Béryl

Je hais le soleil. Ou plutôt, je hais la mélanine. Un rayon de ses rayons me passe par-dessus l'épaule et vient effleurer mon livre tombé au sol. Je perçois les cris des enfants qui reviennent des écoles, bientôt, ce seront ceux de ma fratrie qui résonneront dans la maison.

Le son des ustensiles frappant à intervalles réguliers contre le bord des récipients me parvient depuis la cuisine. La porte est entrouverte et des odeurs sucrées m'envahissent les narines. Un goûter d'anniversaire se prépare et l'entrain avec lequel maman organise cette soirée ne fait que ressortir mon état quasi amorphe.

Des gouttes de sueur coulent dans mon dos alors que je ne peux m'empêcher de trembler. La lumière du soleil se fait plus forte, elle m'éblouit et comme hébété, j'examine le salon. Son canapé familial arrangé d'une telle sorte qu'il semble tout droit sorti d'un magazine de décoration, ses deux fauteuils accordés qui l'encadrent de façon à créer un coin TV ainsi que sa table basse en bois qui a déjà bien vécu où tout est rangé afin de donner l'air propre qu'affectionne tant maman.

— Mais qu'est-ce que tu fiches encore ici, tu es toujours en pyjama à attendre que le temps passe !

La voix aux accents d'Afrique de l'Ouest m'expulse hors de mes déprimantes rêveries. Maman me toise depuis l'encadrement de la porte de la cuisine, son corps tout en rondeurs remplit l'espace et son visage empâté est plissé d'agacement.

— J'étais descendue lire, dis-je en ramassant le livre, et sans la regarder, je me lève et replace le coussin sur lequel j'étais assise.

Mais elle se moque de mes justifications et reprend sur le même ton, les sourcils froncés et le nez en l'air.

— J'espère au moins que tu as fait tes devoirs ! Va te doucher et change-toi car tes sœurs et ton frère ne vont pas tarder. C'est l'anniversaire d'Ama, tu pourrais au moins faire un effort !

Elle finit par se retourner et claque la porte de la cuisine en s'y calfeutrant pour fignoler les derniers mets de la soirée.

La seule mention de mes sœurs me donne envie de m'enfuir. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour me retrouver à l'instant à l'autre bout du pays ?

Maman joue sur mes points faibles, juste pour me faire culpabiliser. Par ma faute, les sorties et autres dépenses superflues étaient impossibles. Malgré les revenus plutôt aisés de ma famille, l'école à la maison et tout ce qui s'ensuit, gardienne, livres, etc., cela coûte cher et depuis trois ans déjà, je ne me suis pas rendue au collège.

Sans parler du fait que l'année prochaine, le brevet en poche, je devrais passer en seconde et ce changement de cycle augmentera encore les dépenses familiales.

Bien sûr, le choix de papa de me laisser faire l'école à la maison, n'a pas fait l'unanimité. Ama et Ali n'ont pas hésité à me faire la tête des jours durant tout en me traitant de fausse sœur. Pire encore, comme je refuse de m'expliquer sur les raisons de ma « phobie scolaire », mes aînés, Féryel et Inès, me considèrent comme une fille capricieuse et égoïste.

Je réprime un haut-le-cœur en inspirant l'air encore parfumé de chocolat. J'aurais ce soir l'occasion de leur prouver qu'ils se trompent sur moi et peut-être même que j'aurais le courage de leur expliquer pourquoi.

C'est la poitrine toujours crispée que je vais me doucher. Je jette mes vêtements au sol et tourne le dos au miroir pour me réfugier derrière le rideau de douche. Cependant, toutes mes précautions ne m'évitent pas mon reflet dans le miroir. Peau blanche, cheveux blancs. La simple vue de mon corps provoque chez moi une envie de me terrer pour l'éternité dans un trou de lapin.

Je file dans ma chambre, remets à sa place mon livre, il est presque dix-sept heures et la soirée s'annonce encore longue.

