Je me rappelle le passé, je le revit, soudain je le revoit au ralentie, tel un manège il m'emporte et je prends sa main. En simple spectatrice, je regarde le long métrage de ma vie, toi, nous, eux…comment en suis-je arriver là ? Comment ai-je put te laisser me faire cela. Je suis de nouveau face à mes erreurs, et aux si nombreux choix que j'ai fait.

Le ciel est limpide ce soir tout comme l'est mon esprit en cet instant, le brouillard se disperse et je discerne dans une profonde clarté la vie.

Je n'ai plus peur aujourd'hui, les frissons ne me parcourent plus, je suis sereine, une plénitude presque enivrante m'envahie. Je me tiens ici-bas comme surplombant le monde et j'admire cette étendu bleuté, je sens le vent sur ma peau, je sens son souffle tracer son chemin jusqu'à ma nuque et je me sens bien. Je regarde au loin et je comprends, comprends que le commencement est là, il est ici.

Le saut de l'ange me délivrera et je l'accepte et je sourie, non pas car je suis sous les effets de l'alcool, ou qu'il y a encore quelques heures, je ne sentais plus aucun muscle de mon corps, non, je sourie car j'ai enfin compris, j'ai mal je souffre, mon corps est endolori, le sang s'écoule et les hématomes me recouvrent, mais je suis en vie. Alors je crie, je hurle, je m'agenouille, mais je ne pleure pas, je ne pleure plus. Trop de larmes j'ai déjà verser, donc je sourie, un sourire presque névrotique, mais je m'en moque, je suis seule, personne ici ne me jugera, personne ne me verra et si bien même ce fut le cas, je me serais déjà envoler n'est-ce pas… ?

J'aurais plonger dans cet océan tentant avant cela d'imaginer leur visages, ils seront bien, ils s'en sortirons et moi je serais en paix. Du haut de ma colline, je me prépare, j'avance vers le vide, je sens désormais le gouffre, tel le néant il m'attire et je tente de me retenir, juste un instant, juste une seconde. Je respire profondément, mais je ne tremble pas.