Affaire n°11

Le samedi 26 avril 2008.

On abandonne aussi les cochons.

02 h 00.

Ville : 18 – C62 – V29.

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Mon salon.

Je suis toujours debout malgré l'heure indiquée sur la pendule murale de la pièce. Sur l'une des chaises se trouvant autour de la grande table, je discute de ma carrière avec mon manager, Vincent. Avec nous, Eddie, Alexandre et Benjamin. Sous les yeux de Vincent, plusieurs feuilles et une calculatrice.

« Je viens de finir le calcul.

- Et alors ? Lui demandai-je.

- Ce mois-ci, le total de tes ventes s'élève à plus de trois cents trente mille disques, tous pays confondus. »

Benjamin est le premier à applaudir et à me féliciter.

« Bravo Jason, tu es un véritable artiste.

- Merci Benjamin.

- C'est mérité. Par contre, quand vas-tu commencer à plancher sur ton deuxième album ?

- Doucement Benjamin. Je n'ai pas encore fini la promotion du premier que tu veux déjà que je bosse sur le second. Chaque chose en son temps.

- Désolé. »

Je délaisse Benjamin pour m'adresser à Eddie.

« Eddie ?

- Oui Jason ?

- As-tu reçu d'autres convocations à la gendarmerie de notre ville ?

- Non et je ne vais pas m'en plaindre.

- A mon avis, le maire a agit comme tu lui avais demandé, exprime Alexandre.

- J'en ai bien l'impression.

- Jason ?

- Oui Vincent ?

- Tu n'as toujours pas donné de réponse aux organisateurs du concours européen de la chanson ?

- Mince, j'avais complètement oublié. Quels sont les pays qui me sollicitent actuellement ?

- Ceux où ton premier single est toujours promotionnel.

Moi : Très bien. Si jamais mes ventes dépassent les cinquante mille exemplaires dans l'une de ces contrées, ils pourront compter sur moi pour les représenter.

- Dois-je leur parler de cette condition ?

- Surtout pas.

- Jason ?

- Oui Benjamin ?

- Pourquoi tu ne veux pas représenter notre pays ?

- Parce que notre état est un sacré gros voleur sur le plan financier. »

Lieu : Rue des mineurs – Ciel.

Jessica est dans le ciel, survolant ma maison.

« Malgré son rythme de vie, il trouve toujours une occasion pour se pencher sur sa carrière artistique. Nous devons absolument perturber son train de vie. »

La représentante du mal disparaît, dans le but de rejoindre la caverne dans laquelle se cache Jimmy et les autres.

Lieu : Ma maison – Mon salon.

Vincent vient de ranger les feuilles dans une chemise de couleur rose.

« Bon, je pense que c'est assez pour aujourd'hui et de plus, il commence à se faire tard. »

Le cousin d'Alexandre se lève de sa chaise et prend le dossier sous son bras droit. Quant au Portugais, ce dernier décide de quitter sa place également.

« Je vais te raccompagner chez toi, si tu es d'accord. »

Cette proposition étonne Vincent et son cousin le remarque.

« Un problème ?

- Non Alex, c'est juste que je suis un peu surpris de t'entendre vouloir m'accompagner. »

04 h 00

Lieu : Rue des mineurs – Pension Vanilos – Bureau des éducateurs.

La porte de la pièce s'ouvre sur moi. Cyril se tient derrière son bureau et lève la tête lorsqu'il entend l'issue se refermer après mon entrée.

« Bonjour Jason.

- Bonjour Cyril. »

Je m'avance jusqu'au bureau et serre la main de mon employé.

« Comment vas-tu ? Lui demandai-je.

- Bien et toi ?

- Je n'ai pas à me plaindre même si la visite du maire concernant le pensionnat m'inquiète toujours un peu.

- Tu en as parlé avec Ludovic ?

- Pourquoi lui ?

- Parce qu'il fait parti du conseil tout comme toi et d'ailleurs, vous en êtes les seuls membres.

- Certes mais ce conseil risque de s'agrandir d'une personne supplémentaire.

- Ha bon ?

- Oui. Dès qu'Aurélien intégrera le pensionnat en tant qu'éducateur, je lui parlerai de la mission dont est chargé le conseil. S'il est intéressé, je m'arrangerai pour qu'il en fasse partie.

