Fidélité

Ceylan ouvrit les yeux et se redressa d'un coup dans son lit d'appoint, pantelant. Il mourrait de chaud et se sentait désorienté, ne sachant plus où il se trouvait, ni combien de temps il avait dormi. Tous ses repères étaient perturbés. Un accès de panique s'empara de lui, mais une main tendre quoique rêche se posa sur la sienne.

— Soyez tranquille, Majesté, vous êtes en sécurité, dans ma tente.

La reine tourna la tête et attesta de la présence de Sekmar, assis sur une chaise à veiller sur son repos. Sa bouche était trop sèche pour parler, aussi se contenta-t-elle de l'interroger du regard.

— Vous vous êtes évanoui, Majesté, expliqua le vieil homme en se levant pour aller lui servir une tasse de thé. Vous avez été empoisonné. A posteriori, quotidiennement jusqu'à ce jour, et, ce, depuis plusieurs semaines, selon mes estimations.

Ceylan n'en croyait pas ses oreilles. Son expression se décomposa tandis que Sekmar rapportait la tasse.

— Tenez, buvez, vous en avez besoin.

Inutile de le lui répéter. Il la prit, la porta à ses lèvres, et avala à grosses goulées. Le thé avait eu le temps de refroidir, mais ce n'était pas plus mal. Cela facilita sa déglutition. Après cette chaleur insupportable qu'il avait enduré, c'était même appréciable. Il n'en laissa pas une goutte.

Sekmar récupéra sa tasse et le servit de nouveau, au cas où cela n'aurait pas suffi à étancher sa soif. Le prince répéta l'opération, et, seulement là, eut-il enfin la sensation de revivre. Il écouta alors le contremaître entamer ses explications une fois de retour dans son siège.

— Quelqu'un cherche manifestement à vous nuire. Avez-vous déjà entendu parler de l'Herbe Noire ? C'est ce que cet individu a utilisé. Nous ignorons encore s'il a piégé votre alimentation ou d'autres produits avec lesquels vous auriez été en contact, mais le roi entend bien élucider cette affaire.

Le cœur de Ceylan observa un sursaut en entendant mentionné Ildrys.

— Mon époux..., entama-t-il avant de se reprendre. Où est le roi ?

— Rentré au palais, ma reine. Il devait couvrir votre absence, mais il vous expliquera mieux que moi ses démarches quand il reviendra vous chercher. Il sera là demain.

— Demain ? Combien de temps ai-je dormi ?

— Deux jours, ma reine. Et d'un sommeil agité, si je puis dire. La fièvre vous a rendu délirant.

Des images se rappelèrent brusquement au bon souvenir de Ceylan. Des visages familiers, des voix, des odeurs. Avec cela, des impressions désagréables, des sentiments confus, le réveil de vieilles douleurs. Ses doigts se refermèrent nerveusement sur les couvertures.

— Ai-je... parlé ?

Sekmar hésita à répondre, néanmoins, son regard soucieux le dissuada de mentir.

— Rien ne sortira d'ici, je vous le promets.

— J'ai donc parlé, en conclut-il. Qu'ai-je dit ?

— Vous appeliez surtout l'une des favorites royales, Keldia.

— En dehors de cela ?

Le contremaître secoua la tête.

— Rien de très important, je crois. La plupart de vos phrases étaient incompréhensibles.

Devant son soulagement, Sekmar esquissa un sourire puis se leva de son siège pour l'aider à se rallonger.

— Vous devriez vous reposer encore un peu, surtout si vous retournez au palais demain. La Fleur Soleil stimule votre organisme pour aider à l'évacuation des toxines, mais, en contrepartie, ses effets épuisent le corps.

Ceylan ne répondit pas. Il sentait effectivement le sommeil reprendre peu à peu le pas sur sa conscience. Toutefois, il chercha à lutter encore un moment, appréhendant de replonger dans ses affreux cauchemars.

