NDA : Coucou vous, voici autre chose que j'ai essayé… J'avoue, je n'aime pas tellement ce principe d'Omegaverse, ça ne correspond pas à mes valeurs et nous pourrons en parler au fil des chapitres. Mais je pense pouvoir m'en servir pour défendre tout de même mon point de vue. Car encore une fois, nous nous retrouvons dans un sexisme décalé, il est très facile de faire le parallèle entre les Omegas et les femmes, à l'époque, qui étaient considérées comme impures et faibles et donc ne pouvaient accéder à certains métiers… Nous pouvons aussi parler des castes sociales et de pleins de choses qui sont révoltantes mais réelles, et donc après une grande réflexion, j'ai décidé de le faire, d'essayer. Si ça me fait plaisir d'écrire, si ça vous fait plaisir de lire, que demander de plus hein ?

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UN PARMI TOUS

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Silence. Respiration. Nouveau silence.

Il transpire sur le tissu du matelas, la main crispée sur le coeur. Le fond de lui le désire. Pas lui, un homme en particulier, mais lui. L'Alpha. Cette évolution aléatoire les ont tous conduits à ça, au second genre. A présent, homme et femme ne sont plus les principales catégories des hommes.

— Des animaux, nous sommes des animaux, pleure-t-il dans l'oreiller mouillé.

C'est ce qu'ils sont tous devenus, des êtres dominés par l'instinct et les hormones, perdant alors toute conscience du monde extérieur, des règles sociales qui dominaient le monde avant. A présent, comme certaines fleurs ou certains animaux, chacun est capable d'enfanter. Les femmes se sont vues laisser pousser des pénis et ont à présent autant de spermatozoïdes que les hommes… Si on peut appeler ça des spermatozoïdes…

Un gémissement l'arrache de ses pensées, son corps pris d'un frisson qu'il reconnaît.

Une fois par mois, l'Oméga subit ses chaleurs. Bien sûr, des prises journalières de médicaments permettent de les éviter ou de les adoucir, dans la plupart des cas. Il entend les pas de son bapa, de l'autre côté de la porte, son mapa ayant dû partir lorsque ça avait commencé : il n'arrive jamais à l'endurer.

Dans cette nouvelle société, les mots comme « père » et « mère » n'existent plus, puisqu'ils se basaient sur une différenciation par le sexe, or à présent, chacun est libre de concevoir ou de fertiliser. Il n'y a qu'un pourcentage de fertilisation, un pourcentage d'hormones… Un Oméga a un corps plus à même de supporter une grossesse et un accouchement, il sera d'ailleurs plus facile pour lui de mettre un enfant au monde. Les Alphas, quant à eux…

Son souffle erratique lui parvient, comme venant d'un autre. Comme il voudrait que ce soit quelqu'un d'autre. Il n'arrive même pas à avoir honte, le désir qui pétrit son estomac l'empêche de penser correctement et il l'attend, celui qui peut le sauver.

La porte s'ouvre soudainement sur son bapa et l'odeur de son mapa qui est rentré lui parvient, brûlante.

— J'ai besoin… De toi… J'ai besoin… Qu'on m'aide…

— Oliver, tout va bien se passer, d'accord ?

Son bapa referme la porte, remettant la barrière entre son conjoint et son fils, pour ne pas rendre la situation plus compliquée qu'elle ne l'est. Elle vient tranquillement s'asseoir près du garçon, sortant la seringue qui permettra d'injecter la dose nécessaire pour refouler les chaleurs de son fils.

— Cela fait des années que ça n'est pas arrivé… Tu as pris tes médicaments régulièrement ?

Oliver ne répond pas et elle reposera la question lorsqu'il sera redevenu lui-même.

Tout est de sa faute, se répète-il intérieurement. Sans arrêt.

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CHAPITRE 1

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Une semaine plus tôt – Université de Simeltown – Nouvelle Angleterre

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Jimmy Evans venait de prendre sa place dans l'entreprise familiale et l'une de ses premières missions était assez simple : aller donner une conférence aux étudiants en sciences de l'Université dans laquelle il avait lui-même été diplômé. Cela pouvait paraître impressionnant et délicat pour un jeune homme de vingt-deux ans à peine de se retrouver face à un amphithéâtre rempli mais Jimmy était un Alpha.

Evans était un nom assez commun en Nouvelle Angleterre, datant de l'Angleterre même, mais lui, Jimmy Evans, faisait partie d'une famille très réputée parce que concentrant un grand pourcentage d'Aphas. Catégorie prédisposée à la domination et vibrante d'autorité, elle se distinguait également par l'intelligence qui semblait définir les Alphas. Génétiquement parlant, ils étaient plus forts, plus solides et tout simplement plus… Grands.

