Bonjour, bonsoir

Voilà le vingt-deuxième chapitre de mon histoire intitulé je souffre.

Bonne lecture.


Chapitre 22 : visite

Le lendemain Shinoa m'accompagnait dans le parc. Je voulais m'aérer l'esprit avant de voir ma mère. La brune le comprenait apparemment. Elle gardait le silence depuis notre départ de la maison du blondinet. J'avais insisté longuement auprès de ma sœur pour ne pas qu'elle vienne. Il faisait chaud en ville. Je soupirais nerveusement.

-Elle est comment ta mère ?

-Quoi ?

-Ça m'intrigue un peu. Est-ce qu'elle vous ressemble ?

-Euh…. Vraisemblablement. Enfin, elle a énormément changé depuis ses crises. Je suis la seule qui veillais sur elle.

-Tu n'as jamais eu des envies de fuir ?

-Fréquemment. J'en étais franchement désemparée. Je l'aidais tout le temps. Et je prenais sur moi.

-On y va ?

-Pas trop le choix.

Je réceptionne la main qu'elle me tend. Sa présence me rassure un peu. La boule dans mon ventre disparaît. Nous nous dirigions vers l'hôpital dans lequel travaillait monsieur Mudaraki. Il se localise dans le centre-ville. Ça remonte à plus de deux années que je ne suis pas retournée là-bas. Si je me rappelle le contexte, c'était encore une fois pour ma mère. Que de mauvais souvenirs. Devant la dame à l'accueil, j'explique vite fait la situation. Elle me montre sur une carte l'emplacement du nouveau bureau du docteur. Il a changé de secteur depuis notre dernière visite. Nous montons alors une trentaines d'escaliers jusqu'à un bureau très peu décoré. Un homme m'accueille avec une mine déconfite.

-Mademoiselle Tsumikkuu. Je me doutais bien que vous viendriez aujourd'hui. Qui est la personne vous accompagnant ?

-Une amie du lycée. Elle tenait à me soutenir.

-Bonjour monsieur. Je m'appelle Shinoa.

-Très bien. Vous en aurez besoin. Avant de rendre visite à votre mère, j'aimerais vous parler d'un élément important.

-Je vous écoute.

-Tout d'abord, elle sombrait dans le coma jusqu'à tard dans la nuit d'hier à aujourd'hui. Mon équipe s'en est rendue compte dans l'immédiat. Durant trois longues heures, Reihana a discuté, rigolé et chanté en continu.

-Oui, et ?

-Aux alentours de quatre ou cinq heure du matin, on peut dire que son état s'est aggravé. Une crise plus forte que les précédente amenant de multiples complications. Je suis navré. Plus que des mots, suivez-moi.

J'avais extrêmement peur de savoir où ce docteur voulait en venir. J'avançais lentement derrière lui avec le soutien de la brune à mes côtés. Six couloirs plus tard, le médecin stoppa sa marche près d'une chambre. Il m'invita à entrer à l'intérieur. Je voyais ma mère allongée sur le lit. Les machines ne fonctionnaient plus. C'était fatal. Je fixais tour à tour ma mère et le docteur. Son air dépité s'accentua alors.

-Elle…. Elle est….

-Oui. Ce matin.

-Vous étiez avec elle ?

-Jusqu'à la fin.

-Merci.

-Elle pensait beaucoup à vous mademoiselle.

-Comment ?

-J'ai entendu une vingtaine de fois votre prénom avant son dernier souffle. Je suis vraiment désolé. Je n'ai pas su la sauver.

-Ce n'est pas grave. Elle sera enterrée quand ? Elle vous l'a certainement dit.

-Début juillet. Je vous contacterais pour plus d'informations. Aussi, je sais que vous serez obligée de quitter la maison d'ici trois semaines.

-Pouvez-vous me laisser.

-Je comprends.

Shinoa entoura l'un de ses bras dans mon dos. Je ne ressentais pas forcément le contact réconfortant qu'elle avait entrepris. Dans un sens, connaissant l'état de ma mère qui empirait…. Il ne fallait pas être devin pour envisager son décès. Personnellement je n'étais pas trop affectée par cette nouvelle. Je m'y étais déjà préparée. Mais, une angoisse m'envahissait tout à coup. Qu'allons nous faire Umiko et moi ? Je m'inquiète beaucoup plus pour ma petite sœur. Je n'aurais pas la force de m'occuper d'elle et de lui avouer ce drame. Plus d'autre choix, je veux fuir.

-Tu vas bien ?

-Normal.

-Ça veut dire quoi ?

-Tout va pour le mieux.

-On fais quoi ?

-Bonne question. Retourne chez Kanniishiro.

-Je veux bien….

-Sans moi évidemment.

-Naeyame ?

-Merci. Merci pour tout.

Je retirais prestement le bras de la brune pour quitter en courant cette chambre. Elle tentait de me poursuivre, en vain. Je courais trop vite. J'étais maintenant hors de l'hôpital. Je ne savais pas où aller. Comme une idiote j'ai dis à Shinoa de rentrer seule. Je ne peux donc pas choisir cette option. Dans ce cas, la maison ? Non, je ne veux pas penser à ma mère. Alors le lycée ? Mauvaise idée. Si je croise quelqu'un, je risque de l'agresser verbalement. Je continuais de courir sans réfléchir à d'autre possibilités. En traversant à un passage piéton, j'ai falli percuter une voiture. Elle me klaxonnait dessus, mais je l'ignorais complètement. J'avais d'autres choses en tête qu'un stupide chauffard. Doucement et lentement, je m'éloignais du centre-ville. J'étais désormais perdue dans un coin que je ne connaissais pas. D'ailleurs, depuis combien de temps je cours ? Totalement épuisée, je recherche un coin tranquille. C'est là qu'un pont m'attire. Je serais à l'abris des regards. En-dessous je m'affale contre le mur solide. J'essuie du revers de ma manche la sueur perlant sur mon front.

Qu'ai-je fais pour mériter cela ? Lorsque mon bras tombe délicatement au sol, je remarque un bout de verre. Je le prends en main intriguée. Oui, c'est vrai. De toute façon je le mérite. À quoi bon résister. C'est ainsi et pas autrement. Voilà pourquoi je saute le pas. Avec mon autre main je soulève la manche droite de mon uniforme. Je redécouvre une nouvelle fois les vingtaines de traits horizontaux qui décorent ma peau. Sans broncher je rapproche le bout de verre contre mes veines….

Mon sang coule par la coupure que je me suis infligée. Je souffre…. Et pourtant je vis. Mon esprit s'embrouille. Je sens le verre se briser dans ma main que je n'avais pas eu conscience d'avoir fermé. J'espère vraiment réussir cette fois-ci….


Qu'en avez-vous pensé ?

À bientôt pour le chapitre 23.