Bonjour/Bonsoir ! Comment allez vous ? On se retrouve pour le fameux prologue de l'histoire :)

Je remercie ma correctrice Black-Plume (retrouvez la sur Skyrock !) :)

Et n'oubliez pas, une review me permet d'avancer !

R0manciere


Je vous parle d'un monde qui n'existe pas, plus précisément d'un continent, d'un pays... D'un Royaume oublié de tous. Un endroit où l'amour n'existe presque plus, où l'Homme veut gouverner le monde entier et où les Empires se font la guerre pour avoir le contrôle du continent.
Je vous parle aussi d'une jeune femme, une jeune femme belle et intelligente. Trop intelligente...
Une jeune femme qui, grâce à son esprit vif et au fait qu'elle soit indomptable, créera une véritable légende autour d'elle.
Je vous parle de cette fleur du Nord, je vous parle de Constance de Vyris.


Habillée de cette belle robe rouge aux manches larges et aux laçages d'or, elle se promenait dans les couloirs de Vyris. Ses cheveux blonds, délicieusement lâchés, venaient lécher la courbe de ses reins à chaque pas qu'elle faisait. Sa peau délicate et poudreuse attirait le regard avide des hommes et son regard azur vous faisait penser à l'océan si regretté des vieux marins du Nord. Elle avait la beauté d'un ange et pourtant elle donnait envie de rompre tous les commandements.

Ses pas se faisaient entendre dans les dédales de couloirs de pierres froids et sombres. Elle se dirigeait avec sa grâce habituelle vers la salle du trône. C'était une salle horriblement froide, des flambeaux brûlaient de chaque côté du chemin du trône. Et à la fin de ce chemin lugubre se trouvait le trône de Vyris. C'était un magnifique trône couvert de tissu argenté et blanc. De chaque côté du trône se trouvaient des crânes d'ours, de lynx, de renard et de loup.

Et sur ce trône se trouvait Pierre de Vyris. Pierre avait des cheveux très courts et bruns. Il était grand, fort et avait des traits durs et marqués. Il était rongé par le froid du Nord et cela se voyait rien qu'à son allure. Il était un vrai homme du Nord, comme son père...
Il avait une barbe de trois jours et tout en fixant la jeune femme s'avançant vers lui, il la caressait de sa main gantée de cuir.

« Ma sœur.
- Mon frère. »

Aucune ressemblance physique n'aurait pu mettre la puce à l'oreille sur leur parenté. Tout sauf leurs yeux. Leurs yeux d'un bleu givre digne de la famille princière du Nord.
La jeune Princesse était presque à genoux devant son frère. Sa révérence était plus gracieuse que le vol d'hirondelles du printemps. Elle était là et attendait l'ordre de son frère pour se relever. Soumise.

« Relève toi, Constance.
- Merci, mon seigneur.
- Es-tu prête pour ton voyage ?
- ... Mon seigneur, je vous en prie...
- Tu ne vas quand même pas recommencer, ma chère ? Vas-tu encore faire un caprice ? Vois ce que je t'offre !
- Tu m'offres telle une jument à un vieux roi !
- Tu vas devenir Reine !
- Je vais être veuve à dix-sept ans !
- Et alors ? Constance, la vie n'est pas comme dans les romans ! »
Constance s'approcha de son frère et le gifla avec toute la force et la haine qu'elle avait accumulée depuis quelques semaines.

« Je ne veux pas devenir Reine, je ne veux pas épouser le Roi Robert ! Je ne veux pas partir à la capitale ! Je ne suis pas une jument ! Pierre ! Bon sang, je suis ta sœur ! Tu dois me protéger ! Pas me vendre tel un bétail. »

Pierre se releva, il paraissait immense à côté du petit bout de femme qui lui servait de sœur. Il prit le menton de sa sœur entre ses longs doigts et fixa avec intensité son visage si parfait.

« Il serait tellement dommage d'abîmer ton si joli faciès. »

Et tout en terminant sa phrase, il frappa violemment son ventre.

« Ne conteste jamais mes ordres. Tu iras épouser ce vieil idiot de Robert et tu vivras avec lui. Il nous faut cette alliance directe avec la capitale !
- Tu n'es qu'un ... qu'un être dégoûtant... Et égoïste... »

Elle suffoquait et avait horriblement mal au ventre, mais son regard était plus mauvais que celui d'une lionne à qui on venait de prendre ses petits.

