[CHAPITRE 01] - PAR DESSUS TOUT !

Musique : Winter Sound - Of Monsters And Men

NDA :

+ Je sais qu'en anglais on ne vouvoie pas, mais j'ai décidé de tout de même faire comme si.

+ Je répondrais aux reviews à la fin du chapitre suivant ! Donc si vous avez des questions, n'hésitez pas !

+ Il y a eu des changements donc n'hésitez pas à relire, surtout pour les prénoms des personnages !

+ Certains signes de ponctuation disparaissent avec FictionPress, n'hésitez pas à me prévenir s'il en manque !

+ Bonne lecture, les anges !

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CHAPITRE 01 : Noah, ce pervers


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[SAMEDI] - [Aéroport de Paris Charles de Gaulle, PARIS]


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L'inspecteur Jonathan Diane en avait assez d'être dans l'avion : Pour une mission, il avait dû se rendre en France, sans même avoir le temps de remettre du décalage horaire, pour repartir aussitôt, appelé par son équipe à propos d'une sombre affaire de meurtre qui était devenue une histoire de tueur en série durant son absence. Il n'avait qu'une hâte, rejoindre son chez-soi et plus précisément, son lit, mais le chemin était encore long d'ici là : dix heures d'avion entre Paris et Los Angeles, avant de prendre une correspondance pour rejoindre sa ville bien aimée, Salt Lake City.

Le temps s'écoulait si lentement.

Alors qu'il était assis côté couloir, les deux places entre le hublot et lui étaient prises par un homme et son fils, pouvait le deviner Jonathan d'après leur ressemblance. L'enfant avait négocié le hublot avec la précision d'un avocat du barreau mettant le jury face aux faits, faisant preuve d'une intelligence que l'on ne prêtait pas aux enfants de son âge. Cette scène semblait habituelle pour le père qui n'en prenait pas ombrage, souriant avec cette fierté paternelle tout en rendant les armes. Jonathan avait été contraint d'attendre qu'ils se décident, debout dans le couloir, entre le rire et les larmes, juste pressé de partir mais pas assez pour ne pas savoir apprécier cette démonstration de complicité.

— De toute façon, sur mon billet, y a écrit 25A et A, c'est la place près du hublot, finit le petit avec une expression qui, Jonathan l'apprendrait plus tard, appartenait à son père.

Aussitôt assis, le petit vint coller son nez au hublot pour observer le travail des gens sur le parking, habillés dans leurs gilets phosphorescents oranges ou jaunes.

Le père regardait par-dessus son épaule et, lorsque l'enfant s'en rendit compte, il prit une expression sévère :

— Papa, tu vas encore avoir peur... Regarde un film, plutôt.

Le père s'exécuta docilement, avant de se rendre compte que la scène avait un témoin : Jonathan ne ratait pas une miette de la conversation qui était à peine chuchotée et pouvait surprendre. Ce n'était pas tous les jours qu'on voyait un père se faire paterner par son fils.

— Je m'appelle Noah, fit le père d'une voix chaude, tout à fait en accord avec le regard appréciateur qu'il avait posé sur l'inspecteur. Et c'est mon fils, Judd.

Regard qui descendit d'ailleurs jusqu'aux cuisses du brun sans aucune gêne, si ce n'était la gêne de la personne observée.

— Jonathan, répondit cette dernière simplement avant de se détourner, n'ayant guère envie de discuter avec qui que ce soit.

Noah fit de même, se concentrant sur le film qu'il avait choisi, au hasard dirait-on. Jonathan savait déjà comment s'appelait Noah, après avoir largement eu l'opportunité de regarder ses billets. Déformation professionnelle, comprenez...

En revanche, ce qu'il ne savait pas, c'était que son voisin était sujet à une appréhension incontrôlable du moment où, fatalement, l'avion se retrouverait dans le ciel. Si ça n'avait été pour son fils, le seul être qu'il aimait assez pour se sacrifier, jamais il ne serait monté dans un appareil pareil.

La voix de l'hôtesse qui annonçait le départ imminent et les consignes qui allaient avec le fit trembler et il chercha dans l'image figée devant lui un quelconque réconfort. Ce fut Judd qui mit le téléphone de son père en mode avion, avec un soupir de compassion mêlée de lassitude, voyant qu'il ne comptait pas le faire lui-même. Les enfants n'avaient peur de rien, c'était bien connu.

