Bonjour bonsoir ! Voici donc une de mes premières histoires originales à chapitre, que j'ai enfin eu le courage de commencer à l'occasion du NaNoWriMo ! C'est une histoire qui me tient à coeur et que j'ai prit grand plaisir à écrire, j'espère que vous en prendrez autant à sa lecture !


Lorsque les portes battantes claquèrent, laissant entrer un nouveau client, tout le monde se tut. Seuls les claquements des talons et le grincement du vieux parquet résonnaient dans l'hostile silence du saloon.

L'inconnu était vêtu d'un long manteau noir couvrant une combinaison de la même couleur, des bottes sombres et montantes chaussaient ses pieds et enfin un chapeau en daim cachait son visage jusque ses joues pâles.

Sans prêter la moindre attention aux regards peu accueillants braqués sur lui, le nouveau venu s'installa au bar. «Qu'est-ce que j'vous sert?» Lui demanda le barman qui, un verre dans une main, un torchon dans l'autre, s'était bien vite remit à ses occupations.

«Un thé sans sucre, bien brûlant, s'il vous plait.»

«Tout de suite.» Rapidement et d'une main experte, le tenancier lui prépara sa commande. Lorsqu'il posa la tasse devant l'inconnu, il fut étonné de voir ce dernier lui glisser une photographie sur le comptoir.

«Vous connaissez cet homme?» la photographie représentait un grand homme baraqué riant e tenant un jeune enfant à bout de bras. Le cliché datait de quelques années mais le barman n'eut aucun mal à le reconnaitre.

«Jerry? Bien sûr, tout le monde le connait ici! C'est le charpentier de la ville, et le meilleur que j'ai jamais vu.»

«Où pourrais-je le trouver?» Demanda l'inconnu en rangeant la photographie dans une poche intérieure de son manteau avant de prendre une gorgée de son thé.

«Vous continuez tout droit sur la route principale, vous pouvez pas l'rater.»

«Merci bien.» L'homme se leva alors, prêt à partir. Lorsqu'il enfourna sa main dans sa poche de pantalon pour sortir la monnaie, le tenancier perçut le tintement d'une arme à feu, il fronça les sourcils

«Vous êtes de la famille?»

«Disons que oui, en quelque sorte…» L'inconnu paya et quitta le saloon, mais juste avant de franchir les portes battantes, il demanda, sans se retourner «Au fait, il y a une écurie dans le coin?»

«A deux rues d'ici.»

«Merci. Le thé était délicieux, bien qu'un peu froid.» Et il sortit sans un mot de plus, laissant le barman coi.

Son thé était brûlant!

A l'ombre sous le préau du bar sans même être attaché, le cheval renâcla doucement en voyant son cavalier le rejoindre.

«Tout doux ma belle» Lui murmura-t-il en li caressant la crinière. C'était une sublime jument couleur corbeau au poil reluisant. On pouvait voir dans son œil à ce moment-là toute la douceur et la sympathie que lui inspirait cet homme. «Je vais t'emmener dans un endroit où tu pourra te reposer» D'un mouvement agile, il monta l'animal et lui intima d'avance. Le cheval obéit sans rechigner.

Comme à son habitude, Liz rejoignit son écurie pour s'occuper de ses chevaux sans prendre la peine de manger. Brosse et seau d'eau en main, la jeune femme pénétra l'un des box et flatta l'encolure de l'étalon brun avant de tremper la brosse, elle vint alors lustrer le poil de l'animal qui renâcla de plaisir.

Soudain, elle perçut le bruit de sabots sur le vieux parquet. Abandonnant sa précédente occupation, elle quitta le box en passant une dernière fois la main sur le chanfrein de l'animal et se dirigea vers ce qui semblait être un nouveau client. Elle chopa un chiffon en chemin pour s'essuyer les mains.

«J'peux vous aider?» Demanda-t-elle. L'inconnu descendit et tapota le flanc de sa monture.

«C'est pour elle. Elle est fatiguée de notre long voyage et j'aimerais que vous vous occupiez d'elle pour la journée.» En l'écoutant, la femme retroussa les manches de sa chemise à carreaux et resserra son foulard autour de ses cheveux rose fuchsia.

«Pas d'problème.». Elle approcha l'animal et lui caressa le chanfrein. «C'est une très belle jument. Une mustang?»

«Vous avez deviné.»

Alors qu'elle dirigeait l'animal vers un box libre, elle demanda «Elle s'appelle comment?»

«Blanche.»

La jeune femme s'immobilisa.


«Liz! Viens voir un peu ça!» Soupirant de dépit, la nommée abandonna à regret sa lecture et rejoignit son chef, un peu plus loin.

