TEAHOUSE FANFICTION

LE DÉSIR D'UN ROI ET LES SOUHAITS D'UN PROSTITUÉ

Aaaah ! Que de travail, la traduction !

Lire en anglais, comprendre leurs expressions, c'est la partie la plus simple pour un bilingue. À ce stade, je peux même officiellement me qualifier de bilingue (non, je rigole… ou pas :p). Traduire, c'est une autre étape. Il faut adapter les phrases et le style anglais à celui des français… et ce n'est pas une mince affaire ! Il m'a d'abord fallu traduire avec des mots français ces mots anglais, les placer – tous ! – les uns à la suite des autres, entre parenthèses ou en note, pour en avoir une idée bien claire (un travail à la google trad – avec plus de respect, s'il vous plaît :p). Ensuite, survient la seconde étape : la réécriture pour offrir un style plus français aux francophones. C'est là où, je dirais, intervient la patte du traducteur qui mélange son style à celui de l'auteur original, la manière dont il reformule les idées, dont il les exprime, même la mise en page modifiée reflète la personnalité du traducteur…

Ceci est mon premier travail de traduction. Il se peut que certaines expressions utilisées ne soient pas les meilleures et je suis ouverte à toutes discussions et suggestions pour améliorer ce texte ainsi que mon propre travail.

Comme vous vous en doutez, l'œuvre originale ainsi que la fanfiction qui en a découlé ne m'appartiennent pas. C'est une traduction d'une fanfiction publiée anonymement – visiblement – dans les archives du site du webcomic yaoi d'Emirain et C.C, TeaHouse : tagged/submission

Cette histoire se déroule après la page 199 du chapitre 6 de l'œuvre originale.

Je vous souhaite une bonne lecture ^.^

Le bruit des pas claquant sur le marbre se répercutaient en écho, donnant l'impression d'un vacarme assourdissant alors qu'ils marchaient en silence dans le château. À travers les fenêtres closes, les rayons de la lune projetaient sur les murs des ombres mystiques, tels des fantômes qui les suivaient à la trace.

− Hé ! Ne peux-tu pas simplement me dire où nous allons !?

Si, de par le son de sa voix, on avait l'impression qu'il était en colère, c'était en effet le cas. Il avait été réveillé et traîné depuis la TeaHousei, le laissant dans l'ignorance totale quant à savoir où il allait ni qui le réclamait.

− Shhh !

L'homme, qu'Atros lui avait présenté sous le nom de Zephyr, l'ignora une fois de plus, comme ce fut le cas depuis l'instant où il était venu le chercher. Son visage et ses manières l'irritaient tout autant que les siennes.

Tout cela lui paraissait si étrange et inhabituel qu'Axis commençait à avoir des nœuds dans l'estomac. Atros ne laissait jamais sortir ses courtisans de la TeaHouse pour une demande à domicile. Jamais ! C'était une règle de la maison à ce que les clients soient reçus uniquement à l'intérieur du domaine. Donc le commanditaire devait être quelqu'un d'important – extrêmement important ! – et avait sûrement dû payer un bon paquet de fric pour contourner cette règle d'or ! Une demande au beau milieu de la nuit… Qui, dans cette maison – ou plutôt ce château – pouvait se sentir si mal qu'il avait besoin de la compagnie d'un prostitué à une heure si avancée ? Vu l'endroit, cela ne pouvait être qu'une demande royale.

− Je n'ai jamais été avec un client de caste royale. Avec des nobles, c'est sûr, mais ce n'est pas la même chose.

À présent que l'affaire le concernait, il commençait à y réfléchir soigneusement. Peu importait la personne qui l'avait fait amener, Axis était sûr de n'avoir jamais couché avec un membre de ce château avant. Mais, peut-être que ça lui était arrivé sans qu'il ne le sache ?

