Chapitre 1

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Thomas avait le corps embrasé. La température de la pièce ne parvenait pas à contenir la chaleur qui montait en lui. De plus, avec les poignées attachées, il ne pouvait rien faire à part geindre de plaisir. Il ne savait plus où s'en donnait de la tête. Son mari venait de le sucer d'une lenteur qui aurait pu le tuer tellement cela avait été bon. Il avait beau se plaindre, rien ne le fit accélérer la cadence. Il était au bord de l'explosion, les neurones se déconnectant les unes après les autres.

Cela devenait urgent, son sexe douloureux ne demandait plus qu'à évacuer les papillons qui dansaient avec violence au bas de son ventre. Mais, Eleven se redressa à cet instant, faisant tendre ses abdominaux. Thomas lâcha un râle de mécontentement quand son mari approcha son visage empourpré du sien.

— Tu aimes ? lui susurra-t-il en mordillant un lobe.

— Oh, oui, j'aime... mais...

Eleven, en boxer, s'installa au-dessus de lui. Ce dernier s'amusa à approcher ses lèvres des siennes pendant que les fesses de celui-ci remuèrent sur son sexe dur. Thomas, la respiration courte et le cœur palpitant, gémit en s'abandonnant aux baisers humides qui se déposèrent sur son cou. Son corps frissonnant d'envie tremblait de rage d'être prisonnier et totalement à sa merci.

— Retourne-toi, souffla-t-il dans l'intention de le sucer aussi...

Il eut à peine le temps de le voir secouer la tête que son mari enroula sa langue à la sienne. Il gémit à travers le baiser passionné tout en sentant Eleven se cambrer au-dessus lui. Le sexe de son amant frôla sa virilité qui n'en pouvait plus de souffrir. Les yeux clos et le souffle entrecoupé, Eleven descendit en lui murmurant qu'il allait le soulager...

— Mais avant, reprit son jeune époux, j'aimerais savoir qui ose toucher ce qui m'appartient...

Thomas ouvrit instantanément ses paupières et, interdit par ces mots, il le fixa droit dans les yeux.

— Quoi ? bafouilla-t-il la voix empreinte de panique, tu...

Il ne put poursuivre son interrogation. Son sexe malmené se retrouva empoigné par une main qui faisait déjà des mouvements de va-et-vient en même temps que la langue d'Eleven lui léchait les testicules. Il essayait de réfléchir, mais l'envie était trop pressante pour activer son cerveau. Il n'était plus que gémissement quand la libération approcha. Il ferma ses paupières, arqua son dos et jouit, hurlant de plaisir et d'apaisement. Perdu dans les méandres cette explosion, il n'aurait jamais pensé dire cela un jour, mais Eleven avait eu un sacré culot de le torturer de cette façon.

Le temps de se reprendre, un drap le recouvrit puis, un poids se posa cette fois-ci plus lourdement.

— Oh, putain ! Petit cœur, c'était... commença-t-il en ouvrant ses yeux sur son mari qui, loin d'être souriant, le fusillait d'un regard assassin. Qu'est-ce qui passe ? Peux-tu me détacher ?

La question lui revint en mémoire. Il venait de prendre son pied et... il fut déçu de constater que son mari n'était pas du tout excité.

— Eleven ?

— Est-ce qu'elle suce mieux que moi ? lui demanda-t-il sèchement. Est-ce que ça te manque de... toucher une femme ? Je ne te suffis plus ?

— Hein ? s'étonna-t-il d'entendre de sa bouche. Je ne sais pas où...

— Thomas ! le coupa-t-il froidement en quittant le lit, tu rentres tard ! Tes chemises puent le parfum d'une femme ! Si ça, ce ne sont pas des preuves ! Je ne sais pas où tu cours les soirs après le boulot !

Il le regarda mettre sa robe de chambre, prêt à l'abandonner attaché au lit.

— Eleven ! l'appela-t-il.

Thomas croisa ses yeux extrêmement brillants, comme si celui-ci se retenait d'éclater en sanglots après ce qu'il venait de lui faire. Il ne pensait pas à mal en acceptant de garder le putain de secret de sa sœur, mais là, non, il ne pouvait pas laisser son mari croire une telle chose.

