Bonjour à tous !

Je vous présente un petit texte que j'ai écris il y a longtemps ! Il était sur mon skyblog de l'époque, je l'ai relu et corrigé pour vous le présenter ! J'espère qu'il vous plaira !

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture !


Une petite fille sortie de sa maison, savourant les rayons du soleil matinal. Au loin les cloches du clergé annoncèrent le retour de la chasse du roi et de ses invités. Elle ajusta sur ses épaules sa capeline de cuire dont elle rabattu le capuchon sur ses boucles brunes en tenant un panier d'osier dans ses mains.

- Alayde ! Ne vas pas trop loin dans la forêt en allant chez la vieille !
- Oui maman !

Du haut de ses neufs ans, la fillette couru maladroitement entre les arbres, sautant par dessus toutes les pierres et troncs qu'elle trouvait sur son chemin. Bien qu'humaine elle avait toujours eu ce côté animal qui ne plaisait que très peu, même les hommes venus contempler sa beauté ne l'avaient pas épousé. Elle ne voulait point de mariage, et encore moins d'enfants. Non, Alayde rêvait d'aventures, peut-être avec un compagnon de route, mais ne voulait pas d'histoire sérieuse.

Un bruit attira alors son intention. Un jappement aiguë emplit de souffrance la fit grimacer. Ce ne serait pas le premier chien abandonné par le roi pendant une chasse, le pauvre avait du se faire embrocher par un sanglier. Ce sera toujours de la bonne viande pour un ragoût.

Avançant prudemment, la petite écarta les buissons pour voir apparaître un énorme animal. Il était un peu plus gros qu'un chien, son poil hirsute et sale trahissait sa vie en extérieure. Les gémissements cessèrent pour un grondement sourd teinté de fatigue. L'enfant plongea ses yeux dans les iris tranchantes de l'animal, le jaune-vert luminescent la traversant de part en part.

Elle s'accroupit au sol pour contourner ce qu'elle devina être un loup, se déplaçant pour observer la blessure à la cuisse de ce dernier, une flèche y était plantée profondément. Peut-être que si cette dernière était enlevée, le canidé pourrait guérir et courir à nouveau. Le problème est que si elle y touchait, il n'hésiterait pas à se retourner pour la mordre violemment. Elle devait d'abord observer la blessure, et voir comment la soigner.

Alayde s'allongea donc sur le sol, se fixant avec le loup dans le blanc des yeux. Elle n'avait pas peur de lui, elle voulait l'aider. Peut-être avait-il une famille ? Ses bébés ou sa louve devaient l'attendre, espérant avoir du gibier pour le dîner.

Les heures passèrent et la petite n'avait toujours pas bougé. L'animal s'était endormi deux fois, ne pouvant plus supporter la fatigue qu'occasionnait sa plaie. La brune ouvrit alors son panier d'osier, ouvrant le linge et sourit en voyant les narines du loup frémir avec envie. Elle découpa un morceau de pain avec du lard à l'intérieur, recette intelligente de sa maman, et la lança à la gueule impressionnante du blessé. Ce dernier la regarda un peu de travers, restant couché mais fini par prendre le morceau pour l'avaler goulûment.

L'enfant se recoucha ensuite, observant la flèche, elle se doutait qu'elle bloquait une quelconque hémorragie. Son père le lui avait dit une fois. Un animal enlèvera toujours ce qui l'a blessé mais l'écoulement de sang qui suivait était fatale, c'était la pire erreur qu'il pouvait faire. Elle accompagnait souvent son père à la chasse, apprenant à manier l'arc et le couteau pour achever ses proies. Elle pourra donc aller chercher quelques lapins pour le loup le temps qu'il se rétablisse. La flèche devrait être extraite d'un coup sec, et la plaie devra être lavé avec beaucoup d'eau, sinon il y aurait un risque d'infection. Elle se souvenait qu'un homme de la ferme voisine avait dû se faire amputer pour une petite égratignure sur un clou.

Les heures passèrent à nouveau dans le silence. À quoi bon parler ? Elle savait qu'il ne comprendrait rien. Elle finit cependant par se lever, voyant le soleil décliner. Ses yeux se posèrent sur l'animal, il risquerait d'avoir froid cette nuit, surtout dans son état. Alayde alla donc chercher des branchages et du lierres pour créer une plaque de feuillage. Son père le lui avait appris pour qu'ils puissent se cacher discrètement et attendre le gibier.

Lorsqu'elle revint, le loup sursauta, la dévisageant complètement en grognant mais se stoppa quand elle posa les végétaux. Il observa cette dernière de l'intérieur, redressant les oreilles, trouvant que cela complétait sa cachette. Un bruit de clochette retentit au loin et il se lécha les babines, sachant parfaitement ce que cela signifiait. Un peu plus tard un autre tintement lui fit comprendre que la proie avait été prise et emporté. Les pas de la petite fille revint vers lui et un lièvre fut à porter de sa gueule. Il leva les yeux, observant ceux translucide de la gamine avant qu'elle ne s'éclipse.

