Une ficlette venue comme ça.

J'espère que ça plaira à certain.


Gainsbourth

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Dans la ville de Gainsbourth l'entièreté de la population possédait un pouvoir. De celui de prédire le temps, à la pyrokinésie en passant pas la possibilité de parler aux animaux.

Pas que les sans-pouvoirs n'existaient pas. Mais bien souvent ils évitaient Gainsbourth comme la peste. Il fallait dire que la ville avait vu l'apparition des tous premiers surhumains et avait développé une manière de control … particulière.

La méthode était une perpétuelle course au plus fort, un championnat un brin gladiator-esque qui classait chaque habitant de la ville. Évidement plus on était proche du top dix, plus on possédait une situation stable, souvent accompagné de moins de combats et le tout appuyé par les pouvoirs incroyables qui avait mené ces personnes au sommet.

Adrien était arrivé six mois plus tôt et avait commencé tout en bas de la pile. Avec un numéro à cinq chiffres. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour arriver dans le top mille. Les petites gens n'aimaient pas trop se battre et préféraient rester en bas de l'échelle, continuant leurs petits commerces.

En arrivant au numéro 11 Adrien s'était sentit poussé des ailes. Les combats allaient être acharnés, il le sentait. L'adrénaline courrait déjà dans ses veines avant son combat avec le numéro dix, celui qui l'enverrait dans le top dix. Quelle ne fut pas sa surprise quand le numéro 10 fut si simple à battre.

8 et 9 firent preuves d'aucunes combativités. Ils semblaient tous deux blasés. Numéro 8 vint à l'endroit où Adrien avait donné rendez-vous au numéro 9 et proposa un combat.

Ellen, le numéro 7 lui donna sa place en refusant le combat car elle avait un concert le soir même.

Les numéros 6 et 5 s'avérèrent plus difficiles à la grande joie d'Adrien. Sion et Jéb étaient jumeaux et passaient du numéro d'un jour à l'autre. Ils se combattaient si souvent qu'ils eurent des difficultés à faire face à un nouveau venu.

Et Adrien devint numéro 4.

Il décida de profiter de la richesse que cela lui offrait pendant un moment. Il jubilait chaque jour. Mais dans son sang pulsait toujours l'envie de se battre, d'aller plus loin.

Deux jours après son changement de numéro, il défiait Sébastien et gagnait.

Quatre jours plus tard Adrien recherchait toujours des informations sur les numéros 1 et 2. Encore cinq jours plus tard Adrien décida de se lancer, même sans informations.

Il se tint devant le jardin botanique un jeudi. L'endroit était fermé pour la soirée.

Adrien arriva au cœur de l'endroit. Les voûtes de verres étaient magnifiques, le soleil couchant se reflétant dessus, formant des arcs-en-ciel sur le sol pavé. Il vit Ellen au piano, jouant une musique lente. Sébastien, maintenant numéro quatre était appuyé contre l'instrument de musique, un verre à la main, penché vers Ellen. Le rire de la femme fit sortir Adrien de sa stupeur.

Il s'avança encore et s'arrêta à quelque pas de la rivière traversant l'endroit. Une odeur de miel flottait dans l'air. Sion et Jéb avaient remontés les manches de leurs pantalons et pataugeaient dans l'eau en se chamaillant.

"Adrien Kenscher," appela une voix vers sa droite.

Il vit deux personnes assissent sur un banc en pierre blanche.

L'une était une jeune femme, à peine adulte. Elle avait les cheveux blonds cendré au carré, des yeux verts affichant une impassibilité surprenante. Elle portait une longue jupe bordeaux et des bottines à talons, vraiment impratiques dans un combat.

Son ami se pencha légèrement en arrière pour lui jeter un coup d'œil. Adrien hésita un instant à définir si c'était un garçon ou une fille. Iel avait les cheveux noirs jusqu'au épaules, un regard bleu sombre. Iel portait des tongues, un pantacourt et un chandail sur une chemise blanche.

Iel lui fit un signe de main pour le saluer.

"Vous allez combattre comme ça ?"

La jeune femme haussa un seul sourcil.

"Il n'y aura pas de combat."

"Mais- !"

"Tu ne ferais pas mieux de demander nos pouvoirs avant de te lancer dans un combat ?" demanda la personne au genre indéterminé.

Adrien ferma les yeux, "Oui, ce serait mieux. Alors ?"

La jeune femme émit un son dégoutté, "Quel manque de respect. Mais bon … je suis Maître de l'Après Vie. Mon ami est Manipulateur de l'Après Vie."

Adrien émit un rire nerveux.

"Et ?"

"Et veux-tu être réincarné ou 'pouf' disparaître ?"

Adrien fixa les deux personnes en silence pendant quelques secondes avant de dire lentement, "Je ne suis pas mort."

"Si," la femme répondit. Elle fixa la rivière sans rien dire de plus laissant Adrien à ses pensées.

"Mais … quand ?"

"Quand ?" répétât l'androgyne. "Bonne question. On est un peu hors du temps à Gainsbourth. Mais je peux te dire que dès que tu as posé les pieds dans la ville tu étais déjà couic-dead-mort."

Adrien émit des onomatopées sans sens et se laissa tomber sur le banc près de la Maîtresse de l'Après Vie. Il observa les membres du top dix présents et tourna la tête vers la femme qui l'ignorait.

"Pourquoi sont-ils toujours là si ont peut-être réincarné ?"

La jeune femme haussa les épaules, "Ils préfèrent traîner avec nous encore un moment d'après ce qu'ils disent."

Elle tourna la tête vers lui. L'androgyne l'imita et ils fixèrent Adrien en silence.

"Et toi ?"

Et lui …

Le regard d'Adrien se posa sur ses mains. Il se rappelait la raison première qui l'avait poussé à devenir le top du top. Il se souvenait de vouloir un nouveau départ, une vie qui vaudrait quelque chose. Il se souvenait des conversations murmurées à propos de Gainsbourth.

Il se leva et fit quelque pas nerveux vers la rivière. Il passa une main dans ses cheveux et expira.

Adrien releva la tête et observa les – morts ? De – de la pièce. Ils semblaient l'ignorer mais il était sûr qu'ils écoutaient la conversation. Ils semblaient se fondre dans l'endroit comme les numéros 1 et 2.

Adrien se sentait inconfortable et las.

"Moi ce n'est pas ma place."

Un sourire se déposa sur le visage de l'androgyne. Adrien le vit se lever, plus vite que ses yeux ne pouvaient suivre. Un main le poussa en plein milieu du torse. Puis l'eau se referma autour de lui. Et le silence vint.

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Je sais que le "iel" dans l'histoire peut être un peu déroutant mais je trouvais qu'un pronom neutre était plus adéquat. Oui, il existe. Peut être pas encore dans le dictionnaire mais ça se met en place. Le "ol" est utilisé aussi. Ils sont vraiment quif-quif.

Bref, j'espère que ça été une bonne lecture.