Affaire N°6

Le lundi 7 avril 2008.

La philosophie selon Trébor.

01 h 00.

Ville : 18 – C62 – V29.

Lieu : Planque de Jimmy et d'Hillary.

Jimmy est assit dans son trône et semble s'ennuyer profondément. Visiblement, le fait qu'il soit devenu le colonel de l'entité ne l'amuse pas autant qu'il le croyait.

« Etre colonel n'est pas si bien que cela. J'aime avoir des responsabilités mais si c'est pour rester assis dans ce trône à longueur de journée, très peu pour moi. »

Le capitaine des pirates lève sa main droite à hauteur de son buste et matérialise une petite tête de mort.

« Trouve-toi un être capable d'accomplir cette mission. »

La tête de mort décolle de la paume et commence à s'éloigner de son créateur. Quelques centimètres plus loin, le crane disparaît.

Lieu : Appartement de Trébor – Chambre de Trébor.

Trébor dort tranquillement dans son pieu lorsque la tête de mort fait son apparition, survolant le corps de l'homme. Elle entame sa descente et quelques secondes plus tard, Trébor bascule dans le côté maléfique. Il ouvre les yeux et retire le drap qui le recouvrait. Ensuite, l'ancien gendarme s'assoit au bord de son lit et lève sa main droite. Là, un revolver se matérialise.

« Mon ancien compagnon, quel plaisir de te revoir. »

Tout à coup, la voix de Jimmy résonne dans toute la pièce.

« Trébor, si je t'ai élevé au rang de pirate, ce n'est pas pour que tu sois habité par la nostalgie. Trouve Jason et tue-le.

- A tes ordres capitaine. »

Trébor disparaît de son appartement.

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – 1er étage – Chambre d'Aurélien.

La pièce est dans le noir le plus complet. A sa respiration, nous pouvons deviner que mon cousin songe paisiblement. Tout à coup, l'Asiatique sent quelque chose lui picoter le visage.

« J'aimerai bien dormir Jason. »

Les picotements persistent et Aurélien ouvre les yeux, réalisant que celui qui cherche à le réveiller n'est autre que son pendule. Mon cousin attrape l'interrupteur de sa lampe de chevet et l'actionne. Là, la lumière apparaît dans l'ampoule et illumine l'ensemble de la chambre. Ensuite, Aurélien s'assoit sur son lit et discute avec son pendule qui s'agite de plus en plus.

« Un ennemi vient de faire son apparition ? »

Le cristal oscille de haut en bas, comme pour indiquer un oui.

« Peux-tu ressentir si mon cousin est réveillé ? »

Le pendule arrête de bouger le temps de quelques secondes avant de se mouvoir de gauche à droite.

« Bien, je vais aller le voir pour l'informer de ce qui se passe. Toi, reste ici. »

Le losange minéral retourne à sa cachette, qui est un tiroir du bureau appartenant à mon cousin.

Lieu : Ma maison – Rez de chaussée – Ma chambre.

La porte de ma chambre s'ouvre sur Aurélien qui s'empresse de la traverser dans le seul but de me réveiller. Pendant qu'il me secoue, le jeune homme m'informe de son comportement.

« Jason, un ennemi est en ville.

- Dis-lui de faire la queue comme tout le monde. »

Comme j'ai les paupières fermées, Aurélien se rend compte que je dors toujours.

« Tu parles d'un gardien égyptien. »

Une idée traverse l'esprit du Vietnamien.

« Jason, Jeremy t'attend dans le salon. »

Son illumination fonctionne puisque je m'assois très rapidement sur mon lit, les yeux grands ouverts.

« Tu n'aurais pas pu me le dire avant ? »

Je regarde Aurélien et vois ce dernier qui commence à éclater de rire.

« Quoi ? C'est une blague ?

- Oui et je te présente mes excuses pour y avoir eu recours cependant, un ennemi se trimballe en ville et vu l'agitation de mon pendule, je pense que c'est assez urgent.

