Assis sur un banc à contempler l'éternité

Suspendu entre bruits de rivière et senteur forestière

Elle a toujours trouvé mes métaphores lunaires

Mais il n'y a guère plus solaire que son chandail doré

Rien n'est plus pure que son âme, petit lotus

Entre ses pétales émerge son évanescence

Dans le crépuscule se bousculent mes sens

Vivement qu'elle revienne, joli nimbus

Car mon tribut est de vivre son absence

Au prix de la savoir toujours libre

Alors que sa présence a la douceur du cidre

Et qu'il me suffit d'un gramme de sa fragrance

A force de jouer avec les stéréotypes

Penché sur mes modèles et mes créations

Elle voudrait que je change d'horizon

Pour étreindre d'autres formules néophytes

Elle est l'architecte de tout bonheur

Et de la violence de sa chute

Elle est un reflet brut et hirsute

De l'allégresse et de sa candeur

Assis sur un banc à contempler un rayon doré

Suspendant le soleil dans son veston lunaire

Claire comme une rivière, envoûtante senteur forestière

Que j'aimerais humer pour l'éternité