Tout en continuant de suivre son guide, Axis tentait de se rappelait un visage ou quiconque ayant eu un comportement digne d'une vie de château, maniérant ses réflexions d'hochements de tête accentués.

− Rien…

− Baissez la tête et couvrez-vous bien.

Axis le fusilla du regard mais l'homme le fixa durement en retour, le visage légèrement incliné dans sa direction. Alors il n'eut d'autre choix que d'obéir : baissant la tête, il ajusta son chaperon. Tout ce mystère et ces secrets commençaient à l'angoisser sérieusement. D'abord l'arrivée discrète par l'entrée des domestiques puis cette capuche. Évidemment, il se doutait bien qu'un membre de la famille royale ne devait pas s'afficher avec un prostitué. Ce serait considéré comme étant… « inapproprié ». En y repensant, toute cette discrétion avait du sens.

− Arrêtez-vous ici, ordonna Zephyr en levant une main.

Curieux, Axis manqua tout discernement et se pencha vers lui, laissant retomber négligemment le couvre-chef. Cela tira un faible soupir de la part de Zephyr qui secoua la tête avant de frapper doucement à la porte. Avant même d'attendre une réponse, il l'ouvrit.

− Sire, je vous ai apporté l'homme que vous aviez demandé.

Également dissimulé sous une cape, Zephyr était assez grand pour lui cacher la vue, si bien qu'Axis dû se forcer pour voir devant lui. De le voir. De voir cet homme si important que même Atros avait dû céder et le laisser quitter la TeaHouse. De voir cet homme dont le désir sexuel devait rester un secret. Cet homme qui avait été appelé « Sire ».

− Fais-le entrer.

− Cette voix !?

Avant même que Zephyr ne puisse faire un mouvement, Axis le poussa pour lui passer devant et entrer dans la chambre.

− Toi…

À peine venait-il de franchir le seuil de la porte que ses genoux rencontrèrent la douce moquette. Pendant un instant, tout tournoya autour de lui et le nœud dans son estomac se resserra davantage. Un long frisson lui parcourut la peau, prenant naissance à la base de sa nuque et descendant le long de ses bras. Il suffoqua à plusieurs reprise, peinant à retrouver un souffle régulier.

Il savait à présent qui était ce mystérieux homme. Il était exactement le dernier auquel Axis s'était attendu.

Indifférent, Rhys ne lui jeta pas un regard, préférant à la place poursuivre son étude assidue de la cheminée, avec ses cendres brûlées et la fumée qui s'élevait de la braise encore chaude. Il ne portait rien d'autre qu'un saut-de-lit bleu, à peine attaché et tombant négligemment sur ses épaules. Malgré la faible clarté, Axis pouvait tout de même voir la pâleur de son visage fatigué et creusé. Le Rhys qu'il voyait ce soir semblait être une personne totalement différente de ses souvenirs. Il n'y avait aucune chance que cet homme triste, éreinté et à l'aspect si pathétique soit celui qu'il a toujours connu.

Rhys daigna enfin le regarder, tournant légèrement son visage vers Axis qui put enfin voir correctement les poches profondes qui ornaient ses yeux. L'homme sembla voir à travers lui.

− Tu es… a-ah ! Je veux dire… tu vis ici…

− Essaye donc de montrer un peu de respect ! C'est ton roi. Le roi Rhys D'Ivore II, annonça Zéphyr en s'inclinant révérencieusement tout en jetant un regard d'avertissement à Axis.

Ce dernier, ne sachant que faire d'autre pour éviter de s'évanouir, l'immita.

− Il suffit avec les formalités, Zephyr. Tu peux partir.

Se relevant maladroitement de la causeuse où il était jusqu'alors assis, Rhys s'appuya sur le dossier afin de garder un équilibre assuré.

− Comme vous le désirez, Sire, répondit Zephyr en faisant un léger signe de tête respectueux.

L'homme de main se redressa, posa sur son roi un regard inquiet puis sur son « invité », et les quitta.