- Pas plus lorsque tu étais mon adversaire. »

Je sors de mon lit et marche en direction de ma chaise. Là, je plonge ma main dans la poche droite de mon pantalon et en sors ma montre trafiquée. Peu après, je soulève sa partie supérieure et regarde le chiffre indiqué sur l'écran.

« Effectivement, c'est bel et bien un ennemi qui se promène dans notre ville. Par contre, c'est un adversaire pour Alexandre puisque le symbole « pirate » est affiché.

- Veux-tu que je prévienne notre ami ?

- Pas la peine puisqu'il a quitté la ville hier pour une durée indéterminée.

- Dans ce cas, qui va s'en charger ?

- Je vais l'attribuer à Kévin car il a besoin de se faire un peu d'expérience supplémentaire.

- Bien, c'est toi qui décide après tout. »

Lieu : Maison des parents de Vincent – Chambre de Vincent.

Vincent dort tranquillement dans son lit lorsqu'une chose étrange se produit à quelques centimètres de lui. En effet, des bulles d'eau font leur apparition au-dessus de son bureau. Quelques secondes plus tard, les sphères aquatiques laissent apparaître un dossier qui se pose lourdement sur le meuble. Le bruit libéré par la chute réveille Vincent.

« Putain, j'ai des souris dans ma chambre. »

Le cousin d'Alexandre attrape l'interrupteur de sa lampe de chevet et l'abaisse.

10 h 00

Lieu : Pension Vanilos – Salle de vie.

Cyril est présent et donne actuellement les premières heures de cours aux enfants. Sylvain est également là, installé derrière son bureau de secrétaire. Tout à coup, le portable de l'éducateur se met à sonner.

« Je vous demande quelques secondes les enfants. »

Cyril prend son téléphone qui reposait sur le bureau et enfonce la touche verte du combiné, avant de le plaquer contre son oreille droite.

Conversation téléphonique : Moi - Cyril.

« Bonjour Jason.

- Bonjour Cyril, je t'appelle pour t'informer que Trébor ne pourra pas venir aujourd'hui.

- D'accord. Rien de grave j'espère ?

- Non. Par contre, est-ce que Sylvain est à son poste ?

- Oui.

- C'est sûrement qu'il va pleuvoir aujourd'hui. Sinon, peux-tu lui demander de contacter Hakim afin qu'il vienne combler les heures de Trébor ?

- Pas de problème, je vais même le faire de suite.

- Super, merci beaucoup Cyril.

- Pas de quoi. »

Peu après, Cyril entend que je mets fin à la communication.

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Ma cuisine.

Je suis assis autour de la table de ma cuisine. Avec moi, Aurélien et Ludovic.

« Alors, tu ne sais toujours pas qui est notre ennemi ?

- Non mais je vite le découvrir. »

Je regarde le centre de la table et use de mon pouvoir de projection pour matérialiser une boule de cristal. Lorsque la sphère fait son apparition, je m'empresse de la caresser de la paume de mes mains.

« Boule de cristal, peux-tu me montrer le visage de mon ennemi ? »

Aurélien et Ludovic se penchent pour regarder dans la boule de cristal.

« Tu vois quelque chose ? »

Un visage apparaît dans la boule de cristal.

« Bon, mon adversaire de la journée n'est autre que mon employé, j'ai nommé Trébor.

- Il n'y a pas de quoi paniquer, me dit Ludovic.

- Si, justement. Trébor est un excellent combattant et je pourrais l'avoir uniquement avec mes pouvoirs.

- Dans ce cas, tu sais ce qu'il te reste à faire ? Me demande mon cousin.

- Exactement. »

D'un claquement de doigts, je fais disparaître la boule de cristal.

« Tu es sûr de vouloir confier la mission à Kévin ? Me questionne l'inventeur.

- Tout à fait. »

Lieu : Bibliothèque Municipale – Section adulte – Rayon philosophie.

Trébor est installé face à une table, lisant tranquillement des livres sur la philosophie. Bien sûr, sa tenue de pirate incite les moqueries de certains lecteurs. Tout à coup, une femme vêtue de noir entre dans l'immense salle et s'approche du jeune démon. Sans cesser la lecture, le disciple de Jimmy s'adresse à l'arrivante.

