Bonjour

le prologue étant court, je vais également publier le premier chapitre.

Les suivants viendront à un rythme d'un par semaine... enfin j'espère.

bonne lecture.


Prologue

Zander Fischer, assis dans l'un des fauteuils colorés de l'entrée, attendait impassible que l'avocat de ses parents signa les derniers papiers de sa libération. Celle-ci fut retardé d'une semaine à cause d'une panne de fax sur navire de croisière où séjournait monsieur et madame Fischer. Le personnel de l'hôpital psychiatrique de luxe où il séjournait depuis l'âge de sept ans passait devant lui avec leur habituel sourire niais et leur paroles aimables mais l'enfant ne leur répondait pas. Maintenant qu'il sortait il n'était plus obligé d'être bien gentil et poli avec eux. Carole Martineau qui pendant ces quatre longues années d'internement lui avait patiemment démontrer qu'il n'était pas Zeus, discutait joyeusement avec l'homme de loi. Elle lui montrait le flacon et l'ordonnance remis par l'infirmière de service à l'accueil. Sans doute lui expliquait-elle la posologie de ces petites pilules bleues et vertes dont il se fichait royalement du nom et qu'il devra prendre toutes sa vie pour occulter toutes ces images farfelues qui tournaient dans sa tête. Pas très efficace au demeurant. Mais Zander avait fini par comprendre que s'il voulait sortir un jour il devait dire ce que les adultes attendaient lui. Non il n'était pas le roi des dieux. Et puis tout bien considéré, la pédopsychiatre avait mis le doigt sur pas mal d'incohérences dans cette affirmation dont, l'absence de pouvoir.

- En route, annonça l'avocat en prenant le sac de voyage de l'enfant.

Cavalièrement extirpé de ses pensées, Zander se leva et le suivit sans même adresser un au-revoir au docteur Martineau. La journée était magnifique et les rues de Vancouver très animées. Mais là aussi l'enfant y était totalement indifférent... Jusqu'à ce que, presque arrivé à la voiture de location son regard soit attiré par une gamine d'environ son âge. Elle portait une robe à carreaux roses et blanc, des souliers vernis et des soquètes blanches à dentelle. Sa démarche sautillante faisait danser ses nattes attachées par un ruban rose. Sans doute une de ces grotesques campagnarde habillée comme une poupée de chiffon. Pourtant quelque chose en elle poussa Zander à ne pas la quitter des yeux.

La fillette tenait la main de sa mère en babillant gaiement. Elle dut néanmoins sentir le regard insistant sur elle car tourna la tête et se mit à le fixer intensément elle aussi. Rappeler à l'ordre par la femme, elle lui tira la langue et reprit son bavardage en s'éloignant, laissant Zander littéralement cloué sur le trottoir. C'était elle. Il le savait. C'était Héra.

A suivre...