− Le r-roi… Tu es le nouveau roi… C-ce qui veut dire…, bégaya Axis tout en détournant le regard, peu confiant en ses émotions.

Il savait que Rhys était un homme riche et noble, mais sa personnalité craignait bien trop pour être un prince et, maintenant même, un roi.

− Tu as été baisé par le prince. Je me suis toujours demandé comment tu pourrais réagir. J'ignorais qu'il me fallait devenir roi pour te le faire réaliser.

Rhys s'aida du fauteuil pour se propulser vers Axis qui continuait de fixer le sol comme si une réponse allait sortir des entrailles de la terre.

− Merde ! Tu étais le prince !?

Axis, toujours sur le coup de la surprise, recula alors que le nouveau roi l'entourait de ses bras. D'aussi près, il pouvait constater que son état était pire que ce qu'il avait pensé. Outre les lourds et profonds cernes noirs sous ses yeux, ses cheveux sales pendaient négligemment sur son visage et son corps empestait le whisky. Un tourbillon d'émotions s'empara alors de lui des sentiments qui le dérangèrent profondément. Prendre en pitié cet homme, s'inquiéter pour lui, se demander ce qu'il avait bien pu faire seul dans cette chambre pendant des heures… Un prostitué ne devrait pas se préoccuper de ses clients.

− Je n'ai pas envie d'en parler, trancha Rhys en se collant à lui pour poser ses lèvres sur celles d'Axis mais celui-ci s'écarta et le repoussa.

− Attends deux secondes ! Tu as vraiment mauvaise mine ! argua Axis le plus sérieusement possible alors que ses joues rougissaient légèrement.

− Qu'est-ce que tu peux être honnête !

Rhys raffermi sa prise sur les cheveux d'Axis et tenta un nouveau baiser. Leurs lèvres se touchèrent un bref instant que le prostitué ne détourne la tête.

− Je t'ai dit d'attendre ! On va vraiment le faire ?

Il y avait quelque chose qui clochait dans l'attitude de Rhys et, ça, même Axis pouvait le reconnaître. Ce n'était pas l'homme qu'il avait l'habitude de voir. Cet homme-là était fatigué et brisé. Cet homme-là cherchait simplement n'importe quel moyen pour échapper à la dure réalité qui l'oppressait.

− Quoi ? C'est devenu indécent pour toi ? De coucher avec le roi ? marmonna-t-il avec agacement tout en serrant les dents et fixant Axis du regard.

− Ton père vient juste de mourir… laissa-t-il échapper avant de rapidement se mordre la langue.

Il sentit la prise de Rhys se relâcher sur ses cheveux mais ses yeux crispés restèrent fixés aux siens.

− Oui, il est mort et je suis le roi. Tout le monde agit comme si je n'en avais pas conscience.

Axis ne savait que répondre. C'était déplacé de s'adresser à lui ainsi : Rhys n'était pas un enfant à qui on devait sans cesse rappeler ses devoirs.

Il s'écarta alors légèrement mais ce dernier l'enserra à nouveau.

− Je ne t'ai pas appelé ici pour parler de mes pertes familiales ou des exigences de mon nouveau statut, articula lentement Rhys d'un ton froid, laissant chacun de ses mots peser lourdement, ce qui secoua le regard d'Axis.

De sa nuque, Rhys glissa sa main sur le torse d'Axis, puis sur ses hanches, jusqu'à s'arrêter sur son entrejambe qu'il pressa à travers le pantalon.

− Je t'ai appelé ici pour que tu fasses ton putain de job !

− Hé ! Attends une seconde !

Axis enfonça brutalement ses doigts dans les bras de Rhys mais ce dernier le repoussa et le força à s'étendre sur le lit. Le nouveau roi planta ses genoux de chaque côté du prostitué en entreprit de défaire son pantalon. Axis ferma les yeux et concentra son attention sur le léger tintement de métal pour éviter de s'inquiéter de l'attitude désespéré de l'homme.

