A PROPOS : On est bientôt à la fin, les enfants ! Bonne lecture à vous et merci pour les review, c'est génial ! Je travaille sur beaucoup d'autres trucs en même temps alors n'hésitez pas à aller voir le reste ! Plein de bisous et bonne lecture ~

Nombre de révision : 1

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Chapitre 5 : Amusant

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C'est mon deuxième verre et les deux filles avec moi rigolent. Je ne les connais pas, parce que j'ai continué de fuir mes amis, qui sont assis plus loin. Les deux gonzesses me trouvent à leur goût, visiblement, et quand elles me montrent leur table, où plusieurs personnes boivent et rient, je les suis. Après tout, c'est ça, quand on s'amuse, non ? Au cours de la soirée et de ma longue période de méditation, je me suis rappelé que Gaël est malade. Un truc grave, un truc dont il ne peut se débarrasser, alors finalement il vaut mieux arrêter non ? Parce que profiter, m'amuser, ça ne fera que nous rapprocher. Je n'aime pas souffrir. Je n'aime pas voir les autres souffrir aussi.

J'échange un baiser avec la fille à côté de moi, puis celle de l'autre côté. Mais le suivant à s'avancer est un homme et je me fige. Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que j'ai envie de voir si c'est vraiment amusant ?

Tous les mots commençant par 'amus-' me tapent sur le système et donc je trouve tous les moyens de les utiliser. Et 'amus-', ça ressemble drôlement à 'anus' vous ne trouvez pas ? Il y a 'muse' dedans aussi, et je vous laisse deviner à qui ce mot me fait penser.

Ses lèvres sont sur les miennes et sa langue se glisse entre mes dents. Ca dure longtemps. Il me relâche en rigolant. Apparemment, les choses amusantes revêtent peu d'intérêt à mes yeux uniquement… Mais je me force à rire avec lui. C'est plus agréable avec les filles parce que j'ai l'impression qu'il y a au moins un semblant d'intérêt de leur côté.

Une main fraîche se pose sur mon épaule et je lève les yeux pour rencontrer les nuages sombres que j'ai pourtant rangés loin dans mon âme.

-Qu'est-ce que tu fais ?

Me demande-t-il et pourquoi j'ai l'impression qu'il est ennuyé ? Il a pitié aussi. Mais pourquoi ? J'en veux pas de sa pitié, de sa compassion, qu'importe comment vous l'appelez. Je veux juste qu'il disparaisse. Ou qu'il m'embrasse. Qu'il souffre autant que moi, je m'en contenterai. Il n'est pas saoul, peut-être que ses médicaments l'empêchent de boire ?

-Je m'amuse.

Il me fixe, silencieux, avant de faire le tour des visages à ma table de son regard, pour aussitôt revenir à moi. Pourquoi Gaël me fait ça ? Pourquoi j'ai l'impression de devoir m'excuser ? M'excuser à un simple jouet ?

La différence entre la compassion et la pitié, vous la connaissez ? La pitié, c'est quand l'être en face de vous est minable, que vous ne lui devez rien, que vous ne ressentez de compréhension. Une clocharde dans la rue qui force ses enfants à rester avec elle plutôt que d'aller à l'école parce que les gens donnent plus quand ils sont là ne s'attirera que de la pitié. L'enfant qui vient de perdre sa mère dans un accident de voiture aura la compassion. Mais toutes ces différences sont théoriques car dans la pratique, les deux sentiments s'expriment de la même façon : regard sombre et fuyant, moue hésitante, lèvres pincées.

Gaël par contre ne fuit pas mon regard, au contraire, il l'analyse, le questionne et je suis effrayé de voir qu'il trouve facilement les réponses.

-Viens t'amuser avec moi plutôt.

Alors je me lève, je passe par-dessus leurs jambes en m'excusant et j'arrive à côté de lui. Sa main attrape la mienne et il me tire vers les toilettes à l'extérieur, ces mêmes toilettes où une longue queue m'avait découragé il y a de ça quelques jours à peine, mais ça me semble des semaines. Ca ne change pas, il y a la queue et je vois une des filles que j'ai embrassées qui est là, à attendre, elle m'attrape par le bras et je m'arrête, forçant Gaël à se retourner.

Je les présente :

-Amusement numéro un, je te présente amusement numéro… quatre ?

Hésité-je, ne sachant plus vraiment à quel moment je l'ai embrassée.