- Tu veux vraiment que ce pensionnat soit familial ?

- Oui. Ai-je tort ?

- Du tout. »

Je pose mon postérieur sur le siège réservé aux visiteurs avant de lui poser une nouvelle question.

« Comment se déroule ta garde ?

- Très bien et je n'ai rien à signaler.

- Tant mieux.. »

Mon visage affiche un air triste sans que je m'en rende compte. De son côté, Cyril s'en aperçoit et cherche à savoir ce qui se passe.

« Tu es encore marqué par le départ de notre petit protégé ?

- Oui et je me pose énormément de questions.

- Comme ?

- Au sujet de notre efficacité, en particulier la mienne.

- Tu dois arrêter de tout te reprocher. De plus, tu devrais savoir qu'il existe des événements tristes dans ce genre de boulot.

- Je le sais mais je ne peux penser autrement.

- En tout cas, je n'aimerai pas être à ta place et ni celle de Joris.

- Je peux comprendre. »

Je me lève du siège.

« Bon, tu ne m'en voudras pas si je te laisse pour aller me reposer ?

- Bien sûr que non. A plus tard Jason.

- A plus tard Cyril. »

Je quitte le fauteuil et me dirige tranquillement vers la porte fermée de la pièce.

Lieu : Rue du commerce.

Benjamin n'est pas rentré chez lui. Au contraire, il se promène dans la rue principale du centre-ville. Dans ses mains, un sac plastique rempli d'aliments. Il arrive à hauteur des marches de la maison de la presse et tombe sur un homme âgé d'une trentaine d'années, vêtu de haillons et dégageant une forte odeur de sueur. L'adolescent se fout complètement de ces détails misérables et tend le sac au clochard.

« Bonsoir tonton, excuse-moi de n'être venu plus tôt.

- Ce n'est pas grave Benji. Tes parents ne t'ont pas grillé ?

- Comme tu peux le constater, la réponse est non. Par contre, tu m'excuseras de n'avoir amené que de petites portions.

- Laisse Benjamin, je trouve que tu en fais déjà bien assez comme cela. »

L'homme prend le sac plastique et commence à jeter un coup d'œil à l'intérieur pour savoir comment débuter son repas.

« Tu trouveras une fourchette et un couteau au fond, rajoute l'adolescent.

- Entendu. »

Benjamin prend place à côté de son oncle qui s'apprête à lui poser une question afin de faire la conversation.

« Comment s'est passé ta journée d'hier ?

- Comme les autres. Rien de bien excitant, ni d'ennuyant. Et toi ?

- Un peu dur.

- Et tu as gagné beaucoup à la manche ?

- Tu parles. Les gens sont devenus bien égoïstes avec le temps.

- Ce n'est pas de leur faute tonton. Avec le président actuel que nous avons, la vie est devenue moins facile pour tout le monde, sauf pour les grands patrons. »

Hervé écoute son neveu tout en entamant son repas de la nuit.

« Tu n'as toujours pas trouvé de boulot tonton ? »

Le clochard avale un morceau avant de répondre.

« Tu m'as bien regardé Benjamin ? Qui voudrait d'un clodo pour employé ?

- Excuse-moi tonton. Je n'arrive toujours pas à saisir que je suis le seul à te voir comme un être humain et non comme un clochard.

- Pourtant, c'est ce que je suis.

- Malheureusement.

- Arrête de te faire du mal Benjamin et rentre chez toi avant que tes parents remarquent ton absence.

- Tu es sûr que je peux te laisser ?

- Puisque je te le dis.

- D'accord. »

Benjamin se lève de la marche et se tourne vers son oncle avant de partir.

« Ce soir, même heure ?

- Oui et merci encore Benjamin.

- Tu n'as pas à me remercier tonton car c'est la seule chose que je peux me permettre de faire pour t'aider. »

L'adolescent s'éloigne de son oncle pour rentrer chez lui. Lorsqu'il se trouve au bout de la rue, Hervé libère une phrase à voix basse.

« C'est vraiment un très bon garçon. »

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Mon salon.

J'arrive dans mon salon et m'installe rapidement dans mon canapé.