− Je ne reçois pas d'ordre de toi, souviens-t-en bien.

Abaissant suffisamment le vêtement, il prit la queue partiellement durcie d'Axis et la caressa quelques instants avant de la prendre en bouche. Axis haleta légèrement en rouvrant les yeux pour le regarder faire. Des ombres sombres se dessinaient sur son visage émacié. L'homme, autrefois radieux et impétueux, était maintenant à genoux entre ses cuisses, comme si leur position avaient été inversées. Comme si Rhys était devenu la triste pute et Axis le client à satisfaire. Le nouveau roi semblait s'abandonner à sa tâche comme pour ne pas perdre l'esprit.

D'un soupir misérable, Axis ne put se résoudre à se mettre en colère ni même se battre contre lui. Il prit alors une profonde inspiration, pencha sa tête en arrière et posa doucement une main sur le crâne du nouveau roi tandis que l'autre se perdait dans les draps soyeux du lit impérial. Tout en caressant doucement ses cheveux, Axis continua à étudier le visage et le corps de son partenaire. Le saut-de-lit avait glissé sur ses épaules, exposant ainsi la peau pâle de son dos et les ondulations de son mouvement.

Axis laissa échapper quelques plaintes aigües à travers sa bouche close comme Rhys le suçait maladroitement. Il ne prenait aucun plaisir mais son érection continuait de gonfler entre les lèvres délicates de Rhys.

Rhys battit légèrement des yeux avant de fixer son regard dans celui d'Axis. Son expression, si différente de celle qu'il attendait, le mit en colère. Pour la première fois, ce n'était pas du désir charnel qui se peignait dans sur son visage mais bel et bien de la tristesse et de la pitié.

− Ne fait pas comme si tu n'appréciais pas ! Ton corps est plus honnête que tes yeux !

Il serra son sexe un peu plus fort tout en malaxant davantage sa peau chaude. Mais aucun gémissement ne sortit des lèvres d'Axis, juste un soupir comme résigné. Soudain, il se releva en saisissant les deux bras de Rhys et le retourna sur le lit, se mettant ainsi à son tour à quatre pattes sur lui.

− Puisqu'on parle d'honnêteté, pourquoi ne pas me dire ce que je fous ici ? fit-il d'une voix basse et sévère.

Mais aux oreilles de Rhys, cela avait sonné si cruellement tendre qu'il souhaitait n'avoir jamais entendu cette remarque. Il était fatigué que l'on cherche sans cesse à lui faire parler de choses qui n'avaient plus d'importance de le faire s'ouvrir aux autres. Ses sentiments, ses envies, son monde ne lui appartenaient plus. Chacun de ses faits et gestes, chacune des parties qui le composaient, tout appartenait désormais au royaume et à son peuple. Cet irréfléchi, brutal, arrogant, prétentieux, égocentrique homme lui appartenait.

− Ne parle pas comme si tu me connaissais, dit-il en se relevant et repoussant Axis par son propre corps, le collant au sien en faisant pression sur son sexe.

− Tu ne m'as pas amené ici pour baiser.

− Bien sûr que si ! cria Rhys malgré ses efforts pour garder son calme.

Mais devant l'expression de pitié qui continuait de se peindre sur le visage d'Axis, Rhys ne put se retenir davantage. La colère et la haine, mélangées à bien d'autres sentiments qu'il n'avait pas le temps d'analyser, bouillonnèrent en lui et menacèrent de déborder tel un vase qu'on l'on remplirait de trop. Au fond du gouffre, il n'eut plus la force de tempérer sa voix.

− P-pour quelle autre raison aurais-je fait appel à une pute comme toi !? Une pute dont le seul talent est d'introduire son sexe entre les cuisses d'une femme ou de se faire enculé ! Une pute qui ne se préoccupe de personne d'autre que d'elle-même ! Baiser est l'unique chose où tu es bon ! Pour quoi d'autre voudrais-je de toi !