Alayde revint chez elle avec un grand sourire. C'était une véritable chance qu'un lapin se soit fait prendre, le loup pourra manger s'il avait faim pendant la nuit. Sa mère la regarda effarée, elle s'agenouilla rapidement devant elle, constatant ses vêtements sales et l'absence du panier.

- J'ai été poursuivie par un sanglier, j'ai lâché le panier et je suis partie.
- Tu as bien fait ! C'est pas grave... Viens à l'intérieur, on a un peu de bouillit ce soir.

La soirée fut un supplice pour l'enfant, elle s'inquiétait pour le loup. Un autre carnivore pourrait le trouver et l'attaquer, l'odeur du sang l'ayant guidé. Elle demanda alors à son père, qui faisait manger ses petits frères, comment soigner un chien blessé. Ce dernier fut un peu surprit de sa question et se dit qu'elle devait sûrement avoir vue un compagnon du roi rentré en boitant. Il lui répondit ce qu'elle savait déjà, mais donna un autre conseille : porter un épais gant de cuir pour se protéger des morsures.

Pendant la nuit, alors que tout le monde dormait sur la couche de paille, elle rechercha un morceau de tissu qu'elle pourrait mettre autour de son bras, mais ne trouva que le manche d'une ancienne hache. Elle alla donc se recoucher, dépitée. Lorsque la chaumière se réveilla, la petiote prit une gourde et un morceau de pain chaud avant de repartir, ajustant son vêtement pour s'engouffrer dans les bois. Elle répondit distraitement à sa mère en prenant son arc et ses flèches.
Elle alla jusqu'au ruisseau à une heure de marche et se mit en embuscade. Un terrier était bien là, comme dans ses souvenirs de la dernière chasse. Un lapin finit par en sortir, les oreilles dressées.

L'enfant tendit lentement la corde, tenant fermement sa position, visant avec précision. Ses yeux se froncèrent et elle lâcha froidement la flèche. Un petit cri retentit avec le son du bois pointu se plantant dans la chaire. Elle alla rapidement vers sa proie et fit face à un renard à quelques pas. Automatiquement, elle se jeta à quatre pâtes, le dos rond et montra les dents en écarquillant les yeux, grognant sourdement tel un animal furieux. Impressionné, le charognard s'enfuit, les oreilles plaquées en arrière. La brune, fière d'elle, ramassa son trophée et l'accrocha à sa ceinture en récupérant la flèche qui l'avait transpercé. Elle alla ensuite jusqu'à l'eau pour remplir sa gourde. De ses mains, elle but un peu avant d'aller rejoindre son loup.

Elle fit un petit bruit avec ses lèvres, avertissant de sa présence avant de passer les buissons. L'animal l'observa étrangement, plongeant ses yeux dans les siens avec intensité. Alayde repoussa le panneau de camouflage et fut ravis de voir que le canidé avait mangé sa prise de la veille. Elle lui lança la nouvelle sur laquelle il se rua. Elle pu resté à côté de lui tout le long du repas, mangeant son pain par la même occasion. La petite était elle-même étonnée qu'il ne la repousse pas alors qu'elle était à portée de gueule, au niveau du ventre. La flèche était toujours bien plantée dans la cuisse, juste la moitié avait été craqué, l'animal devait avoir tenté de l'enlever.

La gamine se coucha comme la dernière fois et attendit que le loup s'endorme profondément. Une fois fait, elle s'approcha lentement, observant la blessure. Elle se prépara à faire un bon en arrière et plaça sa main autour du reste de la flèche sans la toucher. Après une profonde inspiration elle l'attrapa rapidement et tira d'un coup sec en reculant vivement. L'animal se redressa dans un sursaut en glapissant de douleur avant de grogner dangereusement. En se tenant bien derrière lui, la petite fit couler de l'eau sur la plaie, le faisant encore gémir avec peine. Voyant qu'il ne pouvait pas l'atteindre, le loup se recoucha, se laissant faire.

Fière d'avoir réussi sa manœuvre, Alayde alla chercher une écuelle chez elle et la rapporta au loup qui dormait de nouveau. Elle versa de l'eau dedans et la posa à côté de lui avant de partir.

Plusieurs jours passèrent ainsi. L'enfant chassa de petits animaux pour en rapporter autant au loup que pour sa maison. Sa mère s'inquiétait, les paysans n'avaient normalement pas le droit de chasser autant. Sa fille pourrait avoir des problèmes.

La brunette n'en fit qu'à sa tête, n'écoutant pas les paroles maternelles. Elle fut heureuse le jour où le loup put se tenir debout à nouveau, et marcher, même en boitant. Elle alla le câliner, ce dernier ayant appris à apprécier les caresses. Cela écartait son poil, enlevant les croûtes et massait son dos. Ils passaient toutes leurs journées ensembles, jouant et gambadant par mont et par vaux. Dormant l'après-midi, collé l'un contre l'autre et se cachant quand des gens arrivaient. Ce petit manège dura deux longs mois.