« Bon, je vais devoir patienter quelques secondes encore avant de pouvoir me reposer complètement. Tout d'abord, je dois régler un dernier détail. »

Je plie mon bras gauche de façon à placer ma montre trafiquée sous mes lèvres. Ensuite, j'enfonce une touche et parle aussitôt.

« Est-ce que tu m'entends Ludovic ? »

Plusieurs secondes s'écoulent avant que la voix de mon ami se fasse entendre, sortant de mon accessoire que je porte au poignet.

« Salut Jason, que puis-je faire pour toi ?

- Pendant ton absence, j'ai reçu la visite du maire pour me parler du pensionnat. Le départ d'Hayden est parvenu aux oreilles de certains administrés et je voudrais savoir si tu es d'accord pour en parler maintenant ou préfères-tu attendre la journée ?

- C'est comme tu veux car je ne fais rien en ce moment.

- D'accord. Veux-tu que j'use de mon don pour te matérialiser dans mon salon ?

- Pas la peine car pendant mon petit voyage, je me suis entraîné à améliorer mon don et désormais, je peux voler.

- C'est cool.

- Oui. A tout de suite Jason. »

J'enfonce la même touche et m'enfonce davantage sur mon canapé. Ainsi, je ferme les paupières pour me reposer quelques secondes, le temps pour mon ami de venir me rejoindre. C'est chose faîte lorsque j'entends frapper à la porte d'entrée. Je me lève rapidement de mon canapé et traverse le salon en direction du hall.

Lieu : Ma maison – Mon hall d'entrée.

J'ouvre la porte et tombe nez à nez avec Ludovic.

« Me voilà Jason.

- Ouais et comme je peux le constater, tu as été drôlement rapide.

- C'est dans ma nature de toujours me pointer à l'heure. Puis-je entrer ?

- Bien sûr. »

Je libère le passage pour permettre à mon partenaire de guerre d'entrer dans ma demeure. Ensuite, je referme l'issue derrière lui.

« Tu peux entrer dans le salon si tu veux. »

10 h 00

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Ma cuisine.

Je suis en compagnie de Benjamin, qui est venu boire le café avec moi. Pourtant, je remarque que mon jeune ami n'est pas au mieux de sa forme.

« Quelque chose ne va pas Benjamin ?

- Je m'inquiète pour mon oncle.

- Ton oncle ?

- Oui. C'est un sans domicile fixe qui erre dans nos rues à la recherche de la moindre petite pièce pour subvenir à ses besoins.

- Mais c'est affreux. Et que font tes parents ?

- Rien. Ils ne veulent même plus en entendre parler.

- C'est vraiment cruel de leur part. »

Soudain, je pense à une idée.

« Il aimerait avoir un boulot ?

- Oui mais comme il est sale, tu te doutes bien que personne veuille le prendre.

- Tout à fait. Où se trouve-t-il en ce moment ?

- Sûrement à l'entrée de l'hypermarché. Pourquoi me poses-tu ces questions ?

- Je vais te donner un coup de main. Va chercher ton oncle et moi, je vais passer un coup fil à un vieil ami pour savoir s'il peut l'embaucher.

- Tu es sérieux ?

- Puisque je te le dis. Maintenant, va le chercher.

- Entendu, merci Jason. »

Benjamin se lève de sa chaise et s'empresse de quitter la cuisine dans le seul but de sortir de ma maison. Une fois seul, je sors mon portable de la poche droite de mon pantalon et compose un numéro avant d'enfoncer la touche verte. Ensuite, je porte le combiné contre l'une de mes oreilles et attend tranquillement que quelqu'un décroche.

Conversation téléphonique : Secrétaire de la mairie – Moi.

« Secrétariat de la mairie bonjour.

- Bonjour madame. Excusez-moi de vous déranger mais serait-il possible d'avoir monsieur le maire s'il vous plaît ?

- De la part de qui ?

- De Jason, le directeur du pensionnat Vanilos.

- Très bien. Je vais vous demander de bien vouloir patienter quelques secondes.

- Merci. »

Une petite mélodie remplace la voix féminine, m'indiquant le délai d'attente. A ce moment, Aurélien entre dans la pièce.

Lieu : Ma maison – Ma cuisine.

« Bonjour Jason.

- Salut Aurélien, il reste du café chaud si tu veux te servir une tasse.

- Entendu. »

La musique s'arrête et une voix masculine se fait alors entendre.