— C'est Mélanie que je vais voir ! hurla-t-il quand Eleven ouvrit la porte. Elle est enceinte ! Elle. Est. En. Cein. Te !

— Quoi ? marmonna son mari qui le dévisageait.

— Je te jure, petit cœur, je ne m'amuserai pas à te mentir...

Eleven, penaud, rejoignit Thomas et se sentit horriblement mal. Il souleva le drap et s'allongea, se collant à lui.

— Est-ce que tu peux me détacher ?

— Non, souffla-t-il, la tête posée contre le cœur de son mari. Tu ne le mérites pas. Tu m'as laissé dans le doute. J'ai cru que...

— Eleven, lui murmura son abruti de mari à l'oreille, depuis huit ans, je suis fou de toi et jamais je ne regretterai une seconde de t'avoir épousé et,... te voir, là, complètement jaloux...

— Non, je ne suis pas jaloux, marmonna-t-il en relevant son visage vers lui. Tu es mon mari et je défends ce qui m'appartient. Tu as dit oui devant témoins et moi aussi, alors... personne n'a le droit de me voler ton cœur.

Thomas qui aimait son côté innocent et sérieux à la fois était ému de voir combien il tenait à lui. Il adorait l'entendre lui parler ainsi. Le monde avait soudainement l'impression de paraître plus simple. C'était l'univers d'Eleven et il était l'homme le plus heureux parce qu'il en faisait partie.

Son mari le détacha au bout d'une dizaine de minutes puis, Thomas l'enlaça, cherchant à lui rendre la pareille. Il le caressa, glissant une main sous le boxer. Leur corps était fait pour être ensemble et ne faire qu'un. Ils se mouvaient l'un contre l'autre, gémissant à en perdre le souffle. La voix plaintive d'Eleven était un enchantement, une passion qui savait soutirer de son amant des mots indécents.

La nuit fut douce et agréable. Plus tard, Eleven, en position cuillère devant lui, convenait à l'espace de ses bras.

— J'aime te sentir comme ça, lover mine...

Thomas sourit, les yeux clos et s'endormit.

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Thomas s'était levé plus tôt. Son jeune mari avait été si inquiet qu'il avait eu envie de lui apporter son petit déjeuner au lit. Il était sorti et se dirigeait vers la boulangerie de Daniel. Il tira sur le col de sa veste, l'air de ce début de printemps était encore frais. Il sourit, en passant devant le magasin de son mari. Kenzo était d'ouverture pour ce dimanche matin. Il poussa la porte pour le saluer quand il reconnut le rire d'Alicia qui provenait de sa droite.

Il tourna son visage, découvrant trois habitués assis au comptoir puis, aperçut sa sœur en compagnie de Jason, le cousin d'Eleven. Ce dernier qui avait des airs de son époux, avait passé plusieurs été chez eux et sa sœur paraissait folle de cet anglais. Thomas l'appréciait bien, même si parfois, cela donnait une raison insuffisante à Bradley de passer quelques jours en ville. Au moins, Eleven avait fait la paix avec ses oncles et ne semblait plus les craindre, surtout depuis que Dean habitait ici.

— Tom ! Quelle joie de te voir ! s'écria sa petite sœur.

— Salut ! répondit-il en levant une main pour les saluer tous les deux. Vous êtes bien matinaux ?

— Bah, Eleven ne t'a rien dit ? lui demanda Alicia avant de reprendre, ah, vous vous êtes fâché ?

— Nooon ? Qu'est-ce que...Mhn ! grogna-t-il.

Thomas respira profondément et évita le regard de Jason qui lui rappelait celui de son mari. Il n'avait aucune envie de savoir ce que son époux avait bien pu leur dire. Un jour, il allait réussir à lui interdire l'utilisation de Skype !

— On n'est pas fâché, reprit-il calmement. Tout va bien et, ne me regarde pas comme ça, tu le connais.

— Toi aussi, lui dit-elle en fronçant ses sourcils.

— C'est arrangé.

— Bien. Si je n'ai qu'une chose à te dire, c'est de retourner chez toi parce qu'Eleven voulait venir à côté.

