Traduction française de ma fic Like mother, like daughter.

A Carpenter et son frère Max sont des descendants d'Alice Liddell. Une nuit, ils découvrent par hasard qu'A est capable d'ouvrir des portails magiques en direction de Wonderland. Leurs aventures ne font que commencer.

Si j'avais pu choisir plusieurs genre : Aventure, Fantasy, Famille, Amitié, Romance, Drama

Je ne promets par un super happy ending, mais je peux garantir que les deux personnages principaux restent en vie jusqu'à la fin.

Aussi, je ne poste pas régulièrement.

Et dernier point, mais sans doute le plus important. Mon personnage principal est une jeune femme transgenre de couleur. D'autres personnages LGBT+ et/ou de couleur apparaitront dans l'histoire. Cependant, je suis cis et blanche et je peux faire des erreurs. Le racisme et la transphobie, même quand ce n'est pas intentionnel, n'en restant pas moins du racisme et de la transphobie, signalez-le moi si quoi que ce soit y ressemble dans cette fic pour que je puisse le corriger au plus vite.

Je tiens aussi à rappeler que l'auteur est à séparer des personnages.

Bienvenue au Pays des Merveilles.


I - Qu'y a-t-il dans un nom ?

La magie était l'apanage de la famille de A. La première à avoir manifesté des capacités surnaturelles parmi eux était Alice Pleasance Liddell. L'Alice de Charles Dodgson, ou devrait-on dire de Lewis Carroll ? L'Alice du Pays des Merveilles. Celle qui déclencha tout.

Après elle vint sa fille aîné, qui portait le nom de sa sœur Edith. Alice avait tendrement aimé sa grande sœur. Edith, la fille d'Alice, était une femme aux manières charmantes et une artiste douée. Ses esquisses étaient toujours exposées quelque part dans un petit musée. Elles représentaient des personnes étranges affublés de masques dans des environnement aux couleurs vives. A en avait vu certaines. Sa préférée était celle d'une femme couronnée vêtue d'une robe rouge cramoisi, un château tordu derrière elle. Son masque était blanc avec deux cœurs rouge sang de chaque côté.

Ensuite venait Lucy, l'unique petite fille d'Alice. Lucy était renommée dans la famille pour être une femme fragile. On disait que son esprit s'était rompu quand elle était encore enfant. Cependant, elle se maria, et fit même un beau mariage. Le Général James Humpfrey voyait en elle "une lumière qu'il n'y avait pas chez les autres" d'après son journal. Quand il deviendrait évident qu'elle ne lui donnerait pas d'héritier mâle, elle fut internée malgré l'amour inaltérable que son mari professait pour elle. Elle mourut quelques mois après son arrivée à l'Asile St George.

A et son frère se disputaient toujours à ce sujet. Max pensait qu'elle s'était suicidée, A était certaine qu'elle était décédée suite à des mauvais traitements.

Son seul enfant, Maggie, succéda à Lucy. Maggie était une femme énergique, mère de cinq enfants, et une partenaire d'affaires efficace pour son mari. Elle portait des pantalons avant que ce ne soit la mode pour les femmes, et avait souvent été décrite comme "une sacrée femme". Elle était aussi très fière d'être l'arrière-petite-fille d'Alice Hargreaves.

Katie était sa seule fille. L'enfant avait un cœur tendre mais un tempérament obstiné. Elle épousa Mike Jacobs malgré la désapprobation de ses parents. Ils ne lui avaient jamais pardonné de "souiller son sang" en donnant naissance à une lignée métisse. Notons juste que Katie avait coupé les ponts avec ses parents après la naissance de Mercy.

Mercy Carpenter (Jones de son nom de jeune fille) était la mère de A. Elle était fille unique.

La magie familiale, la malédiction d'Alice comme Katie Jacobs l'appelait, se transmettait de mère en fille aînée.

Mercy avait été la dernière fille du Pays des Merveilles. Ou du moins l'avait-elle pensé, sur son lit de mort. Lorsqu'elle avait accouché en 2001, on avait noté que le bébé était de sexe masculin. On avait tort. Ce genre de choses arrivait plus souvent qu'on ne le pense. A n'était pas un garçon. Elle faisait partie de l'héritage du Pays des Merveilles.

Mercy n'avait pas eu l'occasion de le savoir. Elle était morte quelques jours après la naissance du bébé. Mais ça allait. Max et A avaient Papa. Papa, qui répondait au nom de Jason Carpenter, était un homme bon et avait réponse à tout.

Un jour, alors qu'A et Max étaient plus jeunes, A était venu lui parler dans la cuisine.

"Papa, tu crois que je suis un garçon ?" avait-elle demandé, sérieuse comme un pape.

Jason Carpenter avait pris une gorgée de son thé et poser sa tasse sur la table. Il avait enregistré les dernières phrases qu'il avait tapées et fermé son ordinateur portable. Il faisait ça pour les conversations importantes. A avait déglutit. Mr Carpenter avait repoussé ses cheveux hors de ses yeux pour la réconforter.