Conversation téléphonique : Maire – Moi.

« Bonjour Jason.

- Bonjour Roger. Excusez-moi de vous dérangez mais j'ai encore besoin de vous pour un petit service.

- Que se passe-t-il ?

- Voilà, j'aimerai savoir si vous avez une place dans vos services d'entretien ?

- Oui et nous cherchons à combler ce manque d'effectif. Pourquoi cette question ?

- J'ai un ami dont l'oncle est sans domicile fixe et cette situation le préoccupe énormément.

- Je vois et je peux lui proposer un entretien à seize heures. Penses-tu pouvoir venir accompagner de cet homme ?

- Bien sûr.

- Dans ce cas, je vous attends pour seize heures et arranges-toi pour que cet individu soit présentable.

- Aucun souci. Merci beaucoup Roger. »

Je mets fin à la communication en enfonçant la touche rouge de mon portable.

Lieu : Ma maison – Ma cuisine.

Je pose mon portable sur la table lorsque soudain, ma montre se met à sonner. Je soulève sa partie supérieure et vois un chiffre s'afficher sur l'écran.

« Mince, un démon vient de faire son apparition dans notre ville. »

Sans prévenir mon cousin, j'use de mes dons pour me dématérialiser.

Lieu : Hypermarché de la ville – Entrée.

Benjamin fait face à son oncle portant une armure dont le totem semble être un sanglier.

« Je vais tous vous tuer !

- Tonton ? »

Je fais mon apparition derrière plusieurs voitures et me dépêche d'en sortir. Soudain, je vois un chakram foncer vers l'homme et le toucher en plein centre de son armure. Hervé s'écroule alors sur le sol tandis que sa protection se réduit en cendres, dispersées par le vent léger qui souffle. Je tourne mon visage sur ma droite et remarque Trébor.

« Je suis content de te voir Trébor.

- Je ne pouvais faire autrement. »

Lieu : Ciel.

Hillary et Brent survolent le parking de l'hypermarché.

« Quelle défaite rapide, exprime la femme.

- Ne m'en parle pas. »

La reine des vampires disparaît, suivi par le maître des chevaliers.

Lieu : Hypermarché de la ville – Entrée.

Benjamin est penché sur son oncle, ainsi que moi.

« Ne t'inquiète pas Benjamin, il va s'en remettre.

- Je l'espère.

- Jason ! »

Je tourne ma tête et vois Cyril venir dans notre direction.

« Que se passe-t-il ? »

16 h 00

Lieu : Mairie de la ville – Seuil d'entrée.

Je me tiens devant les deux portes vitrées et fermées de l'entrée de la mairie. Avec moi, Benjamin et son oncle. Ce dernier est entièrement lavé, rasé et habillé.

« Merci beaucoup Jason pour ce que vous faîtes pour moi, me dit-il.

- Vous me remercierez lorsque vous obtiendrez ce poste.

- Donne le meilleur de toi-même tonton.

- Je vais faire de mon mieux Benjamin. »

L'homme ouvre la première porte et entre dans la mairie. Désormais, je suis seul avec Benjamin qui commence à s'inquiéter.

« J'espère que tout va bien se passer.

- Ne t'inquiète pas Benjamin. »

Lieu : Cour de la mairie – Entrée – Porche.

J'ignore complètement que je suis observé par le ténébreux Brent. Il ne me regarde pas dans le but de trouver une faille mais juste pour son propre plaisir.

« C'est dans ces moments que je regrette d'être dans le camp adverse, exprime-t-il.

- Je peux t'aider à retrouver ton apparence humaine, si tu le souhaites ? »

Brent se retourne et voit Nicolas lui faire face, le sceptre de Chronos dans les mains.

« Bonjour gardien temporel.

- Vous avez deviné qui j'étais ?

- Oui et cela n'a pas été très dur. Par contre, je te déconseille de te servir de tes pouvoirs car tu risques de mettre nos mondes en péril.

- Je te rassure Brent, j'en suis conscient. »

Brent tourne le dos à Nicolas et poursuit sa contemplation. Ce comportement inquiète le gardien du temps.

« Pourquoi regardes-tu Jason comme tu le fais ?

- Parce que j'ai mes raisons.

- Démoniaques ?

- Non, des raisons sentimentales.

