Bonjour/Bonsoir

Voici un nouveau projet, l'adaptation en roman de ma fanfiction "Le Cycle de la Rédemption". Je pense qu'en la retravaillant un peu, ça peut donne un roman sympa, je vous laisse juger avec les premiers chapitres et me redire

Bonne lecture !


Rédemption


Prologue : dix ans plus tard

Une fois de plus, le cauchemar se forma dans le subconscient du jeune homme alors qu'il dormait profondément. Pour dire vrai, il s'agissait d'avantage d'un souvenir, douloureux, remontant à la surface. Ce souvenir, qu'il aurait voulu enfouir au plus profond de lui et oublier, retraçait avec un terrifiant réalisme le jour où sa vie avait basculé. Il revoyait la scène avec netteté, entendait les cris comme s'ils étaient émis juste à côté de ses oreilles, ressentait l'effroi, puis la douleur avec tant de réalisme qu'il eut l'impression de sombrer dans la folie pour la seconde fois. Il y avait le hangar, le bruit de la scie électrique, suivit de celui de la chair déchirée, des os qui cèdent, puis les coups de feu, les cris, l'effroyable douleur qui le traversait. La sirène de l'ambulance qui hurlait. Ce visage trop bien connu penché au-dessus de lui. L'intérieur d'un bloc opératoire. Puis tout sombrait dans les ténèbres, à nouveau…

David Moore se redressa en hurlant dans son lit, trempé de sueur, tremblant de terreur. Reprenant son souffle, fouillant la pénombre de la pièce d'un regard affolé, le jeune homme de vingt-neuf ans se calma quelque peu en constatant qu'il était dans sa chambre, dans son appartement. Seul et en sécurité. Lentement, son cœur se calma, sa respiration revint à la normale, ses tremblements se calmèrent et il se laissa retomber sur le matelas confortable, le duvet à ses pieds. Il ferma les yeux un instant pour finir de reprendre contenance, se fit de l'auto-persuasion pour se convaincre que tout ceci était derrière lui, qu'il était passé à autre chose…

Vraiment ?

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il jeta un coup d'œil à son radioréveil et constata qu'il ne restait qu'une heure avant qu'il ne sonne. Soupirant, car il savait pertinemment qu'il ne parviendrait pas à se rendormir en si peu de temps, il se leva. David s'étira en grand, avança vers la porte vitrée donnant sur le balcon et écarta l'épais rideau qui l'obstruait. Au dehors, le soleil ne s'était levé que depuis peu de temps et la ville se gorgeait de ses doux rayons matinaux. C'était une journée de fin juin radieuse qui s'annonçait. Du moins, pour la plupart des gens. Mais pour David, il s'agissait d'une simple journée. Elle serait en tous points semblables aux autres depuis qu'était survenu le drame. Une de plus, morne et sans importance.

Le jeune homme sortit de sa chambre pour entrer dans une grande pièce lumineuse, qui comprenait une cuisine ouverte et un espace aménagé en salon moderne, meubles designs et décoration épurée. Il contourna le plan de travail central, qui marquait la limite entre l'espace de vie et la cuisine agencée, alluma la machine à café, et décida d'aller prendre une douche le temps qu'elle chauffe. Il longea un simulacre de couloir, bordé de placards encastrés, et pénétra dans la salle d'eau. Sans perdre de temps, il retira les vêtements de nuits et se glissa dans la douche italienne.

L'eau qui coulait sur son corps finement musclé lui fit un bien fou, comme si elle chassait toutes les peines endurées, mais David savait que ça ne durerait pas. Toujours sous le flux constant, il tendit le bras gauche et regarda sa main ouverte. Après quelques secondes comme ça, elle se mit à trembler, prise de spasmes. Il serra le poing et ramena le bras le long de son corps, soupirant profondément, agacé.

Lors du drame, il avait subit une blessure profonde, et les nerfs de son bras avaient été gravement endommagés au niveau de l'épaule. Et hélas, malgré les efforts des chirurgiens et après de nombreuses heures de rééducation, il n'avait pu recouvrer l'intégralité de ses facultés. Depuis, il lui arrivait de manquer de force, d'être pris de vives douleurs ou de tremblements. Il savait qu'il n'avait pas à se plaindre. Au moins, il était en vie. Mais c'était parfois réellement handicapant.

Après quelques minutes, il éteignit l'eau et sortit, attrapant une serviette qu'il s'attacha autour de la taille après s'être séché. Il s'approcha ensuite du miroir, essuya la buée qui s'y était formée d'un revers de main, et contempla son reflet.

David Moore était un jeune homme assez ordinaire. De taille moyennement grande et de poids standard – un mètre soixante-seize pour soixante-cinq kilo – il possédait une musculature finement taillée. Il ne pratiquait pas spécialement de sport, mais aimait conserver la forme à grand renfort de jogging, de pompes et d'abdos. Son visage était plutôt carré, surmonté de courts cheveux noirs. Ses yeux, d'un bleu profond, étaient entourés de cernes marquées. Il fallait dire que depuis quelque temps, comme chaque année à la même période, il ne dormait plus très bien. Il avait des difficultés à trouver le sommeil et, lorsqu'il le trouvait enfin, il était agité et habité de cauchemars.

En repensant aux évènements qui l'avaient conduit à cela, il se sentit à nouveau mal, pris d'une vague de tristesse, de colère et de regrets. Mais il ferma les yeux, et repoussa de toutes ses forces ce mélange indigeste de sentiments.

Lorsqu'il fut certain d'être calme, il sortit de la pièce, regagna sa chambre et s'habilla, revêtant un pantalon noir, une chemise cintrée à rayures sobres, et un gilet de costume. Il s'agissait là de ses vêtements habituels en semaine. Il aimait porter ces habits pour travailler, cela lui donnait l'impression d'être sérieux et assidu dans son travail.

Il revint dans la salle de vie, se versa une tasse de café, attrapa une pomme dans la panière de fruits et déjeuna rapidement en jetant un coup d'œil aux nouvelles via sa tablettes tactile. Il la glissa ensuite dans sa serviette de travail, enfila ses chaussures cirées, et sortit de l'appartement, fermant à clé derrière lui.

Il n'y avait que deux paliers par étage dans cet immeuble, et l'appartement qui faisait face au sien allait accueillir un nouveau locataire dans la journée. Aussi, le couloir menant à l'ascenseur était déjà encombré de quelques cartons. David slaloma entre eux, râlant intérieurement, espérant que son nouveau voisin ne serait pas dérangeant.

En montant dans l'ascenseur, il se répéta qu'il allait faire comme chaque fois qu'il se réveillait trop tôt à cause d'un cauchemar. C'est-à-dire, arriver en avance au boulot et se noyer sous une montagne de travail pour oublier. Réussir à ne plus penser à ce maudit drame, à son bras, à sa vie pathétique, aux erreurs qu'il avait commis...

Il l'ignorait à cet instant, mais le roue du Destin venait de se remettre en marche, débutant un nouveau cycle de son existence, et elle lui réservait une surprise de taille.