Bonjour !

Aujourd'hui, je vous présente un petit One-Shot de mon cru. Je ne sais pas pour vous mais moi j'adore les OS ! C'est rapide à lire, souvent agréable et plutôt bien structuré, et puis c'est fini… même si à chaque fois je rêverais d'une suite ! Vraiment, on ne sait pas ce qu'on veut.
Je voulais donc écrire un OS léger, rien de grave ni de glauque (ça me change un peu….), tout en étant terriblement sexe. Je pense que le but est atteint, mais c'est surtout à vous de me le dire !

Je vous rappelle que l'histoire m'appartient comme les personnages. C'est un Yaoi donc des relations homosexuelles entre hommes, et rating T pour scène de sexe explicite.

Résumé : Arthus croit dur comme fer à la magie depuis son plus jeune âge. Sauf qu'à 20 ans cela devient vraiment ridicule. Et pourtant… Quand Arthus fit le vœu d'un bel homme qui répondrait à tous ses désirs il ne pensait vraiment pas à ça ! Quoique. OS Yaoi.

Bonne lecture !


L'arbre à vœux


Le bout de tissu caressa la plante des pattes du dragon, s'insinua entre les jambes aux écailles verdâtres et dépoussiéra le ventre imposant. Il s'enroula autour de la tête pour finir sa course le long de la queue de l'animal fantastique. Arthus prenait un grand soin à nettoyer toutes ses figurines avec minutie.

Sa chambre blanche aux poutres de bois apparentes regorgeait d'objets ésotériques tels que des dragons, des fées, un choixpeau magique, des épées de feu et divers livres de sorcellerie. Le jeune homme de vingt ans vouait une véritable passion pour tout ce qui concernait la magie depuis sa plus tendre enfance. Il s'imaginait faire léviter des objets, lire dans les pensées ou encore se battre à coup de baguettes magiques.

Dans son cœur, au plus profond de lui, il savait qu'un jour sa magie se révélerait enfin. Seuls ses plus proches amis connaissaient son fol espoir. Pour la plupart il était juste un de ces nerds fan de science-fiction et de fantasy. Il n'avouait plus nourrir ce rêve depuis la fin du collège où il avait subi bon nombre de moqueries.

Son ménage fini, il rejoignit dans le salon son colocataire et ami, Dorian. Ils engouffrèrent un paquet de gâteaux en regardant l'une de leurs séries préférées.

Leur amitié ne datait que de l'année dernière, depuis leur rencontre en première année de fac des Arts pour être exact. Pourtant les deux comparses s'entendaient si bien ensemble qu'il leur avait paru comme une évidence de cohabiter, sans parler de l'avantage non négligeable du partage du loyer.

« - Ah j'y pense, lança Dorian à la fin de l'épisode, t'as reçu un nouveau colis.

- Non sérieux ?! Tu aurais dû me le dire tout de suite ! s'exclama Arthus avec enthousiasme. »

Il sauta hors du canapé et se jeta sur la boîte négligemment posée sur la commode près de la porte d'entrée.

« - Désolé, j'ai oublié. C'est quoi ? Une nouvelle figurine ? demanda Dorian. »

Arthus observa d'abord la boîte avec la mention « fragile ». Elle ne semblait pas endommagée, c'était déjà bon signe. Il en coupa méticuleusement les bords, il ne voulait pas abîmer son nouveau cadeau. Il avait profité de son ménage pour lui libérer une place sur l'étagère, près de son lit, à côté d'un dragon rouge-orangé aux larges ailes imposantes.

Il en sortit un petit arbre bonsaï soigneusement emballé dans du papier à bulles. De jolies breloques étincelantes habillaient certaines feuilles et le pot en terre cuite était gravé de runes à l'aspect elfique.

« - C'est joli, concéda Dorian, peu intéressé. Ça vient de quel film ou livre ? Ça ne me dit rien.

- D'aucun. C'est un arbre à vœux, tu accroches un bout de papier avec ton souhait écrit dessus et il se réalise.

- Sérieux ? sourit le brun malicieusement. »

Son incrédulité sautait aux yeux. Arthus ne lui en voulait pas, lui non plus ne croyait pas au pouvoir de cet arbre acheté sur eBay ; il l'avait pris pour habiller sa chambre d'un peu de verdure et trouvait le concept amusant.