Sauf Noah. Même enfant, il avait toujours eu peur de tout. Heureusement que Judd n'était pas influençable pour un sou et ne se laissait pas envahir par la crainte de son paternel, car toutes les choses au monde renfermaient un côté effrayant qui n'échappait jamais à Noah. Ce qu'il lui manquait, d'après son ex-femme, c'était suffisamment de fierté pour combattre ses peurs.

Une discussion avec l'homme plutôt mignon à côté de lui aurait pu le détourner du fait qu'ils seraient bientôt tous dans le même bateau (avion, ici) à des milliers de mètres au-dessus du sol, sans aucun contact avec l'extérieur, mais ça n'avait pas l'air de brancher plus que ça son voisin.

L'avion commença à bouger, la lumière s'abaissait dans la cabine et Noah la remercia de cacher efficacement son état de stress grandissant. Il s'enfonça dans son fauteuil, l'estomac noué, et fixa l'écran sans le voir. Autour, les gens parlaient ou se plongeaient dans leurs activités, comme Jonathan qui lisait le magazine de bord, inconscient du mal-être de l'autre. Peut-être que Noah devrait fermer les yeux ?

Une fois en l'air, Judd jeta un coup d'oeil à son père avant de fermer hublot, jugeant que ce n'était pas utile d'empirer son état pour le moment : l'adulte n'en menait pas large. Mais ce n'était pas à Judd de s'en occuper, il laissait son père gérer ses phobies depuis que sa mère était partie. Tant que ce n'était pas trop grave.

Il se concentra donc sur le dessin-animé qu'il venait de lancer.

Noah se massa le front en fermant les yeux, essayant de tromper son cerveau pour lui faire croire qu'ils étaient dans son salon, au sud de Salt Lake City, lui et son fils, à l'abri. Trouver le sommeil. Dix heures, c'était le temps d'une grosse nuit de sommeil, et bien plus qu'il n'avait habituellement. Sauf qu'il n'était vraiment pas l'heure de dormir et il aurait fallu qu'il ait beaucoup de sommeil en retard pour pouvoir venir à bout de l'inconfort des sièges qui les maintenaient à la verticale.

Silencieux, il regarda le film, ne laissant rien exprimer d'autre qu'un froncement de sourcils sceptique devant l'énergie que dépensaient les personnages pour se mettre dans des situations plus incongrues les unes que les autres et de bien des façons effrayantes.

Ce ne fut qu'à la fin qu'il s'aperçut que Judd dormait. Il mit son dessin-animé sur pause et lui retira doucement ses écouteurs qu'il rangea, le petit à peine perturbé. Avec un soupir, Noah s'autorisa un regard vers son autre voisin, bien moins familier.

Jonathan avait les yeux innocemment clos, endormi, droit sur son siège qu'il avait à peine abaissé. Il était inconscient du danger qu'il encourait à laisser ses cils doucement caresser sa joue. Pourtant, aussi magnifique soit-il endormi, Noah désirait voir la couleur de ces prunelles qu'il n'avait que peu vues. Il voulait s'en repaître, s'y noyer et oublier, oublier les dix milles neuf cents quatre-vingt quinze mètres qui les séparaient de la mer et oublier que dans ce monde il y avait autant de façon de mourir que d'êtres humaines.

Il pensait satisfaire sa curiosité maladive en effleurant le doux rideau au bord des paupières mais la pulpe de ses doigts réclama plus, s'insurgeant de la douceur de la peau qu'elle vint caresser, traçant une larme sur la joue du bel endormi. Ses doigts précis sentirent le léger relief sur sa mâchoire, trace d'une cicatrice invisible à l'œil nu.

L'avidité dans le regard de Noah aurait effrayé quiconque dans la situation de l'inspecteur mais il n'y avait pour le moment aucun témoin, sinon la raison de Noah qui le réprimandait pour son attitude déplacée.

La panique refluait, la thérapie était plutôt efficace, songeait-il alors qu'il se gorgeait de la vision des lèvres offertes. La sérénité n'avait pas de prix.

En sentant la texture des lèvres de l'homme sous ses doigts, sa langue se décida à lui faire prendre conscience de la sécheresse des siennes.

— Que faites-vous ? demanda sa victime, mitigée, le faisant un peu sursauter.

Jonathan lui laissait le bénéfice du doute avant de lui coller une droite, mais Noah ne saisit pas cette chance et laissa toute sa lubricité transparaître sur son visage et il facilita la communication de celle-ci en plantant son regard dans l'autre.