Un jour, alors qu'ils se reposaient prêt du ruisseau, un sanglier vint à leur rencontre. Alayde se recula avec crainte, comprenant qu'il en avait après son pain au lard qu'elle partageait déjà avec le loup. Ce dernier s'était redressé d'un coup en grognant, la protégeant visiblement en montrant dangereusement ses crocs. Le porc ne prit pas compte des avertissements et chargea, engageant un combat mortel avec son opposant. Plusieurs touffes de poils volèrent avec le sang et malgré les grognements de fureur, la brune ne bougea pas, observant la scène. Lorsque son loup s'en sortie vainqueur avec sûrement juste quelques ecchymoses et petites coupures, elle applaudit. Il la regarda, un peu fatigué, la gueule pleine de sang et s'ébroua, semblant plus fière encore. Il se mit ensuite à dévorer sa proie de choix. Lorsqu'il eut prit ce qu'il voulait il tira le cadavre vers la fillette. Celle ci le regarda avec étonnement avant de le caresser de nouveau, la joie explosant dans sa poitrine. Elle sortie son couteau et prit plusieurs bons morceaux de l'animal.

En rentrant chez elle, ses parents furent surprit de son histoire : un sanglier mort dans un combat de territoire et abandonné. Ils furent ravis de manger une viande aussi goûteuse et réservée qu'à ceux habitant les murs du château. Son père fit même sécher le reste qui était dans le panier pour l'hiver.

- Demain je ferais un bon ragoût ! fit la mère sous les cris de joie. Tu iras donner un bol ou deux à la vieille.
- Oui !

Un hurlement raisonna dans la nuit, sous les rayons de la lune. Toute la famille se raidit sauf Alayde qui sourit jusqu'aux oreilles. C'était son loup qui lui parlait. Elle sauta à la fenêtre et imita le cri. Cela lui attira la foudre de ses parents qui la tirèrent à l'intérieur en fermant les pans de bois pour se protéger du froid de l'automne. Son père la réprimandait sur le fait que l'animal pourrait venir jusqu'ici tellement son hurlement avait été bon et que c'était dangereux pour eux. S'en suivit une longue dispute pour savoir si les loups étaient dangereux ou non. L'aînée des trois enfants finit par être punie dans sa couche.

Le lendemain, sa mère refusa qu'elle aille en forêt et cuisina le ragoût. Elle prépara donc un bocal et le mit dans un panier d'osier avec du pain frais. La femme donna ensuite le tout à sa fille, ajustant sa capeline et lui mettant son capuchon.

- Allez va, fille-loup.

La petite sourit de toutes ses dents, l'observant les yeux levés vers le ciel et le menton baissé. Cela rendait à son regard un côté encore plus sauvage et grisant, ses boucles chocolats cascadant impétueusement autours de son visage rond. Elle tourna les talons et couru dans les bois, sa mère soupirant en espérant que le bocal ne s'ouvre pas en court de route.

Après quelques heures à rêvasser sur le chemin, cueillant des fleurs et admirant les papillons. Alayde arriva chez la vieille dame. Elle n'avait pas de lien de parenté avec elle mais cette femme était la bonté même, donnant des tartes maisons aux villageois qui venaient lui rendre visite. Tous apportait des choses : vêtements, fruits, pains, légumes, eau...

Un craquement de bois attira l'attention de la fillette et quand elle se retourna elle vit avec horreur que son loup l'avait rejoint. Elle essaya de le faire partir mais l'odeur alléchante du panier attira l'attention de l'animal.

Un hurlement grésillant dans son dos lui fit comprendre qu'ils venaient de se faire prendre. L'enfant paniqua et eut les larmes aux yeux en voyant des chasseurs alertés par les hurlements de la vieille. Le loup se posta devant sa sauveuse en grognant, ignorant sa demande de retourner dans les bois. Il bondit alors sur un des deux hommes qui avaient osé avancer mais un double coups de carabine dans sa poitrine le fit japper de souffrance. Alayde se jeta vers lui en criant d'horreur, le sang recouvrant sa cape. Elle lui attrapa la tête pour la poser sur ses genoux, sa robe blanche devenant aussi rouge que son manteau. L'animal la regarda avec peine, la vie le quittant à petit feu. Il gémit de plus en plus faiblement avant d'expirer son dernier souffle sur les genoux de son amie en larmes.

- Petite, lâche-le..., fit un des chasseurs, ayant dans les quinze ans.
- Mon dieu, tu as vu ce monstre, fils ? Je n'ai jamais vu de loup si gros.
- Pourquoi le pleure-t-elle ?
- C'est une femme, elle a dû le prendre pour un chien.
- Pauvre petit chaperon rouge...