Perfect Match, Howling Wolves

Chapitre 7

Londres, Angleterre – 2017.

Elle déambulait dans les rues de la capitale, évitant les troupes de touristes et les hommes d'affaires, toujours pressés.

Arrivée à un passage pour piétons, elle se figea.

Car face à elle, plus barbu et plus tatoué que 70 ans auparavant, se tenait Matthew.

Et chose étrange, il se disputait en français avec sa copine.

Ma foi, chacun son tour…

Tentant de se retenir de soupirer à nouveau, il traversa.

Mais alors qu'il se retournait pour voir pourquoi Alice ne le suivait pas, il sentit quelqu'un effleurer son flanc.

Se raidissant, il eut juste le temps de voir un amas de boucles d'un blond chaud comme les blés retenu par un foulard qu'elle s'éloignait déjà.

Mais il n'avait pas d'inquiétude, il la retrouverait.

Car ça ne pouvait être qu'elle…

Elle s'était abritée dans un des nombreux parcs de la ville, quotidiennement pris d'assaut.

Assise sur un banc, elle le vit approcher, toujours aussi sombre, toujours aussi beau.

Et dans un français parfait, elle le questionna :

'Je suppose que tu ne t'appelles pas Matthew, n'est-ce pas ?'

'Variante française.'

'Bonjour… Matthieu.'

'Elisha…'

Il s'installa à côté d'elle, soupirant.

'J'espère que c'est la dernière fois.'

'Mais on a été heureux, non ? On a même fêté nos soixante ans de mariage.'

'Je sais. Mais aujourd'hui, c'est suffisant. Tu ne crois pas ?'

Elle haussa des épaules, posant délicatement sa tête sur son épaule et déclarant :

'Là où tu vas, j'irai.'

'Et si je ne vais nulle part ?'

'Mon appart est grand.'

'Et je n'ai pas pris de ticket de retour.'

'Tant mieux. Et ta copine ?'

'Elle comprendra.'

'Elle a plutôt intérêt.'

'Eli…'

Elle tourna la tête vers lui, esquissant un sourire particulièrement carnassier.

'Tu étais prêt à trucider ce pauvre George.'

'C'est vrai.'

'… Chacun son tour, mon cher.'

Poussant un soupir faussement fataliste, il passa son bras autour de ses épaules, l'embrassant sur le front.

Elle tourna la tête, leurs lèvres s'effleurèrent.

Collant leurs fronts, elle esquissa un petit sourire apaisé :

'Je crois bien que ce sera la bonne.'

'Tant mieux. Heureuse ?'

'Absolument.'