«Qu'y-a-t-il?» Demanda-t-elle.

«Regarde ce poulain!» Il lui montra l'animal, un frêle poulain noir corbeau.

«C'est une femelle.» Remarqua ennuyée la jeune femme.

«Mouais bon on s'en fous un peu. Elle est pas parfaite pour mon petit Ethan?» La dresseuse regarda son patron bizarrement.

«Tu veux offrir un cheval à ton fils?» Fit-elle, incrédule.

«Il fête ses dix ans dans deux semaines, ce serait super comme cadeau d'anniversaire!» S'enjoua-t-il. 'Un vrai gosse' pensa la rose.

«Pourquoi pas. Et tu l'appelleras comment?»

«Blanche!»

«Tu t'fous d'moi?!» S'emporta-t-elle. «Elle est entièrement noire!»

«Justement, c'est une paroxyronie!»

«Une quoi?!»

«Tu veux bien t'occuper d'elle?»

Inexplicablement, alors qu'elle s'apprêtait encore à l'engueuler, toute sa colère sembla s'envoler. Elle baissa les épaules, soupira, mais finit par sourire.

«C'est d'accord.»


«E…Ethan?»

Le jeune homme retira son chapeau, laissant apparaitre un visage pâle aux traits fins, de longs cheveux corbeau ramenés en haute queue de cheval, ainsi que de grands yeux d'une intense couleur carmin. Un fin et doux sourire ornait ses lèvres.

«Salut, Liliz.» La dompteuse avait du mal à y croire. Le fils du patron, là devant elle?

«Ethan ? Mais bon sang qu'est-ce que tu fais là ?!» Demanda-t-elle, le saisissant par les épaules. Le garçon gardait encore quelques traits de l'enfance mais ses yeux montraient bien qu'il était plus mûr que son âge, ce qui n'échappa pas à la femme qui ne put s'empêcher de se rappeler un bien triste souvenir.

Ce jour-là, lorsqu'ils avaient dû, elle et Jerry, annoncer officiellement la disparition et la mort présumée de leur chef, John, au jeune Ethan, alors âgé de dix ans, lorsqu'elle avait elle-même rendu le 45 du patron à ce pauvre gosse, l'incompréhension qu'elle avait pu lire dans ses yeux carmins embués de larmes, ses petites mains serrant l'arme en argent étincelante…

Elle eut un imperceptible mouvement de recul que, heureusement pour elle, le plus jeune ne remarqua pas. Elle afficha alors un joyeux sourire et dit:

«Jerry va être tellement content de te revoir…» Cette réplique fit également sourire le jeune homme.

«Moi aussi.».

Comme toutes les humbles matinées de son humble vie depuis maintenant cinq ans, quatre mois et onze jours, Jerry se leva avec son légendaire entrain, prit un copieux petit déjeuner pour être en pleine forme et sortit dans la minuscule arrière-cour de sa petite maison, saisit sa grosse hache de son gros bras baraqué et se mit à couper du bois avec enthousiasme. Mais arrivé au bout du trente-et-unième bout de bois coupé, il fut interrompu par une surprenante visite.

«Jerry!»

«Liz, c'est toi!» L'homme posa sa hache et traversa sa demeure pour aller ouvrir à sa vieille amie. Quelle fut sa surprise de la voir accompagnée d'une sombre silhouette au large chapeau.

«On a une visite surprise…» Fit-elle, en allusion à la personne à ses côtés. Cette dernière prit la parole:

«C'est dingue comme t'as pas changé, Jerry…» Il enleva son chapeau et le bûcheron crut halluciner.

«J…John…C'est bien toi?» Cette phrase sembla prendre le jeune homme au dépourvu. Une veine gonfla sur la tempe de la dresseuse.

«Imbécile, comment veux-tu que ce soit le boss? C'est un gamin!» Lança-t-elle, le mot "gamin" lui attirant un regard rouge mécontent. Le charpentier, lui, sembla soudain réaliser. Il se jeta littéralement sur le jeune brun.

«Ethaaaan!» Il le prit dans ses bras et le souleva d'une bonne quarantaine de centimètre du sol. Ethan crut qu'il allait mourir asphyxié, et ne dût son salut qu'à Liz qui menaça de sortir son fouet. «Ethan, ça fait si longtemps! Tu m'as tellement manqué!» Fit le poids lourd, la larme à l'œil.

«Toi aussi tu m'as beaucoup manqué…» Fit Ethan, souriant en même temps qu'il se massait la nuque.