« - Tu devrais faire le vœu d'avoir trois tonnes de cookies ! C'est vrai quoi, on manque tout le temps de gâteaux ici. blagua le jeune homme. Puis comme ça tu verras s'il fonctionne sans faire exploser le monde ! Enfin peut-être pas trois tonnes, on ne pourrait même plus ouvrir la porte du salon.

- Je vais en demander une centaine. s'amusa le blond. »

L'idée les ravit, ils écrivirent le mot ensemble en changeant un million de fois les tournures de phrases pour que leur vœu ne se retourne pas contre eux comme dans les contes. Ils se plaisaient à inventer d'autres souhaits délirants, à s'imaginer seuls sur une île déserte avec des arbres fruitiers toujours remplis de délicieux fruits mûres et un ordinateur avec connexion illimitée qui ne s'éteindrait jamais. Arthus désirait plus que tout un dragon.

« - Il va te bouffer, oui ! se moqua gentiment Dorian, un large sourire aux lèvres dévoilant ses immenses dents ; Arthus le soupçonnait d'être un vampire.

- Non, il sera adorable. Il aura le pouvoir de changer de taille sous ma volonté et sera doté d'une force herculéenne.

- J'aimerais trop. soupira son ami, rêveur. »


Au petit matin, un filet de lumière chatouilla le nez du jeune homme, il détourna la tête. Ses cheveux blonds mi-longs, teintés aux pointes de reflets argentés, recouvraient son visage longiligne. Son corps s'apparentait à un boulot : droit, gracile, tout en longueur, parsemé de petites tâches de naissance couleur chocolat sur son flanc droit.

Il sursauta à la première sonnerie du réveil, comme toujours. Il ne supportait pas les bruits aigus. Il s'empressa de l'éteindre et se força à s'asseoir pour se réveiller. Un large bâillement libérateur plus tard, il se leva, prêt à affronter cette courte matinée de cours. Vêtu d'un boxer et un tee-shirt informe, il se traîna dans le salon vers la cuisine américaine pour mettre en route la cafetière.

Il ne l'atteignit pas, son regard était bien trop absorbé par le tas empilé sur la table basse en face du canapé : une dizaine de paquets de cookies de sa marque préférée. Il tapota ses mains mollement contre ses joues et ses yeux pour se ragaillardir, il devait halluciner.

Non, il n'hallucinait pas. Les doigts contre les ailettes de son nez, il se força à réfléchir de manière rationnelle. Déjà que ce n'était pas son fort à l'état naturel alors au réveil cela le contraignait à une concentration très inconfortable. L'évidence lui vint au bout de quelques secondes : Dorian lui faisait une blague.

Il ouvrit un paquet et croqua dans le premier gâteau puis cria à travers la pièce « merci Dodo ! » pour être sûr que celui-ci l'entende dans sa chambre à l'autre bout du couloir.


Dorian avait juré avec fracas ne pas être à l'origine de la blague et accusait Arthus d'en être le responsable. Le blond se montrait plus que dubitatif, il n'aimait pas du tout être pris pour un idiot et encore moins par son colocataire et ami. Le soir venu ils passèrent une bonne partie de la nuit à travailler un exposé en commun sans reparler de cette histoire de cookies magiques.

Au milieu de la nuit, un hululement réveilla Arthus ; ce son n'avait rien de courant pour une habitation en centre-ville. Le blond ouvrit les volets, il observa la nuit, les lumières des réverbères qui agitaient les ombres des arbres de l'avenue, le léger trouble d'un journal au sol tourbillonnant lentement sur place, le pâle spectre de la lune dissimulé sous un lit nuageux.

Une atmosphère particulière émanait du moment. Arthus se tourna vers l'arbre à vœux.

Son esprit restait embrumé par leur longue soirée de travail et un manque global de sommeil davantage dû à la procrastination sur internet qu'à une quelconque besogne.

Un picotement le prit au bout des doigts, il voulait faire un nouveau souhait, n'importe lequel, un souhait que Dorian ne pourrait pas réaliser. Soudain un éclair vivace le traversa, il avait une idée très idiote et encore plus excitante.

Non, vraiment…

Et pourquoi pas ?