Gaël me regarde et je vois que ça l'agace, qu'il ne sait pas vraiment quoi dire, alors je mets fin à cette situation en faisant un petit signe de la main à la brune. Gaël reprend son chemin, me tirant derrière lui vers le parking. On se glisse entre les voitures et je le suis, trébuchant à plusieurs reprises à cause de l'alcool, étonné de sentir la fermeté de sa poigne. L'air frais me fait du bien, éloignant un peu la brume installée par mon cinquième.

Il s'arrête enfin à l'extrémité du parking, entre deux voitures, et il me pousse contre l'une d'elle pour tirer sur ma nuque, collant nos bouches. Sa main se glisse à l'arrière, venant agripper mes fesses. Je frémis et mes doigts s'enfoncent dans sa chevelure claire. Il défait ma ceinture mais je ne lui laisse pas le temps de faire plus, inversant nos positions pour le mettre face à la voiture, moi dans son dos. Mon nez dans son cou, tout près de son oreille, je fais passer mes mains devant pour défaire son pantalon et sa respiration s'accélère encore.

Je chatouille son oreille de mon nez, de mes dents, et me félicite de le sentir rougir et trembler. A moins que ce ne soit la caresse de ma main sur une autre zone sensible.

En fait, tout ceci n'est pas amusant, c'est… Je n'ai même pas de mot. Ca me met en colère, ça me frustre, toute cette situation me brûle et l'alcool ne rend pas la chose facile alors je me vide en lui. Je ne suis pas tendre, je dois lui faire mal mais il ne dit rien, sa main l'empêche de crier trop fort et son corps encaisse mes mouvements, ma rage. Quand enfin j'arrête de bouger, les larmes coulent sur son épaule contre laquelle je presse mon visage.

Gaël a du mal à respirer et il s'appuie à la voiture pour ne pas tomber. Il finit par me faire face, bien que mes bras qui le serrent l'empêchent de bouger et il pose sa main sur ma tête, l'autre s'agrippe à mon dos. Son étreinte est rassurante, douloureuse aussi. Nos fluides se mélangent le long de sa jambe nue et quand il frissonne de froid, je l'aide à se rhabiller.

Alors sans dire un mot, on prend la direction de la maison et sa main froide se glisse dans la mienne. Il n'y a plus d'amusement qui tienne, on dirait. Le chemin parait long car je sens le froid gagner son combat sur l'énergie de mon compagnon et j'ai beau me déshabiller couche après couche pour l'en protéger, le froid a raison de mes efforts aussi.

Il y a une chambre dans la maison qui a une grande baignoire, c'est celle de mes parents et avec Gaël, on monte les escaliers. Je le déshabille et le porte presque dans le bain, avec douceur. Il se laisse faire et je le rince d'abord avec de l'eau chaude, frottant doucement son corps, surtout ses parties intimes, et je souris un peu en le voyant trembler et serrer les dents. Puis je laisse l'eau couler, l'entourer.

-Je reviens.

Murmuré-je doucement avant de descendre dans la cuisine, attraper une grande bouteille d'eau pétillante fraiche.

Quand je reviens, il a versé un peu de savon dans l'eau et la mousse blanche l'entoure. Je pose la bouteille près de lui, me met nu et me glisse derrière lui, dans son dos, le laissant s'appuyer sur moi. La baignoire de mes parents est vraiment immense et profonde, on a de l'eau jusqu'aux épaules quand il se décide à fermer le robinet. Je laisse ma tête aller en arrière et ferme les yeux, alors qu'il ouvre la bouteille pour boire.

Je ne bouge pas et je crois que c'est ce qui le détend petit à petit. Il joue avec la mousse, pensif, puis me jette un coup d'œil et se cale contre moi, confortablement. Il a recroquevillé ses jambes pour rentrer dans la largeur de la baignoire et sa joue repose dans le creux de mon épaule. Je me demande s'il écoute mon cœur battre alors que je dessoule. Le bain du dégrisement.

Il se fige soudain et j'entrouvre un œil.

-Tu as fermé à clé ?

Je souris doucement et l'entoure de mes bras, soupirant doucement :

-Oui, ne t'en fais pas.

Et le silence nous entoure de nouveau.

Je me décide à le briser pour parler de ce qui me tourmente de plus en plus souvent.

-Ta maladie… ?

