Bonjour à tous !

Avant de vous laisser découvrir cette histoire, je voudrais vous informer de deux ou trois choses.

Bien que cette histoire soit originale, elle est librement inspirée d'une fanfiction que j'ai lu il y a des années. Pour mon plus grand malheur, je ne l'ai jamais retrouvée. L'histoire en question mettait en scène le professeur McGonagall qui enquêtait à Poudlard sur une série d'agressions au temps des Maraudeurs. Si ça vous évoque quelque chose, envoyez-moi un MP svp.

Edit du 14/05/19 : Cette fic a été retrouvée ! Grâce à un forum. Bref c'est "Suspects" par Alohomora. Allez la découvrir elle est extraordinaire! Le lien direct se trouvent sur mon profil.

Mon histoire est structurée à peu près de la même manière mais n'a pratiquement plus rien à voir avec l'autre. Il s'agit donc d'un hommage ou d'une libre adaptation, que je me refuse à monétiser. Je vous le précise d'abord parce que je suis plus honnête que la majorité de mes personnages (facile !) et ensuite parce que j'espère que quelqu'un reconnaitra les similitudes et me permettra de redécouvrir cette fantastique fanfiction.

Ne vous y trompez pas, si les intrigues comportent des points communs, il n'y a aucune ligne de texte qui s'en rapproche. Les lieux, l'atmosphère, les personnages et leurs caractères sont pleinement les originaux et je n'exclue pas de les réutiliser à l'avenir.

Sans plus attendre. Bonne lecture !


Franck Abernati sortit en douceur du taxi qui l'avait conduit dans ce petit village alpin. Son regard fut aussitôt capté par la bâtisse de pierres blanches qui surplombait les habitations. C'était très étrange de retrouver l'école où il avait passé une partie de sa scolarité. Il sourit au chauffeur, le paya en le remerciant et récupéra ses affaires.

Abernati avait décidé de terminer le chemin à pied, le temps de réfléchir une énième fois à la proposition de la directrice de l'académie. La demande paraissait innocente, mais connaissant la femme, il y avait tout de même un risque. Il passa une main dans ses cheveux, parcourut la place du regard en hésitant. Finalement, il empoigna sa petite valise et son attaché-case et se dirigea vers le café-restaurant du village. Abernati était en avance mais savait qu'il valait mieux arriver en retard à ce genre de convocation. Plus la directrice serait exaspérée, plus elle parlerait.

Il était pratiquement dix heures, c'est-à-dire encore temps pour un capuccino. Même en France, Abernati avait le respect et le bon goût des traditions italiennes. Il arriva au comptoir, commanda et ressortit pour s'installer sur la terrasse. La matinée était claire, la brise printanière agréable. Il fallait en profiter avant d'arriver à l'académie de Rochefer. Là-bas, l'atmosphère serait nettement moins respirable.

Ce fut l'aubergiste en personne qui lui apporta le breuvage. Elle observa Abernati. Celui-ci devait avoir entre vingt-cinq et trente ans, vêtu d'une chemise sobre mais élégante, il semblait intelligent et certainement charismatique. Il dégagea une aura particulière qui donnait envie d'en apprendre davantage. Elle tenta d'engager la conversation avec lui. Un journaliste avait-elle supposé. Il se contenta de sourire sans répondre, perdu dans ses pensées. L'aubergiste n'insista pas.

Un journaliste ? pensa Abernati. Elle en avait sans doute vu défiler un bon nombre ces derniers jours. Ce n'était pas tous les jours que l'académie de Rochefer, élitiste et discrète connaissait un scandale. Alors le second en moins d'une année. Les journalistes avaient dû débarquer par dizaines à la recherche de la moindre information croustillante. Ils avaient dû interroger les habitants du village. Connaissant la discrétion de l'académie, la pêche aux informations n'avait pas dû être très fructueuse.

Si les souvenirs d'Abernati étaient exacts, la dernière fois, une jeune fille avait été harcelée jusqu'à faire une tentative de suicide. Les médias avait inventé des titres plus racoleurs les uns que les autres. Impossible de démêler le vrai du faux à travers le prisme de la presse à scandale. Pour être franc, Abernati n'y avait pas prêté attention. Bien qu'il s'agissait de son ancienne école, il n'en gardait que peu de souvenirs heureux, il avait tiré une croix sur son passage à l'académie depuis longtemps.

