Note d'auteures : Bonjour à tous, ceci est la première histoire que nous publions. Nous tenterons de publier un chapitre par semaine pour les chapitres que nous avons d'avance, puis sans doute un par mois (voire deux si nous sommes motivées). Comme nous écrivons l'histoire à trois, il est possible qu'il y ait quelques incohérences, et bien sur des fautes d'orthographe. Même s'il n'y a rien de très graphique, cette histoire comporte la mention de violences pouvant choquer les personnes sensibles (description de maladie mentale, mutilation, suicide, violences physiques et verbales, meurtres...). Si ce genre de sujet vous met mal à l'aise, ne vous inquiétez pas, nous ferons des avertissements spécifiques en début de chapitre.

PS : Nous avons conscience que nous ne sommes que des débutantes, et s'est pour cela que laisser des reviews où vous laisser votre avis et ce que l'on doit modifier, nous aideraient grandement à nous améliorer.

TW pour ce chapitre : mention d'automutilation, violences


Chapitre 1 :

" Donc, vous vous mutilez pour canaliser vos pulsions ?

- La douleur que je ressens quand je m'enfonce ces aiguilles dans ma peau, cette douleur, fait que je ne m'en prends pas aux gens.

- Qu'est ce que vous ressentez quand vous blessez une autre personne ? De la joie ? Du regret ? De la satisfaction ? Du mépris envers l'humanité ?

- Ce n'est arrivé qu'une fois, c'est pour ça que j'ai été interné. Quant à mon ressentis, j'étais vide, sans aucune émotion.

- Je pense que ça ira pour cette fois, on se revoit dans deux jours. "

Il ne me répond pas et je l'accompagne à la porte, où une aide soignante l'attend. Elle me fait un signe de tête, puis lui agrippe le bras et s'éloigne. Je pousse un soupir et retourne m'asseoir à mon bureau. La matinée a été éprouvante, ces entretiens sont toujours très durs pour moi, surtout avec des patients de longue date comme Didier. J'attrape mon carnet avec mes notes de l'entretien, l'ouvre, allume mon ordinateur, puis tape le compte-rendu de notre discussion. Je le fais ensuite imprimer, puis le range dans le dossier personnel du patient Ma-, Mem-, Menet voilà. Patient n°12 666, Didier Menet. Je glisse la feuille dans le fichier cartonné. Une bonne chose de faite ! Un coup d'œil à ma montre, et je constate qu'il est déjà midi passé. Je décide donc de me rendre au réfectoire.

Je traverse le bâtiment, sans me perdre contrairement à mon premier jour, et arrive dans la cantine. Je prends mon plateau et dévisage la nourriture d'un air dubitatif. La viande semble presque cru et la bouillie, censé être de la purée de pommes de terre ne semble pas très appétissante. Je n'aime pas beaucoup la cuisine ici mais je n'ai pas les moyens de m'acheter autre chose. Il faut dire qu'à mon ancien travail, la nourriture était meilleure. Je passe devant les tables des patients. Apparemment le personnel ne peut pas manger avec eux, nous avons des tables réservées à l'autre bout de la salle. Les patients sont tous très silencieux. À ma table, des aides soignants, c'est un peu plus animé. Je reste debout sans trop savoir où m'asseoir. Je ne suis là que depuis quelques jours, donc je ne connais presque personne. Je finis par choisir une place au hasard.

Je commence une discussion avec Mollie, une aide soignante qui me propose son aide au cas où j'ai des questions sur cet hôpital car on doit, d'après elle, "se serrer les coudes''. Alors que nous parlons, nous entendons soudain un cris venant d'une des tables des patients. A peine ai-je le temps de me retourner que deux aides soignants se lèvent alors et se dirigent vers le patient, ils l'empoigne mais celui-ci se débat :

"LÂCHEZ MOI BANDE D'ENCU...mmph..."

