Chapitre XXIII : Quintum d'Um 390

Devant la Place du Téléporteur, Nouvelle-Paris, Quintum Prim-Decimum d'Um 390 (2020) :

Odile était… fébrile. Il n'avait pas pu dormir de la nuit, trop occupé à planifier ses questions et à s'impatienter. Cela faisait cinq jours qu'il attendait. Cinq jours passés à aboyer des ordres à tout va dans le bâtiment de son journal, cinq jours à lire chaque mots imprimés dans la presse concurrente des sorciers d'Outrevers – qui était, selon Odile, un nom ridicule – et à boire tasse de café sur tasse de café, exploitant sans relâche ses employés. Il avait fait annuler leur congé, leur avait demandé sans rechigner des heures supplémentaires, en attendant d'eux autant que de lui-même.

Il avait beau être devenu la caricature de ce qu'il critiquait, le patron dictatorial, il n'éprouvait aucun remords. Ce n'était pas tout les jours que des sorciers d'une réalité parallèle réputée pour être évidée de magie arrivaient pour réclamer des droits. À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles.

Et maintenant, Odile était en compagnie du seul dessinateur de la rédaction du Hermès, Piotr Rodenberg, devant la barrière magique maintenue depuis l'attentat des sorciers du Monde Non-Magique. Il était nouveau, sans diplôme, mais il dessinait bien, il dessinait vite et il était insomniaque et donc souvent là. De plus, après un verre ou deux de la vodka maison du dessinateur, Odile avait appris qu'il était quelqu'un de très intéressant avec qui discuter, et de notamment très cultivé pour son jeune âge.

En somme, Odile l'aimait bien, Piotr l'aimait bien et ensemble, Odile à la plume et Piotr au crayon, ils formaient un duo excellent.

Le journaliste, remarquant l'amassement croissant de ses confrères, marmonna à son acolyte, 'Piotr, ils vont bientôt venir lever la barrière, t'as réussi à la dessiner correctement ?'

Le jeune homme, une expression concentrée, son crayon grattant le papier à une vitesse qu'Odile qualifierait de surhumaine, marmonna dans sa langue natale avant de donner un dernier coup magistral de graphite sur le papier, 'Дa…!' (Oui…!)

Odile avait remarqué que Piotr avait tendance à parler russe lorsqu'il dessinait, sans doute car son cerveau était trop concentré sur sa tâche pour prendre la peine de traduire ce qu'il voulait dire. Odile trouvait ça… mignon.

Une agitation soudaine se fit alors qu'une femme arrivait, sa tenue resplendissante indiquant son statut sociale, l'insigne sur la poche de sa veste sa fonction : députée du HCS. Se retenant de pousser un cri d'excitation à la vue de celle qui allait représenter l'ensemble des Sorciers – du Monde Magique –, Odile précipita sa main vers son calepin et son crayon, commençant déjà à griffonner sur le papier.

« Députée du HCS arrivée. V. Foley. »

Oui, en effet, Odile reconnaissait la députée. Valérie Foley. Diplômée de l'Académie de Lo d'une Maîtrise en Histoire de la Magie et Mathématiques, cette jeune femme était majoritairement inconnue au bataillon. Ses articles sur le Moyen-Âge non-sorcier avaient eu un léger écho dans la communauté scientifique, mais sa carrière politique était complètement passée sous silence. D'ailleurs, même Odile – qui était pourtant l'un des plus informés à ce sujet – ne savait pas que la jeune femme était députée.

Intelligente, tolérante, à fort caractère et compétente, mais probablement envoyée plus comme une insulte qu'autre chose… D'ailleurs, le fait que cela soit une femme n'est probablement pas anodin : ils jouent sur les inégalités et discriminations du Monde Non-Magique dont nous sommes étrangers, se plaçant ainsi comme supérieurs d'office, du moins sur le plan moral. Elle-même en est probablement consciente, d'ailleurs. Cependant souhaite-t-elle tirer son épingle du jeu afin de transformer cette vaste blague en un événement marquant de l'Histoire ? Ça serait difficile, très difficile, même, mais… Pas impossible.