Il ne s'était plus préoccupé de Rochefer depuis des années, jusqu'à la semaine précédente en fait. Un e-mail urgent, suivi une heure plus tard d'un coup de téléphone pour s'assurer que le message avait été lu. L'e-mail et l'appel étaient fidèles à Rochefer, nébuleux, pressant, voulant absolument tout dire et rien dire. L'idée générale était tout de même passée. La présence et les compétences d'Abernati étaient requises le plus rapidement possible pour aider à résoudre les difficultés que traversait l'école. Abernati avait tout de même cherché à en savoir plus mais son interlocuteur avait refusé, arguant qu'il ne pouvait passer outre les instructions de la directrice. Le professeur avait essayé de négocier sans savoir à qui il avait affaire. Grossière erreur. Il avait tenté de lui rappeler qu'il fallait faire honneur et montrer de la reconnaissance envers l'institution qui l'avait formé. Or, Abernati n'avait jamais achevé sa formation à Rochefer et avait frôlé plus d'une fois le renvoi. Il avait justement pris la décision de ne pas terminer sa scolarité et de retourner vers l'enseignement supérieur public. Ensuite le professeur avait essayé de lui proposer une grosse somme d'argent. Il ignorait sans doute que les prestations d'Abernati étaient gratuites. L'enseignant désespéré proposa de financer le voyage afin qu'il puisse venir et recevoir les explications sur place. En fin de compte, il n'avait rien trouvé de plus pour argumenter sur le moment mais il n'avait pas non plus cédé. Comprenant que c'était inutile, Franck avait cessé ses piques moqueuses, puis conclut aimablement, mais fermement, ce ridicule entretien.

Deux jours plus tard, des informations avaient filtré, d'abord sur les réseaux sociaux puis sur les autres médias. Il était question d'agressions en série. Les descriptions allaient de punitions justifiées à de cruelles attaques en passant par des vengeances mesquines. Il semblait tout de même y avoir une certaine logique car les victimes étaient toutes rattachées à la prestigieuse famille Noirtier. L'héritier et ses cousins, les Sterling.

Rochefer avait tout d'abord essayé de nier, démentir. Voyant que cela s'avérait inutile, l'école avait dû reconnaître les agressions en tentant de les minimiser pour atténuer le scandale grandissant. Bien entendu, un rapprochement avait rapidement été fait avec la tentative de suicide quelques mois auparavant. Une mystérieuse école réservée à l'élite, des agressions, des adolescents, des familles fortunées. Il n'en fallait guère plus pour intéresser l'audimat. Même la curiosité d'Abernati avait été piquée. Il ne l'aurait jamais reconnu en public, bien évidemment, mais quand même ! Le battage médiatique et probablement le harcèlement mené par la famille des victimes ne laissaient qu'une sortie de secours à l'académie. Il fallait donc trouver un coupable ! Et vite ! L'audimat voulait du scandale, les Noirtier voulaient faire tomber des têtes et l'académie voulait la paix.

Abernati reçut donc un second coup de fil. Cette fois-ci, plus d'intermédiaire avec les mains liées, plus de secrets, c'était la directrice Mortemer en personne qui téléphonait. « Des élèves ont été agressés, je ne veux pas que cela ne se reproduise. J'estime que vos talents sont nécessaires pour découvrir qui a frappé, comment et pourquoi. »

La directrice osait avouer qu'elle ne savait rien, en privé certes, mais elle ne pouvait même pas répondre aux questions les plus élémentaires. Elle était suffisamment désespérée pour appeler un ancien étudiant quitté en très mauvais termes. Abernati se souvenait d'une femme fière et autoritaire, capable de gérer son école aussi durement qu'une entreprise. Elle semblait pourtant avoir laissé son ego de côté. Elle avait argumenté sans relâche sur le droit à l'éducation en toute sécurité. C'était probablement le meilleur argumentaire à proposer à Franck. Celui-ci avait subi des brimades dans cette même école. Il ne s'était pas laissé faire, ce qui lui avait occasionné beaucoup de problèmes et accessoirement provoqué son départ par la suite.

Le plaidoyer avait été formidable. Il fallait le reconnaitre, Mathilda Mortemer était une politicienne née. Abernati avait émis quelques réticences et de petites objections afin de voir jusqu'où elle pourrait aller. Finalement, il avait accepté de venir examiner la situation mais sans promettre son expertise. La directrice avait tenté poursuivre ses efforts de persuasion mais Franck avait été inflexible. Quelques secondes après avoir raccroché, il avait reçu un e-mail en provenance de Rochefer, organisant parfaitement le voyage. Deux trains puis un taxi. Le choix entre deux horaires. Le premier arrivait en soirée et le second le lendemain matin. La directrice s'attendait sans doute à ce qu'il ne veuille pas voyager de nuit. Pourtant Franck, prit le second pour avoir le temps de rassembler quelques informations sur les parties en présence. Il refusait également de se précipiter à la porte de Rochefer comme un vulgaire chien qui accourt vers son maître. Voici donc pourquoi Franck Abernati se trouvait sur une terrasse, sirotant un capuccino à quelques centaines de mètres de son ancienne école.