Il griffonna sur un coin de cahier: « je souhaite un beau serviteur qui fasse tout ce que je désire. »

Il étouffa un rire alors qu'il déchirait le bout de papier. Il le noua à l'arbre puis l'embrassa avec amusement.


Le lendemain matin, Arthus se réveilla seul dans son lit. Aucun serviteur n'était apparu à ses pieds pour le réveiller avec un doux massage. Quel dommage, se dit-il sans réel étonnement. Il se demanda ce qui lui avait pris de souhaiter un vœu aussi stupide. Sans doute qu' il se sentait un peu seul depuis la fin du lycée où il avait rompu avec son petit-ami. Le lycée c'est l'Enfer, pourrait résumer Arthus. Tout lycée devrait inscrire cette maxime en caractère gras au-dessus de sa porte d'entrée. Le blond avait mal vécu ses années et l'homophobie ambiante de l'établissement, du coup il n'avait révélé à personne de la faculté ses penchants et encore moins à Dorian, l'un de ses seuls amis actuels qui partageait les mêmes délires que lui.

Il retira le bout de papier et le jeta dans la corbeille par sécurité. Il ne voulait surtout pas que le brun le lise.

Il sortit de la chambre pour se faire un café mais voilà, encore une fois, ses plans ne se déroulèrent pas tout à fait comme prévu. Dorian était déjà réveillé et venait de démarrer la cafetière.

« - Tu es bien matinal ! lui lança le blond. Merci pour le café. »

Dorian n'en buvait pas, ni du thé d'ailleurs. Il préférait ses céréales avec du jus d'orange le matin. Arthus lorgna un instant sur son camarade de dos qui était déjà habillé, vêtu d'un pantalon noir à pinces et une chemise blanche qu'il portait habituellement pour son travail de serveur occasionnel à des réceptions. Il s'agissait d'un job étudiant pas trop mal payé qui égayait son portefeuille à la fin du mois.

« - Tu vas où habillé comme ça ? »

Son colocataire servit le café dans une tasse accompagné de deux tranches de pain beurrées. Il les posa sur la table en face du blond qui en resta pantois.

« - Que puis-je faire pour te servir ? »

La phrase fit frissonner Arthus de tout son long. C'était impossible ! Et pourtant, son colocataire se tenait là devant lui, droit comme un i, dans une position de serviteur, le visage neutre sans la moindre expression.

« - Tu te fous de moi !

- Que puis-je faire pour te servir ? répéta son ami d'une voix monocorde. »

Il rougit ardemment. Il s'en voulut d'avoir écrit qu'il désirait un serviteur « beau », cette précision ne laissait aucun doute sur son orientation sexuelle. Dorian était maintenant au courant. Il tenta de se rassurer en se disant que son ami ne l'avait pas traité de pervers et ne s'était pas enfui en courant, il lui faisait juste une mauvaise plaisanterie. Il voulait jouer ? Ils seraient deux. Avec un sourire machiavélique, Arthus ordonna :

« - Nettoie toutes mes figurines, le salon, la cuisine. Tout doit être impeccable. »

L'homme hocha la tête et s'exécuta sans le moindre signe d'agacement ; Arthus n'en revenait pas. Son ami arrivait à conserver une expression placide face à sa demande pour le moins ennuyeuse.

Il l'observa sortir un chiffon et le produit nettoyant, déplacer les figurines, passer un coup sur la première étagère puis astiquer une petite statue calmement.

« Il va se lasser » se dit le blond. Il se prépara, oubliant le brun à sa tâche. L'heure défilait, ils devraient partir en cours dans moins de cinq minutes.

« - Tu vas être en retard. lui fit-il remarquer.

- Que désires-tu de moi ? répondit le brun toujours aussi calme.

Les plaques rouges envahirent à nouveau les joues du jeune homme jusqu'aux oreilles. Il dévia les yeux, très mal à l'aise. Que désirait-il de Dorian ? Il avait tant voulu d'un meilleur-ami qu'il s'était refusé à voir quoique ce soit de sexualisé chez lui. À bien y penser, Dorian était plutôt quelconque : des cheveux bruns courts, des yeux noisette, pas musclé ni fin pour autant, ni même très grand ni petit. Le seul élément qui pouvait le faire sortir de la moyenne résidait en son sourire, un grand sourire impressionnant laissant apparaître de larges dents blanches et des canines étonnamment pointues. Un sourire aussi agréable que déstabilisant.

