Bonjour o/

Je pose ça là et adviendra ce qui pourra.

J'envisageais de faire sur un fond du Bakumatsu ou Sengoku (pas encore décidée) en AU. J'aimerai aborder certains points du bestiaire japonais. Mais bon sans grand espoir aussi... on verra si j'arrive à faire quelque chose de potable ou pas. J'avoue aussi avoir peur (?) d'aborder le folklore et l'histoire japonais alors que je suis occidentale...

Par contre, certaines parties de l'intrigue et de sa mythologie seront malsaines, gores.

N'hésitez pas à mettre vos impressions, bonnes ou mauvaises. Egalement, j'ai relu à la va-vite... désolée pour les fautes etc

Bonne lecture.


Les flammes s'étendaient à perte de vue. Des cadavres jonchaient le sol ici et là. Le ciel était sombre, faisait-il nuit ? Ou était-ce à cause de la fumée du brasier ?

Dans ce paysage lugubre, seules deux silhouettes se tenaient debout. Chacune d'elles se ressemblaient, avec quatre paires d'ailes sombres, des queues et des cornes. Leurs yeux rouges et jaunes scintillaient dans l'obscurité des flammes, se fixant à quelques mètres. L'atmosphère était lourde, bien trop lourde. Mais ce n'était pas dû aux flammes, non. Ces deux êtres, ces monstres émanaient une haine palpable et étouffante. Pas seulement, la forme la plus fine, féminine, dégageait une aura de tristesse. Néanmoins, c'était sa haine qui était la plus lourde et malsaine.

L'autre silhouette, masculine, arborait un sourire dément. De longues canines dépassaient, semblables à un masque de démon japonais.

Dans ce décor infernal, leur visage respectif était maculé de saleté et de sang. Ils tenaient chacun un long sabre peu recourbé.

D'ici, les deux silhouettes se ressemblaient énormément, comme des jumeaux. Les cheveux de la silhouette féminine devaient être blancs, comme celui de son vis-à-vis, mais teintés aussi de saleté. Ils semblaient voleter au gré du vent. Ses cinq cornes dorées étaient tâchées d'une substance étrange, comme si elles se rouillaient en de multiples endroits. Ses vêtements, ou de ce qu'il en restait, voletèrent également, signalant qu'elle bougeait. De sa main griffue, elle redressa son sabre et le pointa sur son adversaire. Ce dernier l'imita. Scintillant avec la lumière des flammes, des larmes roulèrent sur les joues de la figure féminine, creusant des sillons à travers la crasse et le sang. Ses yeux, pourtant, lancèrent des éclairs plus haineux que jamais.

Les deux silhouettes se toisèrent un moment avant de se jeter l'une sur l'autre. Leurs bouches s'ouvrirent pour émettre un mugissement d'attaque mais rien n'en sortit. Ou plutôt, l'être qui voyait cette scène ne percevait rien. Ni même le bruit des crépitements des flammes. Ni même encore la chaleur de ces dernières ou la sensation du vent.

Lorsque les deux silhouettes croisèrent leur sabre, une étincelle jaillit, aveuglant momentanément la personne qui regardait cette scène épouvantable. Lorsque ses yeux se rouvrirent, les flammes dansaient encore mais le paysage était différent.

Cette fois-ci, des cris de terreur et d'agonie se répercutaient ici et là. Un village était en proie aux flammes, leur crépitement accompagnait le bruit de chute des maisons en bois. De lourds nuages de cendres et de poussières s'élevaient. Il était difficile de respirer. La fumée lui brûlait les yeux et rentrait dans ses poumons.

Maman. Papa. Mon frère.

Perdant courage à travers cette folie, son corps arrêta de se mouvoir. Seules ses mains arrêtèrent le futur choc avec le sol. Dans l'une d'elles, un petit sabre était protégé dans son fourreau aux reflets rouges. Sa mère lui avait dit de le prendre et de le garder avec elle coûte que coûte. Perdant espoir, une main attrapa son bras et l'obligea à se remettre debout.

Des yeux bruns, tirant sur le doré fixèrent les siens. C'était un petit garçon âgé de cinq ou six ans.

Son frère.

_ Fuyons ! Cria-t-il. Fuyons Mari !