Gaël n'ouvre pas les yeux mais son visage devient sombre, souffrant, pendant un minuscule instant, et coupable… ?

-Il n'y a rien à dire. Ce n'est pas facile mais je vais bien.

-C'est quoi en fait ? Qu'est-ce que ça te fait ?

L'orage se montre à moi entre ses paupières soudain ouvertes et j'en reste muet.

-On peut ne pas en parler ?

Et quand je fais signe que j'ai compris, il se cale de nouveau, comme si rien ne s'est passé. Quand l'eau devient froide, je bouge et le force à sortir, l'enroulant dans une grande serviette. Je sèche doucement ses cheveux clairs, m'attirant un sourire doux et amusé. Puis sans rien demander, il prend la direction de ma chambre et s'allonge dans mon lit, sous la lourde couverture.

Quand je le rejoins, fermant correctement les rideaux pour nous plonger dans le noir, il se soulève un peu et malgré la pénombre je peux voir sa silhouette.

-Tu n'es plus bourré ?

Comme je ne le vois pas bien, je veux le sentir alors je m'approche pour poser ma tête sur son torse, glissant un bras autour de lui et les doigts de Gaël viennent s'emmêler à mes cheveux humides.

-Je pense que je suis encore bien soul mais on peut parler.

Gaël hésite, je le sens à sa respiration et je suis sur le point de m'endormir quand il me dit :

-Je ne veux pas qu'on soit ensemble parce que…

C'est trop tard, je sens le sommeil lourd s'abattre sur moi. Il appelle mon prénom mais je ne réponds pas. J'arrive juste à grommeler :

-C'est pas grave, je comprends.

Et il soupire puis rit et ça fait trembler sa poitrine et par extension ma tête. Il reste comme ça un long moment, ses doigts caressant mes cheveux me gardent dans un demi-sommeil et quand enfin il bouge pour se mettre mieux, ma tête se retrouvant près de la sienne, sur son oreiller, je n'ai plus conscience de rien.

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C'est des doigts entre mes fesses qui me réveillent brutalement et je tourne la tête pour observer Gaël, assis près de moi, en train de sourire d'un air dangereux. La drôle de sensation me fait frissonner et je regarde l'heure : 7h du matin. Mais pourquoi diable il me fait ça dès le matin ? Ma langue est pâteuse à cause de la veille. Un deuxième doigt entre et un petit tremblement de surprise me parcourt.

Bon aller, fini de jouer.

-Je peux savoir ce que tu fais ?

Il a l'air satisfait alors il se glisse derrière moi et me soulève un peu les hanches.

-Tu m'as fait mal hier, j'ai mal dès que je bouge et dès que je m'assoie.

Je n'ai pas le temps de me sentir coupable, d'un coup de rein il s'enfonce en moi et la douleur se mêle au bizarre… Et au plaisir, désir qui fait se durcir encore mon sexe. Lui tremble et s'affale sur mon dos – je le porte complètement.

-Alors tu te venges ?

Demandé-je en riant, une fois que ma conscience se rassemble.

-Exactement.

Admet-il avec un petit mouvement de hanches qui me fait voir des étoiles.

Je suis étonné de sentir le plaisir monter et il est encouragé par ma main sur mon membre tendu, son souffle raisonne à mon oreille alors qu'il continue. Il gémit, crie même parfois et finit par retirer une de ses mains de mes hanches pour pouvoir se bâillonner, bien conscient qu'il ne faut surtout pas qu'on nous entende.

Gaël m'emmène à l'extase en me pénétrant et quand enfin il retombe à mes côtés, on a taché les draps. On reprend notre souffle, l'un à côté de l'autre, face contre un coussin et je réunis mes mains sous l'oreiller. Je vois son regard sur les muscles de mes bras et il cligne des yeux plusieurs fois. C'est mignon.

-Je préfère quand c'est moi au-dessus, quand même.

Dis-je l'air de rien, avec un sourire amusé et malicieux.

Doucement, je vois Gaël rougir et, pour une fois, c'est lui qui fuit mon regard.

-Moi aussi…

Murmure-t-il, la voix tremblante.

Alors je soulève ma tête et embrasse ses lèvres.

Je ne sais pas où on en est tous les deux, je ne sais pas s'il me prend encore pour une aventure de vacances mais je ne vais pas abandonner. Il me reste du temps pour le faire changer d'avis, la jalousie n'est que la première étape d'un long chemin et je compte bien aller au bout.