A PROPOS : Voici une nouvelle fiction ! Je sais, je vais terminer les autres aussi, promis ! ^^ Merci de laisser des review, ça m'aide ! Et attention, y a pas mal de scènes de sexe dans cette fiction ! Et bonne nouvelle, elle est terminée ! Alors il y aura une fin, faut juste que je la revoie beaucoup parce que je ne suis pas à l'aise avec le présent, comme beaucoup d'entre nous ;)

Nombre de révisions : 2

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Chapitre 1 : Venu pour me rendre fou

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Je pense que ce garçon a été envoyé à moi pour me punir. Je ne sais pas ce que j'ai fait dans ma vie, ce que j'ai bien pu faire dans mes vies précédentes, mais ce doit être terrible quand je vois comment tout se retourne sans cesse contre moi depuis le début de ce voyage. Je sais bien que tout ne dépend que de moi mais Dieu n'aurait pas dû le faire aussi beau, aussi hypnotisant, aussi dur et aussi… Malade.

On est dans la maison de vacances de mes parents, il y a la mer, le soleil, la chaleur, les fruits frais, mes amis, ma sœur jumelle, de l'alcool, un barbecue, des chambres immenses… Et il y a Gaël. C'est le grand frère malade d'Amélie, la meilleure amie d'Emma, ma sœur. Il est fragile, tombe souvent malade et fait souvent des crises. Je n'ai jamais assisté à l'une d'elle mais ça lui arrive souvent, apparemment. Heureusement, depuis le début de nos vacances, il n'y a pas eu de problème majeur.

A côté de ça, Gaël est surtout un ange déchu venu pour me rendre fou. C'est quelqu'un de très gentil, vraiment gentil, avec le sourire facile et c'est très facile de créer des liens avec lui. Il a des yeux de la couleur des ciels d'orage et parfois, ils ont des teintes d'apocalypse, ses lèvres sourient souvent et quand il rit, ça paraît lui coûter, comme s'il pourrait se briser s'il en abusait, alors on lui pardonne de ne pas trop s'y risquer. Son visage était creusé par la fatigue, pâle, mais maintenant, il a pris un peu de couleurs, ses cheveux sont devenus plus clairs encore et les traces de fatigue sous ses yeux ont disparu, laissant des coups de soleil teinter sa peau.

Gaël est tel qu'il est facile d'oublier qu'il est malade et qu'il peut en crever.

Mais moi je n'oublie pas. Parce que j'ai l'impression d'être né pour le surveiller et m'assurer qu'il verra un autre jour après celui-ci. Etrange, n'est-ce pas ?

Cela fait une semaine qu'on est en vacances, il nous reste encore une autre semaine, et je n'en vois plus le bout tout en espérant que ça dure toujours, bien que je sache que je ne pourrais me tenir aussi longtemps. Je sens bien qu'il demeure une restreinte entre nous et ce n'est pas juste à cause de moi. Je sais que j'ai tendance à ne pas parler beaucoup, préférant écouter, mesurant mes mots et ne me laissant jamais aller à rire à gorge déployée comme certains de mes copains, mais les gens m'apprécient quand même. Mais Gaël, lui, il est assez bavard et s'il ne connaissait pas vraiment les gens en arrivant, à présent, il est comme cul et chemise avec certains d'entre eux. Alors si quand on est ensemble on ne se dit rien, c'est de sa faute. Je vous dis pas ce que ça me fait de savoir qu'il n'est pas à l'aise avec moi.

Melany attrape ma main qu'elle pose sur son épaule rouge de coups de soleil, me sortant de mes pensées, et je tourne mon attention vers elle, tâchant d'ignorer Gaël qui se penche pour attraper un marshmallow dans le paquet à mes pieds. Sa main effleure mon mollet, là, non ?

Les feux de camp du soir, c'est devenu une routine depuis qu'on est ici et le sucre des marshmallows qu'on fait griller doit avoir percer des trous dans mes dents et avoir gonfler mon estomac comme un ballon.

-T'as vu ça ? Ça me brûle.

Se plaint Melany et je me demande ce que je dois lui répondre.

Sa peau est chaude et moite sous mes doigts et je résiste à l'envie de la retirer aussitôt pour lui faire un sourire désolé et un brin moqueur qui doit sonner faux. Depuis qu'on est arrivé, tout est faux entre nous.

Enfin, depuis que j'ai croisé le regard de Gaël, tout est devenu étrangement fade lorsque ça ne le concerne pas. A mesure qu'il paraissait guérir, moi, je me sentais de plus en plus mal, tendu. Parce que je sais que tout ceci ne rime à rien.