— Pourquoi ?

— Vous avez sérieusement un problème de communications. Il y a une librairie qui ouvre ses portes...

— Oui, c'est vrai ! la coupa-t-il en râlant, il m'en avait parlé. Bon, je prends des croissants et je file. Tu seras encore là ?

— Bah, bien sûr, gloussa-t-elle en haussant les épaules. Pour rien au monde, je ne voudrais rater les yeux pétillants d'Eleven !

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Quelques minutes plus tard, les pâtisseries dans un sachet, il était dans la cuisine de son appartement et préparait le plateau. Eleven dormait encore lorsqu'il était rentré, mais il fut déçu de l'entendre arriver derrière lui.

— Merci, my lover, lui chuchota ce dernier en glissant les bras autour de sa taille.

Thomas se tourna et l'enlaça à son tour.

— Je voulais t'apporter ton petit déjeuné.

— C'est gentil, mais ce matin, j'avais prévu d'aller à la nouvelle librairie.

— Oui, j'ai croisé Alicia...

— Ah la menteuse ! grogna-t-il en s'asseyant sur une chaise, elle m'a dit qu'elle n'y serait pas avant l'ouverture.

— Et ? demanda-t-il en écarquillant ses yeux.

— Non, rien.

Thomas ne demanda rien et lui prépara un chocolat chaud pendant qu'Eleven souhaita en savoir plus sur Mélanie. Il lui raconta tout, le fait qu'elle ne pouvait pas porter d'enfants et qu'aujourd'hui, elle était enceinte de quatre mois. La peur qu'elle ressentait de perdre son bébé l'effrayait, et c'était pour cette raison qu'elle ne voulait mettre personne au courant tant qu'elle n'était pas certaine de pouvoir le garder.

— Papa et maman le savent-ils ? lui demanda Eleven.

Thomas vint lui voler un baiser. Depuis qu'ils étaient mariés, son mari appelait ses parents "papa et maman".

— Non.

— Mais, pourquoi ne leur dit-elle pas ?

— Mets-toi à la place de Mél. Elle s'était résolue à vivre sans enfants et, un jour, miracle, elle découvre qu'elle est enceinte.

— Et, Simon ?

— C'est compliqué Eleven...

— Elle ne peut pas le lui cacher éternellement.

— C'est vrai... c'est pour ça qu'elle a demandé à faire un break.

— Un break ? répéta son jeune mari.

— Écoute, petit cœur, c'est leur histoire, je ne m'en mêle pas. Je sais qu'elle a tort de ne rien lui dire, mais en même temps, je la comprends. Imagine qu'elle perd le bébé et que Simon se donne à cœur joie d'être père et que... enfin, tu vois.

— Ils sont mariés. Elle ne devrait pas traverser ça toute seule. C'est humble de sa part, mais c'est aussi égoïste. Simon est là pour la soutenir et partager avec elle ses douleurs et ses joies.

— Je sais Eleven...

— Non, se renfrogna son mari, tu ne sais pas ! Ça veut dire que quand tu auras besoin de moi, tu agiras comme elle, juste en pensant me protéger ? Je ne suis pas d'accord ! Et c'est la même chose pour moi. J'ai appris à mes dépens que de me taire n'était pas une bonne idée, même si j'étais jeune et que j'avais aussi peur...

Thomas voyait très bien de quelle période Eleven lui parlait.

— J'espère que tu ne comptes pas me cacher des choses à l'avenir ? lui demanda Eleven, les yeux brillants et sombres.

— Non, bien sûr que non, répondit-il en s'asseyant à ses côtés.

— Parce que je ne suis plus un enfant Thomas ! On a scellé notre union avec, je cite, ces mots : « pour le meilleur et le pire ».

Lorsqu'il l'appelait par son prénom, il savait qu'il devait peser ses mots.

— Je te le promets, Eleven.

— Bien, je termine de déjeuner et je pars à la librairie.

— Bah, et moi ? Je t'accompagne...

Thomas observa les joues de son mari s'empourprer comme s'il lui dissimulait quelque chose.

— Pour le meilleur et le pire, nargua-t-il en le fixant d'un air inquisiteur.

