Ce texte a été écrit dans le cadre de la cent vingt-et-unième nuit d'écriture du FoF, forum d'écriture francophone sur fanfiction. Il fallait le rédiger en une heure sur le thème « récursif ». Je n'ai pas compté mon temps.


Depuis mes souvenirs de si petite fille
Reviennent chaque année les repas de famille,
Les visites aux aînés aux odeurs de vieillesse
Qui duraient trop longtemps pour mes jours de jeunesse.
Dans le temps qui passe je n'ai pas oublié :
Tic, tac, fait la pendule en comptant les années.

Des pensées, des échecs, le passé regretté,
Des soucis, des idées, le futur redouté,
Un nœud dans ma poitrine où gangrène un soupir,
Tout croît dans ma tête qui invente le pire :
Au plafond de ma chambre est tracé le malheur.
Tic, tac, fait le réveil en égrenant les heures.

J'attends, je patiente - cette attente m'habite -
Un rendez-vous, un jeu, un appel, ou un tweet
Mais il ne me manque ni espoir ni patience,
Car tout en attendant leur aimable présence
Je sais que chaque instant m'avance vers mon but :
Tic, tac, fait la montre, rapprochant les minutes.

Des délais à tenir : je cours et je me presse
Des dossiers à finir, en gardant la vitesse :
Tant de choses à faire et bien trop peu de temps,
Le travail, les loisirs, et un seul maintenant ;
Bien trop d'engagements qui m'encerclent en ronde ;
Tic tac fait le chrono qui marque les secondes.

Temps d'arrêt, de vacance ou de confinement,
Aucun impératif, une pause vraiment,
Libre d'utiliser mon temps selon mes vœux,
Plus de calendrier, de planning sous mes yeux,
Mais toujours, inquiètes, tendues, sont mes pensées :
Tic, tac, fait mon cerveau qui compte les journées.


Quand on me dit « récursif », je pense à une démonstration mathématique, à un jour qui se répète à l'infini, ou à une poésie. N'ayant pas le désir de développer un long texte sur un voyage dans le temps (qui dépasserait largement l'heure imposée), me voici donc en poésie.