Lorsque Madame Foley arriva face à la barrière, elle se tourna tout d'abord vers les journalistes. Ne prenant pas le temps de regarder Piotr – Odile savait instinctivement qu'il avait commencé à dessiner le portrait de Foley se tenant face à la foule – le jeune journaliste rapprocha son calepin de lui, ses mains prêtes à retranscrire mots pour mots le discours de Madame Foley.

'Chers Sorciers d'Eldarya,' Odile sourit à l'utilisation du nom elfe de cet univers, songeant que c'était un moyen habile d'éviter de dire Monde Magique qui impliquait que la Terre en était dépourvue, 'Nous vivons en ce jour une expérience historique de notre peuple. Nos ancêtres sont partis, il y a trois cent quatre-vingts dix ans, de leur univers, qu'ils crurent durant longtemps être le seul. Ces hommes et ces femmes, fuyant une Inquisition cruelle et une population non-sorcière hostile, furent les premiers humains à fouler cette terre. Aujourd'hui, près de quatre siècles plus tard, nous assistons à l'arrivée d'une nouvelle vague de réfugiés,' les yeux d'Odile s'écarquillèrent à l'utilisation du mot alors que Madame Foley fit une pause volontaire, 'qui cette fois, ne semblent pas fuir nos ennemis d'antan, les non-sorciers, mais bel et bien ceux en qui nous avions placé notre confiance pour surveiller la Terre : les Inspecteurs.'

Ooooooh, voilà qui est intéressant, très intéressant. Elle ne mentionne pas les Académiciens comme étant directement responsables, et elle ne fait que supposer une culpabilité des Inspecteurs… songea le journaliste alors que les coups de crayons de Piotr retentissaient à ses oreilles.

'En tant que députée du HCS, moi, Valérie Foley,' elle a bien fait de rappeler son nom, sinon personne ne l'aurait mentionné, 'je vais tenter de découvrir si ceux que vous avez vous-même surnommés les « Sorciers d'Outrevers » sont bel et bien menacé par les Académiciens,' elle n'exclue donc pas totalement la possibilité qu'ils soient coupables… Mais on a encore du chemin à faire avant que le HCS ne se détache des Académiciens, si même la progressiste Valérie Foley n'ose suggérer qu'à demi-mots leur implication dans cette histoire, 'mais surtout dans quelle mesure notre société peut les assister voire même les intégrer.'

Odile acquiesça lentement, sa feuille à présent recouverte de flèches, d'abréviations et de citations. Il songea intérieurement qu'au moins, Foley ne remettait pas en question leur origine spatiale. Cela aurait été contre-productif, dans le débat et aurait placé les sorciers terriens en menteurs, une position qui aurait pu les pousser à répondre négativement à toute tentative de coopération.

Le Maître des Charmes sourit faiblement, ses yeux se plissant un instant. Foley était peut-être envoyée comme une insulte, mais Odile n'aurait probablement pas trouvé quelqu'un de plus fin et de plus humain parmi le HCS.

Comme si les sorciers d'Outrevers avaient attendus la fin du discours pour baisser leurs barrières – ce qui, au vu des talents d'acteur de cet Alphard Mockingbird, était plus que probable selon Odile – la voûte magique entourant la place du téléporteur se scinda en deux alors qu'un homme fit son entrée. Odile, ainsi que quelques autres journalistes, le reconnut comme étant Alphard. Cette fois-ci, cependant, il n'était pas seul, mais en compagnie d'une femme portant un capuchon cachant une bonne partie de son visage. Odile sourit, voyant là très bien une réponse à l'insulte qui était entendue en envoyant Foley : « Vous nous accusez d'avoir les mêmes stéréotypes que ces non-sorciers ? Eh bien regardez qui j'amène avec moi pour mener les premières négociations entre nos deux nations. »

L'effet n'était peut-être pas prévu, cependant Odile trouvait ce jeu de coups et réponses sous-jacents à la discussion exquis.

