvailles

De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus

les mots qu'on dit avec les yeux

Je lui dirai tous les mots bleus

Tous ceux qui rendent les gens heureux

Tous les mots bleus

Aucune parole n'avait été échangée entre nous. Rien. Et pourtant je n'avais jamais ressenti ce tourbillon d'émotion. Je n'avais eut que ce que je méritais. C'était une punition pour mon manque de courage et c'était elle qui en payait le prix. Le destin aurait du le prendre à sa place. Tout mais pas elle, c'était ce qu'il avait envie de crier.

On j'agitais autour de moi. J'avais envie de leur dire que la laisser. Là au moins, elle pouvait espérer mieux. Elle pouvait espérer que ses ailes lui soient rendues.

Alors que je ne lui avais jamais parlé, elle était ma plus belle histoire d'amour.

J'ai pleuré.