Et il aurait pu continuer ainsi, déversant sa colère comme un moyen de salut, mais les doigts d'Axis glissant sous son vêtement l'interrompirent dans sa tirade alors qu'il caressait son sexe de sa main rugueuse.

− Tu n'es même pas dur.

Les yeux de Rhys s'agrandirent et son souffle se coinça dans sa gorge. Aucun des deux hommes ne fit un mouvement. Ils se fixèrent simplement, les yeux dans les yeux. L'expression de Rhys devint presque effrayante mais Axis, malgré la tristesse qui commençait à l'envahir, se garda de n'afficher aucune émotion.

Soudain, Rhys sentit ses joues brûler sous un léger écoulement lacrymal et il gifla la main d'Axis qui la retira immédiatement.

− Tu l'as rendu mou avec tes absurdités, fit-il en détournant le regard, lui-même peu convaincu par sa réplique.

− Tu n'as pas été dur une seule fois depuis que je suis arrivé ici. Même quand tu me suçais.

C'était une vérité que même Rhys ne pouvait nier, aussi il garda le silence. Il se passait exactement la même chose qu'avec Zephyr : rien. Aucune sensation ne s'était emparée de son corps alors que son homme de main le touchait. Il avait alors espéré qu'avec Axis ce serait différent mais l'excitation ne l'avait toujours pas gagné.

Comme souvent, si ce n'était toujours, il avait espéré trouver une échappatoire dans les relations charnelles. Mais à présent que cela semblait inutile, que son seul moyen de réconfort s'avérait inefficace, il ressentait plus que jamais l'oppressante cage dans laquelle il était enfermé.

Soudain, toute sa hargne s'envola le masque tomba et il ne montra plus qu'un visage fatigué. À présent que sa lutte s'était achevée, il ressentit tout l'épuisement qui secouait son corps depuis des jours. Il relâcha alors Axis, laissant ses mains retomber lâchement le long de son corps.

En remarquant ce changement, Axis apposa doucement ses doigts sur les joues mouillées du roi et retraça lentement les lourdes lignes qui transcrivaient le poids de sa nouvelle couronne.

− Rhys…

Ce fut la première fois qu'il l'appela par son nom. S'en rendant immédiatement compte, il ne put empêcher ses pommettes de se teindre d'un rouge indécent tandis que son cœur battait sourdement dans sa poitrine. D'un mouvement leste, il glissa ses doigts sur la nuque de Rhys avant de le forcer à s'allonger. Posant sa tête sur sa poitrine et enserrant son corps d'un bras alors que l'autre continuait ses subtiles caresses, Axis respira profondément.

Le seul bruit que l'on entendait dans la chambre était leurs propres respirations, lourdes au début, puis se synchronisant peu à peu, trouvant du confort dans les mouvements paisibles de leur poitrine. Leurs corps chauds se refroidirent rapidement au point qu'Axis récupéra l'un des draps de soie qui traînaient autour pour s'en recouvrir. Toujours silencieux, le prostitué ferma les yeux pour écouter le son que leurs souffles créaient. La douceur de ses doigts caressant la peau de Rhys ajoutait un nouvel accord à cette mélodie et il focalisa son attention sur lui. Le bruit de succion que produit Rhys en se mouillant ses lèvres parvint à ses oreilles en lui soutirant une longue et profonde inspiration.

Malgré tous ses sens en émoi, Rhys soupira d'exaspération : son désir sexuel demeurait éteint ce soir.

− Hé… tu sais… tu peux pleurer… si c'est ce que tu veux.

Rhys tenta de se relever pour se rasseoir mais Axis l'en empêcha en gardant sa tête près de sa poitrine.

− Je suis sérieux. Je doute que tu aies pleuré une seule fois, se força-t-il à lui dire malgré l'embarras qu'il ressentait.