La phrase que le chef des sorciers d'Outrevers lâcha l'était, par contre, bien moins, 'Madame Foley, c'est un plaisir de vous rencontrer. Étant donné que nous aimerions une rencontre… non troublée par l'afflux médiatique, nous préférerions l'entrée en votre compagnie de seulement Deux journaux, si vous n'y voyez pas d'inconvénients.'

Deux journaux. Le Hermès n'avait aucune chances. En effet, avec seulement ses deux cents abonnés, la petite rédaction peinait à tenir le coup face aux plus grands titres, comme Le Petit Sorcier et ses dizaines de millions de lecteurs. Odile savait que son nom pouvait amener bien plus de lecteurs s'il décidait de jouer le jeu et exprimait des opinions moins…virulentes. D'ailleurs, plusieurs journaux lui avaient proposé une place de choix, avec des avantages et un salaire important. Odile n'était pas particulièrement attaché à l'Hermès et il aurait abandonné le journal ancestral des Cottons si seulement il n'y avait pas, à chaque fois, dit à demi-mot, cette phrase : « Oui, votre plume est excellente et vous avez déjà fait votre nom dans la profession à plusieurs reprises, Monsieur Cotton, cependant sachez que notre rédaction a aussi des valeurs qui sont, pour certaines, en… désaccord avec vos plus récentes publications ».

Odile soupira, rangeant son calepin, n'attendant qu'avec un espoir mitigé le nom des deux heureux gagnants. Il savait que son choix d'écrire ce qu'il voulait quand il voulait – liberté que seul le Hermès qu'il dirigeait lui garantissait – lui coûtait à de nombreuses reprises, mais y être confronté une énième fois ne le faisait pas sourire. Se tournant vers Piotr, il lâcha, 'Esquisse Mockingbird, l'homme venant de parler, il est probable qu'on ait fini la journée.'

Le russo-allemand acquiesça avant de reprendre de plus belle ses coups de crayon. Se tournant alors vers la député et Mockingbird, Odile écouta silencieusement l'échange. Voley déclara, 'Très bien, permettez moi d'en choisir un en échange de quoi vous pourrez vous aussi sélectionner un journal ?' Face à l'acquiescement de Mockingbird, Voley lâcha, 'Très bien, est-ce que Le Petit Sorcier est ici ?'

Odile soupira bruyamment en voyant une journaliste, armée d'un appareil photographique, lever son bras avec frénésie. Ses derniers espoirs venaient de se volatiliser : si Voley avait quelque chances d'avoir entendu le nom de son journal, Mockingbird venant tout juste d'arriver ne devait pas même avoir le soupçon de son existence.

C'est alors que la femme encapuchonnée se pencha vers Mockingbird pour lui susurrer quelque chose. Odile plissa ses yeux. Elle semblait être la conseillère de Mockingbird et devait donc, sans aucun doute, être une femme d'esprit travaillant dans l'ombre – d'où peut-être le capuchon.

J'essaierais peut-être de l'aborder un peu plus tard aujourd'hui si les barrières le permettent, une discussion avec elle serait sûrement très-

'Très bien, mon choix se porte sur – si l'un de ses journalistes se trouve ici – le Hermès,' déclara Mockingbird avec son léger accent anglais.

Les yeux d'Odile s'écarquillèrent un instant. Ne s'autorisant à demeurer éberlué qu'une milliseconde, il leva brusquement son bras, attrapant la main de Piotr avant de s'exclamer, quitte à s'égosiller, 'Nous sommes là ! Nous sommes là !'

Se frayant un chemin à travers la foule qui, pour la plupart avaient eux aussi une expression d'étonnement tandis que d'autres en arboraient une plus sombre, Odile parvint éventuellement face à Alphard Mockingbird et Valérie Voley pour entendre cette dernière marmonner, 'Un choix étonnant, Monsieur Mockingbird...'

Ne prenant pas compte de l'avis de la députée, Odile présenta sa main au Sorcier d'Outrevers, ses yeux remplis d'étoiles alors qu'il déclara, 'Odile Cotton, rédacteur en chef du Hermès, Monsieur Mockingbird. C'est un plaisir de vous revoir et d'enfin faire votre connaissance, depuis votre apparition mystérieuse du nouvel an. Voici mon dessinateur, Piotr Rodenberg.' Odile tira un peu le garçon timide en avant afin de l'exhorter à faire un hochement de tête poli, 'Nous tenons à vous remercier de votre choix se portant sur nous, nous en sommes très reconnaissants.'

