Bonsoir !

Désolée pour cette longue absence mais je ne retrouvais plus ma clé USB sur laquelle se trouvait mes fichiers _

Je vous laisses deviner la panique...

Enfin bref ! Bonne lecture :*


Chapitre 11.

La harpe au doux son mélancolique résonnait dans le jardin couvert, près de la fontaine. Dans sa robe de velours rouge pourpre à la ceinture d'or, son col couvert de bijoux en tous genres ainsi que ses manches, elle était ravissante. Ses cheveux blonds étaient tressés en une couronne, laissant pourtant une grande longueur lâchée sur ses épaules, le tout attaché par une broche en diamant. Sur son front résidait un magnifique diadème fait de rubis et d'argent. Au milieu de celui-ci, un croissant de lune. Elle était belle comme le jour, mais tous voyaient en elle la mélancolie de la nuit.

Ses doigts courant sur les cordes de la harpe, elle jouait avec subtilité. Quand elle s'arrêta enfin, la voix bien connue de ser Marc de Koriza la fit sursauter.

« Majesté, vous êtes splendide, aujourd'hui.

- Merci infiniment, ser Marc.

- Marc tout court, votre Majesté.

- Soit.

- Votre chien n'est point là ?

- Pardonnez-moi ?

- Ser Eric.

- Eric n'est point mon chien.

- Je le croyais, il est toujours à moins de dix mètres de vous.

- Il est mon bouclier lige. »

Marc explosa de rire.

« Celui qui voudrait s'en prendre à vous, votre Altesse, agirait autrement que par l'épée.

- Et comment vous y prendriez-vous, vous ?

- ... Je… Quelle drôle de question.

- Répondez-moi. »

Ce fut à cet instant que Marc distingua cette flamme au fond du regard de Constance la douceur de son regard n'était désormais que haine et fragilité.

« Je vous empoisonnerais sans pitié. »

Constance déglutit difficilement.

« Majesté.

- E... Eric.

- Voici le chien de madame.

- Ser Marc.

- Je vais vous laisser. »

Et tout en partant, Marc imita le chien et disparut dans les rosiers.

« Quel énergumène.

- Un jour j'aurai sa peau.

- Eric !

- Je le hais de tout mon être.

- … Il est juste idiot.

- Complètement fou, tu veux dire ? … Enfin. Comment vas-tu ?

- … Je vais bien. »

Mais ses yeux disaient le contraire. Elle semblait perdue entre le monde des rêves et la réalité.

« Constance, ce soir…
- Je sais, ce soir je vais devoir aller dans cette maudite basilique, sourire devant tous, devant mon peuple, devant ma cour, devant mon époux… Remercier Dieu. Le remercier de m'avoir pris mon enfant.

- Constance…

- Je hais Dieu.

- Nous devons aller le remercier d'avoir survécu à cet hiver.

- Il n'a même pas pris fin.

- Il prend fin… Février arrive.

- Et avec lui le deuil de tous ces bébés morts de froid, de tous ces vieillards sacrifiés et de toutes ces femmes mortes de faim pour nourrir leurs enfants. Malgré les provisions en plus qu'ils avaient, il y a eu des morts.

- Tu ne pourras rien y changer.

- Mais lui si. Et il ne fait rien !

- Ne fais pas l'enfant, Constance !

- … Cette haine que j'éprouve envers lui me permet de trouver un sens à ma vie. »

La phrase eut l'effet d'un coup de poignard. Elle disparut à son tour au milieu des fleurs fanées et il étouffa un juron. Constance n'était définitivement plus une enfant... Son anniversaire arrivait à grands pas. Et avec lui sa dix-huitième année. Allait-elle bien ou mal le prendre ?