Tout ceci rendait Jimmy assez perplexe, lorsqu'il prenait le temps d'y penser, mais avant ce jour-là, tout ceci ne le tracassait pas. Le parcours du jeune héritier était simple et concret, et c'était avec plaisir qu'il le réalisait : son futur métier lui plaisait, finalement, et son cerveau était toujours stimulé par des choses nouvelles, il ne s'ennuyait pas.

Il ne se rendrait compte du vide de sa vie qu'à partir du moment où il croiserait son regard. Ce que l'on ne connaît pas ne nous manque pas.

L'amphithéâtre se remplissait alors qu'il discutait avec la directrice de l'Université, une Alpha au teint hâlé qu'il avait rencontrée plusieurs fois, ayant été un étudiant à problème avec sa bande. A présent, le ton était courtois et elle lui demandait avec intérêt des nouvelles, guère surprise de savoir qu'il succéderait à son père en temps voulu.

— Bonjour à tous, je vous présente Jimmy Evans, ancien diplômé de l'Université de Simeltown en sciences économiques et commerciales et en droit des entreprises.

Cela faisait en fait deux diplômes, il avait suivi deux parcours avec quelques options dont la directrice ne jugea pas utile de parler et il l'en remercia silencieusement. Jimmy ne désirait pas se vanter devant des futurs diplômés qui ne demandaient qu'à apprendre et surtout, ils n'avaient pas le temps de parler de ça, le programme de la conférence étant bien assez chargé.

L'Alpha parcourut la salle des yeux et il l'aperçut, celui qui ferait désormais partie de chacun de ses rêves. Leurs regards se croisèrent et il vit la compréhension se faire sur le visage du garçon dans son public. Il détailla son visage fin, sa chevelure de jais, les tâches de rousseur qui le rajeunissaient et le geste compulsif qu'il effectuait avec son stylo, tapant doucement la table de la mine.

Les âmes sœurs n'étaient qu'une légende urbaine, plus vieille que le monde. Que les Omégas soient destinés aux Alphas n'avait jusqu'à présent été prouvé, malgré les chercheurs penchés sur ce sujet, et nombreux avaient dû se rendre à l'évidence : personne ne pouvait le prouver mais tout le monde pouvait le vivre.

Il y eut un silence dans l'amphithéâtre et ce fut l'attitude de celui qu'il fixait qui le força à reprendre ses esprits, l'étudiant baissant les yeux brutalement. Il s'aperçut que tout le monde l'attendait, la directrice l'observant avec un haussement de sourcil patient.

— Pardonnez mon égarement, le programme est chargé et c'est la première fois que je me retrouve à cette place, dit-il, sa voix relayée et amplifiée dans toute la salle.

Il aperçut sans mal le frisson qui parcourait l'être assis au cinquième rang à l'entente de sa voix grave et chaude, comme s'il l'avait ressenti lui-même. Cet homme serait son ami, son amant, son mari, le bapa ou mapa de ses enfants, celui aux côtés duquel il souhaitait mourir. Son âme-sœur. Malgré la distance, il n'avait aucun mal à le voir.

— J'étais à votre place il y a même pas un an, je souhaite que vous soyez plus attentif que je ne l'ai été car le sujet de cette conférence n'est pas à prendre à la légère. Lors du Changement, nous avions déjà reculé scientifiquement parlant, et aujourd'hui, il nous faut donc progresser d'une nouvelle façon. Doucement, nous avons regagné durablement tout ce que l'ancien modèle proposait et donc nous pouvons dès à présent nous consacrer de nouveau à la 3D. Enfin, pas n'importe quelle 3D…

La directrice prenait congé, laissant ainsi le jeune Jimmy Evans tenir sa conférence sans grande difficulté. Il savait être intéressant et intéressé, ce qui était probablement l'une de ses plus grandes qualités. Il paraissait détendu, sans pourtant sourire souvent, choisissant juste les bons moments, les opportunités que lui laissait son diaporama de présentation.

A aucun moment son regard ne quittait complètement l'inconnu du cinquième rang, qui lui ne releva pas la tête. Pas une seule seconde, ne prenant d'ailleurs aucune note. Comme s'il y avait sur sa feuille restée blanche une tache invisible pour les autres. Et lorsque la fin de la conférence sonna, il fut le premier debout. Et le premier parti.

Jimmy le regarda disparaître avec regret.

S'il ne l'avait pas observé aussi longtemps, il aurait pu croire qu'il n'avait rien ressenti. Qu'il avait été le seul à savoir.

Avec naturel, il traversa l'amphithéâtre pour s'arrêter au cinquième rang, s'adressant alors à la personne qui avait été assise à côté de l'inconnu et ne cessait de regarder derrière elle, vers la porte, inquiète. Il s'agissait forcément de son amie.