"Y a-t-il des enfants qui se moquent de toi à l'école ? Avoir des cheveux longs n'empêche pas d'être un garçon, mon cœur. Veux-tu que je leur parle ?" avait-il demandé avec douceur.

Il parlerait à ceux qui étaient responsables des gamins également. L'enfant avait secoué la tête en signe de dénégation.

"C'est pas ça, Papa. C'est moi. Je crois que je ne suis pas un garçon. Je sais pas pourquoi ou comment. Mais je sais que je suis plutôt une fille." A avait dit, la peur présente dans sa voix tremblotante.

Mr Carpenter avait serré son enfant dans ses bras.

"Tout va bien, mon ange. Tu as déjà entendu parler de Marsha Johnson ?"

Ce n'était pas tant que Jason Carpenter avait su ou qu'il n'était pas surpris. Bien sûr qu'il avait peur. Pas de sa fille, non. Pour elle. Ses enfants étaient la perfection même. Le reste du monde, pas tellement. Prendre soin d'enfants était source d'inquiétude. Savoir ce à quoi ils pourraient faire face dans leur vie future était terrifiant. Mais il ne dit rien qui aurait pu chambouler la gamine. C'était juste un type génial.

Un peu plus tard, une autre discussion avait eu lieu.

"Je ne veux plus m'appeler A_"

Mr Carpenter avait eu un pincement au cœur. Ce prénom avait été choisi par sa chère Mercy. Cependant, il préférait causer le désarroi de sa femme morte plutôt que celui de sa fille bien en vie.

Il sourit à la boule d'énergie le regardant de ses yeux écarquillés. Il savait que la gamine était impatiente de connaître son avis sur la décision qu'elle avait prise.

"Comment tu t'appelles, maintenant ?" demanda-t-il.

Il se demandait bien ce qu'elle avait pu inventer. Il n'était pas certain de pouvoir garder son sérieux si elle proposait Hermione. Il aurait mis sa main à couper que le nom était sur sa liste.

"Je pensais que tu m'aiderais à trouver."

Il y eut de la surprise dans les yeux du père. Il aurait dû s'en douter, ses deux enfants s'appuyer beaucoup sur lui, mais il aurait cru que choisir un nouveau prénom aurait été une quête personnelle pour A.

En conséquence, il choisit ses mots avec précaution.

"C'est un honneur. Mais ne préférerais-tu pas complétement choisir par toi-même ?"

Il voulait juste être certain qu'elle ne demandait pas son aide par devoir filial. Remarque, A faisait rarement les choses par devoir, si on y réfléchissait.

"Non. Mais si tu ne dis que des noms moches, je dirai non." avait-elle ajouté.

"Alors... Est-tu une Rebecca ? Une Jade ? Une Brooke ? Une Eliza ?" essaya-t-il.

Elle secoua la tête à chaque proposition. Jason Carpenter était un écrivain. Il cherchait des noms pour ses personnages régulièrement, mais il semblait qu'il était face à un public difficile.

"Je veux garder mes initiales." la gamine expliqua.

"Très bien. Anna ? Amanda ? Adrienne ? Audrey ?"

"Je ne sais pas trop. Il faut que je réfléchisse. Est-ce que je peux être juste A en attendant ?"

"Comme tu veux, ma fille."

Ainsi, elle fut juste A ces six dernières années. Cela lui allait. Et puis, elle avait découvert le legs de sa mère.

/

A s'était réveillée au milieu de la nuit. Son cœur battait à toute allure. Elle s'assit dans son lit quelques secondes, une main pressée contre sa poitrine jusqu'à ce que les battements de son cœur ralentissent. Comme elle ne dormait plus, elle décida de se rendre à la fenêtre et poussa les lourds rideau de côté. Elle adorait regarder les étoiles.

Cependant, quelque chose d'autre dans le jardin attira son attention quand elle atteignit la fenêtre. Elle cligna des yeux une fois et se sentit mal à l'aise. Elle avait vu quelque chose de blanc briller dans le noir. Quelque chose qui n'aurait pas dû être là.

Elle hésita. Là ! Elle l'avait vu à nouveau ! Elle ouvrit la porte de sa chambre. La maison était plongée dans le silence. Le portable d'A indiquait qu'il était près de trois heures du matin. Son père veillait peut-être pour travailler sur son nouveau roman mais elle n'en avait pas l'impression. Sa date limite était assez éloignée. Sinon, il aurait envoyé les enfants chez son frère pour pouvoir travailler ininterrompu.

A et Max adoraient l'Oncle Mikey. Il racontait des histoires incroyables sur son enfance et celle de leur père, savait comment tresser des paniers d'osier et jouait au bowling avec eux. Il aidait Max avec ses accords de guitare et essayait tout le temps de coiffer A joliment, sans grand succès, au grand amusement de ses neveux.

Ces tendres souvenirs firent sourire A. Un nouvel éclat blanc attira son regard. Argghh. Elle voulait savoir ce que c'était. Elle enfila un sweat par dessus son pyjama et descendit les escaliers le plus silencieusement possible, en utilisant la fonction lampe de poche de son portable. Les marches craquèrent sous ses pieds nus.

