Épilogue


Un soleil dans les tons ocre se levait sur une ville reconstruite. Il dardait de ses rayons qui parvenaient à se frayer un chemin à travers la brume qui donnait parfois l'impression que la terre était encore engourdie.

Parmi les ruelles animées, les terres cultivées tant bien que mal, les hommes reprenaient peu à peu ce qu'il leur avait été volé. Sans être pour autant accueillante, cette terre était la leur et bâtir sur des bases solides était devenu leur mission.

L'ère des hommes n'était pas révolue. Malgré les nombreux efforts pour l'exterminer, la vie avait repris le dessus.

Cinq ans après un jour qui resta gravé dans la mémoire sous le nom du Jour Blanc, les hommes avaient vu leur fragile équilibre ébranlé et mis à mal. Pour certain, leur survie n'était qu'abomination et désespoir, mais pour la majorité, la fin du régime de Vollk Ommen et la fin du règne de terreur des Black Steam était une véritable aubaine. Les nostalgiques continuaient de s'identifier à une faction ou un clan, mais avec les nouveaux systèmes de communication mis en place, une solidarité nouvelle avait su percer les barrières et tous voulaient profiter des savoirs des autres.

Rien n'était encore assez solide, tout restait encore à faire, mais rares étaient les découragés. Des technologies retrouvées permettaient de se réapproprier le sol et de l'assainir, le rendre arable.

Au fond, rien n'avait vraiment changé : les radiations menaçaient encore la santé fragile des hommes, la nourriture se faisait rare et le nuage toxique encombrait leurs poumons. Le changement n'était pas aussi apparent, il était plus profond, moins visible, caché au fond du cœur des hommes.

Nombreux étaient ceux qui à présent avaient l'impression qu'une place leur était accordée en ce monde.

Dans une confortable cabane de taille modeste, Uriel nettoyait ses mains. Il venait de sortir d'une lourde opération et bien que les jours du patient n'étaient plus en danger, il se sentait épuisé. Pristine lui avait appris tout ce qu'elle savait et Uriel était devenu un médecin qui devait parfois apprendre à reconnaître des échecs. Beaucoup d'anciens Parangons de la ville de Muster étaient venus apporter leur savoir au village et malgré leur nombre important, ils étaient débordés par les interventions. Vivre autant d'années sans une telle technologie n'avait pas aidé leur santé sans cesse mise à mal par l'air qu'ils respiraient.

Un bruit de grincement de porte lui indiqua que Bishop était de retour. Il ne tarda pas à le voir dans l'encadrement de la porte de la salle d'eau.

- Bellona et Marshall ont réussi à repousser les Charognards au nord.

Uriel acquiesça et se tourna vers Bishop. Là, il se rendit compte que ce dernier le regardait avec envie. Bishop s'approcha plus près de lui et lentement, il défit les boutons de sa chemise. Une fois torse nu, Bishop passa ses doigts sous la cicatrice qui recouvrait le haut de sa poitrine. La transplantation avait été un succès quelques années auparavant.

Sous les caresses de Bishop, Uriel eut l'impression que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas senti sa peau chaude contre la sienne. Ces derniers jours, il avait été très occupé avec sa propre formation et celle de Daniel, Jeliel et Aniel. Et lorsque Bishop l'entraina jusque dans la chambre sans pour autant lâcher sa bouche qu'il recouvrait de longs baisers, il savait que cette nuit allait être la leur.

Le lendemain, Uriel se réveilla de bonne heure avant Bishop. Il le contempla longuement encore endormi avant de se lever. Encore nu, il s'approcha de la fenêtre et observa la vie qui s'agitait en bas. Les gens avaient pris l'habitude de se lever tôt pour cultiver leur champ. Le travail était rude, mais aucun ne rechignait à la tâche.

Et pour la première fois, Uriel se sentait chez lui.


NDA

Voilà ! Ma troisième fic s'achève ici. J'espère qu'elle vous aura plu autant que j'ai apprécié l'écrire ! Et dire que j'ai commencé à l'écrire sur un coup de tête en rentrant du ciné après avoir vu Mad Max... (j'étais en mode "BEST FILM EVER").

Oh et dans la catégorie des trucs que j'aurais aimé écrire, mais impossible de les caser dans l'histoire : je voulais que Pristine et Bellona soient ensemble. Voilà.

Encore merci à tous ceux qui ont lu et commenté ! A ceux qui ont lu sans commenter... merci aussi, mais commenter, c'est chouette (et mieux).

Je ne pense malheureusement pas poster de sitôt, je n'ai plus beaucoup de temps libre à cause de mes études. Mais j'ai pleins de projets à l'état d'ébauche qui ne demandent qu'à être continués !

Pleins de bisous à vous tous et portez-vous bien !