[…]

Ce soir-là, tous la fixèrent dans sa robe pourpre, aux côtés de son époux, elle semblait rayonnante. Elle était un modèle pour tous, elle semblait prier, elle semblait si bien, pourtant tous savaient qu'elle cachait sa peine au plus profond de ses entrailles. Elle gardait les yeux baissés et ne pipait mot. Elle semblait ailleurs et ici à la fois.

« Majesté ? »

A la demande de l'évêque, elle se releva et prit le petit sac de pièces qu'il lui tendait. Elle descendit, suivie de ses dames de compagnie et distribua aux gens du peuple de l'argent pour le dernier mois d'hiver. Tous la remerciaient, tous la couvraient d'éloges, et tous lui clamaient leur amour. Et elle, elle souriait et serrait les mains qu'on lui tendait. Elle était incroyablement aimée. Mais elle, qui aimait-elle vraiment ?

Elle vivait sans vivre réellement. Et c'est cela qui inquiétait Robert, qui n'était en aucun cas dupe de la supercherie de sa femme. Il s'en rendait également malade et cherchait un remède miracle pour la guérir. Mais existait-il vraiment ?

[…]

Olympe se laissa tomber sur son fauteuil de fourrure aux côtés de son époux, qui regardait avec des yeux plein d'amour son jeune fils, Hector, âgé de deux ans à peine, s'endormir dans ses bras.

Elle venait de recevoir pour la première fois depuis le début de l'hiver une lettre de Robert et Constance. Le sceau était intact.

« Est-ce un courrier royal ?

- Oui, il était temps.

- Ouvre ! Je me demande où en est la grossesse de notre amie.

- Bien, bien ! »

Olympe ouvrit la lettre et son teint blêmit immédiatement.

« Quoi ? Que se passe-t-il, ma douce ?

- Taïa ? Allez coucher Hector, s'il vous plaît. »

Une femme de couleur noire arriva, prit l'enfant dans ses bras et partit sans demander son reste.

Le visage grave de sa femme inquiéta d'autant plus Charles.

« Lis-moi cette lettre, Olympe.

- C'est l'écriture de Robert, elle est horriblement penchée il a écrit cela très vite, apparemment, et il y a même des taches d'encre… Cela ne lui ressemble point… »

Olympe se racla une énième fois la gorge et commença :

« Mes amis du Val

En ce mois de janvier rude, je vous fais part d'une triste nouvelle. Constance a perdu notre enfant. Une fausse couche brutale et inexplicable, d'après notre prêtre et homme de sciences, Oliver. J'ai failli perdre Constance également. Frôlant la mort, elle est restée un long moment dans le sommeil.

Mais depuis son réveil, elle n'est plus la même, elle meurt à petit feu, je le sais, je le sens. Elle n'est que mélancolie et tristesse, je sais qu'il lui faudra du temps. Mais aidez-moi à retrouver la femme que j'ai aimée.

A bientôt.

Roi Robert I de Parni. »

Olympe releva la tête vers son époux et tous deux échangèrent le même regard. Au cours de cette lecture, tous deux avaient été chamboulés. Mais ils avaient eu la même idée. L'air des montagnes de l'Est lui ferait le plus grand bien.

[…]

Constance venait à peine de se réveiller et, dans sa tenue des plus formelle, elle coiffait seule ses cheveux blonds. Robert et elle faisaient chambre séparée depuis le drame, non pas qu'elle ne l'aimait plus, mais le fait de se retrouver dans le même lit que lui, et savoir qu'à tout moment il pouvait la toucher pour essayer de… Un frisson de peur et de tristesse parcourut la colonne vertébrale de Constance, qui versa une larme douloureuse.

Soudain, avec un fracas immense Robert entra dans la chambre de sa femme.

« Mon amour, préparez vos tenues, nous partons cette nuit.

- Pardonnez-moi ?

- Nous partons dans le Val, Madame !

- Que dites-vous ?!

- Charles et Olympe du Val nous invitent un mois chez eux.

- Je… Vraiment ?