« Hillary, comment te portes-tu aujourd'hui ?

- Très bien et je te remercie de t'en soucier. Par contre, puis-je savoir ce que tu es en train de faire ?

- Comme tu peux le voir, je suis en train de lire un bouquin qui se révèle fort intéressant.

- Parce que tu n'avais pas le temps lorsque tu étais mortel ?

- Non et je dois avouer que mon emploi au pensionnat y est pour beaucoup. D'ailleurs, c'est pour cette raison que j'ai décidé de ne pas y aller pour la journée.

- Ce n'est pas étonnant puisque notre colonel t'a chargé d'une mission.

- Exactement. »

Hillary s'assoit face à Trébor.

« Comment comptes-tu t'y prendre face à Jason et ses acolytes ?

- Je l'ignore pour l'instant mais la bonne nouvelle est qu'Alexandre n'est pas en ville en ce moment donc, je vais pouvoir opérer tranquillement.

- Très bien et puis si Jimmy t'a choisi, c'est sûrement grâce à tes dispositions au combat.

- Je me le dis aussi et il est vrai que Jason est encore très loin de m'arriver à la cheville. »

Derrière les rayons remplies de livre se cache Rémi qui suit attentivement la scène et les conversations.

« Ils n'ont vraiment pas peur de s'afficher parmi les innocents. »

Lieu : Maison de Joris – 1er étage – Chambre de Joris.

Joris commence à se réveiller doucement. Pourtant, l'homme est toujours allongé dans son lit et c'est lorsqu'il se met en mouvement pour s'asseoir qu'il entend la sonnerie de son portable.

« A mon avis, c'est sûrement Cyril qui cherche à me joindre. »

L'employé du pensionnat quitte son lit et marche en direction de son bureau, là où est posé son mobile. Avant de décrocher, l'homme regarde l'écran.

« C'est bien ce que je disais. »

Joris appuie sur la touche verte avant de porter le téléphone contre l'une de ses oreilles.

Conversation téléphonique : Cyril – Joris.

« Bonjour Cyril.

- Bonjour Joris, je ne te dérange pas ?

- Non car je viens tout juste de me réveiller.

- D'accord. Si je te contacte, c'est pour t'annoncer que Trébor ne vient pas travailler aujourd'hui.

- Il est malade ?

- Je ne sais pas.

- Je vois mais ne me dis pas que c'est moi qui vais devoir le remplacer ?

- Bien sûr que non puisque Jason m'a chargé de demander à Sylvain de contacter Hakim pour qu'il puisse effectuer ses heures. »

Joris lâche un soupir de soulagement.

12 h 00

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Seuil d'entrée.

La sonnerie de ma porte d'entrée vient de retentir dans l'ensemble de ma maison. J'entre dans le hall et ouvre rapidement l'issue. Face à moi se tient Maxime.

« Bonjour mon ange, me dit-il.

- Bonjour Max, entre.

- Merci. »

Je libère le passage pour permettre à mon petit ami d'entrer dans ma maison. Lorsque s'est fait, je m'empresse de refermer la porte derrière lui pour le prendre dans mes bras et l'embrasser. Ensuite, je le libère de mes bras.

« Je suis désolé Maxime mais je ne vais pas pouvoir rester trop longtemps avec toi.

- Un démon ?

- Oui.

- Et il s'est glissé dans la peau de quel ami ?

- Trébor.

- Voilà qui va se révéler difficile.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Parce que c'est un combattant hors pair.

- Certes mais si j'utilise mes pouvoirs contre lui, il ne me résistera pas longtemps.

- Si nous observons la situation sous cet angle, c'est sûr. Quelqu'un va t'aider ?

- Oui. J'ai appelé Kévin et je lui ai laissé un message sur son répondeur.

- Bien et tu as le temps de m'offrir un petit café ?

- S'il est petit, oui. »

J'ouvre la marche en me dirigeant vers l'entrée de la cuisine.