— N'ayez crainte, ma reine, je reste là pour veiller sur vous.

Ce furent les derniers mots qu'il entendit avant de lâcher prise. Quand il revint à lui, un jour nouveau s'était levé.

Ouvrant doucement les yeux, il eut bien moins de mal à reprendre pied avec la réalité que la veille. Il lui fallut toutefois quelques secondes pour qu'il s'habitue à la lumière, même tamisée, de la tente. Quand ce fut fait, sentant une présence sur sa gauche, il tourna la tête en s'attendant à découvrir le visage bienveillant de Sekmar. Il se trompait.

En lieu et place du vieux contremaître se tenait Ildrys. Accoudé sur ses genoux, les mains croisées sous son menton pour supporter sa tête, il l'observait avec une profonde intensité. Son visage songeur ne se para d'un sourire que lorsqu'il vit que son épouse venait de remarquer sa présence.

— Bonjour, ma reine.

— Majesté...

Ceylan chercha à pousser dans ses bras pour pouvoir se redresser. Son mari le devança et l'aida à s'installer correctement, le calant contre le sac en toile de jute qui lui servait d'oreiller.

— Laissez-moi vous aider, ma reine, l'invita-t-il avant de reprendre sa place à ses côtés une fois sa besogne accomplie. Votre corps est grandement affaibli et vous n'avez encore rien avalé.

Au moment précis où il disait cela, Ahnour débarqua dans la tente et murmura :

— Majesté, je... Oh !

L'adolescent s'interrompit en voyant que Ceylan était réveillé, puis reprit d'une voix plus forte :

— Quelle joie de vous voir en meilleure forme, ma reine !

Stupéfaite par son arrivée et cet élan d'enthousiasme, l'intéressée ne put répondre que par un léger sourire fatigué. En revanche, Ildrys profita de cette vivacité pour lui demander sur un ton étonnamment amical :

— Ahnour, peux-tu préparer quelque chose à manger pour mon épouse ?

— Tout de suite, mon roi !

La mine réjouie, celui-ci tourna les talons et repartit comme il était arrivé, faisant autant la satisfaction du roi que provoquant l'hébétement de Ceylan.

— Vous... Depuis quand est-ce que...

— Ahnour s'est montré très utile, expliqua Ildrys. C'est à lui que vous devez la vie, ma reine. Il est allé personnellement cueillir la Fleur Soleil qui a contrecarré les effets de l'Herbe Noire. Vous comprendrez donc que je ne puis que lui offrir mon amitié.

Ces derniers mots laissèrent Ceylan plus interdit que jamais. Ildrys paraissait sincèrement soulagé qu'il ait pu être sauvé. Il ne l'avait pourtant épousé que par intérêt. Dans ces conditions, pourquoi n'avait-il pas profité de l'occasion pour voir cette union rompue ?

Le roi dut deviner ses pensées, car il haussa un sourcil et croisa les bras sur sa poitrine, se montrant faussement offensé.

— Douteriez-vous encore de moi ? Savez-vous ce qu'il m'en a coûté de couvrir votre absence au palais ?

Ceylan en avait une vague idée mais préféra secouer la tête pour l'inviter à poursuivre. Il souhaitait savoir ce qu'il avait manqué.

— J'ai dû convaincre le Conseil de votre utilité dans la supervision des travaux, en mettant l'emphase sur votre connaissance du terrain, les expertises de votre mère et votre proximité avec Sekmar, détailla Ildrys. Cette excuse m'a servi à justifier votre absence de trois jours. Je vous ai fait passer pour un médiateur entre les mineurs et les ouvriers, assurant que vous seriez en mesure de surveiller le coût des travaux et d'éviter de quelconques excès de zèle. Et comme si cela ne suffisait pas, j'ai témoigné personnellement des progrès constatés dans la production d'Ankhanet alors même que l'extraction n'a pas commencé. Par conséquent, j'espère que vous serez reconnaissant des mensonges que j'ai dû proférer pour vous.