Oh mon dieu ! Je rêve ou ils viennent de le frapper !? Mais... enfin... ! Ils recommencent ! Personne ne réagis ?! Je me retourne vers Mollie, elle ne semble pas être choquée par ce qu'il vient de se produire. Mais qu'est qui se passe dans ce putain d'hôpital ! Et pendant qu'ils continuent de le tabasser, un médecin lui plante brusquement une seringue dans la nuque. Et je les vois l'emmener en le traînant sans ménagement. Quand il disparaît de notre champ de vision, tout le monde recommence à parler comme si rien n'était arrivé. Mais bon sang, ça ne choque personne !? Un homme vient de se faire frapper juste sous leurs yeux et il ne réagissent pas ! Qu'est ce qui se passe dans cet hôpital ?

''Oh mon dieu, Pourquoi ils ont fait ça ?! Le pauvre, il va bien ?!

- Ah, Julien. Il a encore fait une crise, c'est la troisième cette semaine.

- Mais ça doit encore plus le stresser !

- Ses crises sont déjà impossibles à gérer, si en plus à chaque fois on devait le calmer gentiment, on ne s'en sortirait plus.

–Ce n'est pas ça qui va l'aider à aller mieux !

- Pour l'instant, notre priorité ce n'est pas qu'il aille mieux, c'est qu'il ne fasse de mal à personne. Il a déjà blessé deux infirmiers dont un qui est à l'hôpital. Et puis, il pourrait être dangereux pour les autres patients.''

Ses paroles me font un choc, ce n'est pas en agissant comme ça qu'il guérira. Je retourne à mon assiette, puis quitte la table quelques minutes plus tard.

Je pars ensuite dans mon bureau et m'installe sur ma chaise avant de prendre ma tête entre mes mains. Je ne comprends pas ce qui se passe ici. En quoi les enfermer en salle d'isolement les aide à aller mieux ? Nous sommes dans un hôpital psychiatrique pas une prison ! Mais ce n'est pas non plus en tergiversant que je vais aider mes patients. Je regarde mon emploi du temps de la journée. J'ai deux entretiens cet après midi. Je commence avec Pascaline Bruaut, une pyromane. La séance est dans dix minutes, je rassemble un bloc et un stylo pour prendre des notes et j'attends qu'elle arrive. J'entends toquer et elle rentre quelques instants après et s'assoit en face de moi. Je m'aperçoit qu'elle est assez pâle et maigre. Il faudrait que je commence par la mettre en confiance.

"Bonjour, laissez-moi me présenter. Je suis votre nouveau psychiatre, le docteur Hillman.

- Enchanté.

- Ça doit vous faire bizarre de changer soudainement de docteur. Vous sentez-vous capable de m'en dire plus pour vous ?

- Je pense. Il est vrai que ce changement est assez inattendu mais je pense pouvoir m'y habituer. Peu importe le psychiatre, je veux juste quitter cet endroit.

- Vous n'aimez pas l'hôpital ?

- Pas vraiment. Malgré le fait que je soit bien traitée, je trouve que nos conditions de vies ne sont pas exceptionnelles. Prenez par exemple la nourriture, la quantité que l'on nous sert n'est pas suffisante et ne parlons même pas de la qualité, certes nous sommes dans un hôpital mais est-ce qu'il peuvent vraiment nous négligez à ce point ?"

A l'entendre parler, elle est très franche et je ne perçois aucune hésitation, ni crainte dans sa voix. Elle doit être vraiment déterminée à vouloir guérir et partir d'ici, je me demande bien pourquoi ? Elle semble avoir une grande motivation qui expliquerait sa confession directe alors que je suis pour elle un parfait inconnu. Mais je ne lui demanderait pas tout de suite, je dois d'abord en savoir plus sur son symptôme et la raison de son internement.

" Vous n'avez pas tort, et étant donné que vous n'appréciez pas l'hôpital je suppose que vous n'êtes pas venue ici de votre plein gré. Sur votre dossier, il est écrit que vous avez été internés pour pyromanie, dites m'en plus. Vous rappelez vous de quand a débuté votre passion pour le feu ?

- Depuis que je suis petite je crois.

- Et y a-t-il une raison à cela ?