Abernati appela l'aubergiste pour commander un second capuccino. Il n'avait absolument aucune envie de se retrouver à nouveau face à la directrice. Aucun bon souvenir ne pouvait en ressortir. Quand celle-ci revint, il commença à la questionner. Quel genre de personne avait séjourné au village ces derniers temps ? Sans surprise, une horde de journaliste assoiffés de scandales. La famille des Noirtier-Sterling était venue, accompagnée de ses avocats. Quelques policiers avaient fait le déplacement depuis Aix également.

Par politesse, Abernati dut régaler la curiosité de son hôtesse. Il la fit mariner un peu, il flirta même un petit peu, sans abuser, elle portait tout de même une bague. Il admit au début seulement venir pour calmer les nerfs de la directrice. L'aubergiste fit tout un tas de suppositions drôles allant de masseurs pour les pieds à dealer en passant par psychologue. De belles absurdités mais qui le mirent d'excellente humeur.

« Consultant en affaires criminelles, finit-il par lâcher.

— C'est une sorte de détective ? demanda-t-elle incertaine.

— C'est ce qui s'en approche le plus » répondit Franck avec un sourire charmeur.

Il omit naturellement de préciser que c'était un moyen d'enquêter sans licence de détective, plus discrètement encore mais sans les ressources des enquêteurs plus officiels.

« Donc vous venez pour trouver le coupable ? poursuivit-elle.

— Exact.

— Pour qui travaillez-vous ? Pour les Noirtier ? Pour Rochefer ? Ou même quelqu'un d'autre ?

— Pourquoi cette question ? demanda aussitôt Franck.

— Les quatre étudiants qui ont été agressés. Les Noirtier et les Sterling. Eh bien, ils n'étaient pas très appréciés, répondit-elle en hésitant.

— Poursuivez, encouragea Franck d'une voix douce.

— Les bruits qui courent parlent de quatre tyrans, répondit-elle en se tordant les mains.

— Pour aucun de ceux-là, répondit Franck.

— Je vous demande pardon ? demanda l'aubergiste sans comprendre.

— Je ne travaille pour aucun d'entre eux, ni Rochefer et encore moins pour les Noirtier, ni même pour la police ou les médias.

— Qui vous emploie alors ?

— Employer suppose de rémunérer, or je ne travaille pas contre un salaire. Je ne suis donc pas à la solde de qui que ce soit.

— Je ne comprends pas. Pourquoi êtes-vous là ? Pour l'amour de la vérité ?

— Pas entièrement, répondit-il avec un sourire. La joie de résoudre des énigmes y est pour beaucoup aussi.

— Parfois il y a des vérités qui ne sont pas bonnes à sortir.

— Mieux vaut les connaître pour choisir en toute conscience si c'est une bonne chose de la révéler ou non.

— J'ai du mal à vous suivre.

— Trouver la vérité et la révéler n'est pas du tout la même chose. »

L'aubergiste resta songeuse mais reprit la parole.

« Peut-être mais je pense que celui qui a fait ça aux Noirtier avait d'excellentes raisons de le faire.

— Possible, répondit aimablement Franck.

— Puis-je vous proposer un second mystère à résoudre, par amour de la vérité ?

— Je vous écoute, murmura Franck en se relevant intéressé.

— Puisque vous aller enquêter à Rochefer. Vous pourrez en profiter pour déterminer ce qui est arrivé à Céline Giraud.

— La jeune fille qui a tenté de mettre fin à ses jours ?

— Oui. Il n'y a pas eu d'enquête. Rien. Ils n'ont même pas cherché et étouffé l'affaire.

— Et savez-vous pourquoi ?

— C'était une étudiante admise au mérite.

— Vous semblez la connaître.

— Bien sûr, elle et son amie, venaient tous les week-ends. Une étudiante adorable, précisa-t-elle avec tristesse.

— Je ne connais que trop bien la vie difficile qui attend les étudiants admis au mérite. Et pour cause, j'en ai été un.

— Sérieusement ?

