Rose des Sables, Rose des Vents

1955 – désert du Sahara.

Le soleil entrait par le pan de la tente, laissé entrouvert.

Ainsi, la longue chevelure se parait de reflets rubis.

Mais si certains voyageurs s'étonnaient encore de trouver des cheveux de cette couleur, les membres de la tribu étaient habitués depuis longtemps à la présence d'Alinska, épouse du chef Hassan Ibn Amar.

Elle était apparue 27 ans auparavant, aux portes de la mort.

Hasard ou coïncidence ?

Un œil doré s'ouvrit, papillonnant.

Instinctivement, Alinska tendit le bras mais la place à côté d'elle était vide, froide.

Hassan et Ahmed étaient partis depuis plus d'une semaine, à la recherche d'une épouse pour leur fils.

Évidemment, toutes les tribus alentours avaient préparé les plus belles jeunes filles à marier.

Car Hassan était un chef de tribu riche qui paierait cher pour le mariage de son fils aîné…

'Mama ? Tu es réveillée ?'

'Peut-être.'

'Mama, il faut que je te parle.'

Un sourcil s'arqua mais Alinska se releva, accueillant sa fille auprès d'elle.

Repoussant une boucle acajou du regard de Mila, elle s'enquit :

'Que se passe-t-il ?'

'Je… c'est à propos d'un garçon.'

'Et évidemment, tu as attendu que ton père soit parti pour venir m'en parler. Intelligent.'

'Tu sais comment il est.'

'Oui, je sais. Mais Mila, tu n'as que 18 ans.'

'Je sais.'

'Alors ne précipitons pas les choses. Petit-déjeuner ?'

'Petit-déjeuner.'

Ooo*ooO

Quelques heures plus tard, Alinska quittait la tente du conseil, grimaçant dans le soleil.

En l'absence de son époux, elle présidait aux rencontres entre membres de la tribu.

Les problèmes n'étaient jamais bien graves, plus querelles de voisinage qu'autre chose, mais le mal de crâne ne semblait pas vouloir la quitter…

'Alinska ? Est-ce que ça va ?'

Elle se retourna, accueillant Yara avec un grand sourire :

'Yara ! Belle journée ?'

'En effet. Et la tienne ?'

'Ennuyeuse.'

'Ah, le fameux conseil.'

'Hhh. J'ignore comment Hassan parvient à rester aussi calme.'

Son amie haussa les épaules.

'Ton mari est toujours calme. Alors une dispute pour deux chèvres ou un dromadaire ne doit pas l'impressionner.'

'Tu as sûrement raison.'

Saluant les différents membres qu'elles croisaient, elles se dirigeaient vers le puits quand un cri retentit :

'Ils reviennent ! Regardez, ils reviennent !'

Tous les regards se tournèrent alors vers l'horizon où un nuage de sable annonçait effectivement le retour du chef de la tribu.

Yara pressa le bras d'Alinska de sa main, souriant :

'Ton mari et ton fils sont de retour.'

'Enfin…'


Bonus chapitre 2

$ Les chevreaux étaient encore jeunes, se déséquilibrant les uns les autres dans un joyeux tumulte.

$ Elle ferma les yeux, sentant le chèche d'Hassan contre son front.

$ Grand et sombre, toujours habillé de noir, Hassan Ibn Amar avait très vite montré les qualités d'un grand chef.

$ Mais la voix grave et rauque de son mari retentit alors, emplie de promesses :

« Ce soir, femme, il n'y aura que toi et moi. »

« J'y compte bien. »