Et aujourd'hui je me fiche qu'on ne soit pas un vendredi (ça doit rappeler des souvenirs à ceux qui me suivent du début) et je lance ce chap aux quatre vents.

Nous voilà à la fin. En arrivant ici j'ai réalisé qu'il y a beaucoup de chose que j'ai mal fais, des maladresses qui font que certains passages ne se déroule pas de la façon dont je l'espérais. Mais j'ai aussi fini cette histoire. Après des années à abandonner des histoires je trouve que c'est un but qui se suffit à lui-même.

Au passage j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce dernier chap parce que j'arrêtais pas de me dire qu'il devait être l'arrivée à Nilalekā, mais ça empêchait la présence d'un petit truc que je dédie à Maeva Cerise ;)

Merci aussi à tous ceux qui ont commentés ou qui m'ont suivit, même les Silencieux (je travail toujours à défaire votre malédiction), à Sushi malgré tout, ma famille, les amis, l'univers- ... ahem, bref oubliez pas qu'une nouvelle histoire va venir prendre la place de ME dès ce vendredi 02.

Sur ce voici la fin de cette aventure.


Epilogue

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Orodos arpentait les couloirs de sa demeure à Nilalekā aux côté d'Ipes, roi d'Ori et la personne même qui lui avait offert les terres mortes où se trouvait Nilalekā. Des terres devenues prospèrent grâce à Orodos et tous ces "spéciaux" qu'il avait trouvé au cours de ses voyages avec l'aide des Murmures.

Il s'arrêta devant l'une des nombreuses cours intérieures ouverte grâces à des arches gracieuses. Deux marches encadrant la cour menaient sur le marbre blanc qui reflétait l'ombre de Balan dans une position de danse. Il portait un vêtement traditionnel du continent d'Ori, une longue pièce de tissu enroulé de sorte à faire un pantalon ample et l'un de ses hauts qui laissait tout son dos libre. Le groupe face à lui, fasciné par ses pas de danses et sa chanson, était composé de gamins pas plus grands que Caym et Zale.

Mais il ne fallait pas se tromper à l'apparences des jumeaux, ils avaient beau ressembler à des enfants d'un peu plus de deux ans, ils n'avaient qu'un an. Ou un an et trois mois si on comptait leur période dans l'œuf.

Orodos rigola en entendant ce que racontait Balan dans la langue commune de ce contient, un conte d'Audragon que les enfants du village adoraient. Il fut heureux que cela soit dans la langue d'Ipes car il put constater par lui -même que le "démon" vivant à Nilalekā était civilisé et même très doué avec les enfants, bien plus monstrueux de l'avis d'Orodos.

"Pourquoi ne pas me l'avoir présenté à votre arrivé l'année dernière ?" interrogea Ipes.

Orodos grimaça et expliqua qu'à peine arrivé Balan avait trouvé une pièce toujours fraiche, l'avait vidé et s'y était enfermé pendant des jours sans vouloir voir personne.

L'humain se souvenait encore de sa stupéfaction quand Balan l'avait laissé entrer. Il y avait un œuf deux fois plus gros que sa tête dans une pile de vieux chiffons. Il se souvenait encore plus de l'air terrifiant de Balan quand il avait ordonné à des employés de nettoyer la salle de fond en comble sans lui demander avant.

Trois mois plus tard, pendant lesquels Balan s'était intégré sans mal au village, et après un nombre incalculable de rumeurs sur ce qui allait sortir de l'œuf de la part des villageois malgré tous ce que pouvait dire Balan, deux petites créatures en était sorti.

Orodos tourna inconsciemment la tête vers les deux têtes brunes parmi le groupe d'enfant. Zale tourna sa frimousse vers lui et sourit, montrant une canine manquante. L'humain avait été stupéfait de voir que les enfants lui ressemblaient. Il avait toujours pris l'idée que Balan puisse avoir des enfants de lui, avec lui, risible.

"Puis nous sommes retournés à Vierra où nous avons eu un peu de mal à nous cacher, enfin, surtout les enfants. Et ce sont les rumeurs qui vous sont parvenus," finit Orodos alors qu'Ipes hochait doucement la tête.

Balan finit alors qu'Amon et son armée d'adolescent près à se taper dessus, dont Nickar, arrivaient avec tout un tas d'accessoires. Les enfants, loin d'être agacés, se jetèrent dans les jambes de leurs ainés alors que Balan en profitait pour leurs échapper et venir vers Orodos et Ipes.

Caym et Zale s'agrippaient à ses mains et il les ignorait royalement, malgré leurs yeux bleus écarquillés et près à pleurer. Ils devaient vouloir aller voler, comme toujours.

"Les jumeaux, venez !" appela Nickar en s'approchant, elle n'hésitait pas à les prendre à bras le corps quand il le fallait.

Balan lui offrit un regard qu'Orodos connaissait d'expérience, celui d'un parent ravit d'avoir une pause. Il sautilla presque en arrivant vers eux, mais son sourire tomba et il se figea sur la première marche. Orodos entendit la même chose que Balan de la part des Murmures : ils parlaient de l'arrivée d'Audragons.