— Qu'y a-t-il de si surprenant ?

— On ne finit pas comme enquêteur en sortant d'une école de commerce privée aussi élitiste que Rochefer, non ?

— Parce que vous supposez, à tort, que j'en suis diplômé.

— N'y allez pas, lui dit brusquement l'aubergiste.

— Et pourquoi devrais-je m'en abstenir ? Ce n'est pas le château de Dracula, tout de même ? répondit Abernati du tac-au-tac.

— Si vous avez été invité par Rochefer, c'est que c'est dans son intérêt. La petite Céline, elle, n'a pas eu droit à la justice. Pour être tout à fait franche, je pense que l'école aurait pu lui rendre justice mais s'en est abstenue. Je n'ai pas de preuve, bien sûr. Sauf qu'aujourd'hui, Rochefer réagit et enquête. C'est donc dans son intérêt. Il ne peut rien en ressortir de bon. N'y allez pas ! N'aidez pas l'école. J'ai l'impression que vous êtes quelque de bien. Refusez de les aider.

— Votre point de vue est intéressant » dit Abernati comme pour lui-même.

Il regarda l'académie en réfléchissant.

« J'ai promis d'y aller. Je ne reviens pas sur ma parole. J'irai.

— Vous ne comprenez pas, je…

— Si, je comprends. Plus que vous ne le pensez en fait. Et j'accepte de résoudre votre mystère. Je trouverai qui a blessé la jeune Céline. »

L'aubergiste le regarda, incertaine de savoir si c'était une bonne chose. Pouvait-on vraiment aider à la fois Rochefer et Céline. Pas sûr.

« Vous êtes conscient qu'ils ont déjà étouffé l'affaire, n'est-ce-pas ? Ils n'accepteront sûrement pas de vous laisser enquêter sur le suicide manqué de Céline.

— Que les agressions y soient liées est une hypothèse valable. Autant de drames en une année, c'est une coïncidence assez singulière. Qu'en pensez-vous ?

— Je ne sais pas.

— Il faudra de toute manière l'explorer. Je reviendrai peut-être vous parler à ce sujet.

— Tout ce que vous voudrez en faveur de la petite Céline.

— Vous l'appréciez beaucoup apparemment, commenta Abernati.

— Beaucoup effectivement. Tout comme son amie. Mais elle a cessé de venir après le départ de Céline. Trop de souvenirs liés à elle. Enfin je le suppose et je ne peux guère lui en vouloir.

— Comment s'appelle cette amie ?

— Solenne Volange. Elle aussi est une étudiante admise au mérite.

— Bien je vous remercie. Je vais devoir régler. Il faut que j'y aille. Je serai suffisamment en retard pour les exaspérer mais je ne tiens pas à le faire plus que nécessaire » lui dit-il avec un clin d'œil espiègle.


Quelques minutes plus tard, Abernati remonta le peu de rues qui découpaient le village. Il arriva sans se hâter au portail d'acier qui fermait l'académie. Il prit le temps de déposer ses deux bagages et se dirigea en sifflotant vers la petite sonnette. Le détective prit le temps d'utiliser la petite caméra pour se recoiffer légèrement. La porte s'ouvrit avec un bruit léger. L'invité tenta de ranger une dernière fois une mèche rebelle, il adressa un clin d'œil appuyé à la caméra et passa le portail.

Pour la première fois depuis près de dix ans, Franck Abernati remonta l'allée de gravillons blancs qui menaient à la prestigieuse école de commerce de Rochefer.

Abernati arriva doucement vers le bâtiment principal en observant attentivement la porte d'entrée. Il sourit, très amusé, quand celle-ci s'ouvrit à la volée. Il réprima un air déçu quand apparut un quarantenaire assez sec. Il avait parié avec lui-même que la directrice en personne viendrait l'accueillir avec impatience. De toute évidence, il s'était trompé.

L'inconnu attaqua directement avec hostilité.

« Vous êtes en retard ! D'un quart d'heure ! Et…

— Rappelez-moi combien de centaines de kilomètres vous avez fait pour arriver sur le palier de cette porte ce samedi matin ? l'interrompit Abernati avec nonchalance.

— Ce n'est…

— C'est bien ce que je pensais. En tout cas merci pour votre accueil, monsieur ?

— Thierry Chatelain, enseignant en informatique et responsable de la sécurité de l'académie de Rochefer, légèrement déconcerté.

— Bien j'imagine que la directrice Mortemer m'attend ?

— Exact. Et depuis une demi-heure !