− Comme c'est prévenant de ta part mais je me sens offensé d'être traité comme une femme.

− J'ai pleuré quand mes parents sont morts. Juste une fois. Mais ça m'a aidé, avoua-t-il avec hésitation tout en plongeant son regard dans celui de Rhys.

Songeur, il caressa doucement ses joues, laissant ses doigts glisser sous ses yeux.

− Ce n'est pas une faiblesse que de laisser les larmes couler pour la perte d'un être cher.

Rhys cligna plusieurs fois des yeux mais ne montra aucune expression. Axis soupira et embrassa son front avec de se détendre sur le lit et de fermer les yeux, tout en continuant ses caresses rassurantes. Il le tint serrer tout contre lui, espérant apporter du réconfort à ce jeune roi.

Roi. Voilà une bien étrange façon que de nommer Rhys, ce prince hautain et gâté devenu roi en une nuit. À présent, il gouvernait tout un monde sans que rien ne lui appartienne réellement. Les lourds cernes ornant ses yeux étaient des preuves physiques des tâches pesantes que lui avait déjà réclamées le royaume et qui ne cesseront dans le futur.

− J-j'étais content de ton ignorance au sujet de mon statut, avoua Rhys d'une voix si basse et si tendue qu'Axis, peu sûr de cette soudaine confession, se raidit dans l'attente. Tu m'as créé tellement d'emmerdes… me traiter comme si je n'étais personne, avec aucun respect pour mon titre.

Son souffle rauque et ses larmes picotèrent le buste d'Axis qui garda le silence de peur qu'un seul mot de lui ne le fasse s'arrêter.

− J'ai encore besoin de ça… J'ai besoin que quelqu'un me traire comme si je n'étais personne.

Axis sentit le corps de Rhys trembler légèrement et il le serra davantage tout en continuant de faire courir ses doigts dans ses cheveux.

− Je m'en moque si ce n'est qu'avec une seule personne j'ai besoin que quelqu'un me traite comme si je n'étais pas un reflet de ma position. Ce soir, je voudrais être quelqu'un de qui on n'attend strictement rien.

Peut-être était-ce dû à l'alcool, peut-être au stress, peut-être même que c'était grâce au confort que lui apportaient les bras d'Axis quoi qu'il en soit, il partagea ses sentiments avec honnêteté. Peut-être que le lendemain il ressentira de la honte de s'être ainsi épanché sur un homme et d'avoir été égoïste, mais pour le moment, il n'avait que faire de son titre ou de sa position il voulait simplement ressentir cette paix qu'Axis était le seul à pouvoir lui procurer.

Ses larmes poursuivirent leur déferlement sur la poitrine d'Axis si silencieuses que l'homme n'aurait jamais su qu'elles avaient coulé s'il ne les avait pas senti sur sa peau. Le temps disparut peu à peu autour d'eux, laissant simplement l'obscurité de la chambre et le son de leur respiration les imprégner. Au bout d'un long et paisible moment, la tête de Rhys glissa légèrement sur son bras et Axis chercha son visage endormi. Les larmes ne coulaient plus de ses yeux profondément marqués par les sombres cernes qui lui donnaient un air plus jeune et plus fragile.

Un léger sourire marquant ses lèvres, Axis repoussa le jeune roi pour s'installer plus confortablement auprès de lui en gardant sa tête contre lui. Doucement, il tira son visage de Rhys pour lui voler un tendre et merveilleux baiser qu'il grava dans sa mémoire. Il battit des paupières, laissant quelques larmes traîtresses s'y échapper. Il souhaita de plus jamais ressentir pareille peine.

Tout avait changé pour eux et certainement pas pour le meilleur.

− Dors bien… mon roi.

i Étant donné que je suis la parution anglaise du webcomic, je ne me voyais pas du tout traduire la TeaHouse en « Maison de thé », pardonnez-moi :p