Une forme se découpa dans le ciel, là où le regard de l'humain se porta instinctivement. La forme plongea et se posa au sol, juste devant Zale. L'Audragon avait les ailes grisâtres, la carrure longiligne, fragile et un visage d'homme dans la quarantaine. Il avait un bâton lisse par l'utilisation pendant à sa hanche, une arme simple mais redoutable. Il lança un regard scrutateur, angoissant, à l'enfant.

Il tendit une main vers Zale qui le fixait avec ses grands yeux, figée. Balan avala la distance entre lui et l'enfant et agrippa la main de l'inconnu, un son menaçant sortant de sa gorge. Ses ailes cachées un instant plus tôt s'ouvrir à moitié, cachant Zale et Caym qui avait rejoint sa sœur.

Orodos rejoignit l'Audragon avec un temps d'écart, il n'était malheureusement pas aussi vif à réagir que le brun. Il n'y eut aucuns mots échangé mais Amon et Nickar le rejoignirent, formant une barrière devant les enfants alors que les deux Audragons luttaient du regard.

"Moloc !"

Balan ne releva pas la tête vers la nouvelle venue qui s'était posée sur le toit, il garda les yeux fixés sur Moloc, le seul qui soit dangereux ici.

"On ne touche pas les enfants d'Audragons sans l'autorisation des parents !"

Moloc éclata d'un rire sans joie et s'éloigna de Balan en le regardant avec condescendance. Balan en profita pour jeter un coup d'œil à la femelle Audragon, elle avait les ailes vert sombre d'un vieux Clan, celui du Canard et portait un collier qui la désignait comme Chef, bien que Balan ne la connaisse pas. Une autre paire d'ailes se présenta, rouge écarlate, et un corps brunis par le soleil, c'était un Flamant, et il portait les mêmes traits que le dernier Chef Flamant que Balan avait vu.

Ils restèrent tous deux sur le bord du toit, l'une regardant Moloc avec autant d'animosité que Balan et le dernier supportant un air placide, analytique.

"Bien que je le regrette, Balancha est de mon Clan," dit Moloc à l'adresse de la verte. Il se tourna vers Balan et esquissa une grimace. "On présente ses petits au Chef, Balancha, même s'ils sont difformes."

Orodos grimaça en même temps que sa petite famille d'Audragons se mit à siffler d'un bel ensemble.

"Je ne suis pas de ton Clan !" cracha Balan en étendant ses ailes. "Vois par toi-même ! Je ne suis pas de ton Clan, j'ai le mien."

"Encore faudrait-il que tu ais des membres ! Ce n'est pas deux petits et ta -il renifla en fixant Orodos- seconde source de magie qui peuvent être considérée comme tel !"

Orodos lança un regard à Ipes, il n'était pas la cible des Audragons heureusement, mais il espérait que le roi ne prendrait pas une mauvaise image de ceux-ci après cette visite surprise peu amicale. Il vit que la garde de l'homme composé de quatre hommes s'était rapprochée et l'encadrait, mais le roi restait calme pour le moment.

"Tu te tient au milieu de mon village," siffla Balan en s'approchant de Moloc pour le forcer à le fixer dans les yeux. "Tous les êtres y habitant en permanence sont de mon Clan, stupide Chauve-souris."

Bon peut-être qu'il aurait dû éviter de l'insulter, pensa Balan. Après il fut trop occupé à réagir à l'attaque de Moloc pour y penser.

Balan para le poing arrivant dans sa direction et réalisa trop tard que ce n'était qu'une diversion pour utiliser sa batte et le frapper. Le bois toucha de plein fouet son aile droite et si cela provoqua un mouvement douloureux, son aile allait bien. Moloc du réaliser que Balan n'avait plus la moindre appartenance avec son Clan à ce moment, une aile de Chauve-souris était parmi les plus fragile et se serait brisée sur le coup.

Le brun frappa Moloc au plexus solaire et attrapa son bâton qu'il fit tournoyer entre ses doigts, une expression sombre sur le visage.

"Un Clan ne peut pas comporter d'humains," siffla Moloc d'une voix cassée.

"Les votre peut-être. Pas le miens," gronda Balan avant de lancer un regard qui engloba les trois Audragons. "Maintenant je veux savoir ce que vous faites ici, chez moi."

"On a appris qu'un Audragon et des petits trainaient en pleine vue chez les humains, on est venu voir pourquoi," expliqua la jeune Audragon verte, sa queue calme enroulée autour de l'une de ses cuisses.

"Le tuer oui," renifla Balan.

Il adressa un regard réconfortant aux petits qui avaient gémit d'une même voix et dit :

"Ils ne peuvent pas tuer un Chef de Clan."

"En effet," sourit la jeune Chef en sautant face à Balan et en poussant Moloc qui tentait de reprendre sa respiration. "Il faut quand même que l'on sache pourquoi tu vis avec des humains."

"Je l'ai dit : ils font partis de mon Clan," dit Balan avant de faire une pause et de jeter un regard à Orodos. "Je vous propose d'assurer les relations entre humains et Audragons."

Elle sourit et fit un geste qui choqua Balan, un signe de reconnaissance de Chef à Chef, puis elle retira l'un de ses bracelets et le lui lança.