- Puisque je vous le dis. »

Constance se releva et sa robe de chambre ouverte dévoila son corps nu. Robert dut lutter contre ses instincts pour ne pas sauter sur elle et lui faire l'amour avec une violence qu'il n'était plus sûr de connaître.

Pourtant, sa femme lui sauta tout de même dessus, ses bras encerclant sa nuque. Pour la première fois depuis longtemps, elle semblait réellement heureuse.

« C'est magnifique ! »

Robert l'embrassa avant de reposer sa femme sur son lit.

« Faites-vous belle, vous n'avez qu'une journée pour boucler vos valises. Et n'oubliez pas une belle robe de bal.

- Ô c'est magnifique, Robert ! C'est magnifique ! »

Tous deux échangèrent un regard amoureux et même si au fond de son regard de givre on pouvait encore déceler de la mélancolie, le fait de revoir son amie du Val avait l'air de la rendre d'une humeur nouvelle.

[…]

Dans sa belle robe de voyage rouge et blanche, Constance trottait dans les bois enneigés de la Fourche. Deux semaines de chevauchée et elle n'avait que quelques douleurs aux jambes. Elle se sentait bien sur sa jument, elle se sentait libre et loin de tous ses malheurs.

« Robert ! Faisons la course !

- Constance, nous avons déjà galopé longtemps. Nous avons perdu le cortège.

- Oh, Robert je vous en prie ! Cela fait depuis tellement de temps que je rêve de galoper à nouveau dans la neige. »

Robert céda une nouvelle fois, talonnant son étalon. Le contraste du cheval blanc et de l'autre noir aurait pu paraître complètement idiot et vu et revu. Mais ce spectacle était magnifique. Sous sa tenue de rouge, dans la neige et sur un magnifique cheval blanc, elle ressemblait à un ange de la mort venu chercher les âmes perdues sur un champ de bataille.

Quand elle freina enfin, ils étaient au niveau de l'auberge à laquelle ils n'auraient dû arriver que le soir même. Il devait être le milieu de l'après-midi !

Un palefrenier vint chercher les deux chevaux et s'agenouilla devant le couple royal. L'auberge les accueillit à bras ouverts et Constance riait et souriait.

Quand ils furent dans leur chambre, Robert enlaça sa femme avec force.

« Comme cela me plaît de vous voir ainsi.

- Je suis heureuse, Robert. Je suis heureuse de ne plus être entre quatre murs et d'avoir peur que quelqu'un m'écoute. Je suis bien ici, à l'extérieur, à rire avec vous sans que le monde ne m'épie. Je me sens bien, avec vous, loin de tout. »

Et pour la première fois depuis longtemps, Constance embrassa Robert avec fougue et désir. Mais il ne prit pas l'initiative d'aller plus loin, non pas qu'il n'en avait pas envie. Mais il avait peur de briser ce moment tant attendu où elle reprendrait l'initiative de l'embrasser. Il l'aimait. Et il attendrait le temps qu'il faudra pour à nouveau vivre tel un couple avec elle.

Elle était heureuse, c'est tout ce qui comptait pour lui.

[…]

La montée était épuisante, pour les humains comme pour les animaux. Neige avait été laissée à l'écurie d'en bas. Trop jeune et trop courageuse, elle se serait vite cassé une patte. Le magnifique étalon de Robert avait lui-même du mal à avancer avec les deux personnes sur son dos. L'animal avait déjà gravi cette pente plusieurs fois, mais jamais il ne s'y ferait, comme chacun ici présent. Quand ils arrivèrent enfin au niveau des escaliers de pierres, Robert descendit de sa monture et prit les rênes. Traînant l'animal derrière lui, il avançait d'un pas ferme et assuré dans les escaliers glissants et encore couverts de neige, et sûrement de gel.

« Mon époux, faites attention, je vous en prie.

