Mon premier écrit en ligne ! Que c'est étrange… Je ne promets pas de le finir (mieux vaut ne rien promettre, histoire d'avoir la conscience tranquille) surtout que mes envies d'écrire sont aussi volatiles que les poussières dans les rayons de lumière passant une fenêtre en plein été.

Sachez tout de même que tout – les personnages, les décors, le café, chaque mot de chaque ligne de chaque paragraphe de ce foutu texte – sont entièrement et uniquement ma propriété intellectuelle. Si vous souhaitez (à tout hasard… si vous êtes stupide très probablement) traduire ou vous inspirer de mon histoire, merci de demander, je ne mange pas (enfin, pas les gens polis tout du moins…).

Ce chapitre est, pour le moment, le seul écrit. La suite est très floue dans ma tête toute tordue, et si toi qui lis ceci poste un commentaire constructif, peut-être seras-tu l'instigateur d'une modification dans la suite des événements.

Dites-moi… Je me pose une question depuis des années. Est-ce que vous aussi vous aimez grossir l'écriture au maximum, mettre en blanc sur noir pour pouvoir lire des heures en se fatiguant moins les yeux, et changer la police d'écriture ? J'utilise la police Georgia personnellement. Et quand j'imagine une personne lire ce que j'écris, je ne peux m'empêcher de l'imaginer avoir tout modifier, comme moi…

Oubliez ça, ce paragraphe est inutile.

Résumé (quoi que mise en bouche serait plus juste) : Maelo n'était pas amoureux. Enfin, si, mais pas de lui… Juste de ses mots. Comment cela a-t-il bien pu arriver ? Ce ne sont que des mots. Ce pourrait être n'importe qui derrière ces belles phrases, un psychopathe, une vieille dame qui s'ennuie, et même le foutu libraire qui est le seul à s'obstiner encore à dire « chocolatine »…

Avertissement : Ceci est une romance gay, homosexuelle, avec des relations entre hommes (non explicites). Si vous n'aimez pas les histoires de ce genre-là, je vous conseille un petit demi-tour.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que vous n'y perdrez pas trop votre temps. Place au prologue.


Il soupira. Dehors, la pluie frappait les carreaux. On était en plein été, et il s'ennuyait. Il loucha sur une mèche de cheveux qui lui tombait sur le nez. Il lui faudrait aller chez le coiffeur. Il laissa alors ses yeux divaguer sur la cuisine. Le plan de travail était définitivement trop propre et rangé. Il n'en avait plus l'habitude. Peut-être aurait-il dû le garder encore un peu ? Pas que Karl – bon sang, il n'aimait pas son prénom – fusse un type très intéressant, mais avec lui et ses bouteilles d'alcool, au moins, le plan de travail n'était pas si misérablement propre et rangé. Oui, il aurait dû le garder encore un peu. Peut-être le temps de se trouver quelqu'un d'autre, de très certainement tout aussi ennuyeux.

Il plissa les yeux, se disant qu'il ressemblait à ce genre de mec qu'il n'avait jamais aimé, ces cons insensibles qui passent d'une fille à l'autre sans se préoccuper de leurs sentiments.

Il releva alors la tête d'entre ses bras croisés sur la petite table ronde, bien décidé à bouger sa carcasse. Dehors, la pluie redoublait en intensité. Il se dirigea vers la vieille cafetière – héritage de sa grand-mère, décédée il y a de cela moins d'un an – et se fit couler un café serré.

Dans le silence de son appartement, le goutte-à-goutte sembla résonner. Il s'appuya mollement contre le fameux plan de travail trop propre et rangé, se grattant la nuque.

Maelo n'avait jamais été quelqu'un de très actif, et malgré l'ennui qui marquait à force les traits de son visage et l'état de ses relations, il aimait sa petite vie toute simple, dans son appartement tout gris, avec son boulot trop chiant. Il aimait, les jours où il ne pleuvait pas, se pencher à sa fenêtre et regarder avec un air impassible les jeunes qui jouaient dans la cours de l'immeuble, ou encore le merveilleux paysage qui s'étendait plus loin, au-delà de la ville – la si magnifiquement moche zone industrielle –. Il aimait aussi se poser à la terrasse du café que tenait sa demi-sœur, et, tout en sirotant un thé quelconque, se foutre de la gueule des passants, tout en pensée bien sûr.

Mais il y avait une chose qu'il aimait plus que tout dans sa petite vie toute simple de jeune adulte : la lecture. Il avait une petite bibliothèque – un meuble Ikea mal monté qui penchait un peu – qui débordait de livres en tout genre. Il commençait d'ailleurs à empiler les nouveaux bouquins sur le meuble de manière désordonnée. Parfois, quand il voulait en relire un, il passait plus d'une heure à le retrouver dans ce fouillis. Les seuls qu'il retrouvait facilement, les seuls donc qui étaient bien rangés, étaient tous du même auteur. Il y en avait sept. Sept petits merveilles de la littérature, en pile, la tranche visible, alignés avec le plus grand soin, sans une page cornée malgré les très nombreuses relectures.

A.A. était son pseudonyme. Deux petites lettres, très certainement pour Auteur Anonyme. Il – car s'était bien la seule chose dont on était certain à son propos – publiait un livre tous les six mois. Cela faisait bientôt quatre ans que Maelo suivait ses publications avec assiduité. Jamais il n'avait manqué au rendez-vous. Le jour de la publication, il se réveillait tôt, prenait tout juste le temps de s'habiller et de prendre un café avant de filer devant la petite librairie en bas de la rue. Il arrivait toujours en avance, alors il se calait à côté de la porte, mains dans les poches, et, regardant le petit matin réveiller la ville endormie, il attendait. M. Gladek arrivait alors, lui souriait d'un sourire commercial avec un signe de tête, et tournait la clef dans la serrure de la porte en verre. Maelo lui laissait le temps de faire son ouverture, puis s'engouffrait dans le magasin, inspirant cette merveilleuse odeur caractéristique du papier et de l'encre. Il ne perdait pas de temps à parcourir les allées de romans, il allait directement vers les nouveautés. Deux minutes tout au plus après être entré dans la librairie, il en ressortait avec un livre sous le bras, et un sourire aux lèvres.