Lieu : Bibliothèque Municipale – Entrée.

Trébor se tient sur les marches de l'escalier extérieur qui mènent à l'entrée de la bibliothèque. S'il se trouve à cet endroit précis, c'est parce que les employés de ce lieu ont du procéder à la fermeture, pause déjeuner oblige. Trébor fulmine lorsqu'il décide de braver l'interdiction. Il regarde un coup à droite, un coup à gauche avant de se volatiliser.

Lieu : Bibliothèque Municipale – Secteur adulte – Rayons philosophie.

Trébor retrouve sa place devant la table et matérialise un bouquin dans ses mains. Bien sûr, il s'est assuré qu'aucun employé se trouve dans le secteur.

« Bon, je vais pouvoir continuer à lire ce magnifique bouquin sans qu'on vienne me déranger. »

Lieu : Appartement d'Anthony – Salon.

Anthony est installé devant son poste informatique. Actuellement, il navigue sur le net à la recherche du fameux flash info que lui a parlé Trébor, quelques jours plus tôt. Auprès du photographe se tient Nicolas.

« Alors, tu arrives à trouver ce que tu veux Anthony ?

- Pas encore mais je sens que j'y suis presque. Toutefois, je persiste à croire que Trébor a menti.

- Si c'est le cas, tu trouveras bien la réponse qui t'aidera à dissiper tes doutes.

- Exactement. »

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Ma cuisine.

Maxime est assit autour de ma table de cuisine, ainsi que moi. Sous nos yeux respectifs, une tasse de café.

« Tu connais les pouvoirs de Trébor ? M'interroge mon petit ami.

- Non mais j'ai bien envie d'aller le trouver.

- Et qu'est-ce qui t'en empêche ?

- Toi. »

Mon compagnon se rend compte à quel point sa visite tombe au mauvais moment.

« Tu veux que je parte ?

- Oui et non, répondis-je. Je suis content que tu sois là car cela fait longtemps qu'on ne s'est pas vu mais le problème est que tu viens chez moi alors que je suis sur le pied de guerre.

- Je suis désolé.

- Tu n'as pas à l'être car tu pensais bien faire. »

Je vois mon petit ami qui commence à culpabiliser. Pour lui remonter le moral, je dirige mon visage vers le sien et je lui vole un baiser.

« Maintenant, dépêche-toi de boire ton café pour que je puisse aider Trébor. Ensuite, une fois que toute cette histoire sera terminée, j'aurais que du temps à te consacrer.

- Dans ce cas. »

Maxime glisse ses doigts dans l'anse de la tasse et la porte rapidement à ses lèvres. C'est d'une traite qui boit le contenu. Dès que la dernière goutte est avalée, le garçon repose le récipient sur la surface boisée de la table.

« Ce n'est pas une tasse de café qui allait me faire chier. »

Suite à cette phrase prononcée par mon petit ami, je ne peux m'empêcher de rire.

« Mon ange, commence-t-il. Tu peux user de ton pouvoir pour que je puisse me retrouver dans ma chambre ?

- Désolé mais j'utilise mes dons seulement contre les forces du mal.

- C'est une résolution que tu as prise ?

- Oui car je souhaite retrouver un semblant de vie normale même si tout est différent. »

Maxime laisse un sourire se dessiner sur ses lèvres.

« Oui ?

- Je trouve que cette volonté est vraiment respectable Jason. Si tu as besoin de moi pour t'aider, tu sais où me trouver. »

Je hoche positivement de la tête lorsque je vois mon petit ami se lever de sa chaise.

« Je te promets qu'on rattrapera tout ce temps perdu Maxime.

- Je le sais. »

Maxime s'approche de moi et m'embrasse avant de quitter la pièce définitivement. Lorsque la porte d'entrée se referme après son passage, je m'empresse de disparaître pour aller retrouver mon adversaire de la journée.

Lieu : Bibliothèque Municipale – secteur adulte – rayon philosophie.