- Ne vous inquiétez point. »

Sa voix était concentrée chaque pas pouvait être mortel. Les escaliers étant raides, la moindre chute serait fatale. Au bout de vingt longues minutes qui semblèrent des heures pour Constance qui manquait d'hurler à chaque fois que son époux ou que sa monture trébuchait, ils arrivèrent aux grandes portes. Celles-ci s'ouvrirent rapidement à la vue du couple royal. Ce fut Charles et Olympe du Val qui sortirent les premiers du château, suivis du petit Hector dans les bras de Taïa.

« Bienvenue au Val, ma Reine.

- Je suis épuisée, Olympe, et mon époux aussi je crois.

- Alors suivez-nous un feu de cheminée et un excellent thé vous attendent. »

Les deux femmes se fixèrent intensément et toute la douleur de Constance refit surface devant le regard bienveillant de son amie. Toutes deux s'enlacèrent alors avec violence.

« Dieu soit loué, vous êtes en vie, Constance. »

Constance ne répondit rien, mais son regard parlait pour elle. Tant de blessures étaient à guérir et, au fond de lui, Robert, qui assistait à toute la scène, espérait que le Val aiderait la jeune femme à redevenir une montagne de bonheur.

[…]

Dans sa robe de velours blanc, elle marchait dans la neige de la cour, son immense manteau de fourrure recouvrant son corps et sa robe. Ses cheveux tressés depuis le haut de son crane tels un épi de blé étaient abrités par la magnifique couronne royale. Elle devait toujours la porter en dehors du palais, et cela l'énervait au plus haut point.

Sa parure de perles se brisa tout à coup et elle retint un hoquet de surprise tout en se mettant accroupie pour les ramasser.

Soudain, sa main gantée frôla celle couverte de saletés d'un enfant. Instinctivement, Constance releva la tête et croisa le regard gris d'une enfant de sept ans. Elle était habillée d'une robe trouée qui semblait être plus appropriée pour l'été. Ses cheveux bruns étaient emmêlés et horriblement sales. Son visage marqué reflétait la famine et ses lèvres étaient gercées et bleutées à cause du froid dans lequel elle vivait. Elle était affreusement laide et pourtant, Constance fut immédiatement prise d'amour pour elle.

« Bonjour, je m'appelle Constance, et toi ? Comment t'appelles-tu ? »

Aucune réponse ne sortit de la bouche de l'enfant. Elle semblait terrorisée.

« Ma Reine ! »

A l'entente de la voix du forgeron, l'enfant disparut dans une maison délabrée qui était entourée de poules et de cochons.

« Monsieur Loïc. »

Constance se releva et fit face à l'homme imposant qui s'occupait de la forge.

« N'approchez pas cette gamine, votre Altesse.

- Excusez-moi ? Serait-ce un ordre de votre part ?

- Non, un conseil. Cette enfant est maudite. Elle tue les animaux en les touchant. L'autre jour, elle a caressé un cochon et il est mort ce matin. Elle est maudite, j'vous dis.

- Arrêtez vos bêtises, monsieur. Où sont ses parents ?

- Y'a pas. C'te môme a dû les tuer en les touchant. Elle devrait être pendue pour sorcellerie.

- Gougeât ! »

Constance se dirigea vers la petite maisonnette dans laquelle la petite s'était réfugiée. Elle entra sans même toquer. Le choc fut immense. L'odeur d'urine était omniprésente. Les rats grouillaient. Et elle était là, au milieu de tout ça, apeurée.

« Je… Ma chérie, viens, je… Je vais te donner à manger, un bain, et un lit chaud, d'accord ?

- … Vous allez pas me pendre ?

- Non ! Bien sûr que non ! »

L'enfant s'approcha lentement, tel un animal qu'on tentait d'apprivoiser. Constance la prit immédiatement dans ses bras et la couvrit de son manteau de fourrure. La saleté de sa peau conjurait tellement avec le blanc de la tenue royale.

« Je m'appelle Ilyana.