— Vous le connaissez, le garçon qui était assis près de vous ? Demanda-t-il, sa voix prenant alors cette intonation autoritaire naturelle.

La réaction de la jeune femme fut nette, ce n'était pas différent d'un chien qui se couchait sur le dos pour se soumettre et il n'en fut même pas étonné : c'était son quotidien, malheureusement. Les Omégas réagissaient à son approche, surtout lorsqu'il était en proie à une émotion forte.

— Comment s'appelle-t-il ?

— Oliver. Oliver Gelbero, répondit-elle, sous le regard de son voisin qui se renfrogna.

Un Beta, apparemment, l'avertit l'odorat aiguisé du prédateur. Probablement un original qui considérait cette Oméga comme une amie et donc la protégeait. Ou alors protégeait-il Oliver ?

Jimmy ne s'embarrassa point d'un regard dans sa direction, il ne lui apporterait rien et il devait garder son attention sur celle qui lui était soumise.

— Je veux le rencontrer. Je vais vous donner mon numéro que vous lui transmettrez, d'accord ?

Sans hésiter une seconde, sa voix changea, prenant des inflexions particulières. Commander des Omégas n'était pas quelque chose d'agréable pour lui, contrairement à certains de ses amis, et il n'eut vraiment aucun plaisir à la voir se raidir, son regard s'assombrissant d'un désir charnel impossible à assouvir.

— Ceci est mon numéro personnel alors il ne doit aller qu'à lui, tu comprends ?

— Je comprends, répondit-elle.

Jimmy eut un sourire satisfait avant de se pencher pour inscrire le numéro sur une feuille de papier trouvée là, déchirant ensuite le coin pour plier le morceau en deux et le lui tendre, s'assurant que le Beta ne parvienne pas à voir les précieux chiffres.

— Tu auras toute ma gratitude, dit-il avec un de ses rares sourires. Bonne fin de journée.

Il espérait qu'Oliver appellerait, il l'espérait vraiment, parce que s'il était vraiment son âme-sœur, il était unique et irremplaçable. Et Jimmy, de savoir qu'il y avait des choses sur cette Terre qui n'était qu'en un seul exemplaire, ça le rendait nerveux. Surtout lorsqu'on savait qu'il obtenait généralement tout ce qu'il désirait.

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— Oscar, j'ai une nouvelle… Incroyable.

— Eh bien entre, puisqu'elle est incroyable, grogna Oscar, le meilleur ami de Jimmy, un Beta contre lequel il avait l'habitude de jouer au tennis.

Les visites imprévues de Jimmy étaient familières, dans l'appartement qu'Oscar partageait avec deux autres colocataires Betas, Mary et Charlie Jones, des jumeaux américains. Ils n'étaient pas souvent là et même s'ils y étaient, ils adoraient Jimmy et ils avaient passé de nombreuses soirées ensemble quand les deux étudiaient encore.

Oscar était un brun à l'air toujours maussade, il attachait ses longs cheveux en queue de cheval, laissant enfin pousser sa crinière depuis qu'il avait arrêté ses études, ses parents décidant d'enfin lui lâcher la grappe. Rapidement blasé par les choses, Oscar avait trouvé en Jimmy la personne parfaite pour le subir, l'humeur changeante de son ami était un cinéma entier pour cet homme que plus rien n'impressionnait.

Le brun laissa donc entrer son ami, détaillant ses cheveux blonds décoiffés par sa journée de travail et la barbe qui commençait à pointer sur ses joues. Il avait longtemps été amoureux de ce regard qu'il pouvait avoir, surtout sur le court de tennis, mais il avait rapidement appris à voir au-delà des apparences : Jimmy n'était pas quelqu'un de facile à comprendre et il était difficile d'obtenir sa confiance.

— J'ai rencontré mon âme-sœur, annonça de but en blanc Jimmy alors qu'il le laissait lui servir un thé chaud, prenant des biscuit à la cannelle dans un placard, comme chez lui. Elle est incroyable ~

Oscar faillit se brûler à l'entente de cette annonce particulière. Son regard sombre chercha celui de son meilleur ami, essayant de voir s'il plaisantait, mais comme souvent, les prunelles brunes restaient impassibles, bien qu'un sourire heureux étirait ses lèvres.

— Ton âme-sœur ? Répéta Oscar pour être sûr qu'il se trompait pas.

Il poussa doucement la tasse de Jimmy vers lui puis le guida vers le canapé, pour pouvoir discuter tranquillement de cette histoire. Est-ce que son ami avait pris du Tropex ? Il fallait au moins ça pour qu'il raconte des choses pareilles.

