Ceci est un commentaire sur une œuvre de Paule Gray. Vous n'êtes pas obligé d'avoir le livre pour le comprendre. Les pages sont notées entre parenthèses.


Pour ceux qui me connaissent, vous savez que je déteste la romance dans les fictions? Après avoir lu le livre de Maud Rémi intitulé ''Les Mémoires en Miettes'' de la collection ''Nous Deux Émotion'' que j'ai pris au hasard, j'ai acheté, dans une foire aux livres, un livre sous le nom de ''Le sang a coulé sur la plage'' écrit par Paule Gray de la collection ''Nous Deux Suspense''. Au fil des pages, je commence à être de plus en plus repousser par son contenu, en particulier par un personnage qui ruine un livre déjà ruiné.

Son nom est Anna Herriot, une journaliste qu'on la rencontre au second chapitre mais sous cette profession se cache un caractère manipulateur dont Germain Leroy, le protagoniste, a été choisi comme cible. Elle connaît son nom (p23), son numéro de téléphone (p25), son origine (p24), son divorce (p39), dont elle les a obtenue en tant que journaliste. Le caractère d'Anna est prononcé dans les dialogues telle que ''Embrasse-moi!'' (p54), ''Il se trouve que j'ai une envie terrible de toi'' (p63 et p113), ''Aime-moi fort! Je besoin de me vider la tête!'' (p86) et dissimule sa motivation sous les amusements (p25), les rires (p41) et mensonge (p98) pour se comporter comme une femme normale. Sa connaissance et ses séductions sur lui font de Germain Leroy une victime facile. Ce dernier a voulu se défendre (p39, p53) mais il se laisse emporter par sa manipulation, sans une arrière-pensée. Même son collègue, Pierre, le conseille de se méfier d'elle (p35, p51, p63 et p100)! Mais Germain désobéit.

Est-ce un coup de bol pour Anna Herriot d'avoir trouvé une victime facile telle que Germain Leroy? D'après les informations citées précédemment, il semble que Anna ne l'avait pas choisi au hasard. Elle cache sa motivation en disant à Germain de fouiller dans le passé (p35), une voie dont refuse l'équipe de la justice (p35 et p63). Le journalisme est un métier bénéfique pour ses manipulations. Sur les journaux, nous trouvons des articles du passé au présent et des interviews de différentes personnes, tous tirés de la vraie vie. Anna ne les lit pas seulement pour inspiration à l'écriture (p85-86) mais pour analyser le comportement et l'évolution de la personne au plan mental. En effet, le passé est le forgeur de la psychologie de la personne et Anna en profite pour cibler correctement et sans erreur sa prochaine victime. Il est plus facile de prendre une personne naïve (p52) qu'une personne bien préparée.

Germain, lui, n'a pas eu la réponse sur comment elle a eu ses informations, pour en être sûr. A la page 25, au téléphone, elle ne souhaite pas révéler la manière dont elle a obtenu son numéro. Au lieu d'insister, Germain n'en fit guère. Ironique pour un policier dont les questions sont les clés de la vérité et de sûreté. Ce refus d'insistance était un coup de bol pour Anna.

Pour le tester psychologiquement, elle prend toutes les façons de l'inviter au café: le téléphone (p25-5 jours après la découverte du cadavre), la lettre (p31-7 jours) et tête-à-tête (p34-8 jours). Après le refus sur cette dernière tentative, Germain la rejoint par lui-même, trois jours après leur rencontre. Elle utilise la vérité comme une publicité pour l'attirer, comme si la police en avait besoin sans en prendre compte ces défauts. Ferez-vous confiance à cet article?