Ildrys semblait effectivement avoir fait de son mieux pour cacher son état de faiblesse passagère. Ceylan en fut soulagé.

— Je vous remercie, Majesté. Je saurais ne pas oublier ce que vous avez fait pour moi et vous retourner la faveur à l'occasion.

En réponse, ce dernier agita la main en l'air comme pour balayer sa proposition.

— Je ne vous demande rien. À dire vrai, c'est plutôt moi qui ai une dette envers vous, ma reine. Vous avez été empoisonnée ; je me sens responsable. Le contremaître m'a assuré que le mal trouvait ses racines bien avant notre union, mais, si j'avais été plus proche de vous, cela n'aurait peut-être pas pu perdurer.

— Vous n'en savez rien et...

— Cette possibilité me suffit, défendit-il. Je n'ai pas encore débusqué le coupable, mais je peux vous assurer que lorsque ce sera fait, il passera un mauvais quart d'heure. Je ne tolère pas qu'on touche à ce qui m'appartient.

Face à cette manifestation de possessivité, les yeux de Ceylan s'écarquillèrent et son cœur manqua un battement. Il ne put contenir la légère rougeur qui colora ses joues et ses oreilles. Il était à la fois embarrassé et ravi. Il n'expliquait ni ce sentiment gonflant dans sa poitrine, ni la vague de chaleur se répandant à travers tout son être. Ce n'était pourtant encore rien à côté de ce qui l'attendait encore.

— Ma reine, pour votre sécurité, m'autoriseriez-vous à partager vos appartements afin de pouvoir mieux veiller sur vous ?

Ceylan en eut le souffle coupé. La demande était tellement saugrenue à ses yeux qu'il ne put que demander :

— Mes appartements ne sont-ils pas déjà aussi les vôtres depuis que nous avons prononcé nos vœux ?

— Aux dernières nouvelles, nous n'avons encore jamais fait chambre commune et vous ne vous en plaigniez pas outre mesure, retourna Ildrys.

— Vous préférez la compagnie des favorites.

— C'est ce que vous pensez ? La vérité n'est pas tout à fait ce qu'il y paraît. Je ne souhaitais que respecter votre personne en ne vous imposant pas la mienne. Vous ne vouliez pas de ce mariage ; j'ai fait ce qu'il fallait pour ne pas m'imposer à vous.

La reine se retrouva prise de court. Son époux était-il sincère ? Pourtant, toutes ces rumeurs de couloirs tendaient à assurer que le roi passait du bon temps en compagnie des concubines. Se pouvait-il vraiment que celles-ci soient aussi infondées que celles qui avaient suivi leur nuit de noces ? Grandement improbable. Après tout, Ildrys était un homme. Comment aurait-il résisté aux charmes de quatre magnifiques et charmantes femmes ? Il avait certes des doutes concernant son attirance envers la gente masculine, mais il avait pu attester personnellement des effets que Keldia et les autres produisaient sur les mâles.

— Cela vous arrangeait bien, rétorqua-t-il sur un ton plus amer qu'il ne le voulait.

— Seriez-vous jalouse, ma reine ?

Ildrys ne récolta que le silence. Ceylan alla jusqu'à détourner la tête, se découvrant incapable de démentir.

— Je vous l'accorde, reprit alors le roi dans un désir d'apaiser son malaise et de faire amende honorable. J'ai passé beaucoup trop de temps avec elles. Cela a permis non seulement qu'on vous atteigne physiquement, mais aussi verbalement. Je n'ignore rien des histoires colportées au palais. Si elles ne me touchaient guère, je savais que ce n'était pas votre cas. J'ai pourtant laissé faire, songeant que ce n'était qu'un maigre prix à payer pour votre complète indépendance vis-à-vis de moi. Néanmoins, j'ai commencé à douter de mes méthodes lorsque je vous ai vu si affecté, après le dernier conseil. Depuis, j'ai eu plusieurs occasions d'y réfléchir, et j'aimerais me racheter auprès de vous.