-Je te mettrais de la crème, avant de dormir. Ça te fera du bien.

Ma réponse paraît lui convenir et je tremble en voyant l'ombre dans son regard brun habituellement chaleureux. Je ne vais pas m'en sortir ce soir, elle va redoubler d'effort pour consommer notre relation ralentie par nos études dans des villes différentes. La pauvre, lorsqu'il s'agit de sexe, avec moi, ce n'est jamais le bon moment. Melany et moi, on est amis depuis trois ans et on a commencé à sortir ensemble deux mois auparavant. Bien sûr, notre relation s'apparente plus à une relation à distance et nous avons dû faire l'amour quatre fois depuis qu'on est ensemble, dont une à notre arrivée ici. Quatre fois où elle en sortit extatique alors que moi, je m'enfonçais dans la conscience pure et simple que le corps féminin ne m'attire pas, que son corps ne m'attire pas. Bon, la dernière fois qu'on l'avait fait, ça avait été un peu plus agréable. Presque bon. Peut-être que ça ira en s'améliorant ?

Mais je n'y crois pas trop quand j'ai cette impression de me tenir au bord d'un gouffre à chaque fois que Gaël est en ma présence.

Elle a lâché mes doigts et je peux les retirer sereinement, pour me tourner vers notre cercle, brisant notre aparté pour me concentrer sur ce que disent les autres. Il fait presque nuit et le feu trace sur nos visages des ombres qui nous rendent semblables.

Emma rigole avec Amélie et Ric, Melany entame une discussion avec Joshua et Sabine et Thomas se goinfre de l'autre côté du feu tout en écoutant d'une oreille distraite les délires politiques de Fred mais dans cette lumière, j'ai l'impression d'assister à une réunion d'amis dont je ne fais pas partie.

Mon regard se tourne vers Gaël, le seul silencieux. Il fixe son marshmallow qui est près du feu et son bras entoure ses genoux, laissant sa main remonter pour coincer l'ongle de son pouce entre ses dents. Ses prunelles reflètent parfaitement les flammes, ne laissant rien paraître de ce qu'il ressent ou pense. Je voudrais le prendre en photo.

Je me rends compte que je le fixe quand ses yeux roulent pour me regarder, sans qu'il bouge la tête. Un lent sourire étire ses lèvres de mon côté de son pouce et il se redresse pour apporter son bonbon devant ses yeux, son attention s'éloignant de moi alors qu'il soufflait doucement pour ne pas se brûler.

Il écarta ses lèvres pour prendre la sucrerie dans sa bouche et il la fit entrer toute entière, le coin de ses lèvres se redressant un peu d'une satisfaction personnelle. Je ne sais pas ce que ça me fait, de voir lentement le pic à brochette ressortir de ses lèvres, mais mes vêtements me paraissent tout à coup bien étroits. Quand le bout de bois est loin de ses lèvres, je relève mon regard et me rends compte qu'il me fixe. Les lumières sur son visage me paraissent sombres, alors que ses pupilles dilatées se moquent de moi. Il rit de mon expression ? Quelle expression ? Je sens ma peau sur mes joues me brûler alors que je suis pris en flagrant délit et je suis content que ce ne soit pas visible à la lumière du feu.

Il s'amuse, je le sais. Je fuis son regard et me détourne complètement, le cœur battant.

Ce gars est vraiment envoyé à moi pour me détourner, me rendre fou et alors que le temps passe, que Melany me parle, que je ris avec les autres, toute mon attention est sur le corps de l'autre côté, là où je ne veux absolument pas regarder. Son épaule effleure parfois mon bras, alors qu'il discute avec son côté du feu, provoquant le monstre en moi qui ne désire que sa peau.

Puis Sabine prend sa guitare pour jouer les chansons qu'on connaît par cœur maintenant, sa voix douce chantant par-dessus le bruit des vagues et des braises qui crépitent. Ses doigts agiles pincent fermement les cordes et je vois son sourire alors que Thomas chante faux près d'elle. Melany vient contre moi et je passe mes bras autour d'elle, essayant de préserver la chaleur entre nous pour faire durer ce moment agréable. Les étoiles sont magnifiques loin de la ville mais aucun de nous ne lève les yeux, tout absorbé qu'on est par la musique et nos pensées.

Puis le froid nous force à nous lever, les uns après les autres, pour aller nous coucher. Une nouvelle journée nous attend demain mais je n'y pense pas : Je pense avec anxiété à ce qu'il va se passer ce soir, quand Melany et moi serons seuls.