Trébor lit toujours lorsqu'il remarque que le cours du temps subit une immobilisation.

« Je t'attendais Jason. »

Je me montre, marchant paisiblement vers lui. Ensuite, je m'arrête en me postant à quelques centimètres de mon ennemi.

« J'espère que tu as contacté Sylvain pour le prévenir de ton absence. »

13 h 00

Lieu : Bibliothèque municipale – secteur adulte – rayon philosophie.

Trébor n'a pas bougé de sa chaise comme moi qui n'ai pas bougé de place.

« Pourquoi n'es-tu pas parti à ma recherche Trébor ?

- Parce que cela aurait été trop facile. Comme nous savons tous que tu possèdes la capacité de nous repérer à chacune de nos apparitions, j'ai décidé de me montrer passif.

- Dans ce cas, tu vas me laisser te faire redevenir humain.

- La plaisanterie s'arrête ici. »

Trébor referme le livre et se lève brusquement de son siège. Ensuite, il se place face à moi.

« Bon, je sais que j'aurais le dessus sur toi au corps à corps mais pas avec mes pouvoirs. Que décides-tu Jason ?

- Pour l'instant, rien. Par contre, je ne savais pas que tu aimais lire.

- C'est parce que tu n'as jamais pris le temps de t'intéresser à moi, tout simplement. »

Et ce n'est pas faux.

« Je le reconnais et quel genre de livres aimes-tu lire ?

- Des bouquins qui traitent des grandes questions qui régie notre monde. Etre ou ne pas être, telle est l'interrogation ? »

Trébor lève sa main droite grande ouverte vers moi. J'adopte une position de garde, m'apprêtant à une attaque de sa part. Lorsque je vois mon adversaire sourire, je suis d'autant plus inquiet. Soudain, une bulle d'un liquide bleu foncé se matérialise sous mes yeux et m'explose à la figure. Immédiatement, je porte mes mains sur mes paupières fermées afin de retirer ce liquide qui m'empêche de voir. Tout à coup, je sens un coup violent m'enfoncer le ventre. La force est telle que je m'écroule sur mes genoux, le souffle coupé.

« Alors, que penses-tu de mon attaque Jason ?

- Elle est fourbe.

- Justement, c'est pour cette raison que je l'ai utilisé. »

Trébor me donne un coup de pied au ventre. La douleur se fait plus intense et comme je peine à respirer, des larmes me montent immédiatement aux yeux.

« Au fait, J'ai su que ton ami Alexandre n'était pas en ville en ce moment. Comment comptes-tu me rendre mon apparence si mon adversaire attitré est absent ?

- Ne t'inquiète surtout pas Trébor car j'ai trouvé un nouveau moyen pour vous arrêter.

- J'ai hâte de voir ça.

- Désolé mais ce n'est pas moi qui dois l'utiliser contre toi.

- Ha bon ? Et qui est l'heureux élu ? Alexandre ?

- Non. Si je te dis que cette personne est un tueur de zombie ?

- Kévin ? »

Cette réponse sème le doute dans l'esprit de Trébor.

« Mais, pourquoi lui ?

- Parce que c'est mon choix.

- Dis plutôt que la principale raison est sa faible puissance. »

Trébor a vu juste mais je m'abstiens de lui dire.

Lieu : Appartement des parents de Sylvain - Cuisine.

Sylvain est assit autour de la table de cuisine, une tasse de café sous les yeux. Avec lui, Vincent, Benjamin et Maxime. Comme j'ai figé le temps pour me battre contre Trébor, tout le monde s'est trouvé concerné. Le seul à posséder sa mobilité est mon petit ami : Maxime. Ce dernier regarde autour de lui et semble déçu.

« Je peux comprendre que tu sois avec Trébor mais tu avais promis de ne plus te servir de tes pouvoirs. Enfin, de limiter leur utilisation. »

Maxime claque des doigts. Sylvain, Benjamin et Vincent ne sont plus emprisonné dans la fixation du temps et c'est naturellement qu'ils reprennent leur conversation.

