Bonjour! Voici une courte fiction écrite rapidement sur le thème du frisson et de l'horreur.
J'espère qu'elle vous plaira :)

N'hésitez pas à me dire si vous voulez d'autres écrits de ce type ;)

L'enfant des bois

La forêt au crépuscule s'était tue. Les bruissements rythmés des feuilles et gazouillement enjoués des oiseaux étaient devenus muets. La lune doucement prit place dans l'immensité bleu marine tirant sur le noir abyssal. Ses pales rayons de lumière, entrecoupés par les lourds et menaçant nuages, éclairaient l'entendue boisée. Cela offrait à l'endroit ombre et lumière, déformant les traits paisibles des arbres en grimaces horrifiantes.

Dans cet endroit où désormais le vent sifflait et les bois craquaient tandis que les troncs grinçaient lugubrement, une enfant aux airs candides saluait joyeusement la chouette hululant et le loup, tantôt grognant férocement, tantôt hurlant sous l'astre d'asphalte. La scène n'aurait eu qu'un air quelque peu irréel et magique si… Les bruits de pas précipités et la respiration haletante d'un homme paniqué n'étaient pas venus perturber l'environnement paisible et tranquille de la forêt sous son manteau nocturne.

L'homme fuyait quelque chose. Quelque chose qui se trouvait toujours à l'extérieur de l'étendue boisée : La police l'avait retrouvé.
Le criminel, coupable d'odieux méfaits, s'était en effet fait prendre en flagrant délit dans une ruelle sombre alors qu'il se délectait de l'expression de terreur peinte sur le visage de la petite fille dont il s'apprêtait à ravir la virginité.

Oui… Un pédophile comme vous l'aurez sans doute compris.

A ce moment-là, une patrouille de police l'avait heureusement surpris et pris en chasse, laissant un officier aux côtés de l'enfant terrorisée. Cependant, l'homme avait pu rejoindre sa voiture et sortir de la ville, fuyant vers la vaste forêt, espérant s'y cacher et la traverser pour rejoindre la ville suivante, et la frontière la bordant.

Désormais, il courait à en perdre haleine, ignorant les suppliques de son corps tiraillé par la douleur tant l'effort était grand et se prolongeait inexorablement. Quand enfin il fut sûr d'avoir mis assez de distance entre lui et ses poursuivants, il freina sa course, et se mit à marcher tout en s'étirant, évacuant l'inquiétude d'être attrapé et repoussant aussi loin que possible la frustration que la situation avait engendrée. Comment ces fichus agents de police avaient-ils pu oser l'interrompre dans son plaisir ?!

Soudain, il aperçut l'enfant vêtue d'une robe blanche et se baladant pieds nus, saluant innocemment une chouette s'envolant.

Une enfant…
Une innocence à prendre, à arracher !
Oui… Oui ! OUI !

L'envie malsaine du criminel afflua en lui, inondant à nouveau son sang, faisant presque déborder ses veines de désir. La bête en lui se réveilla brutalement, balayant sa raison et son contrôle, la frustration durement apaisée refit surface avec fulgurance.

Immédiatement l'homme se rua sur l'enfant, sur elle, mais avant même qu'il ne pose la main sur elle, un rire cristallin emplit l'air. Surpris, le prédateur sexuel recula d'un pas, puis de deux. Reprenant ses esprit, il songea avec envie que la gamine rira moins la bouche pleine, puis fit un pas en avant. Pourtant, à peine s'approcha-t-il à nouveau et qu'il tendit la main pour atteindre la frêle épaule que le rire cristallin s'éleva à nouveau, plus grand, plus…

Terrifiant.

Inquiet, le pédophile osa à peine toucher la pâle et immaculée peau à l'aspect laiteux que la lune rendait fantomatique. Un rire nerveux s'échappa de la gorge serrée de l'homme. Il tenta alors de se mettre tant bien que mal à l'aise, puis appela l'enfant, la voix brisée, faible.

« Hum, euh… Petite ?
Un nouvel éclat de rire lui répondit, achevant de le pétrifier sur place.
_ Et bien monsieur… Que vous arrive-t-il ? Ne seriez-vous pas… mal tombé ?
Le rire retentit à nouveau, et l'homme se mit à trembler.
_ Serait-ce de la terreur que je sens ? Mais oui ! C'est bien cela…. Hahaha ! Voyez-vous… Il était temps d'inverser les rôles… Je ne suis plus l'enfant mais le chasseur… Et vous… n'êtes plus le chasseur… mais le chassé !
A ces mots, un filet de sueurs froides dévala la colonne vertébrale tremblante de l'être piégé.
_ Pi… Pitié, parvint à supplier l'homme.
_ Pitié ? En avez-vous seulement eu, vous ? Non. Désormais vous connaissez la terreur d'une très mauvaise rencontre, celle de la proie qui découvre son bourreau, et vous allez… En souffrir ! Et ce, jusqu'à n'être plus qu'un souvenir, ô combien lointain, pour vos victimes…
_ Non… Non ! »

Le hurlement déchirant mourut dans l'atmosphère lugubre et étouffante mais terriblement serein du bois faussement endormi.

Le lendemain, les policiers arrivèrent sur les lieux, en grand nombre et accompagnés de chien. Néanmoins, les recherches et la battue s'arrêtèrent bien vite… En effet, une vue des plus saisissante s'offrait à eux. L'horreur qui se dégageait de la scène fit rendre à tous leur déjeuner, et décamper les pauvres chiens, paniqués par l'odeur et la vue intenable du carnage qu'ils avaient devant eux.

Lorsque les spécialistes et autres autorités compétente arrivèrent, ils purent à leur tour découvrir le paysage forestier recouvert par des litres d'hémoglobine à demi séchés, accompagnés de morceaux de corps déchiquetés et disséminés aux alentours, ainsi que quelques tissus, sans doute des vêtements, ceux de la victime. Parmi les restes sanglants, entre deux plis de ce qui fut jadis un jean usé, se trouvait une carte d'identité : il s'agissait du fugitif poursuivi.

Sur un des arbres les plus proches de la scène ensanglantée était collée, à l'aide de sang désormais sec et coagulé, la peau du dos de l'homme. Une peau, intacte, et sur laquelle était inscrit à l'encre rouge : « Tant d'âmes tourmentées par un être si peu humain… Il leur a arraché leur enfance, leur joie, leur innocence, leur virginité, leur estime de soi. La vie je lui ai arraché. »

Un frisson glacé parcouru l'échine de chacun des êtres présents à l'entente d'un rire cristallin, appartenant sans aucun doute à une jeune enfant.

Tous se retournèrent, espérant voir la gamine en question, mais il n'y avait rien. L'enfant avait disparu, envolée, comme la nuit s'était évanouie et le vent arrêté.