« - Et bien continue ce que tu fais. marmonna Arthus mal à l'aise, il se demanda combien de temps ce petit jeu durerait. À tout à l'heure et que tout soit impeccable surtout ! On se revoit au déjeuner. »

ooOoo

« - Bonjour, maître. »

Arthus le laissa prendre son manteau, abasourdi. L'appartement brillait de propreté, une bonne odeur de pâtes aux saumons se mêlait à celle désagréable des produits chimiques de nettoyage. Le jeune homme ouvrit la fenêtre pour aérer puis s'arrêta devant la chaise légèrement ouverte menant à l'unique assiette posée sur la table.

« - Tu ne manges pas ? demanda-t-il surpris.

- Si tel est ton désir.

- Dorian, arrête, ça devient gênant. Vraiment. Viens manger avec moi, ça a l'air délicieux ! »

Le brun se servit et s'installa en face de lui comme à leur habitude. Son calme perturbait son ami.

« - C'est bon, t'as réussi à me faire flipper, tu peux arrêter maintenant. Et pour info, t'as de la chance les cours étaient à mourir d'ennui.

- Arrêter quoi ?

- Ce jeu du serviteur.

- Je ne joue pas, mon maître. Quel est ton désir ? »

Une colère sourde grandissait chez le blond. Agacé, il répondit :

« - Tu n'as qu'à sauter par la fenêtre ! »

Le brun se leva, toujours aussi droit et sans expression. Il se dirigea vers la fenêtre ouverte du salon puis passa un pied par-dessus. Arthus n'en put plus, il courut jusqu'à lui tout en lui commandant d'arrêter.

« - Mais t'es complètement fou ! Qu'est-ce que tu essaies de prouver en faisant ça ? Je ne comprends pas !

- Quel est ton désir ? répéta insensiblement le brun. »

Arthus baignait en plein trouble. Se pouvait-il vraiment que ce sort ait fonctionné ? Avec un petit arbre stupide, acheté une misère sur eBay… Il se mordit l'intérieur de la joue, signe palpable d'agitation chez lui. Ses yeux se plongèrent dans ceux de Dorian à la recherche d'une réponse. Son ami se cachait-il derrière ce regard si paisible ? Paisible était bien le mot, ses yeux n'étaient ni vides, ni éteints, ils scrutaient le blond avec une petite lueur d'intérêt, prêts à répondre à la moindre de ses attentes.

Et si son vœu s'était réalisé, combien de temps durerait-il ? Dorian s'en souviendrait-il après qu'il ait recouvré ses esprits ? Toutes ses pensées tournaient en boucles dans sa tête, le figeant sur place en face de son ami.

« - Je souhaite que tu me dises combien de temps va durer ce vœu.

- Vingt-quatre heures, puis je ne me souviendrai de rien. »

Arthus hoqueta. Lisait-il dans ses pensées ?

« - Tu en es sûr ? Comment peux-tu le savoir ?

- J'ignore comment mais je le sais. Que désires-tu ? »

Arthus considéra son serviteur un instant. Ses yeux le scannèrent de la tête aux pieds dans un court mouvement. L'entendre lui répéter cette phrase l'excitait plus qu'il n'aurait pu se l'avouer, et la perspective qu'il ne se souvienne de rien faisait tomber petit à petit ses défenses. Il inspira et sa respiration se bloqua alors qu'il s'attardait à la contemplation de la chemise du brun. Pour le tester, et plus sûrement car il en mourait d'envie, il lui ordonna de la retirer.

Le morceau de tissu tomba au sol avec un naturel déconcertant. Arthus se mordilla la lèvre tout en admirant ce joli torse, tout juste plat, avec une légère toison descendant sous son pantalon.

Il se rapprocha du jeune homme et le fixa droit dans les yeux. Ses doigts effleurèrent la peau, juste sous son nombril, toujours à la recherche de la moindre expression. Dorian ne cilla pas. Il fit jouer ses doigts sur sa chair, tournicota les fins poils, fit courir son index le long de la ligne du pantalon.

« - Que désires-tu ? répéta Dorian.

