Ma tête… me fait mal. Le côté droit de mon corps est froid.

Je peine à ouvrir les yeux, la douleur de mon crâne s'intensifiant à chaque essai. Cependant, avec de la volonté, je parviens à arriver à mes fins.

Apparemment, je suis allongée, sur le pavé d'une ruelle plongée dans la pénombre de la nuit. A mes côtés, il semble y avoir une masse de taille humaine. Je m'y attarde pas et me lève avec difficulté. Plusieurs questions me viennent: Déjà, où suis-je? Pour le savoir, rien de plus simple, il me suffit de prendre mon téléphone, et de connaître ma position, et par la même occasion, de savoir quel jour nous sommes. Je sors alors le précieux objet de ma poche et constate avec effroi qu'il s'avère cassé. Aucun moyen de savoir quel jour nous sommes et où je suis. Cette conclusion m'amène à ma deuxième réflexion: Que m'est-il arrivé? Là, pareil, je ne sais pas ce qu'il se passe, mon corps est douloureux et collant de substances inconnues et indescriptibles. De plus, il fait trop sombre pour que je puisse voir et comprendre quoi que ce soit. Et donc 3eme question: Où est papa? J'avoue que c'est égoïste de me poser cette question seulement maintenant mais son absence se fait ressentir tout à coup.

-Papa?

Pour seule réponse, je n'obtenu que le son de ma voix.

Je me décidais alors à aller le chercher.

A la sortie de la ruelle, je débouchais sur une rue un peu plus large.

A gauche ou à droite? Mon intuition me dit d'aller à droite. Le brouillard empêche les rares réverbères d'éclairer la rue, ils semblent juste être des lucioles perdues dans la nuit.

Au détour d'une rue, je passe devant une vitrine. Je peux voir des tâches sombres sur mon visage et sur mes cheveux roux. Je ne sais pas ce que c'est mais l'odeur est particulièrement atroce.

Après ce qui me semble une heure à marcher dans cette ville dédale, je tombai sur un journal semblant dater de la veille : Lundi 6 novembre 2017. Cela faisait une décade que papa et moi avions déménagé. J'ai beau marcher, je ne trouve pas de sortie, pas mon père et le soleil ne semble pas vouloir se lever. D'ailleurs, fait étrange, la ville est totalement déserte. Pas de voitures isolées, pas de lumières venant des maisons d'insomniaques et pas un seul animal courant dans les rues.

Je suis fatiguée. Mes paupières sont lourdes. Je me sens tomber.

Ma tête… Me fait mal. Le côté droit de mon corps est froid. Je me force à ouvrir les yeux. Je suis à mon point de départ et il fait toujours aussi sombre. J'ai aussi mal qu'hier, je m'avance vers la masse que j'avais vu la veille.

Cette masse, c'était mon père.