Ma chambre semble bordélique et pourtant, c'est ainsi que je m'y sens bien. D'un côté, deux bibliothèques et un bureau où s'empilent livres, livres et encore livres. De l'autre coté, dans un coin, j'ai placé avec soin mes peluches et poupées. Elles sont les souvenirs d'un temps aujourd'hui révolu. Dans le coin opposé, mon lit, abandonné il y a quelques heures pour la chaleur du salon.

Une porte claque et assise sur mon lit encore enroulée dans ma serviette, je devine à l'ouïe ce qu'il se passe au rez-de-chaussée. Ali, mon petit frère doit être en train de saluer maman puis vient le tour de papa qui la serre dans ses bras. Derrière, comme d'habitude, arrive ma sœur et seule amie, accompagnée pour son anniversaire de mes némésis : Line et Romane.

L'une est blonde tandis que l'autre est brune. Les voir l'une sans l'autre relève presque du miracle et toutes les deux sont aussi méchantes qu'intelligentes. À les voir, on croirait à un gag mais leurs bassesses sont bien réelles. Je me rappelle encore, comme si c'était hier, leur sourire en coin quand je me retournais en classe.

Ma seule et unique année de collège, la tant attendue sixième. Le premier pas vers mes rêves avait été un cauchemar dont je ne me remets toujours pas. Et jamais, lâche comme je suis, je n'ai osé me plaindre ou encore me soulever contre mes bourreaux. J'ai juste pris la fuite et ce fut pour moi la fin du collège mais aussi de mes ambitions d'enseignement. J'avale avec difficulté l'amertume qui envahit ma bouche et me résigne à m'habiller pour aller affronter mes ex-tortionnaires. Aussitôt, la touffeur de cette fin d'été s'abat sur mes épaules comme pour m'empêcher de faire un pas. S'y oppose l'ordre glacé qui me vient du rez-de-chaussée :

– Béryl ! Viens saluer les invités !

Je reprends conscience de la réalité en un sursaut. Un coup d'œil par la fenêtre et je m'aperçois que le ciel est déjà noir mais surtout que dans la petite cour de notre pavillon sont étroitement garées plusieurs voitures en plus du monospace de papa.

Le reste de la famille Sylla est arrivé, les cris et les rires résonnent dans toute la maison. Il faut maintenant que je descende et que je simule le bonheur de les voir alors que je sais bien qu'ils me détestent tous. Comme un fantôme ou encore l'homme invisible, j'ai pris place au salon sans me faire remarquer. Je bois et je mange en silence lors du repas et quand le danger Line-Romane s'est écarté en allant papoter avec Ama dans le jardin, le soulagement m'a presque assommée. Pourtant je ne suis pas au bout de mes peines.

Voici venue Grand-mère, quatre-vingt-cinq ans, la langue acérée comme un couteau de cuisine, les paroles suintantes de venin et le regard méprisant voire colérique vissé sur moi. Mamie gâteau, à mon entrée dans la pièce elle se métamorphose.

J'ai pourtant essayé de l'esquiver mais c'est sans compter maman qui semble bien décidée à ne pas me laisser traîner dans la cuisine. Elle veut comme à son habitude donner l'impression d'une famille parfaite avec ses enfants si bien élevés. Je crois bien qu'elle veut éviter que ma condition vienne briser sa réputation de l'admirable mère au foyer.

Je me retrouve alors coincée dans la pièce à vivre puis par je ne sais quel hasard, assise entre Féryel et Inès. Mes deux grandes soeurs m'ignorent et ce malgré mes tentatives de commencer une discussion. La pierre posée dans mon estomac depuis le début de la soirée ne cesse de s'alourdir avant de peser ce qu'il me semble être une tonne. Lorsque j'esquisse le geste de me lever, je croise le regard froid et catégorique de papa et me rassois, toujours sans avoir émis le moindre mot.