— D'accord, ronchonna Eleven, mais tu me promets d'être... correcte.

— Mais, je suis toujours...

— Non, l'interrompit-il en le fusillant d'un regard noir. Contrairement à moi, toi, tu es très jaloux. Et tu vas m'empêcher de regarder les livres que je voudrais m'offrir...

— Pourquoi ? Ces livres ont quelques choses de spéciales ?

— Euh, lui répondit-il en se grattant la nuque, il y a toute une partie réservée aux romans M/M et...

— Et ?

Thomas n'aima pas du tout sa voix tremblante et hésitante.

— Il y aura la présence de quelques mannequins qui servent de couverture... enfin, on ne voit pas leur visage pour certains, hein, juste leur corps et...

— Raison de plus pour que je ne te laisse pas y aller tout seul !

Eleven n'était pas vraiment sûr que cela fût une bonne idée. Thomas était très jaloux ou, peut-être possessif. Il s'en était rendu compte, même si son mari essayait de faire des efforts. Il ne savait pas comment cela était arrivé. Au début de leur relation, jamais celui-ci n'avait laissé paraître cette partie-là et, d'après Aidan, c'était aussi la première fois que ce dernier le voyait agir comme ça.

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La matinée se déroula bien. Onze heures ne tardaient pas à sonner et, bientôt, Thomas allait partir avec son mari chez ses parents. Eleven avait eu les étoiles pleins les yeux, regardant et touchant les livres avec sa sœur, Alicia. À aucun moment, son jeune époux avait jeté un œil sur les trois mannequins présents, du moins, sans qu'il ne s'en aperçoive. Toutefois, il lui laissait de l'espace. Il ne voulait pas non plus l'étouffer, même s'il mourait d'envie d'être auprès de lui et montrer aux hommes présents qu'Eleven était à lui.

— Monsieur Gérald ? Je me disais bien, vous ne devez pas être loin de votre mari.

— Monsieur Leclerc ? Vous êtes aussi venu...

— Non, le coupa-t-il, je tiens cette librairie. Et, appelez-moi Édouard.

Thomas hocha la tête et se sentit un peu bête. Il se rappela soudainement qu'Eleven lui en avait déjà parlé, mais le cas de sa grande sœur l'avait énormément préoccupé ces derniers temps.

— Alors, reprit l'homme d'une quarantaine d'années, les travaux de la maison avancent-ils bien ?

— Oh, oui, Eleven a hâte qu'on y habite.

Édouard leur avait vendu la maison cet automne. Cela faisait un an qu'elle était à l'abandon. Elle avait appartenu au frère de ce dernier, décédé d'un cancer du foie. Quand Eleven l'avait visité, il était tombé en amour pour cette vieille demeure. D'ici là la fin de l'été, ils pourraient s'y installer et, faire l'amour sous les étoiles comme le lui disait Eleven...

— Je vais vous présenter mon ami Richard Lafraye, l'informa l'homme.

— Vous voulez dire LE Richard Lafraye des éditions Bleue écarlate & Cie* !

— Oui ! Eleven ne vous a rien dit ?

Thomas ne s'attendait pas à voir un jour cet homme par ici. M. Lafraye avait failli perdre son entreprise à cause de la concurrence et s'était ensuite lancé dans les romans M/M, ne reculant devant rien pour y consacrer autant de temps que les romans hétéros. Alicia devait être aux anges. C'était sa petite sœur qui, avant l'arrivée d'Eleven, lui en avait parlé. Il se souvenait, suite à une rupture avec son petit copain de l'époque, qu'elle avait trouvé refuge dans ses livres avec sa meilleure amie Cassandra.

Thomas sortit de ses pensées quand il aperçut immédiatement un bel homme s'approcher de son mari. La jalousie naissant en lui, il n'écouta plus Édouard et s'approcha très vite d'Eleven...

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Eleven claqua violemment la porte de la chambre. Il n'en revenait toujours pas. Thomas avait osé l'interrompre en pleine discussion avec l'un des mannequins phares de Bleu écarlate. Ce n'était qu'une poignée de main, rien d'autre et... son mari l'avait rapidement blotti contre son corps tout en assassinant Alexandre Allan d'un regard froid. Il avait fallu que la femme de cet homme vienne pour faire comprendre à son mari que le mannequin était hétéro.