- Attends, tu veux dire que tu es amoureux de Jason ?

- Bien sûr que no. Un chevalier au service d'Arès n'a pas le droit de tomber amoureux de son ennemi. »

Nicolas n'arrive plus à comprendre.

« Je vais y aller car je ne veux pas que mon absence alerte les miens. »

D'un battement de cils, Brent disparaît. Nicolas est à deux doigts d'en faire autant lorsqu'une voix se fait entendre derrière son dos.

« Bonjour Nicolas. »

Le guerrier se retourne et fait face à Sylvain et à Eddie.

« Bonjour vous deux, comment allez-vous ?

- Très bien. » Lui répond celui qui accompagne Eddie.

Le regard du blondinet se porte sur le sceptre que tient Nicolas dans ses mains.

« C'est quoi ce bâton ?

- Désolé Eddie mais tu n'as pas besoin de le savoir ! »

Eddie décide de se taire mais Sylvain tente sa chance avec une seconde question.

« Rassure-moi Nicolas, tu n'utilises pas ce bâton comme une arme ?

- Si et je m'en suis même servi sur Anthony.

- Tu es sérieux ? » Lui demande le garçon aux cheveux clairs.

Nicolas se rappelle soudain la convocation qu'avait reçu Eddie, à cause d'Anthony. Il s'empresse de laisser un sourire se dessiner sur ses lèvres.

« Tu plaisantes, n'est-ce pas ? Le questionne Eddie.

- Oui car je n'arriverai jamais à vous mentir. »

Nicolas éclate de rire, suivi de très près par Eddie. Quant à Sylvain, ce dernier préfère se réserver.

Lieu : Mairie de la ville – Seuil d'entrée.

Grâce à son rire, je m'aperçois de la présence de Nicolas sous le porche.

« Qu'est-il venu faire ici ? »

19 h 00

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Mon salon.

Je suis assis autour de la grande table de la pièce, occupé à dîner. Avec moi, Benjamin et Ludovic. Le premier ne peut s'empêcher de sourire et je sais d'où lui vient cette bonne humeur.

« Content d'apprendre que ton oncle commence mon boulot lundi ?

- Et comment ! Merci beaucoup Jason pour ce que tu as fait.

- Tu n'as pas à me remercier Benjamin. Si j'ai agis de cette façon, c'est parce que tu es mon ami.

- Je le sais mais compte sur moi pour te rendre l'ascenseur lorsque tu en auras besoin.

- Encore une fois, je ne veux pas de retour.

- C'est ce que nous verrons. »

Dans ces conditions, je ne veux même pas insister. Soudain, je repense à Nicolas qui se tenait sous le porche de la mairie et décide d'en parler avec Ludovic.

« Au fait, j'ai vu Nicolas tout à l'heure.

- Oui et alors ?

- J'avais l'impression qu'il m'observait.

- Qu'est-ce qui te fait croire cela ?

- Quand j'ai accompagné Benjamin et Hervé à la mairie, j'ai remarqué la présence de Nicolas quelques secondes plus tard. Il se tenait sous le porche, en compagnie de Sylvain et de Cyril.

- Et moi, je ne vois pas le mal. »

Ludovic porte un morceau de viande à sa bouche.

« Il avait Chronos dans ses mains. »

Le rouquin recrache le morceau qu'il venait d'enfermer entre ses dents mais voilà que le prénom que je viens d'utiliser interpelle Benjamin.

« Chronos ? Ce n'est pas le prénom du père de Zeus ?

- Si.

- Et pourquoi a-t-il donné ce nom à son bâton ?

- Qui t'a dit que c'était son sceptre que j'appelais ainsi ?

- Parce que c'était la seule chose que Nicolas tenait dans ses mains, voilà pourquoi. »

Je me rends compte que Benjamin est un très bon observateur. Tranquillement, je lâche mon couteau et ma fourchette pour glisser mes mains sous la table. Ensuite, je ferme les poings et les ouvre aussitôt. Peu après, le temps est figé, ainsi que Benjamin. Seul Ludovic est encore libre de ses mouvements simplement parce que je l'ai souhaité.

« Pourquoi as-tu figé Benjamin ?

- Parce que notre conversation qui va suivre ne le regarde pas.

- D'accord et de quoi veux-tu parler ?