Le pire arrive quand Grand-mère s'assoit en face de moi sans faire attention. Bien sûr, elle s'aperçoit tout de suite de ma présence, elle pince les lèvres et plisse les yeux avant de reculer dans son siège. Je me figure être un lapin entre les phares d'une voiture tout en sachant que la voiture en question est un TGV. Les minutes s'écoulent, une à une comme des gouttes d'eau s'échappant d'un robinet mal fermé. Tout le monde s'amuse à l'exception d'elle et moi. Nous nous retrouvons toutes les deux dans un monde parallèle fait de haine, pour sa part, et d'une tristesse nostalgique, pour la mienne. Quand je la regarde, ce sont les images de nos après-midi à jouer aux jeux de société avec grand-père qui refont surface.

Elle se replace de façon à me faire face tandis que moi, je rentre les épaules en prévisions de l'averse acide qui ne va pas manquer de s'abattre sur moi.

– Ben tiens, voilà le petit démon blanc.

Je refuse de répondre et ça l'agace. Elle aimerait tellement que je hausse le ton pour me remettre à ma place.

— Cesse de faire la victime, hurle-t-elle sans prévenir

Je sursaute avant de me ratatiner et les mouvements cessent autour de nous. Personne ne bouge, personne n'intervient, encore une fois c'est entre elle et moi. Je me redresse pour essayer de lui faire face et réponds mue par un réflexe stupide.

— Je n'ai rien fait

Je sais déjà que ma réplique va me valoir d'interminables remontrances de la part de mes parents très à cheval sur la politesse. Elle est l'adulte qui parle et moi l'enfant qui se tait.

— Je me demande bien pourquoi ma fille et Koffi te gardent chez eux. À leur place, je t'aurai déjà envoyée au pays et là—bas on se serait occupé de toi. Mais bon, qui voudrait d'un enfant maudit ?

Elle souffle avec exagération tout en levant les yeux au ciel et je pense que j'en aurais fait de même si je ne tentais pas déjà de retenir mes larmes. Ce discours, je l'ai entendu des centaines de fois mais au lieu de m'endurcir à chaque fois que ces mots atteignent mes oreilles, mon cœur saigne un peu plus. "Là-bas au pays"…Où on brûle les albinos et les démembrent pour en faire des grigris supposés magiques… Les sanglots s'agglutinent dans ma gorge et je dois presque arrêter de respirer pour ne pas fondre en larme. Tout devient flou, ma respiration s'accélère et j'entends jusque dans mes oreilles, mon cœur s'affoler. Je plisse les yeux dans un dernier espoir de retenir mes larmes et réplique la gorge nouée :

— S'ils me gardent auprès d'eux c'est parce qu'ils sont mes parents et c'est ce que font les parents !

Ces mots allument un feu qui se met à me brûler le visage, je me sens rougir sous le mensonge. Grand-mère semble vouloir répliquer, agacé par mon semblant d'insolence mais la voix atone de papa, la coupe.

— Béryl, tu devrais monter dans ta chambre.

Je me lève en bousculant Féryel et à mon plus grand malheur, c'est à ce moment-là que Ama déboule avec ces deux meilleures amies. Je tourne la tête vers la porte et scrute leur visage qui dissimule mal l'amusement. À côté de moi, Inès gesticule et quand je lui jette un regard, je suis surprise de voir de la gêne sur son visage poupin. En réalité, tous les convives ont l'air mal à l'aise. Il semble que comme d'habitude, j'ai gâché la fête. C'est sur cette réalisation que mes larmes, traîtresses, coulent. Je m'enfuis alors vers ma chambre en trébuchant juste assez de fois dans les escaliers pour faire rire, Line, Romane et Ama. Ama qui ne m'a même pas adressé la parole de la soirée. Je me dépêche de traverser le couloir pour fuir les remarques et les moqueries gênées qui ne vont pas tarder à fuser au salon.

— Il fallait bien que ça arrive avec elle, souffle tout bas la voix de maman alors que le battant de la porte claque en se fermant.

