Avoir peur de vivre.

Avoir envie de mourir.

Rester les bras ballants.

De l'avant, jamais n'allant.

À trop vouloir partir,

On finit par vieillir.

Si je prends ce train,

Si je tends la main,

Je tomberai face contre terre

Pris dans ce tourbillon délétère

Je n'ai pas ce que je ne suis.

Je ne suis pas quand je m'enfuis.

Je suis ce que j'endure

Quand parfois la vie est trop dure.

Cette carcasse est bien trop rude

Dans un tel état de décrépitude.

Avoir peur de pleurer.

Avoir envie de se leurrer.

Regarder la mer s'en allant

Et faire deux, trois pas en avant.

À trop vouloir séduire,

On finit par en rire.

Si je vends ce corps,

Si ma foi je tords,

Je jouerai le rôle du mort

Mû par cette pulsion à bâbord.

Je n'ai pas ce que je ne suis.

Ni plus ni moins les coups que j'essuie.

Je ne suis pas ce que j'endure.

Parfois, la vie est bien trop dure.

Cette carcasse trop bien, trop prude

Dans un bel état de décrépitude.

Avoir peur de vouloir.

Avoir envie de se mouvoir.

Partir là-bas en courant

Revenir ici, crier en hurlant.

À trop vouloir s'épanouir,

On finit par flétrir.

Si ma vie se finit,

Si ma honte, je nie,

Où irai-je me jouer du sort

À tout mon être faire du tort.

Je ne nais pas de que je ne suis.

Je ne suis pas ce que j'essuie.

Je ne suis cette vie qui m'endure.

Ce désir parfois bien trop pur.

Cette cuirasse est bien trop rude

Dans un tel état de mansuétude.

Si demain, je ne reviens,

Dans mon malheur, me maintiens.

Deviendrai-je ce que je ne suis las

Pour enfin revenir sur mes pas.