J'ai l'impression que le vide qui m'étreint depuis plusieurs jours m'avale au complet aujourd'hui. L'anxiété me laisse paralysée, en proie à de nombreux cauchemars et conflits d'émotions. Je deviens consciente de chaque sensation physique, une pensée devient une atroce réalité à gérer.

Le suicide est un mot qui me hante et qui évoque en moi un simple et unique désir de laisser la vie en suspens et de me lancer dans le vide.

Je me sens fatiguée, une peur me paralyse au plus profond de mon être.

J'ai peur du futur, j'ai peur de vivre dans le moment présent et je ne peux que m'exprimer avec des mots dénués de sens. J'étourdis les gens qui m'écoutent, je brise les cœurs que mon chaos anime, je choque les gens par mon éternelle dualité entre émotion et raison. Mes comportements sont animés d'une angoisse perpétuelle, mes mots sont teintés d'une acidité amère et je ne peux m'empêcher d'envenimer toute relation personnelle.

Je suis une source de chagrin et de désillusion pour ma famille. Le chaos qui anime mes pensées est incompréhensible, les diverses coupures qui recouvrent mes poignets sont d'une témérité qui relève de l'absurde pour tous et les nombreux appels que je loge au centre de crise révèlent une dramatisation intense de ma perception de la réalité.

J'ai peur du lendemain, je ne sais vivre dans le moment présent et le passé est absent à mes yeux. J'ai l'impression d'avancer dans l'obscurité et de ne pas savoir dans quelle direction me lancer.

Toutes les relations que j'ai tenté d'entreprendre se sont avérées être nocives pour l'un ou l'autre. Mon anxiété a souvent raison de mes perceptions et la crainte du rejet me propulse dans des comportements exagérés. La souffrance qui me caractérise tant est une source d'incompréhension pour la plupart des personnes qui me côtoie. Pour certains, cette intensité est une aberration.

Je ne sais pas exactement quelle vision des choses adopter.

J'ignore comment vivre dans le moment présent ni comment avoir si peur du futur que je me sens paralyse à la simple évocation de celui-ci.

Je fais une fuite vers l'arrière, j'ai peur d'avoir peur.

Et je suis terrorisée à l'idée des jours qui passent et de mon corps organique qui vieillit, des cellules qui se regénèrent et de celles qui ne font que se détruire, de la peau qui s'assèche et perd de sa souplesse, des cheveux et des ongles cassants, des pattes d'oie et des vergetures, de la laideur et de la décrépitude.

J'ai peur de la déchéance physique, mais je me complais dans la plus grande souffrance mentale que je peux connaître.

Je suis à la fois mon propre geôlier et maître de mon désarroi.

Le suicide m'apparaît comme la solution facile et la seule façon de pouvoir mettre fin à cette réservation de ressources inutile.

Vingt-sept ans, boulimique, atteinte de dysthymie, dépressive et émotionnellement instable.

Combo magique pour la perte d'espoir en l'existence humaine.

Drama queen, aucune paix intérieure, que de la souffrance ressentie et vécue comme catastrophique.

Il y a pire que ça dans la vie.

C'est pour ça que je veux mourir. Pour effacer mon existence et donner raison à ceux qui me répètent sans arrêt que j'ai tout pour réussir : en effet, j'ai tout pour réussir mon suicide. Dramatisation. Perte de contrôle sur mes pensées. Angoisse existentielle. Rémi. Fuck you. Backspace sur ma vie. Je veux récupérer le contrôle sur mes émotions.

Fuck you Rémi.

Fuck you really.

Chaos, confusion. Je sais que ça te ferait trop plaisir de savoir que tu m'as déstabilisée.

Je te déteste.

Splitting? Black and white, or delusional thoughts? What's wrong?

Chaos. Pas de début, pas de fin, simplement une boucle à l'infini. Perte de contrôle sur mes pensées, perte de contrôle sur ma vie, ou absence d'inhibition. Désinhibition entière et sociale. Fuite de mots, logorrhée, bordel interne, pas de solution.

Il n'y a que le vide.