Bonjour, bonsoir

Voilà le vingt-deuxième chapitre de mon histoire intitulé PHENOMENE.

Bonne lecture.


Chapitre 22 : bague verte

Le bruit de ses pas martelaient le sol du couloir. Je sentais une tension palpable s'installait dans l'air ambiant. D'un geste de la main j'indiquais à Santia de ne pas bouger et de me laisser le contrôle de la situation. La silhouette de l'individu se présentant à nous... C'est inévitable. Je devais encore l'affronter. Les poings serrés, ainsi que la mâchoire tendue, je m'avançais de quelques pas pour faire face à lui.

-J'étais certain que tu viendrais ! Penses-tu réellement contrecarrer nos plans ?

-Comme sur le pont tu recevras une correction gamin !

-Tape plus fort cette fois-ci car comme tu vois je suis en forme pour te battre !

-J'aurais dû te jeter à l'eau comme je l'avais fais pour le déchet derrière toi !

-Tu ne toucheras pas à mes amis ! Je suis ton adversaire !

-Je ne te donne même pas deux minutes avant de mettre un genoux à terre en me suppliant de te laisser la vie sauve !

-C'est ce qu'on va voir ! Santia n'interfères pas dans ce combat !

Mon ennemi s'élança en même temps que moi confrontant nos poings l'un contre l'autre. Je frissonnais de peur en repensant à mon dernier combat contre lui. C'est certain, je suis le plus faible, le plus mauvais... Mais, une chose est sûre ! À force de me sous-estimer mon adversaire baissera tôt ou tard sa garde et à ce moment précis je pourrais frapper fort ! Je dois donc tout mettre en œuvre pour que l'affrontement dur le plus longtemps possible afin d'épuiser ce colosse. Voilà pourquoi j'étais extrêmement déterminé. Malgré la force de ce type je faisais tout pour ne pas subir des coups super puissants. Il arrivait cependant à m'atteindre quelques fois lorsque je faisais des erreurs de jugement sur les distances. Comme je le pensais il essayait à tout prix de m'affaiblir en frappant mon ventre, mes bras ou encore ma tête. Le combat que nous avions effectué sur le pont défila dans mon esprit à tout allure. Je me remémorai ainsi chaque manière ou position qu'il avait eu lors de toutes ses attaques. J'anticipais de la sorte les mouvements critiques qui pourraient me mettre à terre facilement. Le temps fila et les deux minutes promises passèrent. Je ressentais la rage de mon adversaire jaillir hors de son corps. Sa colère montrait son incompréhension face à autant de résistance venant de ma part. Je lui prouvais que je n'étais pas si faible que ça. Je fonçais sur lui en poussant un cri pour m'encourager intérieurement mais il m'esquiva et je faillis trébucher au sol. Lorsque je me retournais... Il avait profité de mon action pour courir vers Santia qui était restée en retrait. En une fraction de seconde sans trop savoir comment je me suis élancé entre eux en accrochant le gars à la bague. Avec toutes mes forces j'ai emmené mon adversaire par la fenêtre en brisant cette dernière.

-Santia continues sans moi. Je m'occupe de lui !

-Espèce d'idiot, reviens !

À cause des bruits de verre je n'ai pas entendu sa réponse. J'étais concentré sur deux éléments. En premier lieu, la pluie qui ruisselait sur mon visage. Le second truc concernait mon opposant. Nous nous étions tous les deux relevés mais il semblait être très en colère suite à mon acte. Je le regardais patiemment afin de jauger ce qu'il comptait faire maintenant. Au niveau de sa main sur laquelle je pouvais voir la bague il y avait un léger objet assez inquiétant. Je ne savais pas si ça faisait parti de la bague ou si c'était autre chose. Immédiatement après une nouvelle confrontation commença à nouveau.

-Crois-tu vraiment être en mesure de me battre ?

-Je dois le faire ! Peu m'importe le résultat !

-Comme tu veux gamin. Dès que j'en aurais fini avec toi je m'occuperais de l'autre...

-Ne t'ai-je pas dis que j'étais ton ennemi ? Tu m'énerve !

Si je laissais ce type prendre le dessus je pouvais dire adieu à mes amis et à mon plan. La tête complètement vide je je me concentre sur mon objectif du moment, la silhouette de ce gars... Je me mets à courir les poings serrés prêt à en découdre. Je suis le seul à pouvoir le faire. J'enchaînes les attaques et les esquives afin d'imposer mon rythme. Je pensais réellement que ça allait marcher mais... Il lisait en moi... Il savait chaque coups que je voulais faire à l'avance. Je me doutais que ce nouvel affrontement ne serait pas à mon avantage. J'espérais cependant que ma volonté aurait pu surpasser sa force pendant un court instant. Faut croire que je me berce d'illusion... C'est alors qu'il me frappa à plusieurs reprises dans le ventre et au visage avant de me projeter au sol à quelques mètres de lui. Lorsque je tentais de me remettre debout la pluie tombée par terre était trop glissante et je risquais de trébucher à nouveau. Au bout d'un moment je réussis à me redresser totalement. En face de moi, mon ennemi me souriait narquoisement. J'entendis un bruit provenement de l'une de ses mains. En apercevant sa bague je constatais la présence d'une sorte de lame. C'était donc bel et bien l'objet que j'avais remarqué sur sa bague... Merde, c'est mauvais. Je le vois foncer sur moi en pointant son bras dans ma direction. Paralysé de peur je n'arrive pas à donner le moindre ordre à mes jambes. Au moment où il fut au plus près de moi un liquide rougeâtre éclata dans l'air. Je clignais des yeux plusieurs fois pour comprendre ce qui venait d'arriver car aussi bizarre que ça peut l'être je n'ai aucune blessure... Alors... Ce sang à qui appartient-il ?