Ceylan lui refit face. Sa rougeur s'était dissipée, il l'observait à présent avec le plus grand sérieux, cherchant le piège au fond de ses iris sombres. Là encore, son instinct lui dicta que son mari ne trichait pas.

— Si cela peut vous être d'un quelconque réconfort, sachez que je n'ai touché à aucune des femmes du sérail, assura Ildrys.

— Tiens donc ! Vous n'avez aucune preuve et il est futile de vouloir me convaincre avec cet argument. Vous êtes le roi, le sérail est à vous. Libre à vous d'en jouir comme bon vous semble tant que vous respectez vos épouses. Qui plus est, vous avancez cela comme si...

Comme si je vous désirais et ne vous voulais rien qu'à moi, songea-t-il sans aller au bout de sa phrase. C'était au-dessus de ses forces, pour la simple et bonne raison que ce qu'il comptait avancer comme une méprise de la part d'Ildrys n'était peut-être pas aussi infondé.

Ceylan n'était pas du genre à se voiler la face sur ses propres sentiments. Il existait une attirance, il ne pouvait le nier. Pour commencer, il était le premier à admettre que son mari dégageait un charme et un charisme magnétique. Ensuite, il n'était pas aveugle. Il voyait bien les efforts que ce dernier fournissait pour améliorer la situation entre eux, et cela le touchait. Il lui était reconnaissant à bon nombre d'égards, et admettait également qu'il aurait pu tomber sur un homme pire que lui. Au moins ce roi le respectait-il et se souciait-il de son avis et des projets qui lui tenaient à cœur. Pour terminer, il regrettait sincèrement leur dispute. La reprise du ruban marital l'avait marqué et blessé. De fait, il n'allait pas jusqu'à s'affirmer amoureux, mais il ne pouvait pas non plus réfuter le fait qu'il s'attachait progressivement à sa personne.

À une vitesse qui l'effrayait, d'ailleurs.

Ildrys n'était pas entré dans sa vie depuis bien longtemps ; Ceylan ne savait que peu de choses à son sujet. À dire vrai, il apparaissait même qu'il ne soit pas forcément le meilleur des hommes. Il avait tué sans la moindre hésitation et avait réclamé le titre de souverain rien que pour accomplir une vengeance personnelle. Cela avait de quoi faire fuir. Pourtant, il sentait autre chose derrière. Une part de lumière qui l'intriguait et le poussait à vouloir en découvrir plus à son sujet, tel un papillon attiré par la flamme. Restait à savoir s'il allait se brûler les ailes et c'était bien sa crainte, ce qui le retenait.

— Vous voulez une preuve ? demanda Ildrys. Je n'ai pas de preuve à proprement parler, mais ceci devrait vous faire réfléchir : quel genre d'homme sain d'esprit toucherait sa propre sœur ?

— V-Votre sœur ?

Le roi confirma d'un signe de tête et annonça :

— Keldia est ma sœur aînée.

Cette déclaration détonna dans l'esprit de Ceylan comme le tonnerre éclate par temps d'orage.

Soudain, tout devint plus clair. Il comprit l'insistance de la jeune femme à vouloir qu'il offre une chance à son prétendant et pourquoi elle se montrait par avance si optimiste sur cette union. Il réalisa que ce n'était assurément pas un hasard qu'elle l'ait paré d'un ruban pouvant répondre à celui d'Ildrys lors de la cérémonie. De même, il y trouva la raison pour laquelle c'était au roi qu'elle avait fait rapport de son retard après sa récente visite à Ankhanet et celle de sa partialité inclinant en sa faveur.

Seulement, ces découvertes engendrèrent de nombreux doutes ; qu'il ne se retint pas d'exprimer.