Je sais que je ne suis pas leur fille, bien qu'ils ne l'aient jamais dit, je sais que je leur fais honte, mais je pensais que j'avais su faire ma place au moins auprès de maman ou d'Ama. Quelle désillusion…

Épuisée, je m'allonge dans mon lit sans même déplier la couverture, la chaleur de ce début de septembre m'engourdit et je sombre plus vite que je ne l'aurais pensé dans un sommeil peuplé d'un monstre bicéphale nommé Line-Romane et d'un serpent à tête de Grand-mère.

Tellement vite que je n'ai pas le temps de me demander et encore moins de comprendre pourquoi des éclairs blancs jaillissent de mes doigts.

Saphir

Descendre une à une les marches des escaliers, avancer avec de grandes enjambées pour me donner de la prestance. Carrer les épaules pour mettre en valeur ma fine musculature. Puis m'arrêter près des fenêtres qui laissent passer les rayons du soleil afin de mettre en valeur mes yeux bruns et ma peau claire, et surtout sourire à tout le monde avec charisme.

Alphard est juste en voyage, mais cela suffit pour que Den prenne sa place au sein de la cour. Et me voici en passe d'être le second prétendant au trône ! Si seulement l'un de mes frères, voire même les deux, pouvait pousser son dernier souffle tout serait plus simple. Mais non ! Ils se bornent à vivre ! Ils empêchent père de voir à quel point je serais un bon héritier.

Le roi, mon père, Cairn règne depuis bientôt quarantes années, un record dans l'histoire de Wivalia. Bien qu'il soit en forme, il finira bien par abdiquer et c'est à ce moment-là qu'Alphard et Den, fils de la première reine Blanche, me barreront la route vers le pouvoir.

Il me faut encore descendre un étage puis traverser les deux arcades avant de retrouver ma mère, la seconde reine Edma. On me salue et je réponds d'un ton chaleureux tout en ralentissant pour mieux me faire remarquer. Souris et montre-toi courtois, marque les esprits. Avec un peu de chance, ce sera toi le prochain roi. Plus je descends, plus la chaleur m'atteint. La sécheresse n'épargne personne, pas même moi. Je me dépêche d'avancer pour éviter à ma peau de brunir mais aussi pour m'épargner tout risque de sudation excessif.

J'atteins les niveaux inférieurs accessibles à beaucoup plus de monde et les courtisans minaudent dès mon entrée. Je reste le Prince Saphir. Les pages et autres petits sujets participent en majorité à la surpopulation de ces étages, semblables à des rongeurs ; ils s'écartent lorsque j'arrive. Les nobles pompeux qui s'exhibent s'inclinent sur mon passage. Les représentants des guildes marchandes, à l'affût de toutes les alliances envisageables, font de même et j'aperçois même Marchand.

Cet homme n'est peut-être pas noble, mais il est assez fortuné pour que même le roi lui prête attention, mais surtout le surveille. Depuis des siècles, sa famille agace l'aristocratie avec sa propension à devenir de plus en plus riche, leur patronyme n'est pas anodin. Il est accompagné d'une fille rousse et ronde, pas assez jolie pour que je lui prête plus d'attention qu'aux autres courtisanes. Je salue l'homme d'un mouvement de tête, le plus élégant possible. Il me répond sèchement, le regard noir. Je continue mon chemin sans y prêter attention, on ne peut malheureusement pas plaire à tout le monde.

Enfin, je parviens à la coursive de marbre et de pierres blanches. Je me suis arrêté pour contempler l'édifice d'une sobriété époustouflante face au luxe du palais. Elle estvlustrée chaque jour aux aurores par une armée de laquais car supposée représenter le royaume de Wivalia. Elle doit rester éblouissante. Le long couloir extérieur donne sur la salle du trône, en forme d'arène, mais aussi sur les jardins qui l'entourent.

Rien que cette coursive lumineuse suffit à faire battre plus vite mon cœur.

Les portes de la salle du trône s'entrebâillent puis s'ouvrent complétement et j'observe bien malgré moi Den et Père avançant du même pas.

C'est surprenant à quel point je ressemble à mon père, on ne peut nier notre filiation. C'est une affirmation que j'aime à me répéter.