Alors que le bleu de Noah était profond et marin, celui de Jonathan était comme la glace, pratiquement délavé dans la lumière irréelle des écrans, si clair que la limite entre les prunelles et le blanc des globes était flou. Un spectacle fascinant.

Noah caressa la joue de Jonathan, n'en revenant pas de sa chance, et un rire le secoua, à mi-voix, juste pour la créature décontenancée près de lui.

— Laissez-moi vous toucher, Jonathan, vous ne le regretterez pas...

L'inspecteur était en eaux troubles et on ne pouvait lui en vouloir : Un Noah cherchant à se distraire était un monstre à qui la bienséance n'avait pas été inculquée et qui était terrain aride pour toute pousse de bon sens.

Le brun entama un repli stratégique, reculant sa tête pour ne plus être en contact avec les doigts froids qui ne l'aidaient pas à réfléchir. Il savait pourtant qu'il ne fallait pas fuir devant les prédateurs, ça ne faisait que les exciter plus, et le regard affamé descendit le long de sa gorge, puis passa lentement le col en V de son pull noir. Il avait l'impression de sentir ce regard comme s'il était fait de chair et de sang et l'expression "toucher avec les yeux" prenait alors un sens nouveau.

Son esprit reconstruisait les fondations, essayait de le calmer avec des analyses à deux balles vues à l'école de police. Dans un premier temps, la liste des informations basiques et sûres, observables, les moins dangereuses pour la santé de l'inspecteur. Cet homme s'appelait Noah Guilbaud et était de nationalité américaine d'après son passeport. Il avait un fils, du nom de Judd, mais pas d'alliance. Ils allaient jusqu'à Salt Lake City après un séjour en France, disaient leurs billets. La façon dont il s'habillait ne donnait que peu d'informations sur sa classe sociale : moyenne ou élevée ? Difficile à dire.

Ensuite, ça se corsait : Noah était homosexuel ou bisexuel et il trouvait Jonathan à son goût. La façon dont il le regardait ne laissait pas place au doute. Mais ça n'avait pas l'air sérieux, Noah semblait le voir comme un amusement supplémentaire et non pas comme une personne. Encore moins le futur beau-père de Judd.

Puis venait inévitablement la salve de questions : Noah était-il célibataire ? Avait-il un souci psychologique ? Jonathan était-il véritablement victime de harcèlement sexuel ou était-ce une technique de drague un peu naze ? Il avait vu le harcèlement sous toutes ses formes durant ses quelques années de service et l'absence de culpabilité dans le regard du plus âgé le perdait. Cela le désignait comme un sociopathe, mais n'était-il vraiment que cela ?

La main qui vint agripper ses cheveux était ferme et l'empêcha de reculer quand l'inconscient profita de sa réflexion pour diminuer la distance entre leurs lèvres et les laisser se rencontrer, sans un brin d'hésitation. C'était l'hésitation de Jonathan qui avait été trop longue.

Les lèvres assoiffées ne demandaient pas la permission mais le baiser resta chaste, la langue venant caresser la lèvre que les dents avaient rencontrée un peu trop durement, sans essayer de forcer un passage, sans même vouloir plus, comme si c'était déjà bien assez. Jonathan était d'accord : c'était largement assez.

Les lèvres se détachèrent, ça n'avait duré que quelques secondes, et Noah resta là, à quelques centimètres de son visage, son souffle s'écrasant contre celui, incroyablement calme, de Jonathan. Leurs regards étaient l'un dans l'autre, ils étaient si proches que la seule solution pour qu'il en soit autrement était de fermer les yeux et l'inspecteur savait que ce serait précipiter son destin vers des contrées qu'il ne souhaitait vraiment pas explorer plus.

Il ne comprenait pas sa propre impuissance, ses mains étaient si crispées qu'il en oubliait leur existence et il se laissait abuser passivement par cet énergumène. Jonathan se savait plus fort, parce qu'il avait pratiqué plusieurs sports de combat, qu'il savait parfaitement où appuyer pour immobiliser quelqu'un, mais tout ceci était une raison supplémentaire de garder son calme. Le combat ne vaudrait pas la peine, malgré la taille importante de son adversaire, il n'avait pas l'air vraiment violent, juste... Inconscient, inconstant... Tant de mots pour définir un seul homme.