Pourquoi n'a t-elle pas choisi Pierre ou quelqu'un d'autre? D'autres victimes sont aussi dans son catalogue mais ils ne sont pas choisis pour ces raisons: la police est soumise au credo ''Ne pas fouiller dans le passé''(p35). On le considère comme un plan moral, il sert de base pour la création de la société pour ne pas tomber les citoyens dans le mauvais chemin. La question est pourquoi proposée ce credo si le passé sert à déterminer la motivation du tueur? Outre que les indices trouvées sur le cadavre d'Armand. Celui qui refuse de suivre ce credo sera une proie facile. Il est évident que Anna ne choisirait pas Pierre, le collègue de Germain. A la page 34, même si aucune ligne la mentionne, lorsqu'elle a quitté le bureau pour laisser la place à Pierre, elle prit peu de temps pour poser l'oreille sur la porte et écouter ses mots avant quitter le bâtiment, aucun témoin à l'horizon. Lui disant de se méfier d'elle? Une mauvaise victime à prendre mais une bonne victime pour faciliter sa tâche. Elle ne choisirait pas non plus les témoins (p51).

Si Anna est une manipulatrice, quelles sont les caractéristiques qui la définissent? La motivation de Anna est ni-vue, ni-connue à travers ses lignes (mentir et se moquer de lui (p39), un innocent a perdu une vie (p53), écrire un mauvais article (p85)) et ses paroles (''Je suis stupide''(p60), ''On s'est fait manipuler''(p98) lorsqu'elle a proposé de fouiller le passé juste pour l'emmener sur une fausse piste), de simples erreurs pour une ''imparfaite créature''. Outre les informations qu'elle a eu sur Germain aux chapitres 2 et 3, elle veut qu'il lui dit un mot gentil (p34), elle veut qu'il l'embrasse (p54), elle a une terrible envie de lui (p63 et p113), un désir implicite pour l'amour au lit et elle veut vider sa tête en l'ordonnant à l'aimer plus fort (p86). Germain les effectue sans une arrière-pensée. Elle n'a même pas peur de se retrouver toute nue (p64 et p85) et d'être son jouet sensuelle (se courber son corps (p46 et p85), s'embrasser (p76), se câliner (p54, p80), se toucher physiquement (p97, p123)). Non seulement elle lui plaisait mais ces actes permettent de se graver dans sa mémoire pour que Germain pense seulement à elle (p37, p74-75, p100, p103), ni aux autres (p86), incluant Pierre (p81, p105), et qu'il ment à toute opportunité (p51-52, p65-66, p75-76). Germain, le policier, un être loyal? En plus, son échange avec Anna pour avancer l'histoire n'est pas professionnel(p85-86).

Dans tous les chapitres, elle joue ses gestes parfaitement, de manière naturelle. La manipulation n'est pas seulement une manie psychologique, elle joue sur leur comportement. Elle sait que les victimes tombent facilement sur l'apparence(sa courbure, sa taille, sa poitrine), sont charmés par les qualités (p63) et respectent les défauts (faire des erreurs, être stupide) mais pour calmer ses pulsions, fumée (p36) et l'amour au lit (p63 et p113) sont ses médicaments. Ce que j'appelle ''l'effet secondaire du geste''. Certaines activités possèdent un bénéfice sur le besoin de l'homme, comme rire est un acte guérisseur mais au fond se cache un acte moqueur, on ne se rend même pas compte. En étant policier, Germain devrait connaître que fumer et l'amour sont des remèdes psychologiques, idem pour la drogue et pour l'argent, dont ce dernier est l'essence des jeux au casino afin d'oublier le viol qu'avait traumatisé Madame Valiers.

Sans se rendre compte, elle exécutait la même œuvre dans le passé (p63). Étrangement, Germain sentait qu'il est une de ces victimes police (p53), quoique est-ce du sarcasme, mais il ne voulait pas plonger dans les détails avec des preuves, ce qui compte est la vérité, la seule qualité qu'il se concentre et pour Anna, c'était le bon moment.

Pour terminer, le plan de Anna avait marché comme elle a prévu. Un homme qui est divorcé, qui ne connaît rien à l'amour, qui désobéit au credo de ses supérieurs, qui ment pour s'en sortir, qui est attiré seulement par l'apparence et qui se termine dans ses bras font de Anna l'antagoniste de l'histoire et Germain le héro naïf. Nous avons ici la vilaine avec, à son poignet et sur sa chaire, la lame de l'amour. Cette intelligente créature est joue très bien son jeu et le pauvre Germain est incapable de dévoiler le caractère manipulateur dans ce puits de Vénus sans fond. Et Pierre avait raison! Il l'avait averti pour son problème au Nord et pour ne pas refaire un divorce (p51), il veut protéger la psychologie de Germain! Voilà un bon ami que j'aimerai avoir et que je ne désobéira pas!