Elle traversa le salon et était sur le point d'ouvrir la porte menant au jardin quand elle vit de la lumière filtrer sous la porte de la cuisine. Quelqu'un avait dû oublier de l'éteindre. Elle voulait vérifier. Pas la peine de gâcher de l'électricité. Les factures n'étaient pas bon marché.

Elle ouvrit la porte doucement. Elle fut surprise de tomber sur Max. Il était supposé fêter son anniversaire en ville avec son petit-ami et rester chez le petit-ami en question pour la nuit.

A ferma la porte. Max n'avait toujours pas ouvert la bouche.

"Salut Maxwell." dit-elle, en posant une main sur son épaule.

"Ne t'avise pas de m'appeler par mon prénom complet. Pourquoi vous vous sentez tous obliger de m'appeler comme ça quand la discussion s'annonce désagréable ? Max suffit."

Elle pouvait voir qu'il avait pleuré.

"Que s'est-il passé avec Will ? Avait-il oublié ?" demanda-t-elle.

A ne voulait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas mais elle ne pouvait pas ignorer la douleur dans les yeux de son frère.

Il se mit à rire. C'était un son étouffé, le cri d'un animal blessé.

"Si seulement." dit-il, fixant le plafond, clignant des yeux pour éloigner les larmes.

Il avait réussi à l'inquiéter. Elle prit sa main dans la sienne. Il n'avait pas remarqué qu'il tremblait.

Sa peau était plus sombre que la sienne. Un peu comme celle de leur mère. Pas qu'il se souvienne beaucoup d'elle, mais il y avait des photos. Un tas. Leur père avait énormément aimé leur mère absente.

Maxwell savait que Jason Carpenter mettait des parts de sa femme dans ses personnages. La plupart du temps, c'était subtil. Le scientifique adorait les cadres photo, la grande sœur avait toujours du vernis doré dans son sac à main, le personnage principal triait ses livres par couleur. Parfois ça ne l'était pas. Une de ses héroïnes portait son nom de jeune fille, une autre était factrice, comme la mère de Max et A l'avait été.

"Max..." insista la sœur du jeune homme.

"On a rompu. Shit, c'est moi qui ai rompu." répondit-il sombrement.

Il fallait bien qu'il fasse quelque chose. Et pardonner ne lui avait pas paru être une option satisfaisante.

"Waouh."

C'était surprenant pour A. Max semblait attendre cette soirée avec impatience. Il avait été enthousiaste. C'était un idiot.

"Nous passions une bonne soirée et nous mangions notre dessert quand il a dit qu'il aimerait me confier quelque chose. Il m'a trompé pendant la majeure partie de l'année et il était navré, pouvions nous passer à autre chose ? Quel sans-gêne !" expliqua-t-il avec agitation.

"Quel connard."

A et Max s'étaient toujours soutenus l'un l'autre.

"Tellement ! J'efface tous ses messages et je vais me coucher." déclara Max en bâillant.

"Deux secondes ! J'ai vu quelque chose d'étrange dehors. Tu veux bien venir voir avec moi ?" demanda A.

Le plus âgé des deux haussa les épaules. Ils sortirent dans le jardin en silence. Une demi-lune éclairait le petit jardin.

Ils marchèrent côte à côte jusqu'à atteindre le jeune chêne. A était convaincue que ce qu'elle avait vu aurait dû se trouver là. Il n'y avait rien autour de l'arbre, seulement de la boue séchée et quelques touffes vertes. Max adressa un regard moqueur à sa sœur. L'imagination indomptable de A était une de ses qualités les plus visibles.

"J'aurais juré qu'il y avait quelque chose ici." affirma-t-elle, touchant la terre du bout des doigts.

Une lumière jaillit et format un cercle plein. A recula en criant. Un trou se creusa de lui-même dans le large cercle. Le vent malmena les cheveux de A. Tout à coup, une jeune femme à la peau très claire très agitée et portant un t-shirt rouge agrémenter d'un lapin blanc fluorescent apparut.

"Je suis en retard ! Je suis en retard !" couina-t-elle en sautillant.

Puis elle disparut à travers le trou.

"On fait quoi maintenant ?"

S'ils avaient manqué le mémo sur la capacité d'A à créer des portails vers des mondes inexplorés, les deux jeunes gens connaissaient leur ancêtre la plus célèbre et la réputation de sorcières des femmes de la famille.

Ils étaient tous deux effrayés mais aussi très excités. Ils ne prirent pas le temps de réfléchir consciencieusement. La soif d'aventure était présente dans leur sang.

"Eh bien, chère sœur, prête pour tomber dans le terrier du lapin ?"

A hocha la tête.

"Quand nous rentrerons, je dirai à Papa que j'ai trouvé mon nom."

"Ah bon ? Je pensais qu'on inscrirait A Carpenter sur ta tombe."

A prit la main de son frère dans la sienne, un sourire entendu sur les lèvres.

"J'ai l'impression qu'Alice ira aussi bien" déclara-t-elle comme ils se laissaient tomber.

Le rire de Max se réverbéra tout au long de leur chute.