- Je veux que tu bandes. lui souffla le blond à l'oreille. »

Il tira sur la ceinture du brun, l'ouvrit puis défit la braguette. Sa main plongea alors dans le caleçon et attrapa son sexe. Le membre déjà un peu en érection se gonfla sous la poigne. Il poussa un soupir de plaisir en sentant le pénis durcir sous ses lents mouvements de vas et viens. Très excité, de son autre main, il empoigna la nuque de Dorian et força sa bouche à s'ouvrir.

Dorian ne participait en rien au baiser ce qui perturba Arthus. Que faisait-il bon sang ? Mais alors qu'il hésitait, le sexe dur du brun tressaillit de plaisir sous ses doigts.

Il lui ordonna:

« - Embrasse-moi. »

Dorian l'embrassa avec une fureur féroce. Il se plaqua contre lui et dévora sa bouche comme un assoiffé. Arthus se laissa emporté dans ce baiser violent.

Il baisa fiévreusement sa mâchoire puis son oreille et lui ordonna dans un souffle:

« - Suce-moi. »

À l'instant même le brun se posta à ses genoux, il baissa d'un coup son pantalon avec son caleçon et plongea tout son sexe dans sa bouche. Arthus cria. Mon dieu, ça ne pouvait pas être si bon…

Il hurla encore et encore alors que Dorian empalait sa bouche à une vitesse folle autour de son pénis.

« - Ah… Ah… Oui… Ah ah…. Ah… Mon dieu…. Aah… Arrête. »

Dorian obéit sur le champ.

« - Mon dieu, je n'arrive pas à croire que je fais ça… souffla Arthus hors d'haleine. Pitié que tu ne t'en rappelles pas. »

Son serviteur se releva, ses yeux brillaient de luxure. Il combla la distance entre eux, lécha son oreille et lui susurra:

« - Quel est ton désir ?

- Allons dans ma chambre. »

Dorian prit sa main dans la sienne et le mena dans la pièce au décor magique. Arthus appréciait cette chaleur en son creux, ses doigts virils qui s'enlaçaient dans les siens. Il le suivit avec un peu de peine, son pantalon descendu au niveau des genoux et Dorian ne lui ayant pas laissé le temps ni de l'enlever ni de le remonter suffisamment.

Arrivé à bon port, Arthus lui ordonna de se mettre nu et il fit de même. Il vit avec joie les yeux noisette parcourir son corps, détailler ses hanches, ses tâches de naissance sur son flanc droit, sa queue. Il n'aurait su dire si Dorian le matait vraiment ou si son serviteur devinait son envie d'être désiré mais franchement à l'heure actuelle il n'en avait rien à foutre. Le large sourire de vampire de son ami se faisait carnassier.

Il s'allongea dans le lit sur le ventre puis ordonna avec lubricité:

« - Lèche-moi le cul. Partout. »

Il s'enfonça la tête dans les draps, n'en revenant pas lui-même d'avoir fait une telle demande. Dorian lui malaxa les fesses. Il le fessa ce qui fit hoqueter le jeune homme. Il lécha avidement, une fesse après l'autre tandis que le blond se frottait contre le tissu. Il lui écarta les jambes aussi loin qu'il le put puis agrippa ses fesses qu'il écarta et releva légèrement. Le cul bombé et grand ouvert, Arthus serrait fortement le drap dans sa main d'appréhension. Il cria quand la langue lécha son bouton de rose et encore plus quand elle força son entrée et s'engouffra à l'intérieur. Arthus gémissait, geignait, dans une transe folle. Il se sentait si excité et à la fois si vide. Il désirait plus que tout au monde se sentir rempli. Il cria :

« Prends-moi ! Baise-moi ! »

Dorian souleva son bassin en un instant avec facilité et plongea tout son sexe en lui en une fraction de seconde. Arthus hurla de douleur. Son partenaire lui massa doucement le dos et embrassa son épaule tout en ressortant de lui. Il lubrifia son pénis puis se remit doucement dans son orifice. Ses légers mouvements de vas et viens firent rapidement disparaître la douleur pour retrouver une sensation agréable, excitante. Arthus donna de petits coups de reins pour faire comprendre à son partenaire qu'il pouvait accélérer. Il ne se fit pas prier, ils reprirent à un rythme soutenu leurs ébats.

Arthur, entre deux souffles, lui demanda d'attendre un instant.

