Ce texte a été écrit dans le cadre de la centcinquième nuit du FoF, un forum français de fanfiction. Il fallait respecter le thème imposé de "vision" et une limite de temps d'une heure. J'ai été inspirée par une scène du film « The Artist ». Pour plus d'informations, vous pouvez m'envoyer un MP.


Elle marche dans la rue, le pas pressé, les pensées un peu perdues dans la monotonie de son trajet presque quotidien.

Son œil est pourtant attiré par une tache rouge, apparue un peu plus loin sur sa droite, dans une vitrine.

Sa vision s'ajuste et elle s'arrête un instant, surprise. Le présentoir de ce magasin de vêtements a été refait, en prévision de la prochaine saison, s'explique-t-elle. Le temps passe si vite.

La tache rouge est une très jolie robe, artistiquement drapée sur un mannequin décapité. Elle lui plaît. Elle se rapproche un peu pour mieux en apprécier les détails. Elle lui plaît même beaucoup. L'imprimé est joyeux et lumineux, la coupe est flatteuse, et le prix attractif. Elle se verrait bien la porter. D'ailleurs, en se haussant discrètement sur la pointe des pieds, elle peut voir son reflet sur la vitre devant elle se superposer sur l'image de la robe dans la vitrine.

Elle lève légèrement une main, ajuste une épaule, penche imperceptiblement la tête. Elle s'imagine très bien enfiler cette robe. Ce serait une tenue idéale pour une petite soirée dansante, à un prochain mariage ou une autre festivité. Dedans, elle serait sûre de ne pas manquer de cavaliers pour la faire tourner et virevolter, au risque de découvrir le haut de ses bas translucides. Il y aurait même de quoi rendre son ami un peu inquiet, un peu jaloux. De quoi lui rappeler qu'elle est attirante, séduisante, et un peu trop célibataire.

Cela pourrait être une très jolie tenue pour une très jolie soirée. Et elle sourit en contemplant sa rêverie dans les replis de la robe.

Mais quelqu'un la bouscule légèrement. Elle se retourne ; l'homme est passé sans s'excuser, et elle sent une légère bouffée de colère lui monter au visage. Elle a cependant perdu l'occasion de lui faire une remarque. Il faut d'ailleurs qu'elle se dépêche un peu, pour arriver à l'heure à son rendez-vous. Elle reprend son chemin, les pensées partagées entre l'impolitesse de celui qui l'a bousculée et la multitude des projets de son après-midi.