Un poil blasée par le surplus d'émotion du plus grand, la rose proposa d'aller parler au saloon mais le brun préféra rester au calme, ils se retrouvèrent alors à l'écurie pour que la jeune femme puisse garder un œil sur ses étalons. Là-bas, elle décidé de parler sérieusement.

«Alors, plus franchement, dis-nous ce qui t'amène ici, et nous fais pas le coup du "j'voulais vous revoir"» Lui fit-elle. Il baissa la tête.

«Bien, j'irais droit au but.» Il releva la tête et les fixa d'yeux farouchement déterminés.

«J'ai décidé de reformer le clan.»

« Quoi?!» S'écria la dresseuse, tandis que le charpentier quasi-chauve resta muet de stupeur. Le brun poursuivit.

«Je suis venu ici vous chercher pour le réintégrer, et m'aider à retrouver les autres membres.»

«Quelle excellen…» Avait commencé Jerry.

«C'est hors de question.» L'avait coupé Liz.

«Quoi mais…»

«C'est non.» C'était catégorique.

«Pourquoi ?» Lui demanda le poids lourd.

«Parce que c'est complètement débile!» Fit-elle, «Il va se faire tuer!»

«Eh! J'te signale quand même que ça fait six ans que j'm'entraine pour ça. J'suis prêt à me battre!» Les deux adultes le fixèrent, il se calma, et son regard fut empreint d'une profonde mélancolie. Il le détourna. Six ans, disait-il? Depuis la disparition de John. Leur cœur se serra à cette pensée. John…

Mais ce n'était quand même pas une raison pour faire une chose pareille!

«Imbécile de gosse!»

«Me traite pas de gosse!»

Sans trop savoir quoi faire, Jerry vit ses deux amis se crêper le chignon, impuissant.

«Pourquoi tu passes pas à autre chose, comme nous? T'es jeune, t'as encore plein d'trucs à vivre!»

«Je dois le faire!» Cette réplique inattendue arrêta net la rose. Comment ça, doit?

Se rendant compte de ce qu'il venait de dire, le brun se sentit alors obligé de s'expliquer. Il fixa le sol «Papa faisait le bien avec le clan, il aidait les gens, même s'il était hors-la-loi. C'est à moi de reprendre le flambeau maintenant.» La dresseuse s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule.

«Te sens pas obligé…»

«Je veux le faire.» Fit-il «J'y tiens, pour papa, pour honorer sa mémoire…» Face à l'entêtement du brun, la femme tiqua. Elle tourna les talons et croisa les bras.

«Il n'empêche que c'est toujours non.»

«Maiiis!»

«Je peux pas partir comme ça et abandonner mes bêtes.»

«Bah, on peut les prendre avec nous…» Proposa-t-il au hasard.

«Nan mais ça va pas?! Tu sais l'entretien que ça demande?» S'époumona-t-elle.

Pour la première fois, Jerry se permit de donner son avis.

«Moi ch'ui partant!»

«Jerry!»

«Cool!» S'enthousiasma le brun. Sans prêter attention à la rose qui continuait de crier que c'était hors de question qu'ils partent, il reprit un air sérieux «Maintenant il faut retrouver les autres…» A peine eut-il prononcé ces mots qu'un cri au loin raisonna, suivi d'un bruit sourd. Jetant un coup d'œil dehors, ils virent une foule de gens courir, fuyant visiblement quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Au hasard, Liz en chopa un dans sa course et lui demanda ce qui se passait.

«Fuyez, vite! Ou il va vous tuer!»

«Qui ça?»

«Bill…Bill la Lame»

«Quoi?!» S'écrièrent les deux adultes. «Bill Sorrow, le chef des Aigles?» Apeuré, l'homme se contenta d'hocher la tête, avant que la rose ne le laisse partir.

«Les…Aigles…?» Murmura le brun.

«Qu'est-ce qu'il y a, Ethan?» Fit le quasi-chauve.

«Ceux qui ont piégé papa et lui ont logé une balle dans le dos…?» Liz eut juste le temps de réaliser, l'adolescent était parti en courant.

«Non Ethan, fais pas ça! Ethan!» Mais il avait déjà disparu.

«Qu'est-ce qui lui arrive?» Jerry ne comprenait vraiment rien.

«Il va essayer de le tuer imbécile! Cours!»

Lorsqu'ils débouchèrent sur l'artère principale de la ville, Ethan et Bill y étaient déjà, le dernier dos au premier.

«Bill Sorrow…?» Demanda le brun.

«Lui-même. Qui le demande?»

«Retourne-toi, que j'puisse voir ta sale gueule de rat.» Ce que l'homme fit, un sourire carnassier aux lèvres.

«Eh, John?»