Elle sentait les larmes couler sur ses joues.

_ Maman ! Papa !

Les yeux de son frère étaient humides aussi et se plissèrent, amers. Ses fines lèvres se crispèrent, il avait l'air de vouloir oublier quelque chose.

_ Papa et Maman nous protègent. Maman a dit de fuir.

_ Je ne veux pas ! Cria-t-elle. Je veux partir avec Maman et Papa ! Nous devons tous fuir ensemble !

Elle refusait de bouger et mut la tête de gauche à droite, espérant apercevoir ses parents à travers les flammes, prêts à les prendre dans leur bras et s'échapper d'ici. Tout ce qu'elle voyait était ce paysage horrible. Des formes humaines couraient ici et là, apeurées alors que d'autres les poursuivaient et brandissaient des armes longues. L'enfant était apeurée. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait.

Soudain, son frère la tira violemment contre lui et la fixa dans les yeux. Ils faisaient la même taille. Elle aperçut son reflet dans les yeux bruns. Son visage de son frère et le sien se ressemblaient. Ils étaient jumeaux après tout. Son visage trahissait la terreur.

_ Ils ne sont plus là ! Cracha son frère.

Ne sachant pas quoi dire, elle baissa les yeux sur le petit sabre qu'elle tenait et le serra plus fermement. Sans lui demander son avis, son frère la tira et ils coururent à travers les flammes, les ruines et les cadavres étendus ici et là. De petites tailles, ils arrivèrent à se frayer un passage parmi tout ce chaos. Les adultes ne faisaient pas vraiment attention à eux. Puis, ils s'élancèrent dans la forêt qui protégeait leur village. L'air était plus respirable et frais tout d'un coup. Mais pour son corps d'enfant, ce n'était pas agréable. Elle avait mal partout, tellement mal. Son frère continuait de la tirer derrière lui. Avait-il mal lui aussi ?

Tous les deux haletèrent sous l'effort. La main de son frère était poisseuse mais tenait fermement la sienne.

Son frère lui avait dit que leur parent n'était plus là. Mari avait peur. Maman et Papa n'étaient plus là ? Non…

Soudain, son frère perdit l'équilibre. Tout alla très vite, la petite fille perdit également l'équilibre. Sa main tenait fermement le petit sabre mais l'autre lâcha celle de son frère. Elle se sentit tomber, haut… très haut…

Sous le coup, elle ne cria pas, trop choquée de ce qui venait d'arriver. Son corps continuait de chuter sans qu'elle puisse…


Elle se réveilla d'un coup, haletante et transpirante. Ses cheveux blonds cendrés encadrèrent son visage. Ses mains tenaient fermement la couverture de son lit. Elle était chez elle, en sécurité. Ses yeux bruns dorés se levèrent, inspectant la pièce qu'elle connaissait bien. Une grande commode et plusieurs étagères étaient contre les murs, intacts. Et là, en face de son lit, dans une alcôve, se tenait le petit sabre de ses rêves.

Il était long d'une soixantaine de centimètres, c'était un wakizashi. Un sabre court. La saya fourreau était noir avec des reflets rouges. A l'extrémité, le kojiri se garnissait d'un ornement en métal doré, représentant des plumes et des queues de rongeur. En son milieu figurait l'emblème de leur famille, un kamon. Ce dernier se constituait de deux plumes de paon encerclant des queues de rongeur. en forme de 8. Le tout étant entouré d'un cercle fin. La garde, tsuka, du wakizashi était simple en soit. Seuls les ornements rappelaient les plumes de paon et les queues de rongeur.

Mari ignorait pourquoi ces deux éléments étaient associés. Son père lui disait juste que ce sabre était à leur famille depuis plusieurs générations et étaient précieux. Le wakizashi avait même un nom « Shinzo no Nue » : le Cœur du Nué. Le Nué était un être chimérique et puissant. Peut-être que leurs ancêtres avaient terrassé ce genre de monstre ?

Continuant de le fixer, elle se leva et alla prendre le sabre contre elle. Elle ferma les yeux, le serrant. Ce sabre était important et avait le don de la calmer.

Elle était en sécurité ici. Ce n'était qu'un horrible cauchemar.