La scène que je voyais me paraissait tellement irréel. Je n'étais pas capable de détourner les yeux face à ça... Je ne voulais pas y croire. Il ne devrait pas être là ! Je suis en train de rêver... Rien de tout ça n'est réel ! Je refuse d'y croire. C'est impossible qu'il soit venu car le plan le lui interdisait... Soudain, comme pour m'extirper de ma torpeur une voix retentit autour de moi.

-Merci pour tout Ahiro ! Je suis content de t'avoir aider jusqu'au bout. Merci... Merci d'être mon seul ami... À la prochaine mon pote !

Oui, c'est bien sa voix... Celle d'Aldéric ! Il était là et venait de me sauver. Il était là pour se battre avec nous. Mais, une chose me glaça le sang. Cette histoire de sang lui appartient donc. En reconstruisant la scène dont je venais d'assister... Aldéric s'est interposé devant moi pour recevoir le coup de la bague à ma place. Ainsi, c'est lui qui a reçu le coup... Il s'est par la suite plonger sur notre ennemi en criant son discours haut et fort pour que je puisse l'entendre puis plus rien. Il s'est arrêter de parler et de bouger. Un corps sans vie dont le sang coule aussi bien que la pluie au sol. Aldéric s'est sacrifié pour moi, pour son seul ami... Des sentiments divers traversèrent mon esprit à tout allure. Haine, colère, tristesse, impuissance... Tout se mélangea dans ma tête. Sans réfléchir mon bras effectua un mouvement inconscient en fouillant dans l'une de mes poches. Dès que j'ai trouvé ce que je cherchais je sortais ma main de la poche en hâte. Il était froid entre mes doigts... Décidé de le faire je mis l'objet autour de mon poignée droit en fixant avec rage mon adversaire qui se releva suite à la confrontation contre mon ami. Une lumière jaillit de mon bras puis m'enveloppa entièrement.

Un changement s'opéra en moi. Si mon intuition ne me trompait pas je devrais redevenir celui que j'étais avant... La lumière s'estompa brièvement découvrant petit à petit mon ancienne apparence. Comme troublé, le gars à la bague écarquilla les yeux comme si ce que je venais de faire était impossible. Sautant sur l'occasion je pris appuie sur ma jambe gauche pour foncer sur lui encore et toujours avec la même fougue. Grâce à l'effet de surprise mes coups de poings atteigièrent à chaque fois leur cible. Pour une fois je prenais le dessus contre lui. Pour une fois qu'avec mon vraie corps j'arrivais à être plus fort que lui. Je lui rendais tous les coups qu'il m'avait donné par le passé ainsi qu'aujourd'hui. Sans doute dû à l'effet de l'adrénaline je faisais abstraction de la douleur, de la tristesse et de tout autre chose... Subitement, ce gars agrippa ma capuche pour que je tombe avec lui. Je continuais malgré tout à le frapper. Dans l'agitation j'ai bloqué sa main qui portait la bague pour ensuite la fracasser contre le sol. Au bout de la septième fois sa bague se brisa et une nouvelle lumière éclaira la zone.

En-dessous de moi se trouvait... Je ne pouvais pas dire si j'étais étonné ou choqué. Ce type que je combattais de toutes mes forces depuis tout à l'heure venait de laisser sa place à une jolie fille lui ressemblant bizarrement. Je secouais la tête en faisant des aller-retour entre la bague brisée, le corps de la fille et mon bracelet orange. Ces deux objets semblent avoir le même effet. Vu qu'il fait parti de camp opposé et que j'ai reçu le bracelet de la part de la fille à la culotte est-ce qu'elle serait à l'origine de tout ce phénomène ? Si je comprends bien la bague et le bracelet permettent de garder en permanence sa vraie apparence lorsqu'on les portent... Dans ce cas, est-ce pareil pour le collier violet... Oui, sans doute ! Retrouvant progressivement mon calme je fixe droit dans les yeux mon adversaire.

-Regardes ce que t'as fais gamin !

-T'es plutôt mignonne en fille ! En tout cas ta bague verte ne te servira plus !

-Je vais te buter ! Enfoiré ! Et puis... Comment t'as fait pour te...

-Pour retrouver mon apparence d'origine ? Qui sait ! C'est la fin pour ton groupe ! Il ne fallait pas me sous-estimer abruti !

-Ah, ah, ah ! La fin dis-tu ? L'idiot qui s'est sacrifié pour toi ne sera sans doute pas le seul à périr ! À force de fouiner dans des affaires qui ne te concernent pas tu as embarqué ton groupe vers la mort. C'est toi qui nous as sous-estimer gamin !

-Tais-toi ! Je ne veux plus t'entendre !

Avec un grand coup dans la tête j'assommais cet ennemi qui ne m'intéressait plus désormais. Je pensais déjà à l'autre personne que je combattrais dans les minutes à venir. J'essuyais mon front avec la manche de mon uniforme. En regardant le corps sans vie de mon ami je le saluais une dernière fois. Sans lui je ne serais pas sorti vainqueur de ce combat. Encore plus déterminé qu'au début du plan je repris la route vers l'endroit où tout se terminera. Je sentais le bracelet orange se balançait sur mon poignée pendant que je courais à nouveau dans le couloir.


Qu'en avez-vous pensé ?

À bientôt pour le chapitre 23.