- En fait, j'ai besoin de ton intelligence pour créer des tenues de combats.

- Des tenues de combat ? Dans quel but ?

- Pour ne pas être reconnu à chaque fois qu'on aurait à intervenir parmi les civiles.

- Entendu. J'imagine que tu souhaites des vêtements protecteurs et distinctifs ?

- Si c'est possible, oui.

- Et pour le visage ?

- Des masques blancs seront largement suffisants.

- Très bien et je dois en faire un aussi pour Nicolas ?

- Bien sûr. Il est des nôtres jusqu'à preuve du contraire.

- Si tu le dis. »

Soudain, le temps retrouve son cours normal sans que je le décide. A cet instant, je regarde Ludovic avec un air interrogateur.

« Es-tu sûr qu'il est vraiment des nôtres ? Me demande-t-il.

- De qui parlez-vous ?

- Benjamin ?

- Oui ?

- Arrête d'être curieux, surtout lorsque la conversation ne te concerne pas.

- Désolé. »

Lieu : Planque de Jimmy, d'Hillary, de Jessica et de Brent.

Jimmy est assit sur son trône et à ses pieds est prosterné Brent.

« Alors, comment s'est passée ta mission ?

- Elle a échoué et dès la première seconde. »

Le colonel éclate de rire, ce qui déconcerte totalement le guerrier d'Ares.

« Maître ?

- Excuse-moi. »

Jimmy s'accorde quelques secondes pour retrouver son sérieux.

« Je n'ose imaginer mission plus courte que celle-ci. J'ignore comment tu as procédé mais pour un soldat d'Arès, tu fais peine à voir. »

Cette remarque énerve Brent mais ce dernier ne laisse rien paraître.

« Disparaît de ma vue.

- Maître, j'aurais aimé…

- Il suffit. »

Brent obéit en se montrant silencieux, même s'il n'a pas finit sa phrase.

« Ai-je besoin de répéter mon ordre ou dois-je te faire disparaître moi-même ? »

Jimmy pose cette question en ricanant.

« Bien maître et désolé de vous avoir déçu. »

Le chevalier se volatilise et laisse Jimmy seul. Ce dernier se lève de son trône et marche jusqu'à l'entrée de la grotte. Là, il regarde le ciel qui commence à se colorer sombrement.

« Je me plais à diriger cette équipe mais si je suis d'entouré d'incapables, ce n'est pas la peine. »

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Mon salon.

Ludovic et moi souhaitons poursuivre notre conversation mais nous ne pouvons rien dire tant que Benjamin est présent. Tout à coup, une idée traverse mon esprit.

« Benjamin ?

- Oui Jason.

- Pourquoi n'irais-tu pas voir ton oncle dans son logement de fonctions, histoire de prendre de ses nouvelles ?

- Dis plutôt que je te dérange.

- Ce n'est pas faux. »

Cette réponse bouleverse Benjamin. A cet instant, je me rends compte du mal que je viens de lui faire.

« Sache que je ne te dérangerai plus à l'avenir. »

22 h 00

Lieu : Rue des mineurs – Pension Vanilos – Bureau des éducateurs.

Hakim se tient derrière le bureau destiné aux éducateurs de l'établissement. Toutefois, il peut se permettre de s'y installé puisqu'il est devenu, en l'espace d'une semaine, éducateur à mi-temps. Soudain, la porte du bureau s'ouvre sur Joris, portant des paquets dans ses mains.

« Bonsoir Joris.

- Bonsoir Hakim, comment te sens-tu au bout de ces dix heures de boulot ?

- Plutôt bien. Je suis même étonné de pouvoir tenir la cadence sans broncher.

- Content de l'apprendre. Cela te dit de prendre un café avec moi ?

- Tu bois du café à cette heure ?

- Pourquoi pas ? De toute façon, je ne bosse pas demain.

- Ce qui n'est pas mon cas.

- Ha bon ?

- Oui, tu n'as pas vu notre emploi du temps ? »

Hakim montre un tableau accroché au mur se trouvant à sa droite à l'aide de son regard. Bizarrement, Joris ne se donne même pas la peine de l'admirer.

« Alors, tu es d'accord pour boire ce café ou pas ? »

Le Maghrébin replace correctement son visage sur son cou.

« Allons-y !