Les tambours qui rythment la journée font résonner la cour de cinq grands coups. L'heure du thé vient de sonner et je suis en retard. Je reprends donc mon chemin vers les jardins de la reine en dépassant les arcades du couloir. Maintenant sorti de la cour, j'y entre sans plus me soucier de mes airs et apparences. Sur mère, ils ne fonctionnent pas.

L'ancienne reine feu Blanche les aurait dessiné, il s'agissait de son œuvre. Mais l'architecte de cet endroit merveilleux est décédée, abandonnant ainsi ses fils encore en bas âge. Ma mère, peu de temps après sa mort, enceinte de moi, fut couronnée et introduite au sein du palais. Edma a tout récupéré, son mari et son jardin, à part peut-être ses sujets qui sans conteste regrettent leur première reine. Il n'y a pas une personne plus haïe dans tout le royaume que ma mère et pourtant, elle ne se prononce jamais sur rien et se laisse faire.

Edma, la mal-aimée, la détestée du peuple et de son époux.

J'avance à petit pas vers le kiosque en pierre rose qui se dresse au milieu des parterres. Il est un plan surélevé au toit formant un dôme parfait, soutenu par des colonnes lisses et brillantes. C'est un euphémisme de dire que je suis peu pressé de la rejoindre là-bas pour une séance hebdomadaire et obligatoire de bavardage sans intérêt. Je crois que cette scène s'est jouée mille fois de l'exacte même manière : Elle, là-haut dans son kiosque où on sert un thé délicieux rendu amer par sa présence. Et moi, prenant le temps d'examiner les espèces végétales qui s'épanouissent dans ce jardin, ainsi que l'agencement de chaque arbuste et de chaque fleur.

Je dois bien avouer que Blanche avait du goût. L'harmonie des couleurs est parfaite, les fleurs vont du blanc au parme, et la symétrie des plantations s'est révélée, à plusieurs reprises, des plus apaisante.

Ma mère m'observe avec une patience empruntée aux statues, prête à tout moment à démarrer ses incessants babillages. Pourtant, j'aime ma mère et c'est justement pour cela que je suis moi aussi tant haï.

Wivalia était un pays fort dû à sa monarchie et sa noblesse. Les guerres ont ruiné cette dernière. Maintenant les guildes marchandes et les bourgeois à leur tête sont le moteur principal du royaume. D'où l'importance de plaire aux sujets parmi lesquelles des familles comme celle de Monsieur Marchand. Or ma mère, dans ses dépenses et ses caprices aussi soudains qu'insensés irritent nos sujets, à mon plus grand malheur.

Le roi avait et a toujours réussi à garder un ascendant officiel sur eux, même si je crois bien qu'ils le laissent faire parce que d'une façon ou d'une autre cela les arrange.

Je parviens au kiosque et, comme un condamné, y traîne mon corps afin de lui faire face.

— Mère, comment vous portez-vous ? dis-je sans aucune conviction.

— Merveilleusement bien et sais-tu pourquoi, s'écrie-t-elle en réponse avant de renchérir sans même me laisser le temps de répliquer. Ainsi comme chaque semaine, elle entame l'un de ses fameux monologues.

Je crois que la seule et unique raison pour laquelle le roi a épousé ma mère, c'est son argent et peut-être sa beauté. Ma mère est née dans l'une des rares familles nobles qui s'est relevée de sa déchéance financière. Elle m'a transmis son corps fin, ses cheveux bruns et sans aucun doute son narcissisme. C'est elle aussi qui m'a nommé Saphir. Un beau nom, un beau corps pour l'éternel mal-aimé.

Par chance, dans mes veines, coule le sang des Tryacym. Avec de la persévérance, je parviendrai à lui faire honneur. Mes pensées sont coupées par sa voix fluette et agaçante.

— Un peu de thé, propose-t-elle, tout en me versant une tasse.

** Salut à toi lecteur/lectrice, si tu es arrivé(e) jusque là sache que je t'en remercie !

J'espère que ce premier chapitre t'a plu et que tu liras les suivants !

En attendant, je te souhaite de bien te porter -3-

Khoraja3 **