On entre dans notre chambre et elle étire ses bras dans un bâillement, faisant glisser sa robe au sol. Je lui tourne le dos pour fouiller dans le tiroir de la commode, trouvant la crème hydratante et réparatrice.

-Il faudra la mettre dans le frigo, c'est ce que fait ma mère…

J'essaie de gagner du temps et même la crème en main, j'attends une seconde avant de me retourner. Elle est nue, sa peau éclairée par le clair de lune, la pointe de ses seins durcie par le froid qui s'est installé partout.

Elle va doucement s'asseoir sur le lit, me laissant voir ses fesses et ses hanches qui ondulent négligemment, et elle m'invite à la rejoindre, sa main caressant le drap près d'elle. Les femmes ne sont pas fragiles, elles ne sont pas pures, elles ne sont pas soumises, ne sont pas invincibles, ne sont pas généreuses et douces, elles ne sont pas tout ce qu'on dit qu'elles sont, et je le sais depuis que je suis enfant, regardant Emma apprendre à marcher avant moi, apprendre à lire avant moi, aimer avant moi, me défendre dans la cour quand elle faisait deux têtes de plus que tout le monde… La seule chose pour laquelle je l'ai devancée, c'est le sexe, et regardez où j'en suis…

Je m'exécute, inquiet de ce que je vois dans son regard, et elle me tourne son dos, ses doigts attrapant ses cheveux pour les glisser devant elle pour permettre à mes doigts de se poser sur la peau rouge et douloureuse pour y étaler la crème.

Quand j'ai fini le dos, Melany se retourne et met ses cheveux derrière, me laissant voir le coup de soleil entre la base de son cou et ses seins. Elle a passé sa jambe dans mon dos pour bien me faire face et je me sens piégé, mais je ne montre rien, commençant par son visage, puis mes mains descendent et la tension augmente. Je finis à peine qu'elle m'attire à elle pour m'embrasser, m'entourant de ses jambes. On tombe doucement dans le lit et ses doigts glissent sur mon torse. Je reprends mon souffle lorsque le T-shirt passe par-dessus ma tête et est négligemment jeté sur le côté, pour l'embrasser de nouveau. Mes doigts glissent entre ses seins et ils passent dans son dos au niveau de ses hanches pour venir prendre sa fesse fermement.

Les siens, agiles, m'ont débarrassé de mon pantalon et de mon boxer, et viennent entourer mon membre durci et chaud.

-Oh Fabrice…

Gémit-elle avec envie, désir et surprise de le voir dressé de cette façon pour elle.

L'image de Gaël ouvrant la bouche pour prendre le marshmallow en une bouchée ne me quitte pas et alors que Melany lâche mes lèvres pour venir prendre le bout sensible dans sa bouche, montant et descendant le long du membre chaud, c'est le bâtonnet qui glissait hors de celle d'un autre que je voyais.

Mon corps est parcouru d'un spasme reconnaissable et je l'attrape pour la remonter à la hauteur de mon visage, ne voulant surtout pas éjaculer sur elle ou dans sa bouche.

-Je ne peux plus attendre.

Murmuré-je à son oreille et un frisson d'excitation la parcourt.

Elle écarte les jambes pour me permettre de glisser mes doigts en elle et je la regarde se cambrer, gémir, ses doigts s'enfonçant dans mon dos. Puis après le moment est venu de la prendre : quand je m'enfonce, elle crie et ça m'excite, je crois. Je vais le plus loin possible puis la regarde dans les yeux, avant de les détourner avec culpabilité. Pourquoi est-ce que je fais ça ?

Mais ne me laissant pas le choix, je commence mes va et vient qui malgré moi me font monter le plaisir. Elle crie, ses ongles s'enfoncent dans mon dos et je crois que la douleur me rend plus énergique encore dans mon pilonnage.

Melany appelle mon nom, me dit de continuer, de m'enfoncer plus encore, et ma gorge laisse échapper des gémissements, l'air rendu difficile à expirer silencieusement transforme ma respiration en une longue série de bruits qui marque mes mouvements et ponctue ceux du lit qui grince ou ceux de nos corps qui entrent en contact.

Quand enfin on se sépare, qu'elle se serre contre moi en remontant la couverture sur nos deux corps, fermant les yeux, je reste là à fixer le plafond, un sentiment étrange dans la poitrine.

-Je t'aime.

Soupire-t-elle, satisfaite, et je ne peux lui répondre.

Alors que dans ma tête ne tourne qu'une idée : elle ne va pas vouloir le faire de nouveau avant quelques jours, ce qui me laissait un peu de temps de répit. J'ai accompli mon devoir, mon obligation et tout redeviendra normal demain.