— Mon roi, est-ce que... Est-ce Keldia qui vous a demandé de m'épouser ?

Ildrys dodelina de la tête.

— Oui, et non. Keldia m'a informé de ce qui se tramait au palais, c'est un fait, mais elle ne m'a proposé de réclamer votre main qu'en pensant à vous et sachant que cela me servirait également.

— Je vois...

L'explication laissait une curieuse impression dans l'esprit de Ceylan. Il ne savait pas ce qu'il éprouvait. Certes, il était touché que Keldia ait souhaité lui épargner une union véritablement désagréable, mais il éprouvait une certaine frustration que d'autres intérêts soient entrés en jeu.

— Comprenez-vous à présent mon insistance sur le fait que nous n'étions pas ennemis ? demanda Ildrys.

— Je comprends mieux, je l'admets. Il reste quand même que rien ne m'assure que nos intérêts n'entreront pas potentiellement en conflit dans un futur plus ou moins lointain.

— Je peux vous jurer que non. Vous pouvez me faire confiance, rien de ce que je projette ne nuira à vos intérêts ou à ceux d'Alberial. Au contraire, je qualifierais plutôt cela de « service rendu à sa Majesté ».

— Vous faites bien des mystères de ce qui vous anime, souligna malgré tout Ceylan. Vous réclamez ma confiance alors même que vous ne m'avez véritablement rien confié de vos sombres projets. Peut-être pourriez-vous commencer par m'en dire davantage ?

— Pas pour le moment, protesta doucement son mari. Pas tant que je n'ai pas tiré un certain nombre de choses au clair, réduit ma liste de suspects, et découvert si celui qui vous a empoisonné pourrait être ma cible. D'autant que d'autres points ont été portés à mon attention, pour lesquels je ne voudrais pas vous alarmer inutilement.

— Vous attisez ma curiosité.

— Je n'en doute pas, mais je ne peux que vous inviter à vous montrer patient.

Au terme d'une courte réflexion, Ceylan finit par accepter. Après tout, il avait déjà bien assez à faire comme cela pour ajouter d'autres angoisses à sa liste déjà fort longue. Et il sentait qu'il le lui devait, au moins pour s'excuser d'avoir tant douté de lui. Maintenant qu'il en savait un peu plus le concernant, il songeait que ses suspicions l'avaient rendu ingrat, aux yeux de ce dernier comme à ceux de Keldia, et il voulait corriger cela.

— Je vous remercie, répondit Ildrys. Nous ferons donc comme convenu. Ahnour ne va pas tarder à revenir. Lorsque vous aurez mangé, vous vous changerez. J'ai ramené des vêtements de rechange à votre intention, pensant que vous apprécieriez de pouvoir vous changer avant de rentrer au palais pour vous laver. Cela fait, je vous ramènerai avec moi.

Ceylan acquiesça et le remercia, puis le regarda se lever et récupérer la tenue de rechange déposée préalablement sur le bureau de fortune de Sekmar pour la déposer au pied de sa couche.

— Je vais m'entretenir avec le contremaître en attendant que vous soyez prêt, termina Ildrys. Prenez votre temps.

— D'accord.

Le roi se dirigea vers la sortie. Cependant, parvenu devant le rideau officiant en guise de porte, il se retourna une dernière fois et ajouta en ultime conclusion :

— Ce soir, nous dormirons ensemble mais n'ayez crainte, je ne vous toucherai pas. En revanche, je jure que je ne laisserai plus rien de mal vous arriver.

— Pourquoi ? demanda instinctivement Ceylan.

Il ne réalisa que sa demande était peut-être un peu audacieuse qu'après coup. Il guetta tout de même la réaction d'Ildrys et fut surprit de le voir lui dédier son plus beau sourire tandis que s'étalait toute sa malice.

— N'est-ce pas évident ? Parce que vous êtes mon épouse.