hey ! Désolé pour le retard inimaginable je reviens tout juste des États Unis avec un petit interlude tout fluffy pour vous faire patienter en attendant le prochain chapitre :)


Interlude :

Les rectangles verts et bleus se confondaient, entrecoupés d'un arbre, d'un poteau, presque lisses et uniformes dans leur défilement, encadrés par le métal de la fenêtre du train. Le ciel et l'herbe n'étaient plus que des traînées colorées qui filaient le temps et la distance.

Mais pour une fois, ce n'était pas avec le regard vide et les pensées grises que James contemplait le paysage se construire, se déconstruire et se mouvoir.

Il ne contemplait pas du tout le paysage.

Ses yeux étaient fermés et sa main se refermait de façon spasmodique sur l'accoudoir, concentré sur sa respiration qu'il essayait de maintenant à un rythme normal.

Un mouvement de hanche lascif le força à mordre sa lèvre alors que l'homme de l'autre côté de l'allé lui envoyait un regard inquiet, et l'adolescente à côté de lui le dévisageait avec curiosité.

Il allait tuer Ethan.

Ethan qui bien sûr, n'avait pas à craindre d'être arrêté pour indécence publique, étant donné que le parasite blond sur ses genoux était invisible.

Il n'eut pas le temps de planifier son meurtre que des lèvres humides sur sa gorge l'empêchèrent de penser et une pression sur sa cuisse lui fit rejeter la tête en arrière, sa respiration eu un accro lorsqu'il sentit des doigts glisser vers l'intérieur.

La jeune fille à sa gauche leva encore une fois les yeux de son livre et eut une moue intriguée.

Arrête de me regarder, tu ne vois pas que j'ai un génie invisible sur les genoux, très occupé à essayer de me faire perdre la tête.

Mon Dieu, je vais l'assassiner.

Où...

Qu'est-ce qu'il fait...

Oh.

Merde.

oOoOo

James avait assuré à sa mère que les parents d'Ethan avaient pris son billet, il était inutile de dépenser presque cent cinquante euros quand le génie n'avait qu'à rentrer dans son livre, bien qu'une partie de lui se sentît étrange à l'idée que, d'un point de vu technique, il transportait son copain dans ses bagages. Christine leur avait préparé de quoi déjeuner dans le train, leur avait demandé à peu près une dizaine de fois s'ils avaient besoin de quoi que ce soit, et avait essayé de glisser de la nourriture en cachette dans la valise de son fils. Une fois la Toyota garée devant les grilles de la gare d'Avignon, elle avait serré son garçon à l'en étouffer, lui avait demandé de ne pas trop travailler, et avait dit à Ethan qu'elle comptait sur lui pour être sûr que le jeune homme s'amuse un peu et ne se tue pas à la tâche.

James avait protesté qu'en tant que mère elle aurait du s'assurer qu'il travail bien, pas l'inverse. Christine lui avait juste tapoté la tête alors que le génie se mordait la lèvre pour éviter de rire sous un regard accusateur. James avait sorti sa valise de la voiture, et juste avant qu'ils ne traversent la grille et se dirigent à travers les ponts et les carrés d'eau décorés de nénuphars, le petit bout de femme avait attrapé son fils par le bras, et avait chuchoté « je suis contente pour vous. ».

James avait rougi si fort que cette fois-ci, Ethan avait craqué et avait éclaté de rire.

Il l'avait traîné jusqu'à la gare sans dire au revoir à sa mère qui riait aussi, et s'était demandé, le poignet d'un Ethan plié en deux derrière lui dans une main, sa valise dans l'autre, au dessus des nénuphars sous le soleil froid de mars, ce qu'il avait fait pour en arriver là.

Ils avaient traversé le Hall sous le regard émerveillé du génie qui absorbait le plus de détails possible sur la création humaine. Les hommes étaient aussi effrayants qu'incroyables, songea-t-il. Le train en lui même l'avait aussi fasciné, et il avait insisté pour ne pas rentrer tout de suite dans son livre et passer un peu de temps avec James, après tout, avait-il argumenté une fois que le train avait démarré, il n'y avait personne qui occupait le siège à côté de sien, et si un contrôleur passait, il n'avait qu'à se rendre invisible. James savait, dès le début de cette conversation, qu'il allait perdre car il ne pouvait rien lui refuser. Et puis, il préférait mille fois avoir la compagnie d'Ethan pendant le trajet que passer les deux heures quarante seul avec ses préoccupations.