«T'aurais aimé?» lança le garçon, acide. «Non, c'est pas John, et d'ailleurs, je t'interdis de prononcer son nom.»

«Ooh, mais c'est le petit…Ethan, c'est ça?» Il prit un ton faussement tendre. «C'est dingue c'que tu ressemble à ton père!»

«Tu peux pas savoir à quel point…» Un petit silence régna le temps d'un instant, avant que le brun ne lance, portant sa main à sa ceinture «Tu te souviens de la dernière fois que vous vous êtes "croisés"?»

«Ah, je vois qu'on t'a rapporté cette belle histoire…»

«Belle? Ça dépend pour qui, mais c'est un sujet qui se discute, là j'ai mieux à faire…» le brun eut envie d'e finir tout de suite, mais lorsque sa main frôla le 45 accroché à sa ceinture il se dit qu'en fait, il n'en valait même pas la peine. Aussi il l'éloigné, faisant tinter l'arme.

Le bruit presque imperceptible arriva aux oreilles de Liz qui en eut des frissons.

Ce tintement délicat, elle le reconnaitrait entre mille. C'était l'arme de…!

«Eh bah alors,» Fit Bill, qui avait suivi le mouvement du brun du regard, «ce beau joujou est trop lourd pour toi?»

«Pas vraiment, c'est plutôt qu'il est précieux, peut-être un peu trop pour que tu aie l'honneur d'en crever.» D'un geste souple, il porta sa main à son dos, sous son manteau, pour en retirer une étrange barre de métal noire d'environ un mètre.

«Et tu comptes faire quoi avec ce manche à balais? Me taper sur les doigts?»

«Ce manche à balais comme tu dis, n'est pas banal…» Lorsque d'un coup sec il frappa le sol de son bâton, ce dernier sembla actionner un mécanisme qui le fit doubler de taille, le brun prit alors une pause de combat, «Ch'ui prêt.»

«Tu es sérieux?»

«On n'peux plus sérieux,» Assura-t-il, «ça me permettra de tester mes capacités.»

«Bon, d'accord, mais tu ne viendras pas pleurer après.» le Découpeur, comme son surnom pouvait l'indiquer, dégaina son épée biseautée de son fourreau et prit lui aussi une pause de combat.

«Go!»

En à peine une seconde, le sable rougeâtre de cette parie de la ruelle se souleva pour former un opaque nuage. Des bruits d'acier qui s'entrechoque résonnèrent et firent échos. Liz, elle, fut prise d'inquiétude. Quel imbécile! Si John était tombé dans le piège de ce type, c'est qu'il devait être vraiment redoutable! Il avait beau avoir fait tous les entrainements du monde, seize ans, ça restait trop jeune pour affronter un adversaire de cette taille!

Lorsque le nuage daigna retomber, ce fut pour laisser voir les deux adversaires nez à nez, les armes croisés. Bill, le front en sueur, lâcha, haletant:

«Tu t'débrouille bien pour un gamin…» Un rayon de soleil fit luire le métal noir contre l'épée. «Un bel objet que tu as là. Du bois de hêtre trempé dans de l'acier noir, fallait y penser.»

«Je l'ai baptisé le Black Slash, et avec, je vais te donner la raclée que tu mérites!» S'écartant d'un pas et demi, il repartit à l'assaut, enchainant coup sur coup.

«Par contre, t'es un peu trop désordonné. John était plus calculateur.» le coup qui suivit fut plus fort, plus enragé.

«Je t'ai dit de ne plus prononcer son nom!» Bill continua, cependant.

«Il était vraiment plus expérimenté…»

«La ferme!»

«Il est parti si tôt…»

«La ferme!» En rage, le brun sembla totalement se déchainer, et les deux aciers se rencontrèrent avec force. Lorsqu'alors qu'il s'apprêtait à asséner une nouvelle frappe, son adversaire disparu, comme par magie, pour réapparaitre dans son dos.

«Que…»

Lorsque l'épée siffla, Liz sentit le temps se figer. La lame, mortellement aiguisée, n'avait pas eu besoin de plus que de frôler le dos du garçon pour le lui entailler, diagonalement, lui arrachant un cri de douleur. Il tomba à genoux, mains au sol.

Mais plus que la vue du sang coulant le long du corps, ce fut tout autre chose qui laissa la dresseuse bouche bée…La combinaison noire, déchirée, avait glissé sur sa frêle épaule, laissant voir un grand tatouage bleu représentant un cygne royal, symbole du clan, marqué sur une peau pâle et encore meurtrie.

Un tatouage très pour trait identique à celui de leur chef.

