Bonjour ou bonsoir ! Voici ma première fiction postée ici. J'espère qu'elle vous plaira.

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EPILOGUE

"Il faut commencer par le commencement. Et ce commencement de tout est le courage."

- Vladimir Jankélévitch -

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J'ai mal. Je souffre.

C'est comme des milliers de poignards dans chacune de mes pores, perçant chacun de mes muscles. Je sens mes os comme s'ils étaient sur le point de se rompre, semblant se mélanger avec ma chair douloureuse. Je ne suis plus rien, perdu dans ce tourbillon.

J'entends ma respiration comme s'il n'y avait qu'elle, lente et bruyante. Mes poumons font un bruit étrange en se gonflant, comme s'il y avait des fuites. Les battements de mon coeur s'y mêlent, comme sortant d'un rêve. Je bouge un peu. Le carrelage est froid sous moi. Où suis-je ? Chez moi ?

Lentement, je cesse tout pour prendre une goulée d'air. L'odeur est métallique. Oui, je saigne. Beaucoup. Derrière, je distingue une autre odeur. Celle de la chair brûlée. Mais entourant tout ceci, je sens le délicat parfum de l'encens que j'ai l'habitude d'utiliser chez moi. C'est doux et épicé. C'est donc bien mon carrelage. J'essaie de tendre la main pour me situer et mes doigts effleurèrent le pied d'une chaise.

Mon épaule proteste, une blessure dans mon dos se rouvre. un cri de douleur m'échappe. J'aimerais pleurer mais je ne peux ouvrir mes yeux. Mes doigts commencèrent leur ascension vers mes paupières lors qu'un tremblement agite mon âme, mon corps.

Un hurlement silencieux dessine une grimace sur mon visage. Un cri inhumain qui prend l'âme, qui vient du fond de mon corps. De l'endroit que certains appellent le coeur mais ils ont tort. Cet endroit est plus à droite, au centre de la poitrine. C'est plus profond, plus sombre aussi. Un endroit que personne ne peut toucher. On y a planté un poignard.

Mon corps se contracte malgré la douleur, la panique accélère ma respiration et mes doigts palpent le vide qu'est mon regard. Mes yeux me faisaient mal, mes doigts ne sentaient que des morceaux de peau brûlés. Le centre de mon âme est si sombre qu'il parait m'engloutir et le regret comme une cape se pose sur mes épaules, sans apaiser le froid intense qui me gagne. La douleur a posé ses lèvres sur les miennes et aspiré ce qu'il me restait de conscience.

Ce jour-là, j'ai cousu mes oreilles à la place de mes yeux.