C'est un mec avec qui j'avais baisé défoncé deux fois et que j'ai initié au slam (injection de drogues en intraveineuse, nommément de la méphédrone et de la crystal meth). Quand je me suis retrouvé à la rue, il a gentiment proposé de se voir à l'hôtel en payant la nuit et s'attendait à faire tout ce qu'on s'était promis défoncés. On a baisé vite et mal, j'étais épuisé. Et je me suis endormi profondément. Je n'avais pris aucun produit depuis quelques jours donc j'étais épuisé et déprimé.

ET TOTALEMENT CONSCIENT DE MES ACTES.
Cette partie-là est très importante pour la suite.
Essentielle, même.
Cruciale. Et destructrice.

Je me suis réveillé pendant la nuit avec le mec en train de me baiser (bareback évidemment).

Comme il avait payé la chambre et que je n'avais pas d'autre endroit où dormir, j'ai rien dit et je l'ai laissé faire. C'est ma faute, après tout, quand on était défoncés, je lui avait dit combien j'aimerais tomber dans les pommes dans un G-hole et qu'on continue à me baiser.

Il ne faisait que respecter mes desiderata. Il voulait mon bien. Et le sien.

Sauf que là, j'étais plus défoncé. Si j'ai choisi en pleine possession de mes facultés mentales de le laisser faire parce que je n'avais aucune estime de moi, est-ce que c'était un viol ? Un abus sexuel ? C'était quoi, une dose de sperme en plus dans mon cul ? C'était à ça que je servais après tout. Je n'étais pas bn à autre chose.

Je l'avais choisi.
J'avais creusé ma tombe.
À moi d'en assumer les conséquences, non ?

Pauvre petit junkie, tu as chanté tout l'hiver ? Eh bien, danse, maintenant ! Voilà ce qui m'est passé par la tête. Et que j'avais réprimé depuis quelques années. Et qui peuple encore parfois mes rencontres d'un soir quand je laisse cette litanie qui veut me tuer jouer dans mon crâne.

En anglais on dit : Careful what you wish for. It might come true. (Prenez garde à vos souhaits. Il pourrait se réaliser.).