Et bien sûr, quand le train s'était arrêté à Lyon et qu'une marée de nouveau passagers avait envahi leur wagon, Ethan avait du renoncer à sa visibilité lorsqu'une jeune fille avait levé le regard du numéro sur son billet pour constater qu'il était le même que celui du siège à côté de James. Le jeune homme avait fouillé dans son sac pour sortir De Contes et de génies, l'ouvrant pour qu'Ethan puisse rentrer chez lui le reste du voyage, oubliant que le génie n'en faisait qu'à sa tête et avait décidé, depuis leur nuit dans les ruines de la colline, que provoquer son humain était sa deuxième activité favorite, juste derrière les conséquences de la provocation.

Et vu les effort d'Ethan pour le priver de toute pensé raisonnable, les conséquences allaient être terribles.

Chaque contact réveillait dans son esprit les échanges d'une autre fois, les soupirs presque silencieux d'Ethan résonnaient encore dans ses oreilles, la peau translucide sous ses doigts, les yeux noirs brumeux, la chaleur entre eux, en eux.

James grinça des dents et gesticula jusqu'à pouvoir sortir son portable de sa poche et tapa rapidement dans ses notes.

Je te hais.

Il aurait put jurer avoir entendu un rire dans son oreille, et les touches du clavier s'obscurcirent d'elles-même sous le regard curieux de James.

Se joues flambèrent et il tourna son visage vers la vitre.

Poteau-poteau-arbre-Ethan... non arbre ! Arbre James, concentre-toi sur les arbres-arbre-poteau-Ethan-Ethan-Ethan...

oOoOo

James soupira, lança son bras autour des hanches blanches et planta un nouveau baiser sur le front encore un peu moite.

- Oh, moi aussi je t'aime.

Ethan rit sans bruit.

- Tu es un peu retard.

- Tu m'as pris par surprise. Puis distrait.

Il inspira l'encre et le papier, resserra son corps contre celui nu de l'autre.

- Je crois que c'est la première fois que je mets aussi peu de temps à aller de la gare à ma chambre, reprit l'humain après un battement de silence.

- Avec la bonne motivation... Soupira le génie en s'étirant.

- C'était pas de la motivation mais de la torture, j'te jure que cette fille allait appeler un contrôleur !

- Ce qui aurait été intéressant.

- Ce qui aurait signifié la fin de mon ego.

Ethan secoua la tête avec une esquisse de sourire et replaça sur le lit l'oreiller qu'ils avaient envoyé valser plus tôt.

- Ne t'inquiète pas monsieur le délégué, personne à part moi ne t'as vu perdre le contrôle, la coquille est intacte.

- Mmh, mais béante.

- C'est parce que personne n'as frappé dessus jusqu'à faire tomber tes défenses, tu as choisi de t'ouvrir de toi-même.

- Je vais pas nier ta participation à cet exploit. Regarde, on est la veille de la rentré, et au lieu de relire frénétiquement mes cours j'suis au lit avec toi.

- Une fin de soirée plus appréciable si je puis me permettre.

- Certes.

Ils réarrangèrent les couvertures, éteignirent la lumière et s'installèrent autour du corps de l'autre comme après des années.

- Il faut qu'on voit quand fixer le rendez-vous avec le collectionneur... Marmonna James.

- Mmh. Demain, je suis fatigué là, tu m'épuises...

- Pardon ?!

Son génie vibra contre lui.

- Ssht, James, tu vas réveiller les autres internes.

- Attends, il faut qu'on mette ça au clair, qui épuise qui exactement dans cette relation ?! Parce que j'ai un avis...


voilà, il se passe rien dans cet interlude, mais j'ai déjà commencée à écrire la suite qui est peu plus riche en contenu ^^ j'espère que je vous ai pas perdu avec le temps que j'ai mis à reprendre l'écriture