— Eleven...

— Tu m'as mis dans l'embarras ! Encore une fois !

Il recula d'un pas lorsque Thomas s'avança. Il s'était senti ridicule et Alicia aussi ne savait plus où se mettre.

— Pourquoi tu n'as pas confiance en moi ? demanda-t-il en se jetant dans ses bras. Tu sais que je t'aime et que je n'irais jamais voir ailleurs.

Il ferma ses yeux et écouta les battements de cœurs accélérés de son mari. Les bras se resserrèrent autour de sa taille, comme si Thomas avait peur de quelques choses.

— J'ai confiance en toi, petit cœur, c'est juste que... des fois, j'ai peur que tu veuilles me quitter pour un autre.

— Pourquoi ? Je suis bien avec toi.

Son mari s'écarta, lui prit une main et l'emmena s'asseoir au bord de leur lit.

— Peut-être qu'un jour, tu réaliseras que tu t'es marié trop tôt, que je ne serais sûrement pas l'homme de ta vie et...

— Oh lover, soupira-t-il, tu...

— Attends, écoute-moi, sinon, je ne pourrais plus te le dire. Je sais que mes raisons sont infondées. Mais, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée et, j'ai cette peur au fond de moi qui me dit qu'un jour, je vais me réveiller un matin et tu ne seras plus là. Hier soir, quand je t'ai vu, pour la première fois, jaloux, je me suis senti... heureux. C'est méchant, mais j'ai apprécié te voir t'énerver après moi, juste parce que tu croyais que j'avais une liaison... et de me dire que tu défendais ce qui t'appartenait m'a vraiment touché.

— Je le pense...

— Eleven, reprit Thomas d'une voix plus sérieuse, tu étais jeune quand on a commencé à sortir ensemble et, je t'ai certainement empêché de rencontrer d'autres personnes plus intéressantes. Je ne suis pas un fou de motos comme Daniel, ni un homme qui sauve des vies comme Yann, ni un passionné de photographie comme Louis ou Romain, ou aussi intelligent que Denis... Je suis, un simple homme.

Eleven écouta ses mots en comprenant l'angoisse qui devait tirailler son mari. Il ne connaissait pas grand-chose en amour et, à part avoir connu que Thomas, il savait qu'il n'avait pas besoin de quelqu'un d'autre. Il saisit ses mains entre les siennes, les serra très fort et posa son regard dans celui de son époux.

— On n'en parle pas souvent, mais les gestes, tes gestes ont assez parlé pour toi. Tu m'as aidé à avoir confiance en moi. Tu es venu à Londres. Tu m'as supporté. Tu m'as attendu et... tu aurais pu tirer un trait sur nous et, tu ne l'as pas fait. Personne ne m'a donné autant d'importance que toi. Cest toi qui me fais sentir vivant. Je t'aime Thomas, très fort.

Eleven s'assit sur les genoux de son mari et l'enlaça tout posant ses lèvres contre les siennes. Il se rappelait encore de son arrivée au sein de la famille Gérald. La peur, ce même sentiment qui tenaillait Thomas l'avait pris aux tripes. Il se souvenait d'avoir tremblé comme une feuille quand celui-ci était apparu à l'entrée du salon. Sa voix de jeune homme l'avait effrayé, mais son regard était aussi doux que celui de Caroline...

— Pardon d'être idiot, lui souffla Thomas après un long baiser.

— C'est avec toi que je me suis marié et, dit-il en pensant à Mélanie, j'ai envie qu'on ait des enfants, qu'on adopte... t'en penses quoi ?

Eleven, le cœur battant, laissa un ange passer, puis un second. Le silence ne lui plut pas. Il éloigna son buste de Thomas et le dévisagea. Ce dernier avait le regard dans le vide, comme s'il venait de lui annoncer la fin du monde.

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*Bleu écarlatte & Cie : sort de mon imagination, le truc qui ne veut rien dire mais... euh, fallait bien un nom à cette maison :D

*Bradley est l'oncle d'Eleven

*Dean... ça va spoiler donc je ne dis rien lol