- Génial. »

Joris quitte la porte pour s'installer dans l'un des sièges réservés aux visiteurs. Il pose ses sacs en papier sur le rebord du bureau et en sort deux grands gobelets remplis de café. L'homme en tend un à Hakim.

« Tiens.

- Merci Joris. »

L'adolescent prend le gobelet dans ses mains et retire le couvercle. Joris en fait autant mais prend le temps de discuter avec son jeune ami.

« Ce boulot te plaît, n'est-ce pas ?

- Si tu savais à quel point. Ma mère était fière de moi lorsque je lui ai appris que Jason m'employait réellement.

- J'imagine très bien la scène.

- Et toi, comment se passe ton histoire avec Anthony ?

- Je n'ai pas eu de retomber. Par contre, j'ai apprit que Jason s'en est mêlé et je pense que c'est à lui que je dois ce calme.

- Heureusement qu'il est là pour nous aider.

- Oui. »

Lieu : Rue du commerce.

Sans s'en rendre compte, Benjamin est arrivé aux marches de la maison de la presse.

« Quel con je suis. J'avais totalement oublié que mon oncle avait son appartement maintenant.

- Benjamin ? »

L'adolescent se retourne et me voit.

« Jason, comment m'as-tu trouvé ?

- Je ne peux pas te le dire mais je pense que nous avons besoin de discuter.

- Ce n'est pas la peine car moi, je n'en ressent pas l'envie. »

Benjamin poursuit son chemin mais j'ai le temps de l'attraper par son poignet droit. Là, l'enfant me regarde méchamment, droit dans les yeux.

« Lâche-moi !

- Non car je ne veux absolument que tu me fasses la gueule.

- Et pour quelle raison ?

- Parce que je tiens à toi.

- Tu tiens à moi ? Pourtant, on se connaît que depuis quelques semaines.

- Pour moi, elles sont largement suffisantes et je ne remercierais jamais assez Hakim de m'avoir présenter à toi. Si je te cache des choses, c'est parce que ma vie est devenue très compliquée ces derniers temps et je ne veux pas que t'y sois mêlé. Voilà pourquoi j'agis bizarrement en ce moment.

- Quand tu parles d'une vie compliquée, tu penses surtout à la perte de ton protégé ?

- Entre autre. »

Sans m'y attendre, Benjamin libère violemment son poignet.

« J'apprécie ta franchise et surtout, ton manque d'assurance lorsque tu dois affirmer tes sentiments.

- Benjamin…

- Malgré le fait que j'ai une petite amie, je ne peux m'empêcher de ressentir quelque chose pour toi.

- Attends, tu veux me dire que tu es amoureux de moi ?

- Oui. Cependant, je ne peux rien faire car tu es avec Maxime et je ne suis pas un briseur de ménage. »

Lieu : Rue des mineurs – Ma maison – Mon hall d'entrée.

Aurélien arrive devant la porte d'entrée puisqu'il a entendu la sonnette retentir. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il tombe nez à nez avec Anthony.

« Anthony ? Que viens – tu … »

Mon ancien amant empêche mon cousin de finir sa phrase en lui fonçant dedans. Sous le coup de la surprise, Aurélien tombe sur le sol et voit Anthony s'allonger sur lui.

« Je peux te garantir que tu vas passer un sale quart d'heure. »

Le Vietnamien renifle l'haleine d'Anthony et remarque que quelque chose ne va pas.

« Tu es bourré ?

- Et alors ? Je peux t'assurer que d'être bourré ne m'empêchera pas de me vider les couilles. »

Anthony assène un violent coup de poing à mon cousin. Celui-ci sombre alors dans l'inconscience la plus totale.

« Tu fais moins le malin maintenant.

- Aurélien ! »

Anthony tombe sur ses quatre pattes mais jette un œil en direction de la porte. Là, il voit Alexandre entrer dans ma maison et lui donner un violent coup de pied. Conséquence du geste, Anthony roule sur le flanc, à la droite d'Aurélien. Kévin est également présent et se penche aussitôt sur l'Asiatique.

« Est-ce que tu m'entends Aurélien ? »

Pas de réponse du coup, Alexandre s'adresse alors au jeune réunionnais.

« Kévin, va trouver Jason pendant que je me charge d'Anthony. »