Tout cela avait commencé alors qu'il n'avait que dix-huit ans. Il avait dévoré la bibliothèque familiale, et s'ennuyait à mourir. Il avait rassemblé son argent de poche, et avait presque couru jusqu'à la librairie. M. Gladek l'avait accueilli avec son éternel sourire, et quand il était passé en caisse, quatre livres sous le bras, le libraire lui avait tendu un cinquième.

– Il est en rayon depuis trois mois, et ne se vend pas. C'est cadeau.

Et Maelo n'avait pas craché dessus. Il l'avait pris, laissant à peine traîner un merci derrière lui avant de partir. Il avait alors été l'un des premiers à lire ce livre, et à comprendre à quel point cet auteur était doué.

Il avait ensuite vu au fil des années sa réputation grandir, prenant beaucoup d'ampleur lors de la sortie de son troisième roman, L'Invisible. Et un jour, A.A. était passé à la radio, expliquant que son éditeur lui avait forcé la main pour signer un stupide contrat le contraignant à venir à une stupide émission de radio histoire de contenter son stupide public. Sa voix était trafiquée, en plus du grésillement du téléphone par lequel il communiquait, et il riait beaucoup. La seule question à laquelle il voulut bien répondre sur sa vie personnelle fut « Êtes-vous un homme ou une femme ? ». Et depuis, toutes les semaines, il passait une demi-heure à la radio.

Maelo écoutait rarement ces émissions. L'auteur n'y parlait pas de ses livres, ou de lui-même. Il prenait le sujet que les présentateurs avaient choisi, et il commentait, souvent acide dans ses propos. Ce n'était que commercial.

Le café avait fini de couler. Maelo éteignit la machine, et pris la tasse du bout des doigts, regardant les volutes de fumées en attendant qu'il refroidisse un peu. Quand il porta enfin sa boisson à ses lèvres, il trouva le silence pénible et jeta un œil à l'horloge. Il fronça les sourcils quand il eut une pensée pour l'émission de radio stupide qui avait actuellement lieu. Devait-il se laisser décevoir en écoutant sa radio, ou continuer à s'ennuyer comme un rat mort ?

Son dilemme fut vite tranché, et la petite radio posée sur la table basse devant son petit canapé se mit à grésiller. Il chercha la fréquence, et tomba sur les publicités. Il soupira et se laissa tomber dans le fond de son canapé, café en main. Après cinq bonnes minutes d'idiotie crachotantes, l'émission repris, le présentateur blablatant. Il avait perdu le fil et sa concentration était venue se poser sur les gouttelettes qui glissaient sur la vitre, se coursant et s'avalant les unes les autres. Il tiqua quand une question attira son attention.

Alors alors, mon cher invité, voilà deux ans et demi que vous nous accompagnez dans notre aventure littéraire, et j'ai appris ce matin de la bouche de votre éditeur que vous aviez une annonce à faire.

Maelo se redressa un peu, le regard fixé sur la petite radio.

Ah, oui, cette annonce-là. Hé bien j'ai décidé de communiquer un peu plus directement avec mon public. Je tiens à mon anonymat, évidemment, et le jour où vous connaîtrez mon identité, je serais mort depuis un bout de temps. Mais ce cher Stuart m'a fait part d'une idée intéressante.

Qui est ? Demanda finalement le présentateur sous le silence de A.A..

Pour faire court, nous allons organiser un genre de petit concours d'écriture dont je serais le juge. Le gagnant sera la seule et unique personne avec qui j'accepterais de correspondre, par l'intermédiaire de lettres.

Maelo fixait avec étonnement sa radio. A.A. acceptait de correspondre avec un de ses lecteurs ? Il écouta à nouveau quand le présentateur finissait de donner son avis sur la question. A.A. reprit alors la parole.

Les règles sont simples : il faut que chaque participant envoie une lettre manuscrite à la maison d'édition, dont la seule contrainte est qu'elle doit parler de lui, et uniquement de lui. Une présentation, une description, une anecdote quelconque à son propos… peu importe.

Ne serait-il pas plus simple d'envoyer un mail ?

Tout l'intérêt est dans le fait d'écrire à la main c'est un plaisir que chacun devrait connaître.

Le lendemain, Maelo était allé poser une enveloppe à la poste, qui était inhabituellement bondée.

Il n'avait pas grand espoir de gagner un si stupide concours, surtout si l'on tenait compte du sujet principal imposé dans le récit : lui-même. Mais la simple idée que sa lettre glisse entre ses mains, et ses yeux sur ses mots lui donnait un étrange sentiment de satisfaction. Peu importait si A.A. ne faisait pas attention à sa lettre plus qu'à toutes les autres qu'il recevrait.

En sortant de la poste, il croisa M. Glabek qui lui fit un signe de tête, souriant à n'en plus finir en regardant les gens se bousculer pour poser leur courrier.


Alors ? Alors, alors ? Qu'en avez-vous pensé ?

Toi ! Oh, lecteur impertinent ! Laisse donc un commentaire ! Un seul mot de ta part est pour moi comme un chocolat sur la langue (et Dieu lui-même ne sait à quel point j'aime le chocolat…).