Personnages : Cunégonde (et Luhan)

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Notes de l'auteure : Pour cet OS, j'ai voulu aborder un ton plus léger, parce qu'on va pas se mentir, ça commençait à être relou tout ce sérieux (et aussi l'OS d'après est le pire de tous alors bon un peu de gaieté dans ce monde bon sang). Au fait, l'un des personnages qui apparaît dans ce texte appartient à ma tendre moitié, LuLuLaTortue c: Et du coup il est dans une relation un peu approximative avec Cunégonde.

Et autre chose : j'adore les chihuahuas et je veux un chien, voilà.

Bonne lecture !


L'adoption qui tourne mal

Tout ce qu'il voyait autour de lui n'était que chaos et désolation. Tout avait disparu, toute forme de civilisation n'était plus et désormais... l'instigateur de ce massacre le fixait fièrement du haut de son fauteuil d'un œil démoniaque.

Pourtant, tout avait bien commencé, alors comment un tel carnage avait-il pu se produire ?

Une semaine auparavant, alors que Luhan revenait des courses les bras chargés de sacs remplis de papier toilette et de pâtes, il avait entendu sa douce moitié parler. S'attendant à ce qu'elle l'accueille en héros pour avoir exécuté la tâche qu'elle lui avait confié aussi rapidement, le jeune homme rentra fièrement dans le petit appartement, sans se douter de ce qui l'attendait.

« Oh Markus tu es tellement mignon ! »

Luhan s'arrêta violemment en entendant sa douce s'exprimer ainsi.

Qui était ce Markus à qui sa maîtresse s'adressait avec tant de... douceur ?!

Décidant d'apprendre la vérité au plus vite, le jeune homme s'avança dans le couloir jusqu'à pénétrer dans la pièce à vivre où se trouvaient Cunégonde et le fameux Markus.

Les sacs de courses qu'il tenait jusqu'ici entre ses mains tombèrent lourdement au sol, alors que la mâchoire du jeune homme semblait se disloquer tant il ne s'attendait pas à tomber sur... quelque chose qu'il n'aurait jamais pensé voir, en fait.

Cunégonde était assise dans son fauteuil, une expression attendrie et adorable au visage ce qui était déjà une anomalie en soi. Elle se tenait en tailleur et maintenait tout contre elle une créature à l'allure démoniaque et... concrètement c'était un chien. Plus précisément, un chihuahua marron qui semblait posséder des petits sourcils jaune. Rien que pour cela, cette créature devait être le fruit du démon, c'était certain !

Voyant que son petit-ami était de retour, la jeune femme délaissa son attitude complètement inhabituelle au placard en déposant le chien sur le sol pour qu'il soit libre de se rendre là où il le souhaitait.

« Oh. T'es déjà rentré, commença-t'elle d'un ton qui semblait méprisant.

-Oui, j'ai fait les courses comme vous me l'avez demandé, maîtresse.

-Et donc tu comptes rester planté là jusqu'au déluge ou tu vas décider à te bouger ?

-Uh, non, je vais aller ranger les courses j'imagine, soupira le jeune homme. »

Il était visiblement déçu que sa maîtresse n'ait pas souligné sa rapidité à exécuter la tâche demandée.

Alors qu'il s'en retournait dans le couloir comme si toute la misère du monde pesait sur ses épaules, sa douce moitié poussa un soupir d'agacement. Elle attrapa le poignet de son amant pour l'inciter à lui faire face et plaqua sans prévenir ses lèvres contre les siennes.

À se demander comment une jeune fille de si petite taille pouvait dominer si facilement un grand nigaud comme Luhan.

« T'auras bien plus si tu te magnes le train, bon chien. »

Tout en parlant, elle avait passé un doigt sous le collier de cuir que portait son partenaire qui ne put s'empêcher de rougir en imaginant tout ce qui l'attendait. Néanmoins, ce dernier se reprit bien vite.

« En parlant de chien, c'est quoi ce... truc qui traîne par terre ? »

Pour appuyer ses dires, il pointa dans la direction où se trouvait le chihuahua, qui était actuellement occupé à se rouler par terre sans aucune dignité.

Cunégonde adressa un regard meurtrier à son amant, qui sentit à cet instant précis que sa mort était sûrement très proche.

« Comment as-tu OSÉ parler de Markus ?

-Euh je... je voulais dire, excusez-moi maîtresse mais je pensais que euh... hm... Que vous n'aimiez pas les animaux ? »

La demoiselle haussa un sourcil, peu convaincue. Néanmoins, elle abandonna son aura meurtrière pour aller cajoler son nouveau compagnon qui se frotta tout contre elle pour obtenir davantage de caresses.

« Je vois pas ce qui te fait dire ça, j'ai toujours rêvé d'avoir un chien, expliqua la jeune femme.

-Oui, je me doute bien... Mais comment a-t'il atterri ici ? Je suis parti à peine une heure et...

-Je l'ai adopté dans un refuge, le coupa la demoiselle en levant les yeux au ciel. Et puis on s'en fout de comment j'ai fait ! Maintenant que cette aaaadorable créature est ici, tu vas devoir t'en occuper, toi aussi.

-Urgh... Très bien...

-Très bien qui ?

-Maîtresse, soupira le jeune homme qui repartit dans la cuisine, définitivement déprimé. »

Ce petit être plein de puces et de poils était en train de prendre beaucoup de place dans le cœur de sa dulcinée et cela ne lui plaisait pas du tout !