« Je suis content de savoir que tu as décidé de devenir un peu plus sérieux vis à vis de ton travail, commence Benjamin.

- Oui et je sais désormais que Jason n'avait pas agit pour me faire mal mais pour mon bien, lui rétorque Sylvain.

- Heureux de te l'entendre dire. » Conclut Maxime.

Vincent regarde Maxime et constate que celui-ci est légèrement préoccupé.

« Que se passe-t-il Maxime ? On dirait que quelque chose ne va pas ?

- Tu te fais de fausses idées Vincent. Je t'assure que tout va très bien.

- Si tu le dis. »

Lieu : Bibliothèque municipale – Secteur adulte – rayon philosophie.

Malgré mon état, je peux sentir la faille que vient de subir mon pouvoir, à quelques mètres d'ici.

« Hé oui mon cher Jason. Comme tu viens de le remarquer, quelqu'un a été assez puissant pour cesser ta fixation du temps.

- Oui et c'est un problème que je réglerai plus tard. Pour l'instant, je dois m'occuper de toi.

- Parce que tu penses être assez puissant pour t'opposer à moi ?

- Logiquement, oui. »

Je me mets debout et laisse éclater mon aura. Mes yeux sont à moitié ouverts puisqu'il me reste encore du liquide bleu sur certaines parties de mon visage.

« J'aimerai te poser une question avant de lancer un nouvel assaut, lui dis-je.

- Parce que tu crois que je vais me laisser faire, sans réagir ?

- Bien sûr que non. Puis-je savoir quel est ce liquide que tu m'as envoyé en pleine figure ?

- C'est de l'encre, tout simplement. »

Je regarde fixement mon adversaire avant d'ouvrir mes yeux en grands, d'un coup. Aussitôt, Trébor est précipité contre la baie vitrée qui se situait derrière lui. Le choc est violent mais mon adversaire est toujours debout.

« Bien joué Jason car je ne l'ai pas senti venir.

- Ce n'est que le début. »

J'use une nouvelle fois de mon don de télékinésie pour envoyer Trébor bouffer la table face à laquelle il était assit, quelques minutes plus tôt. Sous son poids, le meuble se brise en deux, net. Toutefois, Trébor se relève rapidement pour se positionner en garde.

« Tu veux que je continue ? Lui demandai-je.

- Tu n'as pas trop le choix si tu ne veux pas mourir. »

15 h 00

Lieu : Bibliothèque municipale – Secteur adulte – rayon philosophie.

Mon combat m'opposant à Trébor se poursuit. L'homme dirige sa main droite grande ouverte vers moi et matérialise une douzaine de paires de ciseaux qui foncent aussitôt dans ma direction. J'utilise mon don de base pour élever un mur psychique devant moi. Les ciseaux s'écrasent dessus et tombent sur le sol, les uns après les autres.

« Je te dis que tu ne feras pas le poids contre moi sur le plan magique. Maintenant, il est temps que tu redeviennes humain.

- Il en est hors de question. »

Trébor se précipite sur moi pendant que Kévin apparaît derrière son dos, grâce à mon pouvoir de projection. L'ancien ne se doute de rien et c'est volontairement que je me laisse rouer de coups. Comprennent de suite la situation, Kévin donne une tape sur la partie supérieure de sa montre. Peu après, le revolver d'énergie fait son apparition et le jeune adolescent s'empresse de le prendre dans sa main droite. Pendant ce temps, je saisis les poignets de mon adversaire et me met aussitôt à hurler.

« Tu peux y aller, dis-je.

- Hein ? »

Trébor commence à tourner la tête pour savoir à qui je m'adresse. A ce moment, Kévin appuie sur la détente du flingue et permet au rayon d'énergie de se libérer du canon. L'ancien gendarme est touché par le rayon et j'abaisse mon regard vers le torse de l'homme. Effectivement, une petite boule de lumière jaune s'extrait de son buste et laisse entrevoir une tête de mort à l'intérieur. Le crane tombe vers le sol et se brise en plusieurs morceaux, à son contact. J'élève mes yeux pour regarder le visage de Trébor et constate que ce dernier a sombré dans un sommeil profond.