"C'est bon pour moi, ça c'est un cadeau, on se reverra à la réunion annuelle !"

Et elle disparut vite suivit par Moloc qui grimaça et repartit sans un mot, sans un geste. Il ne resta que l'Audragon aux ailes rouges, il se pencha légèrement vers où se trouvait Ipes et dit :

"Je vis près du désert, roi humain. Je connais votre langue et vos coutumes. Mon Clan et celui de Delia ont accepté la proposition de Balan, d'autres nous rejoindront quand ils sauront. Balan et son Clan seront nos émissaires chez les humains. Ignorez Moloc, il sera destitué rapidement quand les autres Chef sauront qu'il a attaqué Balan et ses petits."

Puis il imita Delia un instant plus tôt avec son geste d'au revoir adressé à Balan et partit silencieusement.

Balan serra Zale qui vint se coller à son coté alors que Caym agrippait la main d'Orodos en lui demandant s'il reverrait le méchant gris.

"Pas avant des années je pense," souffla Orodos. "Balan l'a bien effrayé."

Il caressa la tête de l'enfant avant de pousser les deux terreurs vers Nickar puis attrapa le coude de Balan et le mener jusqu'à Ipes qui avait assisté à toute la scène avec un calme admirable.

"Vous voilà donc émissaire de votre peuple," dit Ipes après les présentations. "Mais s'il est formé de Clan, n'est-ce pas un peu dangereux de prendre les décisions nous concernant pour eux ?"

"Nous avons une réunion annuelle," dit Balan en croisant les bras, peu enchanté de revoir son ancien Clan à cet endroit. "Même si deux ne serait pas de trop."

Ipes hocha la tête avant de demander la date de cette réunion.

"Elle est en fin d'année, dans quelques mois."

"Ce ne sera pas de trop pour que je parle de vous à mes conseillers et ministres," assura Ipes avec un sourire en pensant aux réactions qui l'attendaient. "Je vous enverrais une invitation, mais à quel nom ?"

"Balan..." dit-il avant d'hésiter. "... du Clan du Corbeau de Nilalekā."

Le roi esquissa un sourire qui ressortit sur sa peau brune et pencha la tête pour accueillir ce nom avant d'adresser ses aux revoir au couple.

"Clan du Corbeau ?" répéta Orodos avec un sourire en coin.

Balan roula des yeux et avoua qu'il avait donné la première chose qui lui était passé par la tête, et il avait encore en tête la façon dont Moloc avait craché son nom entier.

"Corbeau ? Tu aurais dû dire lézard !" s'exclama Amon avec un ton joueur. "Regarde ces petits monstres, une queue, des écailles mais pas d'ailes, ce sont des lézards pas des corbeaux !"

"On est pas des lézards !" s'exclama Caym en serrant ses petits points et gonflant les joues.

Les dit-lézards se jetèrent sur les jambes d'Amon pour tenter de le faire tomber, sans succès. Orodos vit là une échappatoire et agrippa Balan pour l'entraîner dans une course loin des deux terreurs qui lui aurait volé l'Audragon pour parcourir le ciel.

Balan l'attira dans une alcôve cachée par une tapisserie en chuchotant un 'silence' qui s'adressait aux Murmures. Deux paires de jambes se firent entendre puis le gémissement de dépit des petits qui n'avaient plus d'aide pour les trouver avant que Zale propose d'aller au jardin de Cali.

Orodos expira quand ils s'éloignèrent, remarquant seulement qu'il avait retenu sa respiration. Il lança un regard à son compagnon et croisa deux yeux ambré plissés d'amusement.

"Ah ah !" s'exclama triomphalement Zale en ouvrant le rideau fais par la tapisserie.

La petite audragon pointa du doigts les deux adultes serrés l'un contre l'autre, dérangés dans leur petite affaire par le retour des jumeaux qui les fixaient.

"Je vous ais sentis !" dit-elle avec un grand sourire, Caym lui tenant la main.

Balan souffla alors qu'Orodos choisit de laisser tomber son front sur l'épaule de son compagnon, désolé que son moment avec son amant soit encore coupé.

"Félicitation," dit Balan avec un rire dans la gorge. "Maintenant tu dois trouver Cali seulement avec l'odorat, Caym vérifiera que tu as les yeux fermés tout du long."

Orodos redressa la tête au jeu que venait de trouver son Audragon, un sourire tirant le coin de ses lèvres.

"Sauf si c'est trop dur pour toi."

Zale ouvrit grand les yeux, vexée, elle tourna la tête vers Caym puis vers Balan.

"Je peux le faire !"

"Tu as jusqu'à la tombée de la nuit alors," continua Orodos. "Vite, le temps s'écoule !"

Sur ce il referma la tapisserie alors que le son des petits pieds nus résonnait dans le couloir. L'humain se pencha vers l'audragon, resserrant la prise de son bras enroulé autour de sa taille. Il ne dit rien mais la main que glissa Balan sur sa nuque lui appris qu'il avait les mêmes pensées, et il se laissa tiré pour un baiser, savourant leur moment de tranquillité.

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