L'histoire est une excuse pour que Germain et Anna soient ensemble, comme si ils étaient destinés l'un à l'autre. Leur relation est forcée car la psychologie des personnages n'est pas intervenue. Leur développement est comparé aux fan-fictions. Anna est classée en tant que Mary-Sue, un personnage parfait qui attire toute l'attention et que Germain, sans arrière-pensé, tombe amoureux. Elle n'est rien qu'une avatar de l'auteur pour satisfaire son désir. Le plus ironique, les Mary-Sues manipulent mentalement son entourage et le personnage cible sans la moindre effort, la même méthode qu'utilise Anna!

Le facteur de cette interprétation est le nombre de chapitres: 10. Le livre de Cathy Cassidy ''Cœur Salé'' possède le même problème, idem pour le nombre de pages: 90 pages pour ce livre et 122 pour l'autre. Beaucoup de questions peuvent être répondues pour boucher ces lacunes. Sans avoir des informations supplémentaires, nous aurons une mauvaise image des personnages. Résultat, je peux dire que Shay, le protagoniste, est considéré comme le personnage le plus misérable de la série. Son père furibond est rempli de rage, sa mère ne l'a pas défendu depuis quinze ans et, pour empirer le tous, Cherry est une baka qui brise le cœur à Shay sans laisser la parole pour révéler la vérité sur l'appel téléphonique, puis glane un grande popularité sans en avoir honte. On se demande si Honey était le pion de Cherry. Je suis consciente que tous étaient rentrés dans l'ordre! Mais être bouleversée est la raison la plus pitoyable que j'ai entendue de la bouche de Cherry! Et ce n'est parce que c'est le tome 3½, le seul livre que je possède, que Shay mérite cette misérable vie en si peu de pages, la moitié des autres livres de la série.

La courtelongueur ne fera jamais d'eux une bonne histoire. Elle est aussi le facteur de l'insuffisance de détails qui avancent ou reculent l'histoire, tel que la psychologie, le métier de détective, l'avancée scientifique (l'histoire se passe en 2013), le développement relationnel et des réponses aux questions. Dix est un nombre piège, un nombre incompatible avec le genre de la romance. Il faut plus de pages pour développer un lien amoureux et résoudre une énigme. Le nombre de pages montre que Paule Gray a bâclé son travail. Amour précipité, enquête non complexe, rythme rapide et idée bâclée font du livre une histoire mal écrite. Si il avait effectué des recherches, son livre sera plus fourni d'informations et ne tombera pas dans la catégorie de la fan-fiction.

Tous les recueils de la collection ''Nous Deux'', quelque soit ''Émotion'' ou ''Suspense'', ne comportent que 10 chapitres d'environ 125 pages. La raison de leur courte longueur est inconnue. Accompagnés d'un magazine, il est possible qu'ils servent de supplément de lecture ou de passage d'évasion ou d'un entraînement de lecture ou d'avertissement pour notre quotidien...Ou faut-il lire le magazine associé pour bien les comprendre? Les lecteurs n'apprécieront pas ce livre, dû au manque de psychologie, aux lacunes et d'une relation fantaisiste, voire idéalisée et un livre court nous donne libre à l'interprétation dont l'auteur ne voulait pas nous emmener (''La mort de l'auteur''). Cette série est recommandable pour s'entraîner à la lecture, si on ne prend pas ces histoires aux sérieuses mais je ne la recommande pas, pour le fait que ces livres font de l'amour une relation obsessionnelle et toxique, remplie de manipulations et de mensonges et des vices à volonté.

Comme disait mon personnage favori Pierre:

''Méfiez-vous de cette femme, elle vous manipule!''