« C'est bon Jason ?

- Oui Kévin et je t'en remercie. »

Je pose doucement mon employé sur les dalles froides du sol pendant que Kévin s'approche.

« Depuis quelques jours, on peut dire que nos ennemis ne te loupent pas.

- C'est vrai et je commence sérieusement à en avoir marre.

- Je comprends. Que vas-tu faire de lui ?

- Comme le temps est toujours figé, je vais user de mon don de projection pour le déplacer chez lui. D'ailleurs, je vais le faire maintenant. »

Je concentre mon regard sur Trébor qui disparaît aussitôt après.

« Voilà.

- Et pour nous ?

- Commence par ranger ton flingue et après, donne-moi ta main.

- D'accord. »

Kévin donne une seconde tape sur sa montre et rapidement, le revolver se transforme en boule d'énergie qui part se planquer dans l'accessoire. Ensuite, Kévin me donne sa main comme je lui avais demandé, quelques secondes plus tôt. A cet instant, j'utilise mon pouvoir.

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Mon salon.

Mon ancien petit ami et moi-même faisons notre apparition dans le salon de ma maison. De suite, je prends place sur mon canapé en veillant à prendre une position la plus confortable possible. De son côté, Kévin reste debout.

« Tu veux que je m'occupe de tes blessures Jason ?

- Je suis assez grand pour le faire tout seul. »

Je fais circuler mon aura tout autour de mon corps et y mêle mon don de projection. Maintenant, mon énergie agit comme un baume cicatrisant et mes blessures disparaissent au fur et à mesure que les secondes passent.

« Incroyable. »

Lorsque toutes mes blessures ont disparu, je cesse d'émettre mon aura.

« Tes pouvoirs sont vraiment terribles.

- Merci et le tien, tu peux toujours matérialiser que ta hache de guerre ?

- Malheureusement. »

Kévin lève sa main droite à hauteur de son torse et utilise son pouvoir pour faire apparaître son arme.

« Tu vois ?

- Oui. » Répondis-je.

Je me lève de mon canapé et me tourne vers Kévin.

« Tu m'excuseras Kévin mais j'aimerai que tu me laisses seul.

- Maxime ?

- Oui.

- Pas de problèmes. A bientôt.

- Entendu. »

Kévin quitte mon salon pour entrer dans le hall d'entrée. Aussitôt après, j'entends la porte de ma maison à deux reprises. Pour son ouverture et pour sa fermeture.

Lieu : Planque de Jimmy, d'Hillary et de Jessica.

Jimmy est assit dans son trône, la mine déconfite.

« Visiblement, Trébor n'était pas le bon candidat et je vais devoir m'en remettre à mes deux disciples pour poursuivre notre mission. Comme je me sens fatigué. »

Lieu : Rue des mineurs – Pension Vanilos – Salle de vie.

Hakim donne un cours de dessin à l'ensemble des enfants. Même ceux qui n'ont pas encore l'âge de recevoir un enseignement. Ted prend beaucoup de plaisir à dessiner lorsque sa curiosité lui fait poser son crayon de couleur. Le jeune garçon lève sa tête en direction d'Hakim et lui pose une question.

« Hakim ?

- Oui Ted ?

- Pourquoi Trébor n'est pas venu ?

- C'est parce qu'il est malade mais rassure-toi, ce n'est rien de grave.

- Tant mieux. »

Ted semble rassuré. Il reprend le crayon de couleur dans sa main droite et poursuit son coloriage. Tout à coup, la porte d'entrée du pensionnat se fait entendre. Quelques secondes plus tard, j'arrive dans la pièce.

« Bonjour les enfants, bonjour Hakim. Désolé si je te fais faire des heures supplémentaires.

- Au contraire, cela va gonfler mon petit salaire.

- Content de voir que cela te rend enthousiaste. Au fait ?

- Oui.

- Il se peut que je fasse évoluer ton contrat d'apprentissage dans ce pensionnat. »