«Tu as de la chance que je ne t'achève pas…» Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase qu'il sentit l'argent froid du canon contre sa tempe. En un temps record, le brun avait empoigné son 45, s'était relevé, retourné et l'avait braqué sur l'épéiste.

La vue de l'arme laissa ébahis les deux spectateurs : était gravé le long du canon, en lettes italiques, l'inscription "J.E. Swann". C'était le 45 de John, chargé, récuré et fonctionnel, juste devant eux.

C'était comme si leur chef reprenait vie, à travers ce garçon; son fils. Leur ressemblance prêtant à confusion, l'arme, le tatouage… C'était frappant.

«Pourriture, j'vais t'apprendre à monter des coups tordus à des gens comme mon père, espèce de…» Cracha-t-il.

«Non! Ethan, arrête!» Liz les rejoint, «Même si c'est une ordure, c'était de bonne guerre entre lui et John, il lui a déjà rendu la monnaie de sa pièce!» L'adolescent serra les dents mais baissa tout de même son arme. Bill, qui voulait profiter de l'indulgence du garçon en brandissant son épée, se retrouva face au fouet lacérant de la rose qui en claquant dissuada l'épéiste de toute initiative. Comprenant alors ce qui l'attendait, il préféra battre en retraite, et s'éloigna discrètement.

Jerry, qui avait suivi le bandit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse au détour d'une rue, sursauta en entendant un bruit sec. Ramenant son attention à ses deux amis, il comprit rapidement ce qui s'était produit.

La gifle avait claqué, sévère, marquant de rouge la joue maintenant brûlante du garçon.

«Imbécile!» malgré la dureté de l'insulte criée, la voix était empreinte d'émotion. Ethan, les idées floues, fixa sur la femme un regard brouillé, comme déconnecté, avant que ses paupières ne se fassent trop lourdes et qu'il s'écroule dans ses bras. Jerry les rejoint.

«Ce gosse n'a vraiment rien dans le crâne» murmura-t-elle, tandis que le molosse portait le brun sur son épaule.

Lentement, il reprit conscience, et avant même d'ouvrir les yeux, il put se sentir soulevé, puis reposé, soulevé puis reposé, inlassablement, au rythme de sabots, lui retournant l'estomac. Quand enfin il daigna lever les paupières, il vit un paysage désertique sans fin, à la seule particularité d'être vertical à l'habitude, il comprit alors qu'il était allongé, mais sur quoi, il ne le sut qu'en se relevant.

«Blanche?» Sans grande difficulté il avait reconnu sa monture, sauf qu'elle avançait paisiblement vers il ne savait où sans même qu'il ne lui ait rien demandé !

«Enfin réveillé?» Le garçon sursauta, réveillant un atroce lancement au dos, lui faisant remarquer au passage que des bandages blancs avaient remplacé son haut et son manteau noirs. Liz, montée sur un autre cheval auburn arriva à sa hauteur.

«Où…Où on est?»

«En chemin vers Winston Valley.»

«Quo?»

«C'est toi qui voulais qu'on retrouve les autres, non?» le brun avait un peu de mal à y croire.

«J'ai dormi combien de temps?»

«Vingt-quatre heures.» Remarquant que le garçon la fixait de façon bizarre mais surtout intensive, elle ne put s'empêcher de se justifier, irritée «Rho ça va, j'ai accepté d'vous suivre uniquement parce que je savais que j'pourrais pas t'enlever cette idée de la tête et que John m'en voudrait trop de t'laisser te faire tuer!» A cette réplique, le brun fit la moue.

«Sympa merci.» Mais il ne fit pas la tête longtemps. A peine quelques secondes plus tard, un doux sourire ornait ses lèvres. Il était content que le bras droit de son père soit aujourd'hui à ses côtés.

Le regard décidé, il se tourna vers l'horizon qui leur faisait face, illuminé par les premiers rayons du soleil du matin.

«Nom de l'objectif Liz?»

«Winston Valley, 42 miles au nord.»

«Jerry, rien à signaler?»

«Pas un obstacle à des kilomètres à la ronde!»

« Bien.» Un court instant, les beaux yeux carmin furent dissimulés par les mèches noires, avant que le garçon de se ressaisisse et lève la tête «Au nord, toute!»

«Bien chef!» En même temps que les deux adultes scandaient cette réplique, comme autrefois, ils arrachèrent leurs chemises, dévoilant pour l'un ses muscles sculptés parfaitement entretenus, et pour l'autre un corset de cuir noir, mais surtout, leurs tatouages, respectivement sur le biceps droit et le haut droit du buste, représentant un cygne royal.

Prenez garde, bandits, le clan est de retour !

A suivre...