Ne t'attends cependant pas à un cadeau de ma part, si tu te révèles être un idiot, alors tel un idiot tu seras peint dans mon journal, songea le Maître des Charmes.

M. Mockingbird inclina sa tête envers Odile avant de dire, son sourire majoritairement adressé à la députée, 'Si vous voulez bien nous suivre...'

Alors que la Députée Voley, M. Mockingbird et la journaliste du Petit Sorcier s'engouffraient sans hésitations dans l'enceinte de la barrière magique, Odile, conscient de devoir sa place ici non à M. Mockingbird mais bel et bien à cette mystérieuse conseillère, se pencha vers elle pour lui murmurer, 'Je vous remercie de votre choix judicieux de notre journal.'

Il était difficile de le dire à cause du capuchon, cependant Odile pensa qu'elle sourit alors que la jeune femme répondit, 'Il était tout à fait réfléchi, M. Cotton. Vos articles ont attiré mon regard, particulièrement ceux concernant les… sangs bleu.'

Odile sourit à l'énonciation du surnom que le Hermès avait attribué, dès sa création, aux Académiciens. Alors qu'ils entraient dans la Place du Téléporteur et que le voile magique la recouvrant se refermait derrière eux, Odile remarqua, 'Tout de même, je suis surpris que des sorciers d'une réalité annexe à la nôtre connaissent une si petite rédaction, fût-elle de qualité.'

Le sourire indubitablement amusé qui apparut sur les lèvres de la conseillère remplit d'excitation Odile qui se dit intérieurement qu'il avait à faire à un groupe intelligent.

Ou, du moins, conseillé par quelqu'un d'intelligent. Ce qui changeait bel et bien des mondanités auxquelles le Monde Sorcier était la plupart du temps confronté et des intrigues politiques du HCS qui à la longue devenaient de plus en plus insupportables que ce soit par l'idiotie de ses acteurs ou leur perception faussée de la supposée idiotie de leurs auditeurs.

Lorsque les journalistes, la députée, la conseillère et M. Mockingbird arrivèrent au centre, la première chose qu'Odile remarqua fut le nombre important de personnes, hommes, femmes et même jeunes adolescents confondus. Le Maître des Runes vit divers transports de caisses – contenant probablement des armes au vu des DANGER écrit à l'encre rouge dessus – mais aussi des tentes, beaucoup de tentes.

Odile haussa un sourcil. Lançant un coup d'œil au téléporteur, remarquant l'absence peu surprenante d'un Maître des Runes, il demanda à Alphard, 'Comment vous assurez-vous de la sécurité des téléporteurs, en l'absence de Maître des Runes, M. Mockingbird ?'

Le Sorcier d'Outrevers se retourna, Odile remarquant seulement alors la prestance de sa tenue de toute évidence faite pour donner une bonne impression comparée aux vêtements plus communs et plébéiens que le journaliste vit parmi le reste des Sorciers d'Outrevers, et il dit, 'L'un de nos hommes, grâce à une maîtrise exemplaire de vos runes, peut en continu contrôler l'ensemble des téléporteurs, les sécurisant ainsi mieux que personne.'

Odile se mordit la lèvre en se rappelant Kazuto. Décidant d'écarter ses sentiments personnels, il poursuivit ses questions, notant la réponse donnée dans son calepin, 'N'est-ce pas trop pour un seul homme ?'

'M. Cotton, je connais les limites de mes hommes, et je sais les respecter.'