- Enchantée, Ilyana. »

La petite enlaça le cou de Constance et toutes deux retournèrent dans le château. Les éclats de rires faisaient rage. Robert jouait aux échecs avec Charles tandis qu'Olympe tricotait devant la cheminée, Hector jouant avec des cubes de bois à ses pieds.

Tout avait l'air d'un parfait tableau. Elle passa rapidement devant eux et descendit à la cuisine où seule une bonne faisait le ménage.

« Ma Reine… ? Qu'est-ce que cette maudite enfant fait là ?! Êtes-vous folle, ma Reine ?!

- Elle me touche, et je ne suis pas morte.

- … Ma Reine, elle est maudite.

- Depuis combien de temps est-elle maudite, pour vous ?

- Depuis bientôt un mois. Elle était si jolie au départ, mais la sorcellerie l'a rattrapée ! Regardez donc sa laideur !

- Assez ! Servez-lui un bon potage et allez lui préparer un lit et un bain chaud près de ma chambre, je vous prie. »

La servante lança un regard mauvais aux deux personnes en face d'elle mais s'exécuta. Après que l'enfant eut mangé telle une ogresse, elle la conduisit à sa chambre. La petite, à la fois émerveillée et impressionnée, ne savait quoi dire.

« Déshabille-toi, je vais te donner ton bain.

- Non…

- Comment ça, non ?

- Je... Non. Je veux pas prendre de bain dans de l'eau si claire. Je vais tout salir…

- C'est le but, de salir l'eau pour que tu sois belle ensuite.

- Vous allez me couper les cheveux ?

- Pourquoi te couperais-je les cheveux ?

- Car ils sont moches…

- … En fait, je ne vais pas devoir les couper car ils sont moches, mais parce qu'ils sont trop emmêlés pour que je puisse les rendre beaux... Mais ne t'inquiète pas, je suis sûre que tu les auras à nouveau longs dans très peu de temps. »

L'enfant s'installa alors sur une chaise et tendit la paire de ciseaux qui se trouvait sur la coiffeuse. La bonne avait donc pensé à tout ?

« Coupez, alors. »

Constance sourit devant la maturité de l'enfant et prit les ciseaux. Ce fut horriblement long et douloureux pour la petite. Elle eut pour finir la même longueur de cheveux que Robert et cela ne lui allait pas trop mal. En l'absence de ses formes de femme, elle ressemblait presque à un jeune garçon.

Son crâne, par contre, était couvert de plaies sanguinolentes qui inquiétaient quelque peu Constance. Avait-elle des poux ?

« Bien, on prend ce bain, maintenant ?

- … Oui… »

L'enfant enleva sa robe avec facilité, et ce fut à ce moment précis que Constance remarqua des marques rouges sur son corps, certaines virant presque au violacé.

« … Ilyana, est ce qu'un adulte ta déjà... frappée ?

- Oui. Quand les autres villageois me voient, ils ne veulent pas que je les approche ou que j'approche leur bétail, alors ils me frappent... Tantôt avec des cailloux, tantôt avec des cannes. Parfois le forgeron sort même avec sa hache pour me menacer. J'ai déjà failli perdre un doigt. »

Son dialecte était fort impressionnant pour une fille de son âge elle était trop intelligente pour n'avoir que sept ans.

« Quel âge as-tu ?

- Je… je ne sais pas. Je suis née lors d'un hiver incroyablement doux. Je me souviens que ma maman disait toujours que j'étais la merveille de sa vie, comme la rose du Nord l'était pour sa mère. »

Constance fronça les sourcils tandis que Ilyana entrait dans le bain.

« Ilyana, qui est la rose du Nord ?

- Vous, bien sûr. Vous êtes la Reine, vous êtes Constance de Vyris, la rose du Nord. Je suis née lors de l'hiver le plus doux du continent, et vous lors du plus violent jamais connu.

- Nous aurions seulement sept ans de différence ?

- Je crois… »