Il se mit sur le dos et le serra dans ses bras. Il le voulait contre lui, sentir sa peau chauffer une à une chaque parcelle de son corps. Ils s'embrassèrent et reprirent à une cadence plus douce. Arthus savourait chaque coup de reins, il vibrait de plaisir.

N'y tenant plus, il prit son pénis et se masturba. Dorian accéléra pour se calquer à son rythme.

Toute cette queue enfoncée jusqu'à la garde dans son cul, qui tapait encore et encore contre ses fesses, son pénis brûlant, il ne put résister plus longtemps. Il cria de plaisir, sa jouissance électrisant tout son être, suivi de près par Dorian qui éjacula à son tour en lui.

Il peinait à reprendre son souffle et écarta d'un petit geste Dorian sur le côté pour pouvoir respirer correctement. Mon dieu, il avait pris son pied comme jamais auparavant.

Il lui fallut un long moment avant de retrouver une respiration acceptable. Il tourna sa tête sur le côté pour rencontrer son vis-à-vis. Dorian câlinait son torse religieusement, il s'attardait sur ses tâches de naissance marron qui parsemaient sa peau claire et lui souriait d'un sourire encore plus large que d'habitude, ses dents blanches encadrant toute la partie inférieure de son visage. Ses yeux noisettes brillaient d'une lueur de contentement, Arthus aurait presque pu l'entendre ronronner.

Il lui rendit ses caresses le long de l'épaule et murmura, serein:

« - C'est toi qui as ramené tous ses cookies.

- J'ai fait toutes les épiceries de nuit de la ville, admit le brun avec un sourire malicieux.

- Pourquoi ?

- Parce que tu aimes la magie, j'avais envie de te ramener un peu de fantaisie. »

Arthus lui caressa la joue et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.

« - En vérité tu m'as plu à l'instant même où l'on s'est rencontrés, avoua le brun, et ça n'a fait que se confirmer avec le temps. Tu me plaisais mais je n'osais pas faire un geste vers toi de peur de te perdre. Tu ne semblais intéressé ni par moi ni par les hommes en général, alors, quand j'ai lu ton deuxième vœu… il se mordit la lèvre, évanescence d'un plaisir ressurgi. Il me fallait absolument tenter ma chance ! Et quelle sacrée bonne chance ! »

Ils éclatèrent de rire tous les deux.

« - Je n'arrive pas à croire… rougit le blond, que tu ais fait le ménage ! »

Arthus explosa de rire et Dorian prit un coussin qu'il lui balança, tout aussi amusé.

« - Entre nous, je n'avais pas pensé que ce serait moi qui serais au-dessus. Mais ça n'a pas été pour me déplaire, bien au contraire !

- Les vingt-quatre heures sont loin d'être terminées, mon beau serviteur… susurra Arthus la voix remplie de lubricité. »


Quelques semaines plus tard.

Arthus étira son bras jusqu'au réveil avec l'énergie du désespoir. Il donna un petit coup de fesses pour s'extirper un peu de l'emprise de son petit-ami et parvint à éteindre l'objet de torture. Tout de suite, deux bras se resserrèrent autour de son ventre et une bouche baisa le creux de sa nuque. Il soupira d'aise, se retourna et embrassa le meilleur réveil du monde.

« - Bonjour toi.

- Bonjour, lui répondit Dorian d'une voix encore endormie. Je crois bien qu'un génie est passé cette nuit…

- Ah oui ? Je vais aller voir. »

Depuis qu'ils sortaient ensembles, Arthus et Dorian s'amusaient de temps en temps à mettre des souhaits dans l'arbre à vœux. Ils y inscrivaient leurs désirs pour l'autre; l'envie d'un petit-déjeuner au lit, un baiser, une nuit de sexe torride… Ils s'amusaient beaucoup à jouer le serviteur de l'autre.

Le blond caressa du bout des doigts quelques feuilles de l'arbre puis décrocha le petit bout de papier d'une breloque.

Il lut les mots à haute voix avec émotion:

« - Je souhaite passer le reste de ma vie avec toi. Je t'aime. »

Arthus retourna dans le lit et se lova dans ses bras.

Après toutes ces années, il avait finalement trouvé une véritable magie, l'amour.

Fin.


J'espère que cet OS vous a plu. N'hésitez pas à me donner votre avis.