Odile remarqua le ton plus froid de la voix de l'humain. Il eut un rictus intérieur, songeant que M. Mockingbird n'était pas un acteur infaillible – à moins que la lueur glaciale ne soit intentionnellement montrée. Néanmoins, ce fut silencieusement qu'Odile écrivit sur son calepin ceci : « Téléporteurs contrôlés uniquement par Kazuto = sous-effectifs ? »

Lançant un bref coup d'œil autour de lui, frappé une fois de plus par l'affluence régulière d'hommes et de femmes, Odile raya d'un coup de crayon une partie de ses notes avant de rectifier par : « manque d'effectifs QUALIFIÉS ! »

Alors qu'ils entraient dans une tente à l'apparence modeste, Odile fut plaisamment surpris par l'intérieur, réalisant immédiatement l'utilisation de charmes complexes afin d'agrandir l'espace. Il fit quelques notes sur son carnet, faisant une liste des charmes possibles du Monde Magique pour arriver à un tel résultat, dans le but de futures discussions avec un membre de ces Sorciers d'Outrevers sur les différences magiques entre leurs deux communautés. Après tout, au-delà de son métier de journaliste, Odile demeurait avant-tout un Maître.

Alors que les différents membres s'installèrent à une table, les journalistes en retrait, Alphard Mockingbird s'éclaircit la gorge avant de déclarer, 'Madame la députée, sachez tout d'abord que je suis extrêmement heureux de constater, au nom de tout les sorciers terriens, que le HCS...'

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase alors que des cris retentirent, à l'extérieur de la tente. Les yeux d'Odile s'écarquillèrent lorsqu'il en comprit un, 'Le téléporteur est devenu fou !'

Il ne fut pas apparemment le seul à le comprendre étant donné que la conseillère se tourna brusquement vers M. Mockingbird, se projetant vers lui, une dague à la main que Odile reconnut vaguement comme étant un poignard elfique dédié au tracé des runes. La députée, cependant, assise à deux pas de M. Mockingbird, ne sembla pas comprendre la nature de l'objet étant donné qu'elle hurla, lançant un charme de répulsion vers la conseillère.

Odile, de son côté, était paniqué : si le téléporteur avait un problème, alors c'était probablement le cas des autres téléporteurs, étant donné que Kazuto les avait probablement liés entre eux pour faciliter leur contrôle. Le nombre de victimes allait être phénoménal, mais… Plus que cela…

Odile déglutit. La puissance du téléporteur allait être si forte que la plupart des boucliers seraient balayés comme si de rien était. Se tournant vers Piotr, le journaliste remarqua que le russo-allemand avait déjà commencé à ériger des barrières, ses yeux durs alors qu'il s'exclama envers le rédacteur en chef du Hermès, 'Venez, лидер !'

N'ayant strictement aucune idée de la signification du mot russe utilisé par son dessinateur, Odile se retrancha néanmoins sans hésitations derrière le bouclier, l'agrémentant de runes qu'il grava à l'aide de son stylet qu'il portait toujours sur lui directement sur le sol. Odile déglutit alors qu'il sentit les perturbations magiques s'intensifier dans l'air, son sang battant vivement dans ses tempes alors qu'il lança un regard à la députée, hurlant, 'Madame Voley, venez !'

Mais Mme Voley ne bougea point. Elle était inconsciente, allongée au sol. Odile remarqua en cet instant que la journaliste du Petit Sorcier s'était ouvert le crâne sur la table en tombant à cause d'une bourrasque magique. Il frémit intérieurement, son corps tremblant à l'idée seule qu'elle soit morte ou – pire – qu'elle soit encore en vie.

'Лидер, il faut continuer à mettre les runes !' s'exclama Piotr.

Frémissant intérieurement, Odile se remit à la tache, continuant à graver lorsqu'il sentit une nouvelle bourrasque magique, plus puissante.

C'est probablement la dernière avant que le téléporteur n'explose !

Traçant avec frénésie la dernière rune – au diable si ma rune d'O ressemble plus à un rond qu'à un cercle ! songea-t-il – Odile eut une pensée pour l'état de son ami, Kazuto, qui devait être mal en point s'il s'était lié aux téléporteurs comme Odile le suspectait.

Il eut à peine le temps de finir de tracer la rune que le téléporteur explosa, envoyant une dernière bourrasque infiniment plus puissante, forçant Odile à sombrer dans l'inconscience.

Note de l'auteur :

J'espère que ce chapitre vous a plu. Encore l'épilogue, et le tome 1 sera fini !