« Maintenant file dans ta chambre et repose toi. Tu partiras très tôt demain matin pour la capitale. Ce sera Ser Gendry qui t'accompagnera. Bonne nuit, ma sœur.
- Adieu, mon frère. »

La jeune femme se releva après une révérence douloureuse, tourna le dos à son frère et disparut dans les dédales de couloirs.
Des larmes ruisselaient sur ses joues de porcelaine, elle avançait sans trop savoir où elle allait... Quand elle arriva au niveau de sa chambre, elle ouvrit vivement la porte et la referma avec brutalité avant de s'effondrer au sol et de pleurer tout son soûl... Ses mains plaquées au visage, son corps tremblant et ses sanglots silencieux... Autant de souffrances mélangées avec tant de délicatesse étaient à la fois un spectacle triste et émouvant.

« Mademoiselle Constance ?
- Laisse-moi, Juliette.
- Mademoiselle Constance, laissez-moi vous aider... Votre bain est prêt... »

Constance se releva avec l'aide de son amie de toujours. Toutes deux avaient grandi ensemble, ici à Vyris. Juliette n'était pas de très haute naissance, mais assez pour s'occuper de la princesse Constance alors que celle-ci avait à peine deux ans de moins qu'elle.
Constance se laissa déshabiller et elle entra dans son bain chaud sans hésitation ; comme à chaque fois il était à la température parfaite.

« Votre frère est un bougre. Votre belle robe de satin rouge est fichue. Il l'a déchirée sur tout le côté. Une de plus que l'on ne pourra emmener à la capitale.
- Une reine s'habille-t-elle comme moi ?
- Non mademoiselle, une reine s'habille d'or et de pierres précieuses, pas comme vous. Mais jusqu'à votre mariage, Constance, vous ne serez que la fiancée du Roi, il vous couvrira sûrement de présents, mais la garde-robe de la Reine ne sera faite que quand vous serez mariés.
- Mariés... Je ne veux pas me marier et rester ligotée à des chaînes invisibles toute ma vie.
- Constance, ne faites pas l'enfant. Le roi sera bon avec vous.
- Le roi est un ivrogne !
- Chut, n'écoutez pas tout ce que les gens racontent.
- Ils disent vrai, Juliette.
- Quand vous serez Reine, les gens affirmeront des choses sur vous qui sont fausses. Sachez que les gens jalousent les personnes qui sont au pouvoir, ils vous tueront à petit feu sous leurs rumeurs si vous les écoutez.
- Oh Juliette, je veux rester ici...
- Moi aussi j'aimerais rester ici Princesse, mais notre devoir est de partir à la capitale.
- Je t'aime, Juliette.
- Je vous aime aussi, Constance. »

La belle robe de Constance était d'un rouge bordeaux et d'un blanc immaculé de velours. A sa taille, une ceinture de pierres précieuses et son corset de fil d'or comprimait sa poitrine. Ses cheveux blonds étaient camouflés sous une épaisse capuche de velours bordeaux, elle aussi.

« Votre future majesté. Faites un bon voyage, et sachez que malgré votre titre, malgré votre éloignement, vous aurez toujours une place à ma table, et vous serez toujours ma sœur.
- Je ne suis pas sûre que vous serez toujours mon frère après mon viol en guise de nuit de noces.
- Ne dites pas de sottises, Constance.
- Vous croyez vraiment que je me donnerai à cet homme ?
- Je serai là le jour de votre mariage, j'espère que vos opinions auront changé. »
Constance embrassa la joue de son frère avant de monter dans le magnifique carrosse au motif du Nord. Roses et clématites mais également des crocus étaient sculptés sur les portes et le toit de ce magnifique carrosse.

Une fois les deux jeunes femmes à l'intérieur de la voiture, le cocher fouetta la croupe des magnifiques chevaux de trait et le carrosse partit. Juliette et Constance faisaient des signes d'au revoir en secouant leurs mouchoirs et les yeux bleus de la jeune Princesse s'embuèrent de larmes...

« Est-ce qu'un jour je reverrai ma maison, Juliette ?
- Un jour sûrement nous reviendrons, votre majesté.
- Je ne suis encore Reine...
- Bientôt vous le serez. Et sachez que jamais je ne vous abandonnerai. »

Les deux amies se prirent la main et se sourirent d'un sourire franc et plein de compassion l'une envers l'autre.
C'est ainsi que commença la vie de Constance.