- Mes parents n'ont jamais vraiment étaient proches de moi, ils étaient froids et distants. J'imagine que c'est pour cela, que j'apprécie tellement la douce chaleur des flammes. Lorsque je me sentais seule, je regardais souvent le feu brûler dans ma cheminée et je pouvais y passer toutes mes journées.

- C'est donc à partir de ce moment là. Et cette passion n'est jamais parti ?

- Non, plus je grandissais, moins mes parents se souciaient de moi et plus ma passion pour le feu c'est développée.

- Et vos parents vous ont internés ici à ce moment là ou un événement c'est produit ?

- Pas tout de suite, il ne s'étaient pas rendu compte de ma fascination. Au bout d'un certain temps de solitude, j'ai craqué, je me suis dit que peut-être la chaleur du feu pourrait les aidés à être moins froids envers moi. Alors, j'ai incendié la maison de mes parents. Ils ont, suite à cela, décidé de me mettre ici. Maintenant, je me sens encore plus seule et je ne peu plus ressentir le plaisir de voir des flammes. J'ai tellement envie de sentir, d'entendre le feu qui crépite et se propage. Je pense tellement aux flammes que je n'en dort plus.

- Et vous attendez que la nuit passe ou vous réussissez a vous rendormir ?

- Quand je pense au feu, je n'arrive plus à me rendormir. J'attends et j'essaye de résister à mes pulsions.

- Dans ce genre de situation le personnel vous aide ?

- Non, au contraire, il m'évite. J'ai beau essayer de leur parler pour me calmer, il m'ignore.

- Je vois.

Elle qui avait l'air plutôt enjouée au début semble maintenant assez mal à l'aise. Je lui dit que c'est suffisant pour aujourd'hui et appelle une infirmière pour la raccompagner à sa chambre.

En attendant Enzo dans une demi-heure, je réorganise mes notes. J'entends la porte s'ouvrir. C'est lui qui s'avance, le regard vide. Je lui fais signe de s'asseoir. Avec un sourire, je tente de le rassurer:

'' Bonjour Enzo, c'est la première fois que nous nous voyons, n'est ce pas ? Je suis le docteur Hillman.''

Il ne me répond pas. Je tente à nouveau.

'' Comment ça se passe pour vous ? Parlez moi de votre vie ici. ''

Il me raconte avec beaucoup d'hésitations qu'il pensait qu'on allait l'aider ici mais qu'il était continuellement isolé « pour ne pas qu'il extériorise ses pulsions de vol».

'' Vous me dites que vous avez des pulsions liées au vol ?

- Oui. Parfois, je me sens comme oppressé, écrasé par un poids et je ne peux pas être soulagé tant que je n'ai pas pris quelque chose.

- Donc il n'y a pas d'autres motivations derrière vos vols ?

- Non. Je n'ai jamais volé par vengeance, et je n'ai aucun besoin des objets volés, ce sont souvent des choses sans importances comme des stylos, des portes clés, les salières de la cantine…

- Vous ressentez de la culpabilité après coup ?

- Oui, toujours, mais je n'arrive jamais à m'empêcher de voler. ''

Cette conversation a l'air de le stresser énormément, je tente donc de le calmer et discute un peu avec lui des moyens de se canaliser. Puis l'entretien touche à sa fin et j'appelle une infirmière pour qu'elle le raccompagne à sa chambre. Je vais à mon bureau, reporte les discussions que j'ai eu avec mes patients de cet après midi puis, je souffle et prends une grande bouffée d'air. Cette journée a vraiment été éreintante, mais bon, c'est comme ça. J'ouvre le premier tiroir et sort mon petit carnet de bord dans lequel j'y écris :

'' Troisième jour à l'hôpital Sainte-Marie-Sur-Mer. J'ai fait la connaissance de nouveaux patients et mes premiers entretiens en salle sécurisée. J'ai également parlé un peu plus avec le personnel. Au déjeuner, j'ai assisté à une scène choquante et assez étrange. Je m'inquiète de la façon dont sont traités certains patients. Je tenterai d'en parler demain quand j'aurais plus d'information. ''


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