Os écrit dans le cadre des nuits du FoF (Forum Francophone) avec le thème Simplicité


La simplicité a longtemps fait partie de son quotidien.

Il se réveillait grâce à une odeur prononcée de café, de croissant et un brin de musique : du classique. Il n'était jamais le premier levé, non, bien au contraire. Le plus longtemps il pouvait rester au lit, le mieux il se portait. Cette sensation des draps enroulés autour de ses jambes et la douceur du tissu, il ne pouvait s'en lasser. Ça, et la chaleur de la place à ses côtés. Qu'est-ce qu'il pouvait aimer se prélasser là, bien au chaud. Une couverture négligemment déposée sur lui après avoir lamentablement chue pendant la nuit. C'était bon ; c'était simple.

Encore maintenant, quand il y repense, là, sur son champ de bataille, camouflé des ennemis, il ne peut pas s'empêcher de laisser un petit sourire fleurir sur ses lèvres. C'était le bon vieux temps : quand il avait encore à la maison amant et ami. Quand son chien – quand Max – était encore en vie ; quand Lucien, son petit ami de l'époque n'avait pas encore été pris dans cet accident – ce putain d'accident – qui l'avait tué.

Encore maintenant, il est capable d'entendre son rire quand il rentre, les aboiements du chien dans le jardin, l'eau de la douche couler, l'évier goutter dans la cuisine, le moteur d'une vieille Mustang léguée par ses parents ronronner dans le garage. Mais aujourd'hui, il n'entend plus que le son des os qui se brisent, des balles qui sifflent et du sang qui coule. Aujourd'hui, il n'y a plus rien à part sa patrie et elle, il ne compte pas la laisser partir.

Et pourtant ils y croyaient, à cette vie. Et pourtant, et pourtant …