— Ah très bien, répondit Franck avec un léger sourire moqueur. Oh et tant que j'y pense. J'ai ici deux billets de train, ainsi que deux notes de taxi. Soyez gentil de me virer la somme correspondante sous quarante-huit heures. Merci.

— Ce n'est pas comme ça que…

— Que ça se passe ? Croyez-vous ? Rochefer réquisitionne ma présence au mépris de mes autres clients, soi-disant parce qu'on ne peut rien me dire au téléphone. Que vous vouliez économiser la note téléphonique soit, ironisa Franck, mais faites-moi plaisir de régler ces frais de déplacement. Allez-y, ne vous en faites pas, je connais le chemin. »

Le professeur Chatelain semblait au bord de l'explosion. De toute évidence, il n'était pas habitué à ce qu'on prenne ses reproches sans baisser le regard. Et maintenant voilà qu'il était traité avec l'autorité et la touche de mépris qu'il réservait habituellement aux étudiants ! Il parut reprendre ses esprits quand Abernati commença à s'éloigner.

« Je dois accompagner chaque étranger qui circule à Rochefer. Vous n'avez pas le droit de vous promener comme si…

— Comme si j'étais invité et possiblement employé par Rochefer, coupa Franck en souriant. Je sens que la matinée va être difficile. Espérons que cela ne compromette l'accord que la directrice Mortemer souhaite passer avec moi, termina Franck avec air faussement désolé.

— Ce n'est pas ce que je voulais dire.

— J'espère bien ! »

Les deux hommes se mesurèrent du regard. Le professeur Chatelain choisit rapidement de rendre les armes.

« La directrice nous attend, suivez-moi, siffla-t-il. S'il vous plaît » ajouta-t-il agacé.

Abernati lui adressa un grand sourire chaleureux avant de l'accompagner. La journée se poursuivait délicieusement. La directrice ne serait certainement pas aussi simple à manier.

Chatelain fit un petit détour par son bureau afin que Franck puisse déposer ses bagages. Ils arpentèrent les couloirs en silence, ce qui sembla calmer le responsable de la sécurité. Franck hésita à lui envoyer une nouvelle pique, mais s'en abstint. S'ils devaient travailler ensemble dans les jours suivants, mieux valait ne pas s'en faire un véritable ennemi.

Le peu qu'ils virent de l'école semblait montrer que l'institution avait peu évolué ces dernières années. Certes, il y avait un professeur d'informatique maintenant. Sinon, les couloirs étaient toujours impeccablement propres, éclairés par de grandes ouvertures. La décoration intérieure était relativement sobre. Franck nota quelque changement sans plus.

Ils atteignirent enfin une porte finement usinée en noyer blanc. Cette porte, Franck la connaissait. Il l'avait franchie à de nombreuses reprises lors de scolarité. Celle du bureau de la directrice Mortemer.

Chatelain donna deux coups légers et attendit qu'on les invite à entrer. Ils patientèrent en silence pendant une minute. Chatelain ignora le ricanement d'Abernati sur l'urgence que représentait sa venue. Une seconde minute passa. Abernati haussa un sourcil à destination de Chatelain. L'autre ne dit pas un mot. Finalement, Abernati tourna les talons en souriant. Chatelain allait tenter de le raisonner quand le bureau directorial s'ouvrit sur une femme d'une soixantaine d'année aux cheveux gris, noués en un chignon serré. Celle-ci se tenait droite et ses traits étaient durs.

Mathilda Mortemer embrassa la situation d'un regard avec autorité mais ne s'excusa pas pour l'attente. Elle avait à faire. Ils étaient secondaires.

« Entrez » ordonna-t-telle sèchement.

La directrice s'écarta et Chatelain passa le seuil. Abernati attendit calmement l'air interrogateur.

« S'il vous plaît, ajouta-t-elle agacée. Nous n'avons pas toute la journée. »


Voilà 1/16 de l'histoire posté !

Merci d'avoir lu et laissez un commentaire. C'est le seul salaire que peut espérer un auteur sur ce site ;)

Je voulais conclure en remerciant les deux amies sans qui ce texte n'existerait pas. Ce roman leur est donc dédié. Tout d'abord à Nafrayu qui m'a fait découvrir le challenge du NaNoWriMo, ce qui m'a permis d'écrire un tel texte. Et ensuite à LycorisSnape qui m'a relu, corrigé et poussé à retravailler pleins de choses. Merci à toutes les deux ! Vous pouvez retrouver leurs textes sur Fanfiction . net

A bientôt !