Pourtant il ne pouvait juste pas échapper à ce regard ou cette main sur sa nuque.

Enfin, il parvint à faire bouger sa main pour la poser sur la bouche aventureuse et le repousser.

— C'est du harcèlement sexuel, vous savez ce que vous risquez ? lança-t-il calmement en essayant de ne pas avoir l'air trop sec ou furieux.

Ça ferait trop plaisir à son agresseur.

Il prenait tout de même soin de ne pas déranger les autres passagers, chuchotant, et surtout il ne voulait pas que quelqu'un le surprenne dans cette situation. Surtout avec un homme.

La main qui le tenait le relâcha, non sans avoir caressé ce qu'elle pouvait et ce simple contact le brûla et lui retourna l'estomac en même temps. Pourquoi ne réglait-il pas son compte à cet imbécile ? Il eut un élan de colère qui dût briller dans son regard car Noah sourit et utilisa sa langue mouillée pour faire lâcher sa prise au brun.

— Nous sommes deux adultes consentants, ne faites pas cette tête, dit-il lorsqu'il fut libéré et s'amusait du dégoût de son voisin.

— Pardon ?! s'offusqua Jonathan, le regardant comme s'il s'agissait d'un extra-terrestre.

Noah rit en lui faisant signe de faire moins de bruit, ce qui scandalisa un peu plus l'inspecteur. Un inspecteur qui commençait à se dire qu'il pouvait rendre sa plaque.

— Il n'y avait rien de consentant chez moi, nous ne nous connaissons pas... Je...

Le regard de Noah fut momentanément... désolé, ce qui coupa net Jonathan, pas certain de ce qu'il venait de voir. La bouche de Noah sortait tout de même des sottises, bien que son regard s'excuse :

— Vous ne pouvez pas dire que vous n'avez pas aimé, fit-il avec satisfaction.

Jonathan n'eut pas le temps de le frapper et c'était bien dommage parce que cette fois, il y était prêt :

— Papa ? marmotta une voix de l'autre côté et les deux se figèrent pour regarder l'enfant.

Noah souriait avec tendresse et il posa un main dans les cheveux châtains comme les siens pour le rassurer.

— Tout va bien, Juddy, je suis là.

Jonathan, qui lui fixait Noah, se demandait si ce dernier savait qu'il devait sa vie à son fils. Probablement pas.

Le petit n'ouvrit qu'à peine les yeux, soulevant l'accoudoir pour se ménager une place sur les genoux de son père, fermant les yeux pour se rendormir aussitôt, et les adultes se demandèrent s'il s'était vraiment réveillé.

Noah soupira en souriant, attendri, avant de découvrir sur le visage de Jonathan la même expression que lui. Son fils avait un don et cet homme était plus profond qu'il en avait l'air, il n'était pas juste beau et un pic de culpabilité se fit sentir.

— Ecoutez, monsieur..., commençait Jonathan, aussitôt arrêté par un Noah doux et sympathique à présent.

— Appelez-moi Noah, je vous en prie. Nous nous sommes embrassés, après tout.

« Vous êtes celui qui m'a embrassé, pauvre fou ! » s'écria l'inspecteur intérieurement, tout en se contenant de ne pas frapper cet homme une bonne fois pour toutes. Mais ce ne fut pas difficile de laisser l'homme se recroqueviller sur son fils et s'endormir, parce qu'il semblait différent : Noah paraissait plus calme et plus détaché, l'ambiance autour de lui avait changé et, malgré la lueur moqueuse dans son regard, il ne semblait plus y avoir de danger.

Jonathan voudrait tellement pouvoir dire qu'il n'avait pas aimé avec assurance.

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Jonathan dormit mais d'un sommeil léger, inquiet à l'idée de ne pas sentir une autre tentative de la part de son voisin, et il sentait chaque passage de l'équipage ou des passagers voulant rejoindre les toilettes.

Il s'éveilla en entendant une annonce différente des autres, la voix de l'hôtesse légèrement moins détendue qu'habituellement. Elle s'exprima d'abord en français, ce qui laissa le temps à Jonathan de se redresser et d'observer autour de lui pour s'apercevoir que Noah était réveillé, fixant pensivement l'écran arrêté devant lui tout en semblant écouter. Il comprenait le français ? Jonathan ne l'avait même pas senti bouger.