Quelques jours plus tard, Cunégonde décida de confier la surveillance de Markus à son amant. Elle devait s'absenter pour une course rapide concernant ses expériences magiques. Elle ne prit même pas la peine de faire une attestation, puisqu'elle serait selon ses propres dires, éloignée de toute la plèbe.

Luhan se retrouvait donc seul en compagnie de Markus, qui était désormais son pire ennemi. Sous couvert d'une attitude se voulant mignonne, ce petit démon mettait des croquettes dans tout leur appartement, urinait où bon lui semblait et détruisait tout ce qui était à la portée de ses crocs destructeurs. Mais en prime, il se permettait d'attendrir Cunégonde qui se montrait plus gentille avec lui qu'avec quiconque sur cette terre ! Même lui n'avait jamais eu le droit à ce sourire angélique, ces caresses tendres et ces petits surnoms affectueux...

Comme il enviait ce satané chien !

Décidant d'arrêter de se morfondre, Luhan quitta son confortable appui sur le canapé pour aller voir où se trouvait le petit démon qui se faisait passer pour une créature innocente. Il ne trouva pas ce dernier dans son panier. Il se redressa, pour partir à la recherche de l'animal.

Il ne mit pas longtemps à le trouver. Il s'était réfugié dans la chambre du couple pour y perpétrer un massacre sans nom. Les oreillers étaient déchirés, le sol était jonché d'objets qui se tenaient auparavant sur les étagères... Luhan frôla la crise cardiaque quand il aperçut au sol ce qui étaient autrefois les livres dont Cunégonde raffolait.

Désormais plus déprimé que jamais, le jeune homme ramassa tristement les livres au sol en envoyant un regard assassin à l'animal qui le fixait stupidement. Comment il allait pouvoir dire ça à son aimée... ? Elle qui adorait ces livres, elle allait sûrement très mal vivre cet événement...

Après avoir partiellement nettoyé les lieux, Luhan se réfugia dans le salon où il décida de rester en état larvaire jusqu'au retour de sa maîtresse. Elle allait sûrement le réprimander pour le foutoir qui persistait, mais il s'en fichait pas mal. C'était la faute de ce chien, d'abord.

Lorsque Cunégonde ouvrit la porte de l'appartement, elle se fit agresser par une forte odeur d'urine. Agacée, elle décida d'aller trouver Luhan pour lui en toucher deux mots. Ce fainéant avait sûrement dû passer son temps à ne rien faire plutôt qu'à nettoyer !

Elle trouva ce dernier en position fœtale dans le canapé, ce qui l'agaça d'autant plus. Néanmoins, alors qu'elle s'apprêtait à lui hurler dessus, elle remarqua que ce dernier tremblait nerveusement.

« Ça... va ? »

Le jeune homme tourna son visage vers son aimée, et elle put constater qu'il semblait au bord des larmes. Il se jeta sur sa moitié pour l'étreindre et laissa libre court à sa tristesse.

« Tu me détestes, pas vrai ? Tu préfères ce chien à moi, j'en suis certain maintenant ! Je fais toujours de mon mieux pour toi mais je suis visiblement pas assez bien... Et puis je suis jaloux, parce que tu reproches jamais rien à ce clébard alors qu'il passe son temps à faire des conneries ! J'ai essayé de tout bien nettoyer pour que tu sois fière de moi, mais il continue de faire des conneries et il a même déchiré tes livres... Et tu vas sûrement me le reprocher à moi, alors que c'est LUI le fautif ! »

Abasourdie, Cunégonde fixa son amant avec surprise. Elle posa timidement une main dans le dos de son amant, pour exercer une caresse se voulant apaisante. L'attitude dont elle faisait preuve avec sa moitié était tellement déplorable, elle s'en voulait un peu maintenant qu'il soulignait tout ça...

« Je... suis désolée, murmura-t'elle d'une voix inaudible, à tel point que Luhan douta de ce qu'il avait entendu.

-Pardon ?

-Je suis désolée, soupira-t'elle. Je pensais pas que tu serais jaloux, parce que tu es toujours content quoi que je fasse et je t'ai pris pour acquis, voilà. Et puis j'aime pas engueuler Markus parce qu'il a pas eu la vie facile jusqu'à maintenant, c'est pour ça que je l'ai adopté mais... Je devrais sûrement être plus ferme avec lui. Et c'est... pas grave pour mes livres, j'en avais pas grand-chose à faire, de toute manière... »

Luhan releva timidement les yeux vers son aimée, ébahi par ce qu'il venait d'entendre. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, Cunégonde s'était excusée et avait semblé sincère. Ne pouvant plus se retenir, il l'étreignit de toutes ses forces en ne cessant de lui répéter à quel point il l'aimait.

« Je t'aime, je t'aime, je t'aime tellemeeeeent !

-Moi... aussi.

-Toi aussi quoi ? l'interrogea Luhan d'un air espiègle. »

Son petit plaisir personnel était de taquiner sa dulcinée. Il savait à quel point c'était difficile pour elle d'exprimer ses sentiments les plus sincères et il ne pouvait s'empêcher de trouver cela incroyablement adorable.

« Moi aussi je t'aime, voilà t'es content ? soupira-t'elle.

-Oui !

-Bon... On va devoir nettoyer l'appart' une fois de plus, j'imagine... Et je vais m'occuper de Markus, il est... très vilain, voilà.

-C'est ta spécialité de punir les chiens désobéissants d'habitude, la taquina son amant. »

La jeune femme poussa un immense soupir. Si ce misérable savait ce qui l'attendait...

De son côté, Markus semblait satisfait. Il s'endormit dans son panier, heureux que ses deux propriétaires se soient rapprochés grâce à son travail acharné. Enfin quelque chose du genre.