— Je ne pouvais pas détourner le regard… C'était comme si il… Brillait ?

Oscar n'y tint pas et posa sa main contre le front de son ami, avec une expression alerte.

— Tu es complètement fou, tu es sûr d'être clean ?

Jimmy lui lança un regard d'avertissement qui déplaisait à Oscar.

Pendant de rares moments, il arrivait à oublier que l'homme en face de lui était un Alpha et savait parfaitement qu'il ne pouvait lui reprocher de l'être. Ce n'était pas de sa faute, il utilisait ses phéromones de façon instinctive. N'importe qui se mettait en colère, n'importe qui se montrait autoritaire : le poids des Alphas étaient sûrement qu'ils n'avaient pas le droit d'en abuser car grand nombre se plierait à leurs volontés.

— Donc tu me dis que tu as rencontré quelqu'un qui t'a donné envie de le baiser, reprit Oscar avec un sourire vague, essayant de le relancer.

Cela fonctionna.

Jimmy fronça les sourcils, n'aimant pas vraiment résumer cela ainsi. Il se découvrait un côté romantique : avoir vu cet homme auquel il était dédié, ça lui donnait envie de rêver d'autre chose que d'une simple coucherie, même à répétition.

— C'est plutôt qu'il m'a donné l'envie de ne plus jamais baiser quelqu'un d'autre, soupira Jimmy en réponse, se laissant aller dans le canapé pour jeter un coup d'oeil à son téléphone.

Oliver n'avait toujours pas téléphoné alors qu'il avait son numéro. Ce n'était pas si étonnant, lorsque l'on considérait sa fuite à la fin de la conférence, mais il était frustré.

— Je comprends, fit finalement Oscar en buvant un peu de son thé, renonçant à essayer de le raisonner. Et tu vas le revoir ?

— Oui, je ferais tout pour. J'ai son nom, après tout…

Ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient avec un nom, surtout avec la famille Evans dans le jeu, mais il ne savait si Jimmy voudrait parler de cette aventure à ses géniteurs. Le connaissant, il leur en parlerait pour la première fois lorsqu'il aurait mis sa bague à son doigt.

— J'ai un peu de peine, fit alors Oscar en souriant après un silence pensif pour les deux, si c'est vraiment ton âme-sœur, devoir te supporter toute sa vie…

Jimmy le regarda d'un air grognon et cela le fit rire.

Toujours aucun appel.

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Oliver attendait le bus, resserrant prudemment l'étreinte de son écharpe sur le bas de son visage. Comme à chaque fois qu'il était seul depuis il y avait maintenant trois jours, il regarda le morceau de papier avec le numéro de téléphone. A force de le plier et de le déplier, le huit écrit sur la pliure disparaissait, mais ce n'était pas important puisqu'il connaissait cette suite de chiffres par coeur.

Louise lui avait apporté le papier au cours suivant la conférence, vantant les traits harmonieux du visage du conférencier. « Aussi jeune et déjà PDG, il est si beau ~ » avait-elle dit et Eric lui avait gentiment dit de se calmer et de ne pas oublier ce qu'il était : un Alpha. Et les Alphas ne se mélangeaient pas, surtout avec les Omégas comme eux (Oliver et Louise).

Eric détestait les Alphas tout en les jalousant secrètement, Oliver en était certain.

Qui ne les jalouserait pas ?

Jimmy Evans avait été parfait, ce jour-là : son expression était intrigante, intéressante et patiente. Que des mots en « -ante » qui définissait parfaitement le récemment diplômé. Oliver l'avait vu, l'avait ressenti, ce lien qu'il y avait entre eux, tout en refusant simplement d'y croire : comme beaucoup d'Omégas, il était sensible au physique et à l'attraction de certaines personnes, surtout à l'approche des chaleurs, alors tout ceci n'était probablement qu'un rêve éveillé de plaisirs interdits, et il était certain que nombreux étaient les Omégas à espérer cela dans la salle.

Enfin… Il y avait finalement très peu d'Omégas en cinquième et dernière année de sciences.

Oliver observa encore une fois cette écriture, rapide et efficace. Il remarqua que comme le 1 ressemblait au 7, Jimmy y avait rajouté un trait. Et il barrait ses zéros, comme s'ils pouvaient être confondus avec des « o ». Il avait hésité à jeter le morceau de papier, il y avait vraiment pensé, la main au dessus de la corbeille, attendant d'avoir le courage de laisser tomber. Mais non.

Le bout de son pouce effleura la droiture du 7, lentement.

— Vous devriez l'appeler, il a peut-être quelque chose d'important à vous dire.

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A SUIVRE…

Qu'en pensez-vous de cet OMEGAVERSE ?

Je suis toujours pas convaincue mais c'est assez amusant à faire...