Noah sortit son boitier à lunettes qu'il ouvrit et referma trois fois avant d'en sortir l'objet pour le mettre sur son nez, avec un petit soupir. Il tourna la tête vers l'inspecteur, lui souriant :

— Je vais devoir sortir, excusez-moi.

L'hôtesse reprenait en anglais alors que Noah s'extirpait de son siège, substituant un coussin à sa cuisse.

Mesdames et messieurs, veuillez nous excuser pour le dérangement. S'il y a un médecin parmi les passagers, il est invité à se présenter à l'arrière de l'appareil pour une urgence. Merci. Les autres passagers sont priés de rester assis tant que le voyant lumineux est allumé.

Jonathan regarda Noah s'étirer avant de jouer nerveusement avec ses lunettes, debout au milieu du couloir à regarder vers le fond de l'avion nerveusement.

— Noah ? appela-t-il doucement, attendant qu'il s'en aille pour se rasseoir.

Celui qui visiblement était médecin parut se réveiller et il hocha la tête avant de se diriger, décidé, vers le fond. Jonathan ne put que le suivre du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse, stupéfait. Si on le lui avait dit, il ne l'aurait pas cru : jamais il n'irait chez ce médecin pour se faire soigner, c'était certain !

Judd se réveilla avant le retour de son père, avisant son absence d'un coup d'œil, et Jonathan ne sut s'il devait dire quelque chose.

— Où est papa ? demanda Judd, avant que Jonathan n'ait pris une décision à son sujet.

L'adulte lui sourit donc en essayant d'avoir l'air rassurant. C'était difficile, il n'avait vraiment pas l'habitude de ça.

— Ils avaient besoin d'un médecin alors il y a été...

Judd se détendit et sourit même, ce qui permit à Jonathan de vérifier que oui, Noah était bien médecin.

— Ça l'occupera, expliqua le jeune garçon en surprenant le regard interrogateur de l'autre. Mon père est...

Il parut hésiter quant au terme à utiliser.

— Il a une phobie des avions, il est terrifié et cherche tous les moyens possibles de ne pas... criser.

Jonathan était surpris, il n 'avait pas vu la moindre peur chez Noah, sinon peut-être avant de se rendre là où on avait besoin de lui, quelques instants auparavant.

— « Criser ? » répéta-t-il lentement, curieux.

— Ça dépend des fois mais la plupart du temps, il se met en boule et pleure en répétant que « ça ne va pas ».

Judd fixa Jonathan avec intérêt, tout à coup, comme s'il savait ce qu'il y avait eu entre son père et lui et Jonathan s'agaça de se sentir coupable et honteux. Il était la victime dans l'histoire !

Mal à l'aise, il détourna une seconde le regard.

— Tu veux aller voir ton père ?

Judd soupira en jouant avec son écran certainement pour lancer un nouveau film.

— Non, ça ira. Papa aime pas que je sois là quand il travaille.

C'était compréhensible et raisonnable.

Ils restèrent un long moment dans leurs pensées respectives, Judd devant son film et les lumières finirent par se rallumer progressivement.

Nous allons entamer notre descente vers l'aéroport de Los Angeles dans une quinzaine de minutes. Veuillez vérifier que vos ceintures sont bien attachées, que votre tablette et vos dossiers sont relevés. Les écrans doivent être dans leurs compartiments et vos bagages sous les sièges devant vous ou dans les coffres à bagages prévus à cet effet…

Judd jeta cette fois un regard anxieux vers le fond de l'appareil : Son père était terrifié par les phases de décollage et d'atterrissage. Jonhattan ne put que l'imiter et, avec la lumière revenue, il pouvait apercevoir le couloir dans son ensemble. Le médecin était là, appuyé contre la porte des toilettes pour ne pas couper la conversation qu'il avait avec une hôtesse alors qu'il se lavait les mains.

Elle riait et finit par lui tendre le pull crème qu'il avait enlevé, tout en le remerciant. Il sourit également, essuyant ses mains sur son T-shirt bleu, avant de prendre ce qu'elle lui tendait. Il avait l'air de quelqu'un de normal. Judd pouvait se rassurer.

Et dire que cet homme l'avait embrassé, songeait rapidement Jonhattan en se détournant pour se remettre bien dans son siège lorsque Noah regarda dans sa direction. Il grimaça, dégoûté. Il devait être plus fatigué qu'il ne le pensait